<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0">	<channel>		<title>[sport24.com] geo : <![CDATA[Fenêtre sur court]]></title>		<link>http://geo.sport24.com</link>		<description><![CDATA[Fenêtre sur court]]></description>		<language>fr</language>		<copyright>Copyright (c) 2006, Hi-pi</copyright>		<generator>Hi-pi RSS 2.0 generator</generator>		<docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>		<pubDate>Mon, 05 Jan 2009 15:20:53 +0200</pubDate>		<item>			<title><![CDATA[In live from Reunion Island]]></title>			<description><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Ile de La
Réunion, début décembre. L'été se fait peu à peu sentir... la
saison des pluies aussi. C'est à cette période que depuis
quelques années déjà, le Tennis Club des Mascareignes du Tampon et
le Bourbon Olympique Tennis Club organisent leur tournoi et
proposent aux spectateurs un plateau de
qualité.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Une poignée de têtes
d'affiche fait ainsi le lointain voyage chaque année pour
figurer dans la phase open des deux tournois. Fabrice Santoro,
Tommy Robredo, Philip Kohlschreiber, Arnaud Clément et Marc
Gicquel, parmi les plus récents, ont honoré les compétitions de
leur présence. Les deux derniers cités s'étaient du reste
affrontés, à Saint-Denis, en finale du tournoi du BOTC en 2007
(victoire du Breton en deux sets).</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Arnaud</strong></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Samedi 6 décembre
2008. Journée magnifique au Tampon, dans le sud de l'île et
conditions de jeu optimales alors que le temps s'est montré
capricieux toute la semaine durant. La vraie catastrophe, évitée de
justesse, est cependant la quasi-élimination d'Arnaud
Clément, tête de série numéro 1 et passé à un point de se faire
sortir dès les quarts-de-finale par Xavier Audouy, seulement classé
-30. Comme le souligne à juste titre Le Quotidien, l'une des
deux gazettes locales, les organisateurs « ont eu chaud » car en
dépit de la prétendue « histoire d'amour » entre Arnaud
Clément et La Réunion, quelques indiscrétions font état d'une
prime de 20000 euros pour s'assurer la venue de leur vedette.
Une fois l'alerte passée, l'Aixois ne fait qu'une
bouchée de Thomas Oger (n°34) et sera donc au rendez-vous de la
finale.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">La Clé fait son
arrivée au TCMT pendant la finale dames en toute décontraction,
tee-shirt noir, lunettes de starlette, tongs (<em>savates deux
doigts</em>, dit-on ici), tout sourire, accompagné de l'autre
finaliste et n°31 français, Augustin Gensse, flanqué lui
d'une adorable blonde aux yeux bleus (on ne lui en voudra
pas, Gus est beau gosse). La rencontre a lieu sur le court
Jean-Claude Hoareau (patronyme réunionnais s'il en est) dont
les gradins, d'environ 200 places, se remplissent pour
assister au bouquet final. Il y flotte un parfum étrange, subtil
mélange d'amateurisme et de professionnalisme. Le court
paraît bien petit à ce niveau tandis que l'organisation est
très cadrée : terre battue impeccable, juges de ligne, ramasseurs,
arbitre de chaise avec l'accent du Midi. On remarque du reste
la faible présence de <em>rényonés</em> pur souche dans
l'assistance, à nuancer cependant car au Tampon, les créoles
tirent sur le blanc. Après que la speakerine de fortune eut annoncé
le palmarès des deux joueurs et notamment l'accession
d'Arnaud Clément à la finale de l'US Open 2001 (sic),
le spectacle peut commencer.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Dix ans que je
n'avais pas eu deux joueurs pro sous les yeux et je
redécouvre avec stupéfaction la vitesse de jeu. Gensse possède une
première balle qui franchit le mur du clonc, un vrai perce-tympan,
de même qu'un coup droit perforant et un revers percutant. En
face, La Clé est tel qu'on l'imagine. Bandana sur la
tête, il met en place son jeu de contre, retourne excellemment,
sert plutôt bien (long et placé), expire à outrance et pousse des «
Eeeh ! » à chaque frappe. Mobile, tactique et lucide, Clément
remporte logiquement le premier set (6/3). Le temps d'une
pause, le Mabrouk local arrose le court, recueille les
applaudissements nourris et réveille les ardeurs d'un public
de connaisseurs, si concentré sur le jeu et content d'en être
qu'il conserve un silence religieux durant la
partie.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Le tournant du match
a lieu à 1/1 au deuxième set lorsqu'un invraisemblable amorti
rétro donne une balle de break à Gensse. Gus ne laisse pas filer
l'occasion et s'envole 6/1, La Clé étant apparemment
toujours en rodage sur le plan physique. Ce dernier montre pour le
reste un visage sympathique, tantôt plaisantin, tantôt fair-play. A
1/2 au troisième set, il lâche ainsi : « C'est ça qu'il
me faut comme coup droit ! » sur une énième accélération de Gensse.
Néanmoins au fil du troisième set, où la situation se tend, le
tempérament de pro reprend le dessus et l'arbitre en fait les
frais. 6/5 au tie-break pour Clément, l'homme en beige
annonce jeu, set et match quand les deux joueurs se regardent. Le
revers d'Arnaud est jugé faute... par Gus et les deux
adversaires se replacent sans attendre une quelconque décision.
Quelques instants plus tard à 8/8, agacé par une énième overrule
(un service bon annoncé faux), l'Aixois s'emporte : «
Arrête de descendre toutes les deux secondes ! » et... perd les
deux derniers points du match.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Gensse est le héros
du court, Clément celui du jour malgré tout. S'ensuit un
double où les deux finalistes, armés de curieuses raquettes en
simili aluminium, affrontent les « Touffe Brothers », deux joueurs
du club affublés de perruques grotesques, pour le pire et pour le
rire. Plus tard, Gus et Arnaud honorent de leur présence la remise
des prix, qui va des poussins et autres 4ème série jusqu' au
tableau final. Sa décontraction retrouvée, La Clé ne boude pas son
plaisir, s'adonne à l'art du tchek (très prisé des
locaux) avec bonheur au moment de féliciter les vainqueurs. Le
point final de la journée est symbolique. Le discours convenu
d'Augustin Gensse traduit l'incertitude de
l'avenir chez un joueur de vingt-cinq ans, classé 320ème
mondial et qui demeurera probablement loin des projecteurs. En
revanche, derrière les mots opportuns et sincères d'Arnaud
Clément, on sent l'homme heureux, le joueur allé au bout de
son potentiel et qui, à 31 ans, attend juste de se faire plaisir et
pourquoi pas, de réaliser quelques coups avant de tirer sa
révérence. Qu'il puisse encore nous surprendre.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Marc</strong></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Samedi 13 décembre
2008. La canicule tamponnaise fait place à la bruine dionysienne.
Temps maussade, nuages menaçants mais un décor si pittoresque :
cirque de Mafate en toile de fond, on distingue les premières
fleurs rouges des flamboyants au loin. C'est le ciel que
scrutent les organisateurs du tournoi, qui ont dû annuler trois
jours de matches en raison du mauvais temps. Il ne nous tombera
finalement pas sur la tête car, leurs prières ayant été exaucées,
Eole a eu raison de Zeus. Non sans malice, on en conclura même que
les conditions de jeu sont idéales... pour les spectateurs, à
l'ombre et au frais tandis que les deux finalistes devront en
découdre sur une terre battue lourde.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Un brin plus relevé
qu'au TCMT, le plateau proposé par le BOTC est lui aussi de
qualité. Les deux clubs, « touchés par la crise » selon leurs
dires, ont axé leurs efforts sur le tableau hommes, ce qui ne me
gêne guère car, que les dames me pardonnent, en tennis les garçons
ont ma préférence. Ainsi quelques joueurs de 1ère Série font
admirer leur technique dont un certain Nicolas Renavand (n°47),
grand échalas inconnu au bataillon, écrasé en quarts-de-finale par
Eric Prodon (n°21), mais qui frappe le revers à une main le plus
violent que je n'aie jamais vu sur un court ; ou encore
Olivier Patience et Nicolas Devilder qui ont pointé leur museau à
Roland Garros ces deux dernières années. Le premier (n°17) crée la
surprise en venant à bout du second (n°15), en deux sets, en
demi-finale et aura le privilège d'affronter sa majesté Marc
Gicquel au dernier tour.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Marc Gicquel, tête
de série numéro un, n° 7 français et tenant du titre se présente
sur le court en grand favori. Il clame haut et fort pendant toute
la semaine qu'il n'est « pas venu en touriste » mais «
pour gagner le tournoi ». Sérieux, concentré, il démarre la finale
pied au plancher. Olivier Patience, 144ème joueur mondial est un
ton en-dessous. Plus solide, plus régulier, plus compact comme
dirait Lionel Chamoulaud, le 54ème prend les commandes du match et
ne les lâchera pas. Clin d'&oelig;il involontaire à la finale
du TCMT, Gicquel fait le break à 2/2 sur une irréelle amortie effet
extérieur. Tout au long du premier set, conclu 6/4, le Breton
man&oelig;uvre tactiquement son adversaire en lui jouant souvent le
revers, récolte les fautes ou s'ouvre le terrain pour
attaquer de l'autre côté. Il dispose pour ce faire
d'une frappe très sèche, notamment en coup droit, à
l'armé court et à la formidable traversée de la balle, qui
outre sa très grande vitesse, semble s'enfoncer dans la terre
battue lorsqu'elle est frappée à plat. Là où un Augustin
Gensse multipliait les exploits sur la ligne, Gicquel garde la
