<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0">	<channel>		<title>[rmc.fr] mauvaisegraine : <![CDATA[Mauvaise Graine]]></title>		<link>http://mauvaisegraine.rmc.fr</link>		<description><![CDATA[Mauvaise Graine]]></description>		<language>fr</language>		<copyright>Copyright (c) 2006, Hi-pi</copyright>		<generator>Hi-pi RSS 2.0 generator</generator>		<docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>		<pubDate>Mon, 23 Nov 2009 16:29:38 +0200</pubDate>		<image>			<title>mauvaisegraine.rmc.fr</title>			<link>http://mauvaisegraine.rmc.fr</link>			<url>http://static.blogstorage.hi-pi.com/rmc.fr/m/ma/mauvaisegraine/images/mn/1222250161_regular.jpg</url>		</image>		<item>			<title><![CDATA[Déclaration de Bastien-Thiry à son procès]]></title>			<description><![CDATA[<p>

 
</p>
<p><span style="font-family: Arial;"> </span></p>
<p style="margin-right: 39.6pt; text-align: center;" align=
"center"><strong><span style="font-family: Arial;">Déclaration de
Jean Bastien-Thiry devant la Cour Militaire de Justice, prononcée
le 2 février 1963</span></strong></p>
<p><span style=
"font-family: Arial;"><span> </span>« L'action dont
nous répondons aujourd'hui devant vous présente un caractère
exceptionnel et nous vous demandons de croire que seuls des motifs
d'un caractère également exceptionnel ont pu nous déterminer
à l'entreprendre. Nous ne sommes ni des fascistes ni des
factieux mais des Français nationaux, Français de souche ou
Français de c&oelig;ur, et ce sont les malheurs de la Patrie qui
nous ont conduits sur ces bancs. Je suis le Chef de ceux qui sont
ici, j'assume à ce titre toutes mes responsabilités et
c'est pourquoi je parlerai au nom de mes camarades et plus
longuement qu'ils ne l'ont fait avant moi.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Nos motifs d'action sont
liés aux conséquences de l'effroyable drame humain et
national qui, à la suite des événements qui se sont déroulés en
Algérie depuis bientôt cinq ans, ont mis en jeu, et mettent encore
journellement en jeu la liberté, les biens et la vie de très
nombreux Français ; après avoir mis en jeu l'existence
même, en tant que telles, de collectivités nationales dans leur
ensemble, et l'existence même du principe de l'unité
nationale.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Nos motifs d'action sont
liés aussi, et par voie de conséquence, au danger, mortel, à notre
avis, que fait courir à notre Pays l'actuel pouvoir de
fait : par suite des conditions dans lesquelles a été obtenu
ce qu'on a osé appeler le règlement du problème algérien, des
principes et des lois qui sont, ou qui devraient être à la base de
la vie nationale ont été mis en question. Les nations sont
mortelles et, dans un passé lointain ou proche, des nations ont
cessé d'exister en tant que telles. Le danger que court
actuellement ce pays ne vient pas d'un risque de destruction
physique ou matérielle : il est plus subtil et plus profond
car il peut aboutir à la destruction de valeurs humaines, morales
et spirituelles qui constituent le patrimoine français.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Ce patrimoine procède
d'un héritage qui est à la fois grec, latin, occidental et
chrétien et repose sur une conception précise de la liberté et de
la dignité de l'homme et des collectivités humaines et sur la
mise en application de principes fondamentaux qui ont un caractère
universel et qui sont la recherche et le souci de la Justice, le
respect de la vérité et de la parole donnée et la solidarité
fraternelle entre tous ceux qui appartiennent à la même
collectivité nationale. Nous croyons qu'on ne viole pas
impunément et cyniquement ces différents principes sans mettre en
péril de mort, dans son esprit et dans son âme, la Nation tout
entière ; sans la mettre, par le fait même à la merci des
diverses formes de matérialisme moderne, au premier rang desquels
se place évidemment le totalitarisme communiste, négateur de la
liberté humaine, qui empêche l'homme et les collectivités de
s'épanouir librement, en en faisant de simples éléments dans
le cadre et au service d'une doctrine perverse et
fausse.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Nous croyons nécessaire, au
début de cette déclaration, de rappeler brièvement ce que furent,
au cours des cinq dernières années, les principaux aspects du drame
algérien. Ce drame n'appartient pas encore au passé ; il
est inscrit aujourd'hui dans la chair et dans le c&oelig;ur
de millions d'êtres humains.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Rappelons-nous que la période
de mai-juin 1958 avait été précédée par des mois de troubles et
d'incertitudes qui avaient ébranlé l'armée française et
l'opinion publique. Un changement du régime politique
français fut rendu possible par l'attitude de l'Armée
et s'opéra à Paris. Ce fut à cette époque que des engagements
solennels furent pris devant le peuple français, devant
l'Armée et devant les différentes communautés d'Algérie
par celui qui personnifiait le nouveau pouvoir politique. Ces
engagements furent pris sous forme de serments à Oran, à
Mostaganem, à Bône et autres lieux de la terre algérienne ; et
ces serments proclamèrent que l'Algérie resterait terre
française et que tous les habitants d'Algérie deviendraient
des Français à part entière. Ces serments,nul n'était obligé de les
prêter ; mais dès lors qu'ils étaient pris par un chef
de gouvernement nouvellement investi, ils avaient valeur de
programme politique. Serments prêtés par un officier général en
uniforme devant d'autres officiers et soldats, c'était
une question d'honneur, d'honnêteté intellectuelle et
de simple bonne foi de tout faire, de faire tout ce qui était
humainement possible pour honorer ces engagements et pour tenir ces
serments.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">À l'époque, ces
engagements impliquaient toute une politique qui fut, dès ce
moment, mise en &oelig;uvre par l'Armée et par
l'Administration française en Algérie ; ils signifièrent
la parole donnée, au nom de la France, par d'innombrables
officiers et fonctionnaires ; ils signifiaient
l'engagement à nos côtés, dans la vie et dans la mort, de
milliers de Musulmans Français qui, par les paroles mêmes du
nouveau Chef de l'État, étaient incités à faire confiance à
la France et à se ranger à ses côtés.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">À cette époque, ces
engagements représentaient pour la majorité des Français, et pour
l'Armée Française, un programme politique qui était à la fois
réaliste, conforme aux intérêts moraux et matériels de tous les
habitants d'Algérie, conforme aux intérêts supérieurs et
stratégiques de notre pays : l'Algérie était française
depuis cent trente ans ; la vie menée en commun sur le sol
algérien par les diverses communautés, le sang versé en commun sur
les champs de bataille, avaient créé des liens qui,
vraisemblablement, pouvaient devenir inaltérables.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Le nationalisme algérien
n'existait vraiment que dans des sphères assez restreintes,
chez une minorité d'agitateurs politiques et de terroristes.
Ce nationalisme ne touchait pas profondément les masses qu'il
aurait été possible, selon toute vraisemblance, de rallier
définitivement à la France dans la mesure où celle-ci se serait
montrée forte, généreuse et unie. II fallait pour cela une ligne
politique ferme et continue venant de Paris, mettant en &oelig;uvre
divers moyens propres à montrer aux Musulmans que leur intérêt
moral et matériel était de rester Français, à les amener
progressivement à confirmer en toute liberté leur option française.
Ces Musulmans avaient infiniment plus à gagner dans une véritable
libération de l'individu et de leur personne humaine,
libération effectuée dans la justice et dans la dignité
d'homme, que dans une prétendue libération collective et
nationale dont nous constatons aujourd'hui, et dont ils
constatent eux-mêmes les funestes résultats.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">C'est pourquoi nous
étions sincèrement partisans de l'Algérie française, parce
que nous estimions cette solution réaliste et bénéfique à
tous ; mais nous concevions qu'il y eût d'autres
solutions pour l'avenir algérien, solutions pouvant être
défendues de façon honnête et sincère; l'impératif absolu,
quelle que fût la solution finalement retenue, étant, en tout état
de cause, et sous peine de trahison et d'infamie pour le
pouvoir politique mettant en &oelig;uvre cette solution, de faire
respecter la vie, la liberté et les biens des millions de Français
de souche et de Français Musulmans vivant sur cette
terre.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Il apparut, dès la fin de
l'année 1958, au cours de conversations privées, et à
l'automne 1959 à l'occasion d'une déclaration
publique, que le Chef d'État nouvellement investi était
décidé à rompre et à remettre en question ces engagements, ces
serments, prêtés avec tant de solennité, rendant caduc le programme
politique et humain qu'il avait officiellement fait sien à la
mi-58. Durant ce très court laps de temps, il n'y eut aucun
fait national ou international important qui pût fournir le moindre
prétexte à reconsidérer ces engagements. Bien au contraire, le
peuple français et les communautés d'Algérie avaient, à
l'occasion du référendum de novembre 1958, approuvé
massivement le principe de l'Algérie terre française ;
la nouvelle Constitution, qui n'a pas été révisée depuis sur
ces points, confirmait l'appartenance à la Nation des
départements français d'Algérie et du Sahara, rendait le
Président de la République responsable, sous peine de haute
trahison, de l'intégrité territoriale de la Nation et
déclarait explicitement, en son article 89, qu'aucune
procédure de révision ne pouvait être engagée concernant
l'intégrité du territoire national.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Par ailleurs, il
n'existait aucune nation occidentale ou amie de la France qui
ne fût disposée à reconnaître le bien-fondé de nos droits et
responsabilités sur l'Algérie. S'il y en avait eu,
l'expérience vécue et l'exemple donné par des nations
occidentales beaucoup moins puissantes que la France, montrent
qu'il aurait été possible, même contre la volonté de
certaines nations alliées, de maintenir ces droits et
responsabilités africaines.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Pourquoi, alors, avoir pris
ces engagements que le Pouvoir remettait en question avec tant de
cynisme et de désinvolture ? La conviction de nos amis, étayée
par tous les événements qui ont suivi, est que les engagements de
juin 1958, dont la rupture a fait couler tant de sang et tant de
larmes, a occasionné tant de malheurs et tant de deuils,
n'ont été pris que dans un but tactique et ne correspondaient
nullement à la pensée profonde, aux intentions réelles du Chef de
l'État ; en juin 1958, le pouvoir politique que son
actuel détenteur venait de retrouver d'une manière inespérée,
après l'avoir attendu et espéré vainement douze années
durant; ce pouvoir était encore fragile et sous la dépendance
immédiate de ceux qui, à Alger, avaient prêté le serment de
l'Algérie Française ; il fallait leur donner des gages
de bonne volonté pour conserver et affermir ce pouvoir auquel on
tenait par-dessus tout et dont l'on croyait avoir été si
longtemps injustement frustré.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">À notre avis, c'est là
un point essentiel et qui portait en germe tout ce qui allait
suivre ; en prêtant, dans un but tactique, des serments
qu'il n'était pas décidé à tenir, l'actuel Chef
de l'État montrait qu'il était décidé à exercer son
pouvoir envers et contre tout, en utilisant les moyens et les
méthodes les plus cyniques et moralement les plus condamnables.
J'ai d'ailleurs trouvé récemment dans un hebdomadaire
qui avait groupé un certain nombre de bons mots gaullistes, la
sentence suivante : " Comme un homme politique ne croit jamais
ce qu'il dit, il est tout étonné quand il est cru sur parole
".</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Messieurs, tous les Français
nationaux qui nous ont précédés devant ce tribunal, ou devant
d'autres cours de justice, en particulier le Général Salan,
ont qualifié comme il convenait la rupture de ces engagements de
juin 1958 : le parjure qui en est résulté, constitue
l'une des plus grandes, et peut-être la plus grande imposture
de l'Histoire de France ; la rupture de ces engagements
qui, à partir de 1959, allait être consommée dans les faits en
vertu de déclarations et initiatives successives, savamment
graduées, constitue une escroquerie politique et morale apparemment
sans précédent ; ses conséquences en furent à la fois
tragiques et immenses, et ces conséquences sont très loin
d'être épuisées aujourd'hui.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Dés lors que l'on avait
basé une politique sur le parjure et le reniement, il devenait
impossible de s'arrêter de mentir, de se parjurer et de se
renier. En premier lieu, les conditions posées, en septembre 1959,
à l'exercice de l'auto-détermination, n'ont
aucunement été tenues. Ensuite nous avons entendu successivement
des déclarations et professions de foi sur la solution la plus
française dont, en janvier 1960, le Chef de l'État se
déclarait partisan en Algérie ; nous avons entendu des
assurances selon lesquelles on ne livrerait jamais l'Algérie
au F.L.N., c'est-à-dire au chaos et à l'égorgement
généralisé ; selon lesquelles le drapeau F.L.N. ne flotterait
jamais sur Alger; selon lesquelles on ne traiterait jamais avec le
seul F.L.N. ; apparemment, toutes ces déclarations ont été
faites pour désarmer et tromper les opposants successifs, pour
abuser de leur bonne foi afin de réduire leur
opposition.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Quel était donc, dans
l'esprit de son auteur, le but réel de cette politique menée
avec des méthodes si condamnables et dont nous voyons
aujourd'hui les si mauvais résultats ? Le but affiché
semble avoir été de faire de l'Algérie un État indépendant et
coopérant à la faveur de mutations historiques que l'on
déclarait irréversibles et inévitables, dont l'actuel Chef de
l'État se voulait l'initiateur et l'artisan, dont
il se croyait seul à pouvoir hâter la réalisation en tant que
pouvant assumer " seul " une grande tâche historique.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Ces vues dénotent, à notre
avis, en même temps qu'un sens personnel démesuré, une très
forte imprégnation matérialiste et marxiste; car le sens de
l'Histoire, le grand vent de l'Histoire, sont des
notions matérialistes et marxistes ; il n'y a pas de
sens de l'Histoire, il n'y a pas de vent de
l'Histoire, car ce qui fait l'Histoire, selon notre
conception occidentale et chrétienne, qui est vérifiée par tous les
faits historiques, c'est la volonté des hommes, c'est
l'intelligence des hommes, ce sont leurs passions bonnes ou
mauvaises.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Quant aux rapports entre
coloniaux et colonisés, il est bien certain qu'ils doivent
évoluer au fur et à mesure que ces derniers évoluent
eux-mêmes ; mais il n'est nullement assuré que cette
évolution doive se faire sous la forme d'une rupture avec le
passé, ni même sous la forme de la reconnaissance d'une
indépendance accordée à de multiples nouvelles nations qui
n'ont pas toujours les moyens d'exercer réellement
cette indépendance.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Pour justifier sa politique,
le Chef de l'État a employé d'autres arguments dont
aucun n'était sérieux ou défendable : on a dit que
l'Algérie coûtait trop cher, on a dit que la guerre
d'Algérie était absurde et périmée, alors qu'au
contraire aucune guerre peut-être ne pouvait se justifier mieux que
celle-là, puisqu'il s'agissait de défendre des valeurs
de civilisation humaine et les intérêts moraux, humains et
matériels, de populations françaises tout entières, en même temps
que les intérêts stratégiques de tous les Français.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Dés 1960, il était clair, pour
ceux qui vivaient en Algérie, que la politique du Pouvoir ne
pouvait aboutir qu'à la prise en compte du pays par les
hommes et les terroristes du F.L.N., c'est-à-dire à une
dictature sanglante et cruelle, ou à l'anarchie, ou à un
mélange de dictature et d'anarchie.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Cette population française
d'Algérie, qui avait conscience que le Gouvernement français
sacrifiait ses droits les plus sacrés et ses intérêts les plus
légitimes, s'est efforcée de prendre en main la défense de
ses droits et de ses intérêts ; elle l'a fait avec le
concours de généraux et de nombreux officiers français, ce qui
restera, pour ces généraux et ces officiers, un honneur devant
l'Histoire : cette auto-défense des populations
françaises d'Algérie était profondément légitime ; tous
les juristes, les moralistes, reconnaissent la légitimité profonde
de l'insurrection d'une population menacée, dans son
existence même, par l'action et les procédés d'un
pouvoir tyrannique : ce pouvoir qui avait le devoir de les
protéger et qui, bien au contraire, s'arrogea contre toutes
les lois de la nature, le droit de les contraindre, par la
violence, à un destin qu'elles refusaient.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Cette auto-défense des
populations d'Algérie a été menée sur divers plans ;
elle a comporté certains excès que, pour ma part, j'ai
beaucoup déplorés, mais qui étaient presque inévitables car, dans
toute guerre, à fortiori dans les insurrections, il y a des
excès ; et les troupes de Jeanne d'Arc elle-même se sont
livrées plusieurs fois à des massacres. Il y a peut-être eu aussi
dans ce combat des Français d'Algérie des erreurs de méthode
qui ont probablement influé sur le résultat final ; ce
résultat étant que, malgré la résistance, le pouvoir politique
actuel réussit à imposer sa volonté à ces populations.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Pour réussir à imposer cette
volonté, le Pouvoir, qui violait le sentiment national des Français
d'Algérie, de la façon la plus contraire aux lois de la
nature, a décidé d'employer tous les moyens pour briser la
résistance nationale en Algérie ; et ces moyens ont le plus
souvent été atroces. Les mensonges du Chef de l'État le
conduisirent, comme c'était prévisible, au crime. Il y eut
les rafles, les ratissages, les perquisitions. Il y eut de nombreux
patriotes, hommes et femmes, torturés dans des conditions
abominables, selon des méthodes analogues à celles de la Gestapo
nazie. Face à la résistance des grandes villes françaises
d'Algérie, des unités spéciales acceptèrent d'employer
et de généraliser des méthodes que les troupes allemandes
n'avaient que rarement utilisées pendant l'occupation,
et que nos troupes elles-mêmes n'avaient jamais employées au
cours de la répression anti-F.L.N. Le feu fut ouvert
systématiquement contre des éléments civils non armés qui
manifestaient pacifiquement leurs sentiments nationaux ou qui même
ne manifestaient pas du tout; des femmes furent blessées ou tuées
en allant chercher du ravitaillement ou en étendant leur linge à
leur balcon; des femmes et des enfants furent blessés ou tués au
fond de leur appartement ; la diffusion des documents relatant
les conditions et les résultats de la fusillade du 26 mars à Alger,
qui fit des centaines de victimes, fut interdite. Cette fusillade
du 26 mars et diverses autres opérations menées contre les
populations, ont fait plus de victimes que le massacre
d'Oradour-sur-Glane qui fut, à la fin de la dernière guerre,
cité comme l'exemple de la barbarie nazie. Cette répression
inhumaine était exercée par des Français contre d'autres
Français, qui ne luttaient que pour rester Français sur la terre de
leurs pères. Elle restera dans l'Histoire le signe de
l'inhumanité totale de celui qui l'a
ordonnée.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Parallèlement, le pouvoir, en
négociant, des années durant, avec les seuls représentants du
terrorisme F.L.N., lui reconnaissait dans les faits la
représentativité exclusive des populations musulmanes et le droit à
prendre en main l'Algérie indépendante, décourageant par le
fait même les sentiments pro-français de très nombreux musulmans.
Il plongeait dans des épreuves sanglantes les Musulmans qui
s'étaient formellement engagés à nos côtés. Il encourageait à
l'attentisme ceux qui étaient prêts à se rallier ; il
décourageait dans les faits, à propos de l'affaire Si Salah, des
ralliements possibles ; quant à la large fraction de la
population musulmane qui s'était tenue sur une prudente et
compréhensible réserve, il la poussait franchement dans les bras du
F.L.N.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">On reconnaît l'arbre à ses
fruits. La politique qui, des années durant, n'avait été
qu'une politique de trahison, aboutit aux accords
d'Evian passés avec des représentants F.L.N. qui étaient hors
d'état de les faire respecter. Ces accords furent tout de
suite violés de la façon la plus grave sans que l'actuel
pouvoir fît quoi que ce soit de sérieux pour les faire
honorer.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">II existait en Algérie une
collectivité nationale française nombreuse, dynamique et
florissante. Cette collectivité était fortement enracinée sur ses
terres et dans ses villes ; ces terres et ces villes avaient
tous les caractères de terres et de villes françaises ; cette
population y avait ses coutumes, ses traditions, ses cimetières et
ses morts. Les représentants de cette collectivité avaient depuis
longtemps dénoncé et prévu les funestes conséquences de cette
politique faite sans eux et contre eux. Cette collectivité fut
littéralement dispersée et détruite à la suite des accords
d'Evian ; la plus grande partie fut contrainte de
s'exiler dans des conditions qui furent pires que celles de
la débâcle de 1940, qui s'effectua pourtant en présence et
sous la pression des troupes ennemies ; les conditions dans
lesquelles s'effectua cet exil, et l'arrivée en France des réfugiés
sont indignes d'une grande nation occidentale et jamais, les
gouvernements de pays comme la Grande-Bretagne et les États-Unis
n'auraient permis que leurs nationaux fussent ainsi
traités.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">L'accueil en métropole
fut, à l'origine, très mal organisé par le gouvernement bien
que, dés le début, des initiatives privées louables fissent tout ce
qui était en leur pouvoir pour l'améliorer. Cet hiver, la
situation de la plus grande partie de ces réfugiés est, à tous
égards, très précaire ; une grande partie d'entre eux
ont perdu, avec des êtres chers, la totalité ou l'essentiel
de leurs biens, et nombreux sont ceux qui ont perdu ce qui faisait
leur raison de vivre. De nombreux réfugiés n'ont-ils pas été
conduits par le désespoir aux pires extrémités ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">" Vous souffrirez ", avait dit
le Chef de l'État aux représentants du peuple pied-noir;
beaucoup de ceux qui se sont exilés en métropole ont en effet
beaucoup souffert déjà par la faute du Chef de l'État ;
mais ceux qui sont restés en Algérie n'ont rien à leur
envier, bien au contraire. Ceux-là sont réduits à la condition de
citoyens de second ordre et, dans le nouvel état indépendant, leur
liberté, leurs biens et leur sécurité sont à tout moment menacés.
Il y a eu, ces derniers mois, plusieurs milliers
d'enlèvements et, pour les proches des personnes enlevées,
cette condition est parfois pire que la nouvelle d'une mort
certaine, parce qu'elle permet de tout supposer. Il y a des
femmes françaises enlevées qui servent de passe-temps aux nouveaux
maîtres de l'Algérie, sans que, et c'est
l'infamie, les responsables français fassent quoi que ce soit
pour les délivrer. II y a eu des centaines d'assassinats, des
lynchages, des viols. Le pouvoir politique qui dispose encore de
forces armées importantes en Algérie, n'a pas agi pour
limiter ou épargner ces souffrances et ces crimes ; il est
donc directement complice de ces crimes et de ces exactions
fondamentalement contraires aux accords qui ont été
signés.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Cependant, la trahison de
l'actuel pouvoir politique à l'égard des populations
françaises musulmanes est certainement plus infâme encore et ses
crimes plus impardonnables. Car il s'agit d'hommes et
de femmes qui, ayant fait confiance à la parole du Chef de
l'État, général en uniforme, ayant fait confiance à
l'Armée et à l'Administration française agissant
conformément à la politique et aux instructions du gouvernement,
s'étaient, en vertu d'un choix libre et courageux,
rangés à nos côtés, et pour beaucoup d'entre eux avaient
combattu à nos côtés. Parmi ces populations françaises musulmanes,
il y a eu la fraction d'entre elles qui, grâce aux officiers
agissant parfois de leur seule initiative et contrairement aux
instructions de M. Joxe, ont pu gagner la métropole, abandonnant
leurs terres, et sont installées maintenant dans des conditions
souvent misérables, parfois en butte aux menaces des agents du
F.L.N. Mais il y a ceux, beaucoup plus nombreux, qui ont été
purement et simplement abandonnés à leurs bourreaux et à leurs
égorgeurs. La presse, et surtout la radio d'État, a été
singulièrement discrète sur l'ampleur des massacres et des
tortures infligés aux Musulmans francophiles qui sont nos frères.