balle cinquante bons centimètres dans le court.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Le début du deuxième
set est équilibré mais c'est à nouveau la tête de série
numéro un qui fait le break à 4/3. Patience lâche ses coups, tente
des attaques mais ne parvient pas à conclure les points, se
heurtant à une défense intraitable de son vis-à-vis. De façon
générale, s'il effectue un match tout à fait correct, le n°
17 français montre moins de promptitude dans l'exécution de
ses coups et se laisse aller à la faute côté revers. Le Boulonnais
s'incline 6/3 dans la seconde manche, juste à temps si
l'on peut dire, car les premières gouttes se font jour.
Nicolas Coutelot (n°29), contraint à l'abandon dès le premier
tour, guest-star et GO improvisé fait son entrée sur le court pour
une remise des prix un rien bâclée.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">La suite sera fort
heureusement plus réussie et réjouissante. Quatre des joueurs de
1ère série font le spectacle lors d'un double exhibition
aussi comique que technique, dont un Nicolas Devilder en état de
grâce, tandis que Coutelot fait le show au micro. Après quoi, les
mêmes protagonistes assurent un clinic, dans la joie et dans la
bonne humeur, pour le plus grand plaisir des enfants. Ceux-ci
s'empressent aussi de détrousser le vainqueur du tournoi peu
après sa sortie du court. Raquettes, poignets, tee-shirts, tout y
passe. Pour le reste, sachez que la fiche ATP de Marc Gicquel est
mensongère car il est loin de mesurer 1m87 et ne sourit pas. En
revanche, tout en lui respire le vrai. Généreux avec les enfants
sans en rajouter, presque aussi intimidé que l'auteur de
l'article quand il glisse à ce dernier : « Vous pouvez
prendre toutes les photos que vous voulez ». Enfin et surtout, venu
à La Réunion pour préparer la saison prochaine et pratiquer du bon
tennis, Marc a rempli ô combien son contrat. Bien plus que dans le
cas d'Arnaud Clément, âge comme lui de 31 ans, on sent chez
le robuste breton, aux faux airs de Bruno Gaccio, des... désirs
d'avenir, lui qui n'est arrivé sur le circuit
qu'à 25 ans. Souhaitons-lui le meilleur.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">P.S. : Big up à
Victor Asensio (photo avec Marc Gicquel), sociétaire de
l'Hermitage Académie Tennis et grand espoir réunionnais,
lequel a brillamment remporté la Head Prestige d'Olivier
Patience lors du clinic organisé pour les enfants, plaçant, à
l'instar de Rafael Nadal, deux accélérations foudroyantes qui
ont laissé sur place Nicolas Devilder himself !</p>
]]></description>			<link>http://geo.sport24.com/517845/In-live-from-Reunion-Island/</link>			<comments>http://geo.sport24.com/In-live-from-Reunion-Island-04012009-165032-lp-517845.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://geo.sport24.com/517845/In-live-from-Reunion-Island/</guid>			<pubDate>Sun, 04 Jan 2009 16:50:32 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Mon ami Frédéric]]></title>			<description><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>C'est
l'histoire de deux obscurs, deux sans-grade. Fred alias
Frédéric Fontang, ex-joueur de tennis professionnel et Geo,
scribouillard sporadique. Leurs destins se sont croisés.
Récit.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Frédéric Fontang est
né à Casablanca le 16 mars 1970 mais c'est un Palois de coeur
et d'origine. Il a grandi sous la houlette de Jean-Louis
Rancezot, patron du Tennis Club de la Vallée, à Gelos près de la
Ville Authentique, rival historique du Tennis Club Béarnais, lequel
aura vu éclore Nicolas Escudé.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Le jeune Frédéric
débarque sur le circuit au début des années 90. Spécialiste de la
terre battue parmi tant d'autres, il connaît après un an
d'apprentissage son apogée en 1991. L'été, période
propice, le voit récolter les fruits de son travail puisqu'il
enchaîne coup sur coup deux finales, la première au grand prix de
San Marin, la seconde au challenger de Cervia. Mis en confiance,
Fontang remporte peu après le challenger de Merano contre le
bientôt redoutable Carlos Costa avant d'accomplir son plus
beau fait d'armes, la conquête de son seul tournoi ATP à
Palerme alors qu'il ne figure même pas parmi les cent
meilleurs joueurs du monde.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Cela demeurera son
seul titre de gloire, les années d'après le voyant revenir à
la discrétion qui a toujours été la sienne. Le Tennis Club de la
Vallée axera ainsi sa communication sur cet "exploit" afin
d'attirer les jeunes pousses hexagonales dans ses stages
estivaux. Tous les lecteurs de Tennis Magazine ont en mémoire le
sourire lumineux de Fontang sur la publicité à son effigie. Natif
de Pau et ne vivant qu'à une quarantaine de kilomètres de la
cité d'Henri IV, mon regard d'adolescent se pose sur la
bouille de Fred début 1994.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelques mois plus
tard me voilà au sanctuaire pour deux semaines de secte de la
petite balle jaune. Tennis matin midi et soir. Pauses... ping-pong,
squash et tout de même un peu de foot ou de piscine. Plutôt réservé
à l'époque, je me fonds dans le groupe avec bonheur.
C'est le paradis. Nous sommes une joyeuse bande de minots de
7 à 17 ans en pension complète, aucun de nous ne peut envisager un
avenir tennistique, les meilleurs étant milieu de troisième série
et nous goûtons ainsi chaque instant de ce professionnalisme
virtuel. Instants purs et rares.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Un soir alors que
nous faisons ripaille, un jeune homme à la silhouette longiligne
entre dans le club-house, relooké en cantine pour l'occasion.
"Hé mais c'est Fred les gars !" Nous l'interpellons, il
nous sourit, s'approche, bavarde un moment avec nous.
C'est la première fois de ma vie que je vois un joueur
professionnel, l'instant est solennel. Bon élève, je lâche
devant mes potes hilares : "Frédéric Fontang, vainqueur du tournoi
de Palerme en 1991 contre Emilio Sanchez, numéro 16 mondial !".
Paternaliste et bienveillant, il me rétorque dans un sourire :
"c'est bien tu connais ta leçon". Après quoi nous le
matraquons de questions, on ne croise pas tous les jours un type
qui côtoie nos joueurs préférés. "Dis Fred t'as déjà joué
contre Edberg ? Perdu une fois. Et Becker ? Jamais. Et Bruguera ?
Perdu trois fois. Et Agassi ? Jamais. Et Muster ? Perdu deux fois.
Et Sampras ? Jamais.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Idiots comme des
ados, nous raillons les piètres performances de Fontang au moment
du débriefing intime, peu après l'avoir contemplé comme une
star. L'intéressé nous clouera le bec quelques jours plus
tard, lors d'une séance d'entraînement.
L'entraîneur est au panier, Fred en fond de court qui laisse
partir son bras. Les coups claquent, le bruit est sec. Le 238ème
joueur mondial met la balle au même endroit cinquante fois
d'affilée, en coup droit comme en revers et à une vitesse
invraisemblable. Ce mec que l'on traitait de tocard à mots
couverts l'avant-veille, qui passerait pour un crocodile
poussif à l'écran, c'est Dieu en train de jouer au
tennis. Bonne leçon d'humilité et prise de conscience de la
réalité du haut niveau.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Je reverrai Frédéric
Fontang à deux reprises. La première en 1999, aux Petits As de
Tarbes, autoproclamés "championnats du monde minimes", peu avant un
quart-de-finale entre deux clampins prometteurs, Richard Gasquet et
Rafael Nadal. Fred est attablé avec quelques amis du monde du
tennis, dont Jean-Philippe Fleurian, qui me fera l'honneur de
tailler une bavette. Il a l'air en forme, j'en suis
heureux. La deuxième cette année à Roland Garros. Il est désormais
accompagné d'un jeune chevelu débraillé. Devant mon écran, je
me replonge dans l'époque bénite du stage de tennis, nous
revois, une demi-douzaine en file indienne derrière la ligne de
fond, travaillant notre coup droit lifté. A côté de nous, un
morpion a un court et un coach pour lui tout seul. Césaire, notre
moniteur d'origine antillaise, nous dit : "Vous véwez
celui-là il sewa twès fow, là ! Il s'appelle Jéwémy Chawdy".
Il n'a pas menti. Je redécouvre le prodige béarnais contre
Nalbandian, les coups partent comme des fusées mais à la télé cette
fois. Chardy explose de joie et partage sa victoire avec son
entraîneur. Fred triomphe, il tient sa victoire contre un grand
joueur. La boucle est bouclée.</p>
]]></description>			<link>http://geo.sport24.com/488716/Mon-ami-Frederic/</link>			<comments>http://geo.sport24.com/Mon-ami-Frederic-22062008-173442-lp-488716.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://geo.sport24.com/488716/Mon-ami-Frederic/</guid>			<pubDate>Sun, 22 Jun 2008 17:34:42 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Roland Garros 1999]]></title>			<description><![CDATA[<div style="font-size: small; text-align: justify;" dir="ltr">
<strong>6 juin 1999. Cinquante-cinq ans après le
débarquement, un Américain s'impose à Paris. André Agassi,
octuple vainqueur de tournois du Grand Chelem, remporte Roland
Garros et réalise un carré d'as unique dans l'ère post
Rod Laver. Retour sur cet exploit en quatre parties et huit
paragraphes.</strong></div>
<div style="font-size: small; text-align: justify;" dir="ltr">
<div style="font-size: small" dir="ltr">
<p class="spip"><strong>                                                                                                         </strong></p>
<p class="spip"><strong>Une odyssée au long
court</strong></p>
<p class="spip"> </p>
<p class="spip">Roland Garros 1999 dans la carrière
d'André Agassi, c'est un pic, c'est un cap,