Tous ces hommes sont actuellement sous le coup d'une loi
d'épuration. Dans certaines régions d'Algérie, tous ces
hommes sont morts ou en prison. Il s'agit d'un
véritable génocide, perpétré contre des Musulmans qui avaient cru
en la France ; ce génocide a fait plusieurs dizaines ou
centaines de milliers de victimes mises à mort dans des conditions
et après des tortures abominables. Ces massacres dépassent de loin
en horreur ceux de Katyn, ceux de Budapest, ceux du Katanga, et le
caractère monstrueux du dictateur apparaît à son indifférence
devant ces indicibles souffrances qui sont pour lui autant de
manquements à l'honneur.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">On doit se demander à qui
profite cette politique algérienne du pouvoir, qui a dispersé et
ruiné la communauté française de souche, la communauté israélite,
et qui a laissé égorger et emprisonner la fraction musulmane
francophile. Elle ne profite qu'à un tout petit groupe de
meneurs et de politiciens, car elle ne profite nullement à la masse
des Musulmans ; la situation de ces masses est très mauvaise
et depuis l'indépendance elle n'a fait
qu'empirer, quoi qu'on en ait dit, et malgré les
centaines de milliards engloutis à fonds perdus par le Gouvernement
Français en vertu de la plus aberrante des attitudes, la misère est
grande et le chômage généralisé. De très nombreux Musulmans
regrettent plus ou moins ouvertement la paix française ; ceci
a été constaté par les journalistes français qui furent les
propagandistes les plus acharnés de l'indépendance de
l'Algérie. Il est probable que des convulsions internes
secoueront encore longtemps l'Algérie indépendante ;
sans parler des discordes et rivalités avec les pays voisins. Si
elle peut sortir de ces convulsions, ce sera pour se trouver sous
l'emprise d'un régime totalitaire, c'est-à-dire
un régime basé sur la dictature de quelques hommes et sur le
contrôle de toutes les activités du pays par un parti politique
unique opprimant la personne humaine, ne tenant pas compte des
libertés et asservissant les populations.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Tels sont les fruits amers et
sanglants d'une politique basée tout entière sur le mensonge,
le parjure, l'imposture et la violence. Pour qualifier cette
politique nous nous référerons à ce qu'en a écrit dans un
ouvrage récent, un juriste éminent, aux termes d'une analyse
irréfutable sur les plans humain et juridique : " la politique
algérienne du Général de Gaulle est un crime contre
l'humanité, elle n'est qu'ignominie et déshonneur
". Ces paroles, nous les faisons nôtres ; et nous ajoutons
qu'il n'y a pas, dans l'histoire de notre pays,
de précédent à un abandon aussi infamant du patrimoine
national ; abandon auquel nulle circonstance ou pression
extérieure ne pouvaient fournir le moindre commencement de
prétexte, depuis que, au début du XVe siècle, une femme, la reine
Isabeau de Bavière, aliéna la couronne de France.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Le désastre algérien, avec
tous ses morts et toutes ses ruines pouvait être évité et il a tenu
essentiellement à l'acharnement de la volonté d'un très
vieil homme. Ce désastre, si on le mesure en vies humaines perdues
et en biens matériels aliénés, est pire que ceux que la France a
connus en 1870 et en 1940, qui ont été causés par une défaite des
armes françaises.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Mais surtout, ce désastre nous
fait perdre l'honneur ; en couvrant d'infamie le
drapeau français qui a été amené, dans l'abandon de ceux qui
avaient cru en la France. La réalité de ce désastre prouve que dans
ce pays fatigué, désorienté et trompé, il est possible à un homme
sans scrupule ne reculant devant aucun moyen, poursuivant des vues
politiques aberrantes et les confondant souvent avec ses propres
ressentiments et ses vengeances à assouvir, de déchaîner les forces
du mal sans trouver, dans l'immédiat, des obstacles
suffisamment forts à son entreprise funeste.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">En passant à la seconde partie
de cet exposé, je voudrais mentionner que ce qui est en cause, en
raison de l'actuel pouvoir politique et en raison des
conditions dans lesquelles il ose se féliciter aujourd'hui
d'avoir tranché le problème algérien, c'est, purement
et simplement, l'existence de la France en tant que nation
libre.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Renan disait qu'une
nation est une âme, un principe spirituel. Une nation est aussi une
entité, c'est un être moral qui a une existence propre et qui
se compose de collectivités d'êtres humains, mus par des
sentiments humains, bons ou mauvais, que l'on peut qualifier
sur le plan moral. Les nations peuvent mourir et, au cours de
l'Histoire, de nombreuses nations sont mortes parce
qu'elles n'ont plus trouvé en elles des sentiments
humains assez bons et assez forts pour assurer la survie de la
nation face aux périls extérieurs, et pour dégager de leur sein les
élites et les dirigeants capables de les mener, non à des abandons
et à des démissions successifs, mais sur les chemins qui conduisent
à conserver, au besoin par la force, leur patrimoine humain,
spirituel et matériel.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Au nombre de ces sentiments
humains que chaque membre de la Nation, chaque citoyen, doit
posséder à un degré d'autant plus marqué qu'il occupe
un rang plus élevé dans la vie et dans les responsabilités de la
Nation, se trouvent ceux que l'on appelle : le sens
civique ; le sens de la solidarité nationale,
c'est-à-dire l'aptitude de chacun à se sentir
effectivement solidaire des épreuves et des souffrances de ses
concitoyens, même si ces épreuves et ces souffrances ne le
concernent pas directement ; le sens de la fierté nationale,
de la conservation du patrimoine national qui implique que le
citoyen, sachant ce qu'est ce patrimoine qu'ont légué
ceux qui l'ont précédé, est prêt et est décidé à le défendre
par son labeur, et, à la limite, par son sang.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Si ces sentiments
n'existent plus, ou sont affaiblis, la collectivité nationale
n'existe plus en tant que telle, elle n'est plus
qu'une juxtaposition d'individus qui ne forment plus
une nation. Cette juxtaposition d'individus dénationalisés
est alors prête à se laisser mener par des chefs indignes ou
aveugles à toutes les aventures du monde moderne et se trouve
essentiellement vulnérable aux entreprises de subversion
idéologique et matérialiste. Elle n'est plus apte à "
survivre ".</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Le premier devoir d'un
gouvernement, d'un Chef d'État dépositaire du
patrimoine national est précisément de veiller à ce que ces
sentiments de solidarité nationale, ce sens de la conservation du
patrimoine, soit éveillé ou réveillé chez tous les nationaux ;
la collectivité nationale, comme d'autres collectivités
humaines, repose sur des bases naturelles et légitimes ; ces
sentiments que je viens d'énoncer sont naturels et
légitimes ; et les ébranler c'est ébranler, par le fait
même, les bases de la nation ; c'est faire un acte
contre nature de détourner ces sentiments de leur véritable objet.
Le crime le plus grand que puisse commettre un Chef d'État,
c'est précisément de violer ces sentiments chez des êtres
dont il a la responsabilité politique, de les amoindrir ou de les
dénaturer. Et c'est précisément ce qui a été fait par
l'actuel pouvoir politique, dans le dessein de trancher,
selon ses vues, le problème algérien, dans le sens et avec les
moyens qui ont été énoncés.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">N'oublions pas
qu'en 1958 la grande majorité de l'opinion publique
était partisan du maintien de la souveraineté française en Algérie,
ou, tout au moins, se montrait opposée à une politique
d'abandon et de dégagement.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Face à cette situation, et
face à l'attitude de l'Armée qui en constituait en
quelque sorte l'expression et la synthèse, les procédés du
Pouvoir furent subtils et progressifs, en vue d'aboutir à une
véritable démobilisation de l'opinion publique, à une
démobilisation du sens de la solidarité nationale, de la fierté
nationale et de la conservation nationale.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">D'une part on procède à
une intoxication, à une mise en condition du public, en utilisant
des arguments et des slogans faux et spécieux qui pouvaient porter,
sinon sur la minorité française qui était au courant des données du
problème algérien, mais sur la masse des braves gens mal informés
et qui ne pouvaient se douter des ruses et des inexactitudes de la
propagande officielle ; ces arguments et ces slogans ont été
répétés à l'envi par la radio et la télévision d'État : ce
sont " le sens de l'Histoire ", " la guerre d'Algérie
absurde et périmée ", " la décolonisation nécessaire et inévitable
", " le mythe de l'Algérie terre française ", etc. ;
d'autre part, dés que la résistance nationale française eut
pris corps en Algérie et eut commencé à s'exprimer par la
violence, seul moyen d'expression qui lui restait, puisque
toutes les associations et groupements dits " légaux " avaient été
dissous par le pouvoir, on dénonça sans relâche les excès des
nationaux, en oubliant de dire qu'ils n'étaient que la
conséquence des crimes, combien plus atroces et nombreux, de
l'organisation F.L.N. avec laquelle on négociait
l'avenir de l'Algérie, et en passant soigneusement sous
silence les effroyables aspects de la répression menée contre les
nationaux par le pouvoir politique français ; enfin on essaya
systématiquement de détourner l'attention du grand public du
problème algérien, qui était le problème humain et national de loin
le plus important, et de l'accaparer par des sujets de
prestige : ce furent les voyages spectaculaires du Chef de
l'État en province et à l'étranger, les réceptions des
Chefs d'État étrangers, l'accent mis sur le rôle
mondial de la France, le battage sur la force de frappe - question
sur laquelle je vais revenir dans un instant, en tant que
technicien.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Plus tard, lorsque la
politique algérienne aboutit au fiasco et au désastre, on fit tout
ce qui était possible pour masquer à l'opinion ce fiasco et
ce désastre, pour passer sous silence les crimes, les tortures, les
enlèvements, les détresses de toutes sortes.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">A-t-on entendu, venant du Chef
de l'État, un seul appel public à la solidarité nationale en
vue de participer à l'immense détresse des centaines de
milliers de réfugiés ? Cet appel eût été le geste
d'humanité élémentaire et il ne semble pas douteux que, dans
des circonstances analogues, tout autre Chef d'État français,
tout Chef d'État d'une nation libre, l'aurait
lancé.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">D'une manière générale,
on peut dire que, durant cinq années, il n'a jamais été fait
appel aux sentiments élevés, désintéressés et nationaux des
Français métropolitains ; au contraire le Pouvoir a essayé de
jouer sans cesse sur l'égoïsme, sur l'irresponsabilité
humaine et civique, parfois sur l'avarice, toujours sur la
tendance naturelle et actuelle qui pousse nos concitoyens à
s'enfoncer dans une existence de type
matérialiste.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">C'est ainsi que le Chef
de l'État réussit, par des référendums truqués et illégaux, à
faire entériner par la majorité du corps électoral, l'abandon
de l'Algérie ; bien que l'opinion publique ne
puisse, à proprement parler, porter la responsabilité du
non-respect des accords d'Evian et du génocide qui a
suivi ; car le dernier vote positif supposait au contraire le
respect des accords passés à Evian et la protection accordée en
Algérie à tous ceux qui se réclamaient de la France. Ainsi les
Français furent-ils amenés à entériner la liquidation de leur
patrimoine en Algérie ; mais à quel prix ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Il faut peser toutes les
conséquences, sur la vie nationale, des conditions dans lesquelles
fut réalisé cet abandon. Une opinion publique que le Chef de
l'État a à ce point dénationalisée, à laquelle il a peu à peu
enlevé le sens de l'honneur et de la fierté nationale, le
sens de la solidarité et de la conservation nationale, ne pourra
plus, à propos de n'importe quel autre problème, à propos de
n'importe quel autre péril extérieur ou intérieur, retrouver
ce sens national qui n'est que la transposition, sur le plan
personnel, de l'instinct de conservation. Ayant participé au
suicide du patrimoine français en Algérie, on voit mal comment les
Français pourraient ne pas se laisser aller, à propos de la
première épreuve venue, au suicide national.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Si les Français ont admis, sur
les incitations du Chef de l'État, qu'il était absurde
et périmé de se battre pour Alger et pour Oran, villes françaises,
comment veut-on qu'ils puissent admettre, qu'ils
puissent vouloir un jour se battre pour Berlin ou se battre contre
les dangers externes et internes représentés par la pénétration
communiste multiforme ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Comment l'opinion
publique, habituée maintenant aux slogans de la décolonisation,
pourra-t-elle résister aux slogans du totalitarisme ?
C'est là que réside le crime contre l'esprit, contre
l'âme de la Nation. D'une part on a flatté la vanité
des Français par des procédés qui ont été constamment ceux de
l'imposture : c'est une imposture, par exemple, de
prétendre qu'on a réglé, une fois pour toutes, le problème de
la décolonisation, alors que l'Algérie a abouti au désastre
et que, comme chacun sait, l'Afrique Noire est mal
partie ; c'est une imposture de parler, comme on
l'a fait récemment à la radio, des résultats " éclatants "
obtenus par le gouvernement gaulliste, alors que la décolonisation
s'est effectuée comme l'on sait, que la Nation est
divisée et désorientée, que la situation sociale et financière est
en réalité précaire et que la France a été, d'une façon
absurde et délibérée, isolée dans le monde. D'autre part on a
constamment poussé les Français dans le sens de l'absence
d'effort, de l'absence de risque, dans le sens
d'un matérialisme petit-bourgeois et exclusif de tout idéal,
de toute notion d'honneur, de solidarité et de conservation
nationale.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Une Nation que son responsable
suprême laisse aller, et même oriente volontairement vers la
décadence morale et spirituelle, vers le matérialisme dans la vie
courante et dans les modes de pensée ; à laquelle on ne parle
plus que de niveau de vie et de faits économiques, devient une
proie facile pour la subversion communiste et matérialiste ;
les circonstances sont telles, à l'extérieur et à
l'intérieur de nos frontières, qu'au régime gaulliste
doit logiquement succéder une dictature matérialiste et
totalitaire, sauf réveil de la vraie France que certains
s'emploient actuellement à obtenir.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">À l'extérieur de nos
frontières, le résultat de la politique du pouvoir, c'est
d'avoir installé en Algérie un régime à caractère totalitaire
dont le programme d'action, établi à Tripoli, est de
l'inspiration marxiste la plus authentique, dont une bonne
partie des chefs sont notoirement des sympathisants communistes
même si, pour préserver le dogme du parti unique, le parti
communiste algérien a été dissous. Le bloc communiste a aidé
militairement et politiquement la rébellion algérienne ;
actuellement il y a de nombreuses fournitures et armes venant des
pays de l'Est ; il y a de nombreux envois de
techniciens, et ces jours derniers, il y avait en Algérie une
mission militaire chinoise. Ce processus de communisation
progressive d'un pays soumis à un régime totalitaire est bien
connu ; c'est celui qui a été appliqué à Cuba avec les
dangers qui en sont résultés récemment pour les États-Unis ;
il ne semble pas douteux que dans un avenir proche, l'Algérie
peut représenter un danger de pénétration communiste en Europe
occidentale analogue ou supérieur à celui que Cuba représente
aujourd'hui pour l'Amérique du Nord. Les liens
d'amitié entre les dictateurs cubain et algérien sont connus.
Ce qui l'est peut-être moins, c'est la synthèse
islamo-marxiste qui est en cours de réalisation, avec l'appui
du gouvernement algérien et qui s'exprime, par exemple, dans
le livre " Le meilleur combat " rédigé par un ami intime du premier
ministre algérien.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Un des principes de base de la
stratégie mondiale de la pénétration communiste est qu'il
faut tourner et investir l'Europe par le Sud et par
l'Afrique. C'est ce qui est en train de se
réaliser : l'Algérie n'est plus dans
l'alliance atlantique ; c'est pourquoi la trahison
du Général de Gaulle en Algérie n'est pas seulement une
trahison à l'égard des populations françaises de ce
pays ; c'est aussi une trahison à l'égard du monde
libre tout entier, et je sais pour l'avoir constaté au cours
de nombreuses missions officielles, ces dernières années, à
l'étranger que nos amis américains et anglais, et en
particulier nos camarades de l'Armée américaine et de
l'Armée britannique se rendent bien compte comme nous que
l'actuel Chef de l'État trahit l'Occident et le
monde libre. D'ailleurs l'Algérie totalitaire
théoriquement neutraliste mais pénétrée, en fait, par le
communisme, représente un danger mortel de subversion non seulement
pour l'Europe mais aussi pour le reste de l'Afrique, Maroc et
Tunisie en tête et également l'Afrique Noire : un
travail actif de préparation est en cours dans certains pays de
cette Afrique noire, notamment dans certains pays
d'expression française où la décolonisation, voulue par le
pouvoir, n'est une réussite ni sur le plan social, ni sur le
plan économique, ni sur le plan politique.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">À l'intérieur de nos
frontières, le danger de subversion totalitaire résulte de cette
situation de décadence morale, spirituelle et nationale dans
laquelle l'actuel pouvoir a plongé volontairement le pays
dans le but de faire aboutir, envers et contre tout, sa politique
algérienne. Après ce qui s'est passé en Algérie, et tant que
les Français seront soumis à ce pouvoir, il ne peut plus y avoir de
fierté nationale, de sens de conservation nationale ;
l'Armée française qui devrait représenter l'honneur de
la nation peut, à bon droit, se sentir déshonorée par ce qui
s'est passé en Algérie, ainsi que l'ont dit
publiquement des dizaines d'officiers et plusieurs généraux
actuellement en retraite ou en activité.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Dès lors que, publiquement et
devant toutes les nations du monde, le pouvoir français a abandonné
au massacre des populations entières qui avaient fait confiance à
la parole qu'il avait donnée, quelle nation du monde, quel
Chef d'État étranger, quel partenaire dans nos alliances
pourra, nous le demandons, faire confiance à la parole de la France
aussi longtemps que l'actuel Chef de l'État prétendra
la personnifier. Mais il est de fait que, de plus en plus, toutes
les nations du monde se rendent compte que de Gaulle ne personnifie
pas la France.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">En outre, tout ce qui devrait
constituer les structures naturelles, sociales et politiques de la
Nation ont été, ces dernières années, plus ou moins liquidées,
amoindries ou déconsidérées par le pouvoir.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">L'Armée est en proie à
un grave malaise et de très nombreux officiers quittent ou veulent
quitter le métier des armes.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Ce qui est vrai pour
l'Armée l'est à des degrés divers pour tous les grands
corps de l'État et de l'Administration. Le pouvoir
cherche systématiquement à passer pardessus ceux qui devraient être
les véritables porte-parole et représentants des populations et qui
devraient éclairer et orienter les populations sur tous les
problèmes qui se posent. En éliminant tous ces intermédiaires, qui
sont indispensables dans toute société normalement
constituée ; en s'adressant directement aux masses
populaires, qui sont forcément moins bien informées, ont moins de
sens critique et de réflexe de défense, il espère avoir beaucoup
plus de chances de faire admettre et approuver ses vues.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Mais le résultat c'est
aussi que le peuple français n'est plus structuré,
qu'il y a une véritable pulvérisation, une véritable
atomisation de la société française contemporaine. L'homme
français contemporain, qui est isolé, désorienté et désemparé, ne
sait plus sur quoi et sur qui s'appuyer, et est prêt à se
laisser entraîner aux aventures ; on peut craindre que les
préoccupations essentiellement matérialistes de beaucoup de nos
concitoyens, qui ont en même temps oublié où se trouve leur dignité
d'hommes libres et responsables, les conduisent à aliéner
leurs droits et leurs libertés d'homme et à se laisser
prendre en main par une dictature matérialiste et marxiste après
avoir été pris en main par l'actuel régime.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Le Chef de l'État
professe lui-même, ainsi qu'on l'a vu à propos des
justifications qu'il a essayé de donner à sa politique
algérienne, des vues sur l'évolution historique qui sont très
proches du marxisme. Si nous en croyons certains amis, il aurait
dit en privé qu'il croyait inévitable le triomphe final du
communisme ; ce qui veut dire ,qu'il s'y résigne.
Il a, par son action, porté des coups très sérieux à la solidité de
l'Alliance atlantique qui est le principal rempart du monde
libre ; il est le promoteur d'une politique
d'isolement anachronique et vaniteux de notre
pays.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">En tant qu'aviateur et
technicien, je me dois de mentionner les graves mécomptes auxquels
la Nation s'exposerait en se basant sur la force de frappe
pour garantir cette politique d'isolement ; mécomptes
qui risquent d'être semblables à ceux que l'on a
rencontrés en 1940, en se basant sur la ligne Maginot pour assurer
la sécurité du Pays. J'ai rédigé, il y a deux ans, un rapport
sur la force de frappe qui a été diffusé au Ministère de
l'Air et que je tiens à votre disposition. Les conclusions
auxquelles on aboutit facilement, est que cette force dite de
dissuasion sera, en réalité, incapable de dissuader
l'adversaire désigné et sera plutôt de nature, par son
existence à l'intérieur de nos frontières, à attirer et à
justifier sur le pays, des coups atomiques adverses que nous
serions bien incapables de rendre ; je n'ai
d'ailleurs jamais entendu un général de l'Armée de
l'Air assurer que l'on aurait réellement la capacité de
dissuasion, sauf un seul qui travaille dans la firme qui construit
les bombardiers. J'insiste sur le fait que l'une des
raisons de mon opposition à la politique gaulliste réside
précisément dans le caractère aberrant de cette attitude
d'autonomie nationale basée sur un outil militaire illusoire
auquel a été sacrifié l'ensemble de la politique militaire
nationale : ceci est totalement irréaliste.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Les conditions sont donc
réunies pour que le peuple français se retrouve un jour sous la
férule d'un régime communiste ou crypto-communiste, sans même
s'être bien rendu compte des différentes étapes qui auront
été franchies pour en arriver là. Ceci sera le résultat de
l'abandon des valeurs spirituelles, morales et nationales qui
ont fait, dans le passé, l'armature de notre pays et dont le
maintien devrait constituer la condition essentielle de survie
nationale. Ceci sera le résultat de l'abandon d'un
idéal de liberté et de dignité humaine, idéal qui se trouve inscrit
dans les lois de la Nation, qui fut dans les traditions de la
Nation et que le pouvoir politique a si cruellement bafoué en
imposant sa propre loi aux Français d'Algérie.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Ceci m'amène à rappeler
dans quelles conditions le pouvoir politique a violé, de la façon
la plus cynique et la plus nette, cette loi suprême de la Nation à
l'intérieur de laquelle sont inscrites les garanties des
droits et libertés de tous les citoyens français ; cette loi,
c'est la Constitution. L'application de la Constitution
s'impose à tous et d'abord au Chef de l'État qui,
par définition, en est le gardien et le garant. Cette constitution
est un garde-fou qui a pour but d'empêcher le régime
républicain de dégénérer en dictature et en tyrannie. Le Chef
d'État qui la transgresse se met, par ce seul fait, hors des
lois de la Nation ; il est coupable de forfaiture et doit être
traduit en Haute-Cour.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Bien d'autres que nous
ont dit, avant nous, que l'actuel Chef d'État avait
transgressé et violé la Constitution. Cette Constitution, à notre
avis, a été violée à la fois dans son essence, dans son esprit et
dans sa lettre.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">La Constitution a été violée
dans son essence, car l'essence de la Constitution est
d'exprimer la double loi de survie et d'unité
nationale. L'unité nationale, c'est la conservation et
la défense du patrimoine de la Nation, c'est-à-dire du
patrimoine de tous les Français, où qu'ils se trouvent.