c'en est une parabole. Il a tout connu porte d'Auteuil,
à commencer par une fracassante arrivée sur le devant de la scène,
onze ans plus tôt. Crinière au vent, vêtu d'un short en jean,
il parvient en demi-finales, poussant aux cinq sets Mats Wilander,
futur vainqueur. Le public est sous le charme, Tennis Magazine,
bien inspiré, titre son numéro de septembre 1988
"Génération Agassi". Suivent les cruelles désillusions de 1990 et
de 1991, l'Américain se qualifiant magistralement
pour la finale mais craquant sous le poids de la pression
face à Andrès Gomez et Jim Courier, alors qu'il est favori.
Son compatriote, devenu entre-temps le big boss du circuit, ne fait
qu'une bouchée de lui en demi-finales un an plus tard.
C'est le début d'une longue traversée du désert pour le
Kid de Las Vegas sur la terre battue parisienne. Méformes,
blessures, absences l'empêchent de se montrer sous son vrai
jour pendant sept longues années.</p>
<p class="spip"></p>
<p class="spip"> On ne sait trop
qu'attendre du divin chauve à l'ouverture de
l'édition 1999 du French Open. Après avoir relancé une
seconde fois sa carrière l'année précédente, où il passe de
la 122ème à la 6ème place mondiale, Agassi marque à nouveau le pas
(tête de série numéro 13 néanmoins). Lucide, Michel Dhrey le
qualifie non plus de "favori" mais de "surprise possible". Le pois
des ans, les échecs répétés font douter jusqu'à ses fans les
plus fidèles. On craint même le pire lorsqu'André se blesse à
la Coupe du Monde des Nations de Düsseldorf contre Nicolas
Escudé et abandonne le match après seulement un set. Une toute
petite semaine avant le début des Internationaux de France,
l'Américain fait un aller-retour express aux Etats-Unis pour
se faire soigner et reconnaîtra plus tard "avoir envisagé le
forfait".</p>
<p class="spip"></p>
<p class="spip">Commence alors la folle chevauchée
du pur-sang de Las Vegas, faite de coups d'éclat, de
contretemps, de retours (c'est bien là son meilleur
coup...) Au premier tour le dangereux Franco Squillari, robuste
argentin, vainqueur du tournoi de Munich est maîtrisé en quatre
sets accrochés. Au tour suivant, Arnaud Clément pousse le
trentenaire au bord du précipice, qui lui inflige en guise de
châtiment une roue de bicyclette dans la cinquième manche.
Trois sets secs au troisième tour contre Chris Woodruff avec en
prime le coup du tournoi, soit un invraisemblable passing de coup
droit entre les jambes. Les choses (très) sérieuses commencent en
huitièmes de finale contre Carlos Moya, tenant du titre et
numéro 4 mondial. Deuxième épreuve pour Agassi, mené un set et
break et deuxième cinglante mise au point (au poing !) :
6/1 au quatrième set, l'Espagnol ratant sur la balle de match
le fameux passing dos au filet. Le quart de finale, trop facile
face à un Marcelo Filippini diminué de surcroît, suscite... les
huées du public, bientôt calmé par quelques baisers de
la star aux quatre coins du court.</p>
<p class="spip"></p>
<p class="spip"> La route semble encore bien
longue, Marcelo Rios et Gustavo Kuerten sont autant
d'adversaires potentiels pour les deux tours restants.
Dominik Hrbaty sort le premier nommé et fait mieux que se défendre.
Si la pluie était contre Agassi en finale en 1991, la nuit
l'a cette fois sauvé, repoussant la fin du match au samedi
matin qu'André, bien plus fringant, ne manquera pas
d'achever. La grande finale enfin, contre Medvedev qui a lui
sorti le Brésilien volant. Deux premiers sets de cauchemar où
Andreï écrase de sa puissance au service et en fond de court son
homonyme pétrifié par l'enjeu. Il était pourtant écrit que
l'Américain reviendrait, dans ce stade, dans ce tournoi, dans
cette finale. Il finit par terrasser le combattant ukrainien dans
un happy end digne d'une fiction hollywoodienne.
L'heure est aux larmes et aux prières. André l'a
fait.</p>
<p class="spip"> </p>
<p class="spip"><strong>Quand le Kid devint
God</strong></p>
<p class="spip"></p>
<p class="spip">"Je pense que chacun à la fin de sa
journée doit avoir un sentiment de satisfaction au
regard des efforts qu'il a faits, de ce qu'il a
réalisé. (...) A ce stade de ma vie, si je fais quelque chose, je
veux bien le faire". Tels furent les mots d'André
Agassi lors d'une interview d'après-match,
réalisée par l'inévitable et ineffable Nelson Montfort. Des
propos qui tiennent de la leçon de vie. On est si loin de
l'adolescent rebelle et superficiel, utilisé par la marque
Canon pour son fameux slogan "Image is everything", tant
regretté par l'intéressé depuis. Le champion dispense
désormais la bonne parole tel un prêtre ou plutôt, crâne rasé, un
moine bouddhiste. 29 ans l'âge de raison chez Agassi, fruit
des expériences heureuses et adverses mais aussi d'un
travail intérieur, le joueur s'étant livré à une
psychothérapie. André allie égoïsme de bon aloi et altruisme, il
s'investit pleinement dans sa carrière (et avec quel
succès !) sans oublier son prochain. The Andre Agassi
Charitable Foundation et the Andre Agassi College Preparatory
Academy sont les deux concrétisations majeures de cette envie
de donner. Il y a du Yannick Noah dans cette sagesse et dans cette
"générosité Agassi". L'homme est bien dans sa peau et cela se
voit.</p>
<p class="spip"> </p>
<p class="spip"><strong>Et Pete
Sampras</strong></p>
<p class="spip"></p>
<p class="spip">"Je peux me coucher ce soir en me
disant que je n'échangerais mon palmarès avec personne
d'autre". Comment ne pas penser à Pete Sampras,
l'éternel rival, à l'écoute de cette phrase ? En
ce 6 juin 1999, André Agassi tient sa revanche sur celui à qui
on l'a si souvent comparé, opposé. En effet au soir de leurs
carrières respectives, les chiffres parlent en faveur de
Sampras : 14 titres du Grand Chelem contre 8, 286 semaines en
tant que numéro un mondial contre 101, six années terminées en
pole position contre une seule et cerise sur le gâteau, quatre
victoires en autant de rencontres à l'US Open, dont trois
finales. Roland Garros restera néanmoins l'éternel talon
d'Achille du demi-dieu grec, qui a lui aussi sa chance en
1996 sans pouvoir la saisir. Dépité, désinvolte, Sampras se fait
diaphane Porte d'Auteuil et ce jusqu'à la fin. Grand
champion, Pete ne tient pourtant pas rigueur à André d'avoir
coché, trois ans plus tard, cette case à tout jamais vierge de
son palmarès et l'appelle même pour le féliciter. "Je ne
l'aurais pas fait pour n'importe qui" confie-t-il,
l'estime entre les deux joueurs est immense. Ainsi en est-il
de leur destin. A Sampras les livres d'histoire, à Agassi la
palme de la complétude.</p>
<p class="spip"> </p>
<p class="spip"><strong>Désirs
d'avenir</strong></p>
<p class="spip"></p>
<p class="spip"> Dans l'édition parue au
lendemain du sacre du King de Las Vegas à Roland Garros,
l'Equipe établit ainsi un portrait comparatif entre
Sampras "le boulimique" et Agassi "le gourmet". Opposant la
voracité du premier aux dégustations du second, le quotidien
conclut par une intéressante interrogation : "Et si André
demain n'avait plus faim ?" La question mérite
d'être posée, la réponse est sans détour et le retour
définitif. 1999 est de loin la meilleure saison de
l'Américain (bouclée à la première place
mondiale), présent dans tous les grands rendez-vous
suivants son succès parisien : finales à Wimbledon et au
Masters, victoire à l'US Open. Le gourmet devient gourmand à
l'Open d'Australie, insatiable et invincible de
2000 à 2004. Longévité est le qualificatif qui colle à tout
jamais au polo du joueur, ses dernières années faisant sa
légende.</p>
<p class="spip"></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"> L'US Open 2005 est son dernier tour de force. A 35 ans,
porté par un public en transe, Agassi se hisse en finale,
seulement dominé par le maître Federer himself. Une fin "idéale"
s'offre alors à lui, mi-Sampras (vainqueur à 32
ans pour son ultime concerto), mi-Connors (demi-finaliste à
l'âge canonique de 39 ans). Il commet un péché
d'orgueil en repoussant d'un an l'inéluctable.
Ainsi lors de l'US Open 2006, le "Old" de Las Vegas trouve la
force de sortir Marcos Baghdatis, tête de série numéro 8, en guise
de baroud d'honneur mais doit déposer la raquette au
troisième tour, le dos meurtri. L'heure des adieux est venue.
Emu aux larmes, comme toujours, le flamboyant champion
s'adresse à son public en ces termes : "Dans mes moments
les plus difficiles, quand j'étais au plus bas, vous
m'avez donné la force d'y croire. Grâce à vous
j'ai trouvé l'inspiration. Je me souviendrai de vous
pendant le reste de mon existence. Le tableau d'affichage
indique que j'ai perdu aujourd'hui, mais il
n'indique pas ce que j'ai trouvé." André Agassi, un
grand joueur, un grand homme, tout court.</p>
</div>
</div>
]]></description>			<link>http://geo.sport24.com/457420/Roland-Garros-1999/</link>			<comments>http://geo.sport24.com/Roland-Garros-1999-06012008-135403-lp-457420.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://geo.sport24.com/457420/Roland-Garros-1999/</guid>			<pubDate>Sun, 06 Jan 2008 13:54:03 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Les RG de Roland Garros 2]]></title>			<description><![CDATA[<p><strong>Dimanche 10 juin 2007. Gustavo Kuerten,
tiré à quatre épingles, remet à Rafael
Nadal la coupe des Mousquetaires, de même que le sceptre
virtuel de triple vainqueur de Roland Garros, avant de le qualifier
de "meilleur joueur de l' histoire sur terre battue".
L' heure est au bilan de la seconde partie du
tournoi.</strong></p>
<a id="more" name="more" title="more"></a>
<p>
<strong>Rafa VS Roger, le chef d' oeuvre
imparfait</strong>