C'est l'unité nationale qui a été brisée et c'est
le patrimoine national qui a été sacrifié en Algérie par le Chef de
l'État, de par ses propres volonté et initiative, sans
qu'aucune pression extérieure puisse en fournir la moindre
excuse. D'autre part, ce sont ces conditions de survie de la
Nation qui ne sont plus assurées, à la suite de cette savante
entreprise de dénationalisation de l'opinion publique, qui a
été menée depuis quatre ans. C'est son armature morale qui a
été détruite.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">La Constitution a été violée
dans son esprit ; car l'esprit de la Constitution,
c'est un certain nombre de principes moraux et humains :
ce sont en particulier les principes de dignité et de liberté
individuelles, les droits fondamentaux de l'homme : ce
sont ces principes qui interdisent d'imposer, par la violence
et contre son gré, son destin à une fraction de la nation ;
principes qui ont été outrageusement bafoués pour les Français
d'Algérie. C'est aussi le principe de la séparation des
pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire qui ont été sans cesse
bafoués ; c'est enfin le principe qui veut que le Chef
de l'État soit un arbitre entre les différents pouvoirs et
non un autocrate décidant de tout et pouvant conduire la politique
de la Nation selon son bon plaisir, qui n'a pas été
respecté.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">La Constitution a été violée
dans sa lettre ; car plusieurs de ses articles ont été, depuis
des années, ignorés et transgressés, en particulier cet article 89
dont la transgression a motivé l'accusation de forfaiture
publiquement prononcée contre le Chef de l'État.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Ce viol de la Constitution
dans son essence, dans son esprit et dans sa lettre, fait que nous
ne sommes plus sous un régime de légalité républicaine, mais sous
le régime d'une dictature de fait ; les critères et les
caractères de la dictature gaulliste sont analogues à ceux de bien
d'autres dictatures, ce sont : d'abord
l'atteinte grave portée aux droits et libertés fondamentales
des personnes humaines. Nos frères pieds-noirs et Français
Musulmans avaient droit à la vie sur la terre de leurs pères ;
ils avaient droit au respect de leur personne, de leur liberté et
de leurs biens. Ces droits ont été abominablement bafoués,
contrairement à toutes les lois et à tous les principes.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">En Métropole même, la majorité
des citoyens est privée, par la dictature, d'un droit
fondamental de l'homme libre en tant que membre d'une
démocratie : le droit au libre choix en matière d'option
civique et politique, qui suppose que chaque citoyen dispose de la
liberté d'information, seule capable de lui fournir les
éléments de jugement et d'information objective, nécessaire à
l'exercice de ce libre choix ; or il n'est pas
douteux que le pouvoir contrôle étroitement la majorité des moyens
d'information du public. Si la presse est libre,
théoriquement du moins, le pouvoir sait fort bien qu'elle ne
touche qu'une faible partie du corps électoral : le
tirage des journaux et l'assiduité des lecteurs sont dans
l'ensemble nettement plus faibles en France qu'en
Angleterre par exemple. Par contre, le gouvernement est maître de
la radio et de la télévision d'État qui constituent les
principaux moyens de pression sur l'opinion
publique.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Les multiples messages et
discours à la télévision de l'actuel Chef de l'État
sont analogues et ont les mêmes buts que les harangues
radiodiffusées de Hitler ou que les discours des dictateurs
fascistes s'adressant aux foules depuis leur balcon.
Vis-à-vis d'un public crédule et privé d'information,
ils ont le même effet. Nous savons le rôle qu'ont joué la
radio d'État et la télévision d'État dans la mise en
&oelig;uvre de la politique algérienne, en particulier dans les
référendums.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Le deuxième caractère de la
dictature, ce sont les méthodes de police et de justice. Il existe
des preuves que plusieurs dizaines ou centaines d'hommes
libres qui se sont opposés au pouvoir en Algérie furent atrocement
torturés ou acculés au suicide par des méthodes policières
totalitaires employées sous la responsabilité d'hommes qui
ont actuellement des postes de premier plan dans le régime.
Nous-mêmes, dans l'affaire du Petit-Clamart, nous
souhaiterons nous expliquer sur les conditions d'arrestation,
de garde à vue et de détention qui furent les nôtres et celles de
certains membres de nos familles. Nous souhaitons aussi que toute
la lumière soit faite sur la mort tragique de notre camarade le
Commandant Niaux. Ma présence dans ce box atteste
l'efficacité des méthodes de garde à vue. Notre présence
devant votre juridiction d'exception atteste les entorses
faites aux principes judiciaires.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Enfin, un autre caractère de
cette dictature, et que l'on retrouve dans toutes les
dictatures, c'est la servilité extraordinaire dont ont fait
preuve tant de personnes, en particulier, tant d'hommes
politiques au service d'une politique qui est, de façon
évidente, une très mauvaise politique nationale. Cette servilité ne
peut s'expliquer que par l'existence d'un pouvoir
dictatorial capable de forcer et d'orienter les consciences
d'hommes faibles, intéressés ou déraisonnables.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">La dictature gaulliste est
donc, comme les dictatures hitlérienne et communiste, basée à la
fois sur le contrôle de l'opinion, c'est-à-dire sur le
mensonge et sur la violence, c'est-à-dire sur les méthodes de
coercition appliquées aux opposants ; comme les dictatures
hitlérienne et communiste, elle est basée sur le mensonge plus
encore que sur la violence.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Que peuvent faire les hommes
libres, les citoyens libres, qui ont constaté la réalité de la
dictature et qui ont mesuré ses effets funestes et mortels pour
l'ensemble de la Nation ou pour une partie de la
Nation ? Ils doivent se rappeler que nous ne sommes plus au
temps du régime de la monarchie absolue et que nous ne sommes pas
au temps de l'autocratie ; il n'y a plus de bon
plaisir du prince, il y a une Constitution, une loi
républicaine ; si le Chef d'État transgresse cette loi,
la Constitution donne aux citoyens le droit de résister au
dictateur ; il y a dans la Constitution et dans les droits
fondamentaux et universels de l'homme, un droit
imprescriptible ; c'est le droit de résistance à
l'oppression, le droit d'insurrection pour les
minorités opprimées ; c'est ce droit dont M. Michel
Debré disait, en d'autres temps, qu'il était aussi le
plus sacré des devoirs. C'est au nom de ce droit, c'est
donc au nom de la véritable légalité républicaine, transgressée par
le pouvoir de fait, que le C.N.R. s'est constitué, et
c'est au nom de ce droit, c'est-à-dire au nom de la
véritable légalité républicaine, que nous avons réalisé une action
de force contre celui qui s'est placé hors de la légalité.
Car si le Chef de l'État sort de la légalité, il doit être
taxé publiquement de forfaiture, et c'est ce qui a été fait
par les plus hautes autorités de l'État ; si le Chef de
l'État, étant sorti de la légalité, tue ou laisse tuer ceux
qui sont sous sa responsabilité, ou s'il est responsable, et
seul responsable, d'un désastre national, il doit être mis
par la force, hors d'état de continuer à exercer son pouvoir
de fait ; et c'est ce que nous avons essayé de faire, au
nom de la loi.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Ce qui a été constaté, en
effet, par ceux qui se sont groupés au sein du Conseil National de
la Résistance, c'est la réalité de la dictature
gaulliste : c'est en particulier le fait que, à
l'occasion des derniers référendums et grâce au contrôle des
moyens d'information, l'adhésion populaire a été
usurpée par le pouvoir de fait, à l'aide de moyens illégaux
et immoraux. Illégaux parce que les référendums sur l'Algérie
étaient contraires à l'article 89 de la Constitution et parce
que dans les périodes ayant précédé ces référendums, le corps
électoral s'est vu dispenser, par les services officiels en
général, et par le Chef de l'État en particulier, une
information à sens unique selon les procédés qui, dans tous les
pays totalitaires, assurent infailliblement une réponse
positive ; immoraux parce que le pouvoir a en fait usurpé le
oui de beaucoup de Français en leur mentant sur ce que seraient les
conséquences de leur oui ; beaucoup de Français ont cru de
bonne foi, en votant oui, ramener la paix en Algérie et assurer la
coexistence des différentes communautés, alors qu'en fait
leur oui a été la porte ouverte à des massacres, à un chaos, et a
une misère bien pire que ce qui existait précédemment. C'est
pourquoi on ne peut pas dire que ces référendums illégaux et
immoraux représentaient réellement la volonté du peuple français.