L'affiche de la finale de l'édition 2007 des
Internationaux de France devait quoi qu'il advînt faire
entrer un joueur dans la légende. Roger Federer pouvait
succéder à André Agassi et à Rod Laver,
détenteurs des quatre tournois du Grand Chelem mais
c'est désormais Rafael Nadal qui compte trois titres
Porte d' Auteuil, à l'instar de Guga et
même de Borg, qui les avait enchaînés de 1978
à 1980. L'affrontement entre l'Espagnol,
meilleur numéro deux mondial de l'histoire
peut-être et le Suisse, assurément un des plus grands
de tous les temps était pour le moins attendu. On pensait
tenir le match de gala où l'un et l'autre
donneraient ensemble le meilleur d'eux-mêmes.

Tous les indices étaient au vert sur la brique rouge. Avant
la finale, Rafa a remporté tous ses matches sans
égarer le moindre set, avalé des adversaires aussi
coriaces que Hewitt (qui bien que ne l'ayant jamais
dominé sur terre battue, menait quatre victoires à
deux face à l'Espagnol et l'avait en outre
inquiété au tournoi de Hambourg) et Moya, faisant fi
de l'aspect émotionnel et rappelant implacablement
-entre autres- leur différence d'âge à
son aîné majorquin. Quant à Roger, tout juste
a-t-il laissé échapper la deuxième manche dans
son quart de finale face à Robredo avant de passer la
troisième puis la quatrième avec une insolente
aisance.

Difficile, au moment d'aborder la finale des Internationaux
de France, d'oublier celle du Masters Séries
hambourgeois, trois petites semaines auparavant ; match à
propos duquel tout a été dit, écrit,
glosé. Il ne fallait en définitive ni en minimiser ni
en exagérer l'importance. Les conditions de jeu
étaient sensiblement différentes en Allemagne : air
glacial, rebond moins haut, mais c'est un vrai direct au foie
qu'avait porté le numéro un mondial à
son dauphin, lequel avait regagné Manacor en monocycle...
Piqué au vif, Nadal a fait montre lors de ce Roland Garros
de la qualité suprême du champion, l'orgueil. Un
orgueil démesuré, transcendant, le condamnant
à réagir aussitôt et à transformer
l'échec en simple accident de parcours.

Fort de progrès récents, Rafael a ainsi
élevé un niveau de jeu déjà très
haut, servant mieux, frappant plus fort son revers,
désormais lourd et redoutable, faisant quelques incursions
au filet au besoin. Federer a pour sa part été trahi
par sa si précieuse première balle, de même
qu'il a commis quantité de fautes directes, souvent
provoquées, aux dires de Roger lui-même. Le Nijinski
des courts a bien essayé de reproduire les schémas
gagnants, soit l'utilisation des revers croisé et coup
droit décroisé forts et longs, mais il a le plus
souvent été mis au supplice par le lift giclant et
les effets du gaucher.