Au surplus, même si le peuple français a approuvé les accords
d'Evian, il n'a pas approuvé le non-respect des accords
d'Evian, c'est-à-dire la dispersion et la destruction
des communautés françaises de souche et le génocide des Français
musulmans. Le Chef de l'État de fait est donc seul, avec
quelques ministres, à porter la responsabilité de cette destruction
et de ce génocide, contraire à la lettre sinon à l'esprit des
accords d'Evian.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">Partant de la réalité de la
dictature gaulliste, que peut-on dire sur son point
d'application ? Il est certain que ; dans ce pays
o]]></description>			<link>http://mauvaisegraine.rmc.fr/467807/D-claration-de-Bastien-Thiry-son-proc-s/</link>			<comments>http://mauvaisegraine.rmc.fr/Declaration-de-Bastien-Thiry-a-son-proces-25092009-114448-lp-467807.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://mauvaisegraine.rmc.fr/467807/D-claration-de-Bastien-Thiry-son-proc-s/</guid>			<pubDate>Fri, 25 Sep 2009 11:44:48 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Journée des harkis]]></title>			<description><![CDATA[<p>v</p>
<p></p>

25 Septembre : Journée nationale d'hommage aux HARKISUne page honteuse de notre histoire...LE  MASSACRE  DES  HARKISHéros pour les uns, traîtres pour les autres, l'histoire des harkis est mal connue des Français. Dans le langage courant, on désigne aujourd'hui sous le nom de harkis toutes les catégories de supplétifs de la guerre d'Algérie : harkis, moghaznis, Groupes Mobiles de Sécurité (GMS), Groupes d'autodéfense (GAD), unités territoriales et auxiliaires de la gendarmerie, à l'exclusion des appelés et des militaires sous contrat.C'est en janvier 1955 que, pour les besoins de guerre d'Algérie, virent le jour les premières unités musulmanes, en l'occurrence 30 goums de 100 homme : les Groupes mobiles de protection rurale (GMPR), qui deviendront ensuite Groupes Mobiles de Sécurité (GMS), comparables à nos Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS).Le 5 septembre 1955, le gouverneur Jacques Soustelle créera les sections administratives spécialisées (SAS), chargées d'encadrer les zones rurales. Protégées par un maghzen de 25 à 50 moghaznis, 700 SAS seront créés et complétées par 30 sections urbaines (SAU). Elles contribueront à l'armement de 2000 villages en autodéfense. Les moghaznis seront 20 000, en 1962. Le 8 février 1956, les premières harkas destinées à participer aux combats, voient le jour. A partir de 1957, las de la tyrannie du FLN qui multiplie les sévices à l'encontre des populations autochtones du bled : enlèvements, rançons, égorgements, razzias sur les douars, sévices multiples et raffinés, les habitants vont se soulever et rejoindre en masse l'armée française. 114 GMS seront créés, soit 19000 hommes, ainsi que 700 sections administratives spécialisées et urbaines (SAS et SAU).En décembre 1958, à l'initiative du général Challe, le nombre des harkis passera de 28000 à 60000. Ils formeront d'efficaces groupes de combat &oelig;uvrant au plus près des soldats d'élite, paras et légionnaires et commandos. Par ailleurs, 2000 douars représentant 55000 hommes armés, seront placés en autodéfense, soit un total de 223000 soldats autochtones qui combattront sous l'uniforme français avec une efficacité et une ardeur reconnues de tous...S'étant engagés davantage pour la défense de leurs familles que pour la solde, les supplétifs étaient opposés à la conception totalitaire du parti unique du Front de Libération Nationale (FLN). Ils faisaient confiance à l'armée pour faire évoluer l'Algérie dans un sens démocratique et égalitaire et, surtout, pour faire obstacle à la terreur du FLN qui s'imposait, notamment de nuit, dans les villages. Le rappel du général Challe en mars 1960 ne permit pas de mener à bien son projet de Fédération des Unités Territoriales et des autodéfenses, qui aurait constitué un parti français opposé au FLN.Fin 1958, la guerre est pratiquement terminée sur le terrain. Le FLN, exsangue, ne se maintient plus que par ses attentats sournois et barbares. R. MADAOUI, alors officier de l'Armée de Libération Nationale (ALN), rejoindra, comme sous-lieutenant, une unité régulière de l'armée française dans l'Ouarsenis puis, plus tard, les rangs de l'OAS. Il écrira : « L'espoir est si grand que la Wilaya IV (la plus puissante et la sienne) pavoise aux couleurs de la France, que les rebelles cessent les attentats et déposent leurs armes devant les mairies ». Ainsi, les fellaghas, eux-mêmes, sûrs de leur impuissance, brandissent des drapeaux français dans leurs repaires...L'ex officier de l'ALN, Ali BOUZIANE, qui rejoindra les harkis du fameux « Commando Georges », unité crée par le Colonel BIGEARD, écrira sur ce point : « La population, qui était notre raison de combattre et notre soutien, nous abandonne. J'ai confiance en De Gaulle, et mes frères dans le maquis aussi. Nous avons été trompés, et l'Algérie heureuse, nous la ferons avec lui ».De Gaulle, désormais installé à l'Elysée, reçoit le Bachaga BOUALAM qui lui dit : « Mon général, donnez-moi 500000 harkis, et vous pouvez renvoyer tous les appelés chez eux ; je vous garde l'Algérie à la France. » De Gaulle ne répondra mot et, contre toute attente, se prononcera pour l'intégration, solution utopique que ni les Musulmans, ni les Européens, ni les militaires, ne croient.Fin 1958, la victoire est donc acquise et reconnue de tous ; la paix désormais possible... mais elle ne se fera pas par la seule volonté d'un homme, miné par la rancune que lui inspire le peuple d'Algérie (Tous des Pétainistes! (sic)) et le pays retombera dans ses incertitudes et ses interrogations...En janvier 1959, De Gaulle, élu Président de la République, gracie, à la surprise générale, 150 terroristes condamnés à mort pour crimes de sang et en libère 7000 autres. Ces mesures (ressenties comme une marque de faiblesse par la population autochtone et les unités supplétives) jettent le trouble parmi elles, ce qui fit dire au chef d'une harka du 20ème BCP :  « Le général De Gaulle n'a rien compris aux fellouzes ».En septembre 1959, après le célèbre discours de De Gaulle sur l'autodétermination, le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA) déclarera : « Ce discours est notre 1ère victoire politique ».Le 10 juin 1960, le colonel de l'ALN, SI SALAH, chef de la wilaya IV (Algérois),  décide de faire un putsch contre le GPRA et, reçu avec ses adjoints, les commandants Si Mohamed et Lakhdar à l'Elysée par De Gaulle, ils lui annoncent la reddition dans un premier temps des trois quart des combattants de l'ALN. Mais De Gaulle, ne voulant déjà plus entendre parler de l'Algérie française, leur opposera une fin de non recevoir et ses services, par la voix d'Edmond Michelet, informeront le Ministre des Affaires extérieures du GPRA, Krim Belkacem de cette proposition de reddition. Commencera alors une purge sanglante « à la Amirouche » au sein de leurs partisans qui ne connaîtront aucune clémence de la part des « frères » installés en Tunisie. Le secret de cette entrevue avec le Maître de l'Elysée devant être rigoureusement gardé, tout sera mis en &oelig;uvre pour éliminer définitivement les derniers témoins et Si Salah et Si Mohamed seront tués par les troupes françaises dans des conditions plus que curieuses...Ainsi, cette affaire qui se présentait comme une immense occasion pour apporter une paix française à la guerre d'Algérie, se terminera dans le sang et demeurera la grande énigme de ce conflit.Après l'échec du putsch d'avril 1961, les harkis, soucieux, désemparés et amers, répèteront inlassablement à leurs chefs : « Il fallait déclarer la mobilisation générale en Algérie, faire une levée en masse de harkis, renvoyer tous les appelés chez eux, et on avait le monde entier avec nous. »Mai 1961, nouvelle décision désastreuse du général président qui atterrera les Musulmans fidèles à la France : La trêve unilatérale accompagnée de la libération de 6000 fellaghas. Dès lors, l'ALN exsangue, forte de ces renforts successifs, va se reconstituer et reprendre de plus belle ses actions meurtrières sans réelle opposition des troupes françaises privées, par ailleurs, d'une partie de leurs unités d'élite dissoutes au lendemain de l'échec du putsch. A partir de ce moment, les supplétifs comprendront que, pour eux, c'est la fin... et les premières désertions verront le jour.En janvier 1961, le général Crépin, successeur de Challe, avait promis que les harkis, considérés comme vainqueurs, auraient la première place dans l'Algérie future, et qu'ils resteraient groupés et armés pendant un an après le cessez-le-feu. Mais, dès l'été 1961, le gouvernement décida d'amorcer la réduction des effectifs des harkas et des autodéfenses et de « civiliser » les SAS, alors que Challe leur avait confié la responsabilité opérationnelle des Quartiers de Pacification.  Les promesses de Challe (emprisonné) et de Crépin ne seront pas tenues et les négociateurs français d'Evian se préoccuperont très peu de l'avenir des musulmans fidèles à la France... Cependant, avec une inconscience révoltante, les déclarations officielles continuaient de pleuvoir. Dans une homélie fracassante, le général Gambiez s'était écrié à l'adresse des harkis : «Vous avez mené le bon combat. Soyez sans crainte, la France ne vous abandonnera pas ! » Et dans une déclaration aux cadres, Pierre Messmer, le ministre des armées, affirmait avec solennité : « Pour rassurer ceux qui combattent et se sont engagés à nos côtés, nous devons leur répéter la volonté de la France de n'abandonner aucun de ses enfants. »... Cela s'adressait aux Musulmans servant sous l'uniforme français.Pourtant le dégagement militaire avait commencé depuis le mois de juin 1961 par le rapatriement de deux premières divisions et l'évacuation de 1000 postes de protection de la population du bled. Mais afin de rassurer les consciences, on continuait d'assurer avec une apparente conviction qu'en aucun cas la population civile n'aurait à souffrir de ces mesures ou à voir sa sécurité diminuer...Quel leurre ! Pauvres Musulmans ! Vous avez accepté de faire partie des groupes d'autodéfenses, encouragés en cela par le sous-préfet ou le commandant de secteur : Vous serez mutilés puis égorgés ! Vous vous êtes engagés dans les GMS ;  vous êtes devenus harkis ou moghaznis, c'est-à-dire soldats de la France : Vous serez tués à la hache ou écorchés vifs! Vous étiez des fellaghas repentant, ralliés à la France, et le colonel Bigeard &ndash;bientôt général !- vous avait désignés pour le fameux commando Georges : Vous aurez les yeux crevés, les mains coupées, vous serez traînés dans les rues sous les huées d'une foule déchaînée et vous périrez après d'horribles tortures !Ce fut un des grands mensonges de ce drame algérien qui en avait vu tant, mais d'autant plus odieux qu'il couvrait l'abandon et la mort d'innombrables Musulmans livrés à la vengeance du FLN.Ces hommes étaient pourtant encore des Français, couverts et en principe protégés par les lois et par l'Etat français qui leur demandait  depuis des années de lui faire confiance. La conscience la plus élémentaire eut semblé devoir au moins amener le Pouvoir à informer le pays des mesures décidées et de toutes ses conséquences. Et ce fut une bien piètre et honteuse satisfaction que de se dire qu'en lui dissimulant, on avait épargné sa responsabilité...Mais qui aurait pu penser, en Métropole, que depuis sept ans des soldats Musulmans pourchassaient sans répit les fellaghas, que depuis sept ans ils mouraient pour la France et l'Algérie française... et que depuis des mois on cherchait à faire oublier &ndash;comme jadis en Indochine- leur existence ? Pendant que le silence les recouvrait, les projecteurs étaient braqués sur les dirigeants du FLN, assassins en puissance qui se pavanaient désormais dans les salons français et qu'il fallait à tout prix transformer pour l'opinion en hommes d'Etat, déjà partenaires et bientôt alliés.Mais comment cacher qu'en nombre croissant, ces Musulmans fidèles rejoignaient les combattants de la cause française ?Si les sphères dirigeantes ne savaient plus comment cacher cette nouvelle situation, le GPRA n'ignorait pas qu'il ne pourrait leur imposer son autorité que si auparavant, l'armée française les eût désarmés. Certains de ses membres reconnaissaient, qu'ils seraient, d'une manière sûre, trois millions à suivre activement et spontanément un mouvement que l'évolution de la situation provoquerait en faveur de la France. Ces hommes, ces Français, ces compatriotes, n'étaient pas un mythe. Ils étaient une réalité vivante.Du coup, l'Elysée prit peur. Il fallait à tout prix désarmer ces hommes trop zélés qui s'imaginaient encore pouvoir rester français... Le 4 Mai 1962, lors du Conseil des Ministres, De Gaulle déclara : « Les harkis, ce magma dont il faut se débarrasser sans attendre  (sic, Alain Peyrefitte)».  