Il flottait ainsi à l'issue de la finale comme un
désagréable air de déjà vu, à
tel point que le score fut (quasiment) identique, au jeu
près, à celui de la demi-finale de Roland Garros
2005, soit le premier affrontement sur terre battue des deux
monstres. Le duel a une fois encore été tactique,
inégal et en définitive inachevé, surtout aux
yeux du grand public qui reste invariablement sur sa faim.

Notons que ce sentiment mitigé est probablement
partagé par... les deux joueurs. En effet, Nadal et Federer,
respectueux sur le court, voire bons camarades en dehors doivent
dans un sens se maudire. Sans le Suisse, Rafa ferait un très
convenable numéro un mondial (5225 points ATP cette semaine
contre 5110 pour Hewitt après son titre à Wimbledon
en 2002, 4535 pour Roddick fin 2003). Sans l'Espagnol, Roger
serait - qui sait- sur la route d'un second Grand Chelem
consécutif le consacrant définitivement comme le
meilleur joueur de l'histoire...

<strong>Djokovic, l'instant fraîcheur</strong>

Faute de trophée, Roger Federer a raflé pour la
troisième année consécutive le Prix Orange
récompensant le joueur le plus disponible, aimable,
apprécié des journalistes. Sur ce seul tournoi de
Roland Garros, il aurait pu sans conteste être
attribué à Novak Djokovic. Pitre plaisant(in) dans
les vestiaires, il a multiplié les facéties pour le
plus grand bonheur de ses petits camarades de jeu et des
téléspectateurs. Bon élève une fois
entré en court, coiffé d'une brosse adolescente
de premier de la classe, le jeune homme de vingt ans marie à
merveille puissance de frappe et intelligence de jeu.

Sa prestation la plus aboutie restera sans nul doute son quart de
finale contre Igor Andreev, le coupeur de bois. Taillant sa route
au son du clonc, le Russe faisait figure
d'épouvantail, voire de divine surprise dans le bas du
tableau. A la fois un peu rustre tactiquement, fruste techniquement
et juste physiquement, il a été ramené
à la raison par Nole, qui a su et pu le faire dévier
de son plan de jeu, de son plan de... frappes. En demi-finale,
c'est le Serbe qui s'est à son tour
retrouvé face à une énigme insoluble et par
conséquent délité sous
l'écrasante pression exercée par Nadal.

Le spectacle fut néanmoins au rendez-vous au cours de deux
premiers sets très rythmés. Djokovic a fait honneur
à son statut de nouveau numéro quatre mondial et
s'annonce comme un prétendant aux plus grandes
conquêtes, notamment sur le ciment américain où
après un printemps magnifique il aura son mot à dire
au plus fort de l'été. On remarquera enfin
qu'avec un fair-play que l'on ne lui connaissait pas,
Novak a su trouver les mots qu'il faut pour ses adversaires,
dans la victoire comme dans la défaite. Très bon
niveau, excellente attitude, continuez comme ça Monsieur
Djokovic...

<strong>Valeureux et malheureux, les faire-valoir</strong>

Reconnaissons que la dramaturgie de la deuxième semaine a
été excessivement convenue, au contraire de ce que
l'on pouvait espérer. Ainsi six des huitièmes
de finale, trois des quarts de finale ainsi que les deux
demi-finales ont été conclus en trois sets. Sans
opposition, point de passion. L'exemple le plus frappant de
ce scénario cousu de fil blanc est peut-être le
parcours de Roger Federer qui a fait face, sur la route de la
finale, à trois de ses victimes
préférées, responsables à leurs
dépens du manque de suspens. Youzhny en huitièmes de
finale, Robredo en quarts, Davydenko en demi, telle fut la rampe de
lancement idéale pour le numéro un mondial quand on
sait que, malgré la difficulté croissante à
chaque tour, il totalise aujourd'hui vingt-sept victoires
contre... zéro défaite face au trio.

Tommy et Nikolay, méritants et même impressionnants au
point ne pas concéder un set avant d'affronter Roger,
ne parviennent pas à se défaire de l'emprise
mentale (et tennistique of course) du maître. Le Catalan a vu
l'Helvète s'envoler selon son bon vouloir dans
la deuxième partie de son match, le Russe n'y a lui
jamais vraiment cru, en dépit d'une foule
d'occasions. Après un départ canon, Davydenko
est brutalement sorti de son état de lévitation et a
cessé de pratiquer un tennis de rêve, Federer se
contentant d'être présent sur les bons coups.
Une revanche du tournoi de Rome face à Volandri en quarts de
finale n' aurait pas manqué d'
intérêt, tout comme une demi-finale face à
Nalbandian, ancienne bête noire toujours aux aguets ou
davantage encore Cañas. Le choc se profilait au fil des
tours ; nourri des deux défaites de Roger face à
Guillermo il y a quelques mois, il eût, sans préjuger
du résultat, tellement de piquant.

<strong>Et maintenant ?</strong></p>
<p>
A Wimbledon, dans (trop) peu de temps, on peut craindre que
Federer, aiguillonné à son tour, ne soit
intransigeant envers ses collègues joueurs tel Pete Sampras
naguère. Le grand rendez-vous sur gazon comportera
néanmoins son lot de curiosités mais faisons un saut
temporel et spatial jusqu' en Amérique. Nous attendent
à New York, dans la chaleur aoûtienne, un
numéro un mondial somme toute serein, un dauphin aux dents
longues, un Djokovic déboulant tel un
météorite, un Hewitt sur la voie du retour, des
Américains revanchards, un Baghdatis en embuscade et
espérons-le bien d'autres encore. The show must go
back... Enfin, on ne saurait clore ce chapitre "terre battue" sans
un petit cocorico. Dans le tableau masculin, les quatre places de
finalistes du tournoi des légendes ont été
trustées par quatre Français ! Les heureux
élus sont Guy Forget, Arnaud Boetsch, Cédric Pioline
et Henri Leconte. Mieux vaut tard que jamais...</p>
]]></description>			<link>http://geo.sport24.com/418727/Les-RG-de-Roland-Garros-2/</link>			<comments>http://geo.sport24.com/Les-RG-de-Roland-Garros-2-14062007-135841-lp-418727.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://geo.sport24.com/418727/Les-RG-de-Roland-Garros-2/</guid>			<pubDate>Thu, 14 Jun 2007 13:58:41 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Les RG de Roland Garros]]></title>			<description><![CDATA[<p> </p>
<p><strong>Samedi 2 juin 2007. Le troisième
tour s' achève de même que la première
phase du tournoi. Revenons sur les faits marquants du début
des Internationaux de France</strong>.</p>
<p>  </p>
<strong>   Playing in the rain
</strong>"En avril ne te découvre pas d'un fil"
dit la maxime. "En mai mets ton ciré !" aurait pu être
le leitmotiv des premiers jours de ce Roland Garros crue 2007.
Adieu le Paris de carte postale, printanier presque estival,
véhiculant des clichés so french et servant d'
ordinaire de cadre aux Internationaux de France. Bonjour la pluie,
inexacte en temps et en lieu puisque davantage attendue dans un
mois du côté de Wimbledon... Joueurs et spectateurs
ont ainsi dû essuyer un véritable déluge lors
des deux premières journées du tournoi. Il devait
débuter un dimanche pour la première fois de son
histoire, permettre une programmation plus étalée et
donc plus aisée. Il n'en fut rien, le coup
d'envoi n'a réellement été
donné que... le mardi et l'urgence a été
de mise dans la planification des matches, coquin de sort.


<strong>   Les Français : Crépuscule des
vieux et jeunes en péril</strong>

On espérait que dame pluie fût un heureux
présage pour les... Froggle. Nombreux comme souvent sur la
ligne de départ (onze), les Tricolores se sont hélas
tous essoufflés au bout de trois tours au mieux,
enregistrant là leur pire résultat groupé
depuis dix ans. Honneur au vétéran, Fabrice Santoro
et ses presque trente-cinq printemps. Ayant totalement fait
l'impasse sur la saison sur terre battue, il est venu Porte
d'Auteuil faire un petit tour (contre Chela) pour le plaisir.
On l'attend autrement plus ambitieux et redoutable en double
avec son compère Zimonjic. Ancien finaliste de l'
épreuve avec LLodra, il visera plus haut...

Les ex-minots provençaux, Sébastien Grosjean et
Arnaud Clément (ce dernier étant il est vrai peu
à l'aise sur terre battue), âgés tous
deux de vingt-neuf ans, classés respectivement à la
62ème et à la 45ème place mondiale confirment
lentement mais sûrement leur déclin. Opposés
d'entrée à de solides têtes de
série, Grosjean face à Baghdatis et Clément
face à Ljubicic se sont inclinés en trois sets et ne
paraissent plus à même de porter les espoirs de tout
un peuple en émoi.

La relève se fait malheureusement toujours attendre. Le
numéro un, Richard Gasquet, régulier depuis le
début de l'année et plutôt bon lors des
tournois préparatifs (finaliste à Estoril, quart de
finaliste à Monte Carlo) a déçu, terriblement
déçu. A bientôt vingt-et-un ans et cinq ans
après ses grands débuts sur le circuit,
l'excuse de l'inexpérience, de la jeunesse ne
tient plus pour le natif de Sérignan qui dit avoir "pris la
pression" lors de son deuxième tour contre Kristof Vliegen.
Richard est assurément mûr tennistiquement tandis que
son mental doit désormais faire l'objet d'un
travail de tous les instants.

Paul-Henri Mathieu, jeune lui dans l'esprit, les ambitions,
devait épauler dignement Gasquet dans la quête
d'un grand résultat. Crédité lui aussi
d'une bonne saison sur clay (vainqueur à Casablanca,
demi-finaliste à Estoril), il abordait Roland Garros
armé d'une confiance louable. Pourtant sa superbe
technique et sa volonté d' "atteindre au moins la
deuxième semaine" ont volé en éclats face au
monolithique Igor Andreev. Sorte de Berasategui russo-valencian de
l' an 2000, usant de sa raquette comme d'un gourdin, il
tape le plus souvent et le plus fort possible en coup droit avec
une redoutable efficacité et surtout sans se poser la
moindre question.