Et ce fut, alors, l'ignoble campagne de désarmement, la conclusion du pacte tacite conclu entre le Pouvoir et le FLN...            Après avoir évacué les postes militaires du bled et les avoir remis, intacts, aux ennemis d'hier, la troupe reçut l'ordre de désarmer les autodéfenses. Pour ces pauvres gens qui avaient eu confiance en la parole de la France et en ses officiers, la restitution des armes signifiait la mort à plus ou moins brève échéance. Sans doute, que les militaires avaient reçu des ordres stricts. Sans doute, ils se devaient d'obéir à ces ordres. Mais le serment de jadis de conserver l'Algérie à la France et de protéger cette population n'avait-il pas été prononcé ?Le vieil honneur qui vous lie à une parole est-il une chaîne dont il est loisible de couper les anneaux ? La vie est bien longue à celui que trouble le remords...A tous ces hommes désormais voués à la vindicte du FLN, il fallait ajouter ceux qui s'étaient engagés politiquement sans pour autant revêtir l'uniforme. Qui publiera jamais le nombre de maires, délégués spéciaux, conseiller municipaux, élus de tous ordres et fonctionnaires qui avaient déjà payé et qui paieraient encore de leur gorge tranchée, leur loyalisme ?Ceux qui s'étaient engagés volontairement du côté de la France connaissaient que trop l'article peu répandu de la charte issue du congrès de la Soummam qui les vouait avec leurs familles à la liquidation physique, pour trahison. Et les milliers d'assassinés depuis 1954 étaient la triste preuve que les Melouza (où le FLN massacra plus de 300 personnes en une seule nuit) n'étaient pas le produit de l'imagination...Dès lors, désarmés, livrés sans défense à la vindicte du vainqueur, le génocide des harkis commençait... Dans le bled où le drapeau vert et blanc remplaçait désormais le tricolore, les Musulmans qui avaient toujours été fidèles à la France s'accrochaient désespérément aux camions militaires français et, à bout de force, tombaient en pleurant dans la poussière de la route. Ce sont des images que seuls ceux qui ont une conscience ne pourront de si tôt oublier...Désormais, maîtres du bled (et bientôt du pays), forts de leur immunité et de leur impunité, les fellaghas se ruaient à la curée... En dépit des informations alarmantes qui lui parvenaient quotidiennement, le gouvernement français demeura inerte. Pire ! Il participa indirectement à ce génocide en livrant, lui-même, ces pauvres gens à la hache et au couteau des égorgeurs après que Louis Joxe (père de l'ex Ministre de l'Intérieur socialiste, Pierre Joxe), rédigea par deux fois leur condamnation à mort. « Télégramme n° 125/IGAA &ndash; 16 mai 1962 / Ultra Secret / Stric. Confidentiel.<strong>Ministre Etat Louis Joxe demande à Haut Commissaire rappeler que toutes initiatives individuelles tendant à installation métropole Français Musulmans sont strictement interdites. En aviser urgence tous chefs S.A.S. et commandants d'unités. »</strong>                                                                                              Signé : Louis Joxe  Directive de Monsieur Louis Joxe, Ministre d'Etat :« Je vous renvoie, au fur et à mesure, à la documentation que je reçois au sujet des supplétifs. Vous voudrez bien faire rechercher, tant dans l'armée que dans l'administration, les promoteurs et les complices de ces entreprises de rapatriement, et faire prendre les sanctions appropriées.Les supplétifs débarqués en métropole, en dehors du plan général, seront renvoyés en Algérie, où ils devront rejoindre, avant qu'il ne soit statué sur leur destination définitive, le personnel déjà regroupé suivant les directives des 7 et 11 avril ». <em>Et conscient du caractère odieux de cette décision, l'honorable ministre avait ajouté :</em><strong>« Je n'ignore pas que ce renvoi peut-être interprété par les propagandistes de la sédition, comme un refus d'assurer l'avenir de ceux qui nous sont demeurés fidèles. Il conviendra donc d'éviter de donner la moindre publicité à cette mesure. »</strong>                                                        15 Juillet 1962                                                     Signé : Louis Joxe Dans le même temps, le colonel Buis, ancien commandant du Secteur de Bougie, devenu général, écrivain et stratège prisé des médias, donnait depuis Rocher Noir des instructions aux termes desquelles il fallait limiter au maximum le départ des harkis pour la France. Conjuguée avec celles de Joxe, ces directives condamnèrent systématiquement ces pauvres gens. Dès lors leur avenir était tout tracé. Le gouvernement de Ben Bella allait s'en charger d'une manière expéditive...<strong>LES MASSACRES</strong>A Iri-Llabi, des hommes furent enterrés jusqu'aux épaules, et sur ces têtes posées au ras du sol, une meute de mégères fut invitée à jeter des pierres. Certaines victimes, le crâne fracassé du premier coup, cessèrent vite de souffrir. Mais d'autres mirent des jours à mourir dans de terribles plaintes allant jusqu'à effrayer les troupeaux de chacals qui rôdaient flairant le sang.- Dans les Aurès, on coupa les mains et on creva les yeux des harkis et des tirailleurs abandonnés par les soldats français.-  A Tiaret, on les attacha à des poteaux plantés sur les places publiques et on les fit écorcher lentement à coups de canif.- A Orléansville, on jeta, vivants, ceux qui n'avaient pas pu fuir avec leur chef, le Bachaga Boualam, dans des cuvettes et des chaudrons d'eau bouillante.- A Nemours, la harka de la demi-brigade de fusiliers marins fut exterminée dans des conditions effroyables. Tous furent émasculés puis ébouillantés.- A Penthième (département de Bône), harkis et moghzanis furent décapités et leurs têtes exposées à l'entrée d'une cité. La consigne du FLN était de barbouiller de merde la tête de ces malheureux, consigne suivie par les enfants et surtout par les femmes.- A Edgar-Quinet, village situé au pied de l'Aurès, les harkis du Commandant Guizien qui s'étaient ralliés au Putsch d'avril 1961, furent exterminés avec leurs familles dans des conditions effroyables.Partout on fusilla après avoir torturé, on mura dans des bâtisses de pierres, on enterra vivants, on brûla sur des bûchers, on flagella, on égorgea, on roua de coups des victimes enfermées dans des sacs, membres liés.Dans le Nord-Constantinois, des femmes tuèrent même des captifs à coups de dents !...Et dans toute l'Algérie ces mêmes scènes d'horreurs se renouvelèrent, ce qui fit dire au Commandant Pierre Granier : « On ne fusilla pas les moghzanis, on ne les pendit pas non plus. Simplement, des dizaines de fellagha les traînèrent par les pieds, par les mains, les frappant à coups de bâtons et de pierres. Ils moururent quarante-huit heures après dans d'indescriptibles souffrances... » Ni Jules Roy qui avait stigmatisé l'action des parachutistes français lors de la « bataille d'Alger », ni Mauriac, ni Sartre, ni Monseigneur Duval, ni les communistes, ni l'Eglise, ni les gaullistes, ni les « humanistes », ni les soldats du contingent qui avaient hurlé leur haine de l'Algérie, ni les officiers français qui avaient livré ces martyrs à la vindicte publique, ni les associations prétendument humanitaires, ni Hervé Bourges grand ordonnateur de « l'année de l'Algérie en France », conseiller et ami de Ben Bella, ne s'émurent le moins du monde. Aucune de ces hautes consciences qui font résonner le monde de leurs sermons et tiennent toujours prêtes des pétitions couvertes de signatures, ne vit dans ces massacres la moindre atteinte à la dignité des hommes et à leur liberté.Et l'horreur de la situation devint telle que le Lieutenant de Vaisseau Cucherat rejoignit les rangs de l'OAS et résuma dans un cri d'indignation à l'adresse des officiers Français toute cette tragédie :« Il n'y a pas en ce monde d'expiation qui puisse ressusciter les harkis ébouillantés, effacer les mutilations des suppliciés... réparer le suicide des pères désespérés, ou guérir les vieillards conduits à la folie par votre traîtrise et votre lâcheté. Il n'y a pas de drogue qui puisse endormir en vous cette honte et ce remords qui vous empêcheront de plus regarder jamais dans les yeux, à supposer qu'ils vivent encore, le chef de votre ancienne harka, ou le maire de votre regroupement, et tous ceux qui avaient cru en votre parole, s'étaient engagés derrière vous et à qui vous avez menti... »                                                                                                                                                                                                                                            José CASTANO
]]></description>			<link>http://mauvaisegraine.rmc.fr/467806/Journ-e-des-harkis/</link>			<comments>http://mauvaisegraine.rmc.fr/Journee-des-harkis-25092009-113212-lp-467806.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://mauvaisegraine.rmc.fr/467806/Journ-e-des-harkis/</guid>			<pubDate>Fri, 25 Sep 2009 11:32:12 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Le combat du FLN : "noble" résistance ?]]></title>			<description><![CDATA[<p> </p>
<p style="margin-left: 36pt"><span style=
"font-size: 10pt; font-family: Arial; color: #993300;">Copie de ma
réaction au 1er commentaire sur le combat du FLN</span></p>
<p style="margin-left: 36pt"><span style=
"color: #993300;"> </span></p>
<p><span style=
"font-size: 10pt; font-family: Arial; color: #993300;">D'abord
merci, Cher Monsieur, d'être le 1er visiteur a avoir déposé un
commentaire.
Votre réaction témoigne d'une opinion que je réprouve mais je suis
ouvert au débat ; j'aurais pu, comme le site me le permet, de
"censurer" votre commentaire, mais je ne suis pas de la famille De
Gaulle and Co, donc...

1) Vous parlez de Résistance.

Sachez d'abord, car d'après votre site que j'ai visité, vous ne
semblez pas être d'âge à en avoir fait partie, que la cause de
l'Algérie française fut défendue par d'innombrables résistants
parmi lesquels :
- Jacques Soustelle, secrétaire général de l'Union des
intellectuels antifascistes à partir de 1935, puis au service du
Gal De Gaulle dès l'été 40, dont il deviendra  en 43, le
patron du BCRA, devenu plus tard la DGSE, avant d'être l'un des
artisans majeurs du retour du "héros de Londres" au pouvoir en mai
58 ;
- Georges Bidault, successeur de Jean Moulin
à la tête du CNR ;
- le lieutenant Degueldre, du 1E REP, fusillé en juin 62 au nième
coup de grâce, au mépris des règles de justice ;
- le commandant de Saint-Marc, chef du 1e REP au moment du Putsch,
arrêté par la Gestapo à l'âge de 17 ans et déporté à Büchenwald
;
(plus anonymement) :
- un de mes oncles, résistant du rail durant la guerre avant de
reprendre son poste à l'Armée de l'air, comme officier pilote de
chasse, campagne de 44/45, Indochine, Maroc, Algérie...puis
putsch.

2) Résistance, pourquoi pas, mais comment ?

La question est ouverte parce que nettement plus complexe qu'il n'y
paraît de savoir si ce fut une bonne ou mauvaise chose que
d'envahir puis de coloniser l'Algérie.

L'objet de mon blog est avant tout de dire des choses que la
propagande gaulliste a réussi à faire taire et à recouvrir de
mensonges.

Soyez, c'est votre droit, hostile à des décisions prises entre 1830
et 1880 (notamment sous l'égide du grand homme de gauche que fut
Jules Ferry), mais pouvez-vous, face aux photos que je commence à
installer sur ce blog (voir Terrorisme FLN), approuver la férocité
dont fit preuve le FLN - qui a mis en place un régime totalitaire
dont nous voyons encore la nuisance de nos jours - à l'égard de
pauvres gens qui n'étaient pour rien dans ces décisions ?
A commencer par les Musulmans,  première cible des rebelles
dont l'immense majorité a voté oui à l'Algérie française au moment
du référendum d'octobre 1958.
Et les Européens ? petites gens, ouvriers, employés, humbles
agriculteurs pour 96 % d'entre eux, c'est Germaine Tillon, la
fameuse sociologue de gauche qui l'a calculé en 1956, votant autant
à gauche que leurs homologues de la métropole, venus en Algérie par
nécessité, soit qu'ils fussent exilés politiques (révolte de 1832,
opposants à Napoléon III, communards), soit qu'ils refusassent le
joug Prussien quand ils étaient d'Alsace ou de Lorraine, soit enfin
qu'ils cherchassent un endroit où travailler, venant de France,
d'Italie, de Malte ou d'Espagne.
Comment justifier qu'au nom d'un quelconque nationalisme, l'on
massacre femmes, enfants, vieillards, qu'on brûle les écoles, les
fermes et les troupeaux, qu'on extorque des fonds sous la menace de
mort, qu'on aille même jusqu'à couper le nez et les lèvres des
fumeurs, au nom soit-disant de l'Islam ?
Songez-donc aux combats des divers résistants d'Europe. Les FTP
tuaient de simples soldats allemands, ce que réprouvaient les
autres maquis, mais jamais ils n'ont fait oeuvre de férocité à
l'égard de civils, femmes ou enfants. Les Corses de même,
pareillement que les Irlandais et les Basques.