Les Bleus, avec ou sans les honneurs, ont ainsi tous failli dans un
triste ensemble. Le tennis français est bel et bien malade
(de la tête ?) mais rendons néanmoins hommage aux deux
animateurs de la première semaine, Gaël Monfils et
Olivier Patience. Miné par un véritable parcours du
combattant (Rochus au premier tour, Chela au deuxième et
enfin Nalbandian au troisième), Sliderman,
l'anti-Gasquet, irrégulier mais sans peur n'a
que peu de reproches à se faire. Désormais
coaché par Tarik Benhabiles, il a fait l' effet d un
"Roddick terrien", avec une première balle de service et un
coup droit perforants, ainsi qu'un goût prononcé
pour la bagarre et le spectacle.

Le vrai test a eu lieu contre un Nalbandian très... Agassian
(du nom originel de son père) première
génération : cheveux longs et petit bedon mais aussi
et surtout, cadence infernale du fond de court des deux
côtés et retours foudroyants dans les moments
importants. Le revers de David est supersonique quand celui de
Gaël n'est trop souvent qu'un coup de remise.
L'ensemble de son jeu étant en nets progrès, la
volée notamment, il pourrait prendre définitivement
son envol en comblant cette dernière lacune.

Olivier Patience enfin, qui en a fait preuve lors de son match
contre Novak Djokovic, de même que de force, de rage, de
talent. 129ème joueur mondial, il a joué le match de
sa vie au troisième tour de ce Roland Garros, lâchant
tous ses coups, prenant tous les risques. Bref ce fut
l'état de grâce pendant presque cinq sets.
Sachons gré à Olivier de nous avoir procuré le
premier grand frisson de la quinzaine. Quant à Novak
Djokovic, on notera que chez le d' ores et déjà
grand joueur serbe, le mental est au service de la technique car,
malgré un public partisan à l'extrême, il
n'a jamais faibli. Mieux, il a su faire preuve de
sportivité et d'élégance en fin de
partie, se mettant le public parisien dans la poche pour la suite
du tournoi, au cas où...


<strong>   Les Américains : Forget
Paris</strong>

Qu'il est loin le temps où Jim Courier et André
Agassi, opposés en finale de Roland Garros en 1991 et en
demi-finale en 1992 (victoires du premier nommé)
étaient probablement les deux meilleurs joueurs du monde sur
terre battue. Cette année le tennis américain a en
revanche vécu un French Open cauchemardesque en étant
incapable de qualifier un des siens pour le deuxième tour !
La déception quoique réelle de la part de cette
immense nation de tennis était finalement attendue car le
phénomène n'est pas nouveau. Il fut longtemps
masqué par la longévité du Kid de Las Vegas,
émouvant vainqueur en 1999 et encore quart de finaliste de
2001 à 2003. Andy Roddick et James Blake, chefs de file du
tennis US d' aujourd'hui, n'ont eux aucun bon
résultat à faire valoir sur la terre battue
parisienne. Leur jeu à plat, plus en adéquation avec
les surfaces dures, ne suffit pas à expliquer une telle
débâcle.

Se pose davantage une question de culture, de mentalité, en
somme de préparation. Roddick a joué à cinq
reprises la finale du tournoi de Houston récoltant trois
victoires sur la rapide terre battue verte. Toutefois, afin de ne
pas passer... au rouge à Paris, il faudrait aux tennismen
étasuniens s'imposer une longue période
d'acclimatation sur le Vieux Continent. Leur absence
groupée au Tournoi de Monte Carlo notamment n'est pas
passée inaperçue. Tout cela est regrettable car le
public de Roland Garros serait à n' en pas douter tout
disposé à célébrer des champions aussi
charismatiques que Blake et Roddick, pour peu qu' ils
prolongent leur séjour jusqu' à la
deuxième semaine. A bon entendeur...


<strong>   Stars et déboires</strong>

La première semaine de cette édition 2007 de Roland
Garros aura été dans son ensemble d'une logique
implacable pour ce qui est des favoris. Federer et Nadal sont
apparus souverains, Davydenko et Robredo toujours aussi
métronomes, Nalbandian et Cañas les garants de la
puissance argentine, Djokovic, Baghdatis et Youzhny valeurs
montantes, Hewitt en regain de forme annoncé. Parmi les
rares faillites on notera l'échec de Berdych,
numéro dix mondial mais encore un peu friable, sorti
dès le premier tour. Safin et Gonzalez
s'étaient quant à eux affrontés il y a
un an dans ce qui avait constitué l'affiche du premier
tour des Internationaux de France, Fernando chutant dès le
tour suivant. Séparés dans le tableau cette
année mais unis dans la défaite, le Russe a cette
fois fait mieux que le Chilien en gagnant son premier match.

Gonzalez devient peu à peu le roi du yo-yo, tantôt
brillant finaliste à l' Open d' Australie ou
à Rome tantôt totalement absent comme lors de son
match contre Stepanek. Imprévisible Fernando... On
attribuera à Marat le titre de "fanfaron de la semaine", qui
s'est présenté Porte d' Auteuil dans
l'inconnu après une piteuse campagne sur terre battue
(trois matches gagnés). Rassurant lors de son premier tour
expédié face à Vicente, il a
déclaré en conférence de presse : "je serai
dangereux" avant de... sombrer le tour d'après, ne
marquant même pas un set. Un Safin au mieux de sa forme
pouvait prétendre à un quart de finale face à
Federer qui aurait valu son pesant d'or. Dommage...
Réjouissons-nous malgré tout car l'absence de
surprises lors de la première partie du tournoi nous promet
nombre de belles affiches lors de la deuxième semaine.
Messieurs, jouez !]]></description>			<link>http://geo.sport24.com/416271/Les-RG-de-Roland-Garros/</link>			<comments>http://geo.sport24.com/Les-RG-de-Roland-Garros-03062007-173034-lp-416271.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://geo.sport24.com/416271/Les-RG-de-Roland-Garros/</guid>			<pubDate>Sun, 03 Jun 2007 17:30:34 +0200</pubDate>		</item>	</channel></rss>