Et quand il y eut, en désespoir de cause, un contre-terrorisme pour
la défense de l'Algérie française (OAS), il s'en prit aux soldats
de l'ALN, aux militants du FLN, aux barbouzes, mais jamais à des
innocents. Il y a eu certes la petite Delphine Renard, blessée à
l'oeil par un plastic destiné à Malraux, et ce seul fait a été
retenu par les média et la propagande du régime pour qualifier
l'action de l'OAS. Mais d'une part, la blessure ne l'a pas mutilée
et d'autre part, elle n'était pas la cible de l'attentat. A
contrario, le FLN a déployé une férocité qui dépasse l'entendement.
Vous ne trouverez nulle part de photos des crimes nazis montrant
une pareille cruauté.
Et pourtant, il y en eut parmi les nazis, le savez-vous, des
Algériens qui devinrent par la suite activistes FLN : la sinistre
brigade nord africaine fut un des bras les plus terribles qu'usa la
Gestapo française pour torturer les résistants ; parmi eux, le chef
FLN Mohameidi Saïd, qui mettait par provocation son ancien casque
allemand frappé de la croix gammée lors des combats contre l'armée
française.
La collusion entre nazis et islamistes fait partie des tabous bien
gardés. Pourtant c'est un fait historique avéré.
Il y plusieurs divisions SS composées exclusivement de Musulmans,
la cause palestinienne fut défendue par le IIIe Reich qui soutint
l'extrême antisémite qu'était le Grand Mufti de Jérusalem.
D'ailleurs l'antisémitisme, comme vous le verrez dans mon blog par
la suite, fait partie intégrante de l'idéologie FLN.
En métropole, les groupuscules néonazis, comme Soustelle le
rapporte en détails dans l'un de ses livres, défendirent la cause
du FLN, s'opposant vivement à l'Algérie française, tout comme leurs
prédécesseurs de droite de la fin du  XIXe siècle, car à
l'époque le colonialisme était une idée de gauche !
Le PCF attendit le contre-ordre de Moscou en 54 ou 55 pour virer sa
cuti.
Avant guerre, quand la cause nationaliste algérienne commença à se
répandre parmi quelques intellectuels ou fanatiques islamistes,
Maurice Thorez  exprima avec force la réprobation du PCF. Il
est vrai que l'Algérie comptait alors beaucoup de communistes parmi
le petit peuple ; un peuple qui fut bouleversé par le retournement
de son parti.  C'est ainsi qu'on vit de très nombreux
ex-communistes, notamment parmi les exilés antifranquistes, parmi
les plus farouches partisans de l'Algérie française.

3) La France, une terre doublement colonisée.

J'anticipe là un autre aspect du débat : le bien-fondé de la
colonisation et ne fais ici que l'effleurer.
Avez-vous, Cher Monsieur, à l'esprit que notre nation doit sa
formation à deux vagues colonisatrices successives : celle des
Romains, puis celle des Francs. Peut-on, avec le recul, vraiment
s'en plaindre ?

Les Romains nous ont apporté leurs avancées techniques, la culture
gréco-latine, le christianisme et les fondements de l'Etat de
droit.
Plus tard, quand l'ex-Gaulle était devenue un champ anarchique où
régnaient les disettes incessantes et les ravages de bandes
rivales,
l'invasion des Francs et leur unité sous la royauté de Clovis a
permis de retrouver le chemin de la paix et de la prospérité,
alliant les vertus de la culture germanique à celles des
gallos-romains. Peut-on s'en plaindre également ?

Ouvert au débat, sans haine et avec le souci de la vérité
historique,
Sincèrement,
O. Cazeaux</span></p>
<p> </p>
]]></description>			<link>http://mauvaisegraine.rmc.fr/109692/Le-combat-du-FLN-noble-r-sistance/</link>			<comments>http://mauvaisegraine.rmc.fr/Le-combat-du-FLN----noble--resistance---11092009-000146-lp-109692.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://mauvaisegraine.rmc.fr/109692/Le-combat-du-FLN-noble-r-sistance/</guid>			<pubDate>Fri, 11 Sep 2009 00:01:46 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Bastien-Thiry]]></title>			<description><![CDATA[<div>Jean Bastien-Thiry est probablement la plus
grande figure des défenseurs de l'Algérie française. Ingénieur
militaire, officier supérieur de l'Armée de l'air, lorrain, non
politisé mais intensément chrétien, il a agi par devoir. Scandalisé
par la trahison dont a fait preuve De Gaulle, personnage pourtant
mythique de son enfance (son père, polytechnicien et
officier comme lui était un fervent gaulliste), à
l'égard de l'Algérie, Bastien a médité sur
l'attitude qu''il devait adopter. Conscient de ses qualités tant
intellectuelles que psychiques (il était pilote
d'essai en plus d'être un spécialiste mondialement reconnu des
fusées), il se proposa à une organisation non encore identifiée à ce jour par les
historiens pour mettre en oeuvre la neutralisation de ce président
devenu un tyran (Bastien s'est appuyé sur les thèses
d'Aristote et de St Thomas à propos du tyrannicide et a pris
conseil auprès d'un prêtre).</div>
<div>Cela donna un premier attentat en automne 61 à
Pont sur Seine, puis un deuxième qui échoua de très peu, sur la
route menant à la base de Villacoublay. Bastien aurait pu fuir
facilement, il avait d'ailleurs une proposition d'embauche par la
NASA. Mais il n'a pas voulu échapper à ses responsabilités. Arrêté
après la majorité des membres de son commando en septembre 62, il
fut jugé en janvier-mars 63 par une cour pourtant déclarée illégale
par le Conseil d'Etat.</div>
<div> </div>
<div>Condamné à mort le 4 mars, sa grâce refusée par
De Gaulle le 10, il fut fusillé à l'aube du 11 mars par un peloton
en uniforme vert de combat, sans insigne permettant de savoir,
comme c'est la règle, à quelle unité il appartenait. Deux officiers
avaient successivement refusé de commander l'exécution, aussitôt
sévèrement sanctionnés.</div>
<p> </p>
]]></description>			<link>http://mauvaisegraine.rmc.fr/106659/Bastien-Thiry/</link>			<comments>http://mauvaisegraine.rmc.fr/Bastien-Thiry-11092009-000020-lp-106659.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://mauvaisegraine.rmc.fr/106659/Bastien-Thiry/</guid>			<pubDate>Fri, 11 Sep 2009 00:00:20 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Maréchal Juin : défense du peuple français d'Algérie]]></title>			<description><![CDATA[<p><strong>Au lendemain des soi-disant accords d'Evian,
v</strong><strong>oici ce que déclarait le maréchal
Juin</strong><strong>. Son texte défend l'oeuvre civilisatrice de
la France en Afrique du Nord et rétablit des vérités sur la réalité
du peuple français d'Algérie, face à la caricature odieuse qui en
était faite par la propagande gaulliste et celle des soutiens du
FLN.</strong></p>
<p>"Après le refoulement des Arabes d'Espagne en
Afrique du Nord, celle-ci était retombée en friche et devenue un
campement dans les ruines, où l'on eût recherché en vain un foyer
rayonnant de culture ou une pensée politique inspirée d'un principe
d'ordre et d'unité. C'est pourquoi l'Europe aux prises avec ses
difficultés, et restée sans doute sur la mauvaise impression
laissée par l'expédition malheureuse de Charles Quint au XVIe
siècle, se garda d'intervenir, notamment en Algérie, en dehors de
quelques coups de canon tirés sur les ports barbaresques à titre de
semonce ou de représailles.</p>
<p>Jusqu'au jour où l'Europe allait prendre
conscience du dangereux anachronisme que constituait, à si courte
portée et à l'occident du vieux monde, la présence d'un société
barbare, livrée au désordre et répartie sur des territoires qui
n'étaient plus, à la vérité, que des expressions géographiques
vides de tout sens national..
Les Français, s'en étant avisés les premiers, n'hésitèrent pas, en
1830, à faire les frais d'une expédition sur Alger. Il avait suffi
d'un coup d'éventail administré par le Dey d'Alger à notre consul
pour décider le roi Charles X à saisir cette occasion de se
redonner du panache en lançant sur Alger tout un corps
expéditionnaire.</p>
<p>Son successeur, le roi Louis Philippe, eut
l'heureuse idée de s'attacher à la conquête de la Restauration et
même de l'élargir et la développer, dans le juste sentiment qu'il y
avait en Afrique une noble mission civilisatrice que la France se
devait de remplir.</p>
<p>Ce ne fut pourtant qu'après bien des hésitations
et des vicissitudes, dont on retrouve trace dans les débats du
Parlement de la Monarchie de Juillet, que le parti fut pris de
demeurer à Alger. Bugeaud, comme gouverneur général, à son deuxième
séjour, fut l'homme de la pacification algérienne, dont il précisa
les méthodes administratives et militaires : bureaux arabes,
colonnes mobiles, colonisation militaire. Sous son proconsulat,
l'Algérie utile s'inscrivit dans ses frontières naturelles entre
celle du Maroc à l'ouest et celle de la Tunisie à l'est. Il ne
restait plus qu'à achever la pacification de la grande Kabylie du
Djurjura qui, toujours, s'était montrée hostile à toute
pénétration, y compris celle d'Abdel?Kader dont l'appel, au temps
où il se prétendait le champion d'une politique nationale et
islamique, n'avait trouvé aucun écho. Ce tut le maréchal Randon
qui, en 1854, la soumit. Il restait aussi à pénétrer dans l'Atlas
saharien et au-delà, ce qui fut réalisé bien
après.</p>
<p>Mais alors, de quoi sont faits les Pieds-Noirs et
d'où leur vient ce nom ? On raconte qu'il désignait aux autochtones
les soldats français qui débarquaient avec des brodequins noirs
assujettis par des guêtres. Ils constituent le peuplement de souche
française ou prétendu tel, qui s'est peu à peu développé en Algérie
et qui est arrivé à atteindre un million d'habitants. J'en suis, de
ce peuplement, et par toutes mes fibres. II n'est pas formé que de
profiteurs, puisqu'il est avéré que la moyenne de Json revenu est
intérieur de 20 % à celui des métropolitains. Au surplus, sept sur
huit de ces Français d'Algérie ne sont pas des hommes vivant sur la
terre, mais des commerçants, des industriels, des techniciens, des
cadres, des ouvriers, des agents de l'État, ou qui exercent des
professions libérales. Ils proviennent d'un peu partout et se sont
déposés par couches successives en Algérie, au cours de plus d'un
siècle d'histoire. On y retrouve la descendance des militaires de
la première heure qui, ayant mis de côté le harnois, se fixèrent à
la terre, une terre souvent ingrate et insalubre, celle des
déportés politiques en 1848 et des Alsaciens-Lorrains ayant fui, en
1871, la domination allemande, mêlée à l'apport continu d'une
immigration surtout méditerranéenne, comprenant en plus des
Français un fort lot d'Espagnols, d'Italiens et quelques Maltais
vites assimilés. La proportion d'Espagnols est naturellement plus
forte dans l'Oranie, où ils sont d'excellents cultivateurs, en
provenance pour la plupart de Murcie, de Valence, d'Alicante. A
Alger, les Baléares sont nombreux. Ce sont leurs maraîchers hors de
pair qui ont peuplé tout le Sahel. Les Italiens abondent dans le
Constantinois et principalement sur la côte, où ils sont pêcheurs.
Ils sont également ouvriers agricoles à
l'intérieur.</p>
<p>Tels sont les «PiedsNoirs »: un étrange amalgame
de races, d'un sang bouillonnant. De leur origine, ils ont
souvenance qu'en des temps troublés, et plus ou moins lointains,
leurs ascendants ont dû, poussés par la nécessité, abandonner leur
patrie pour se fixer en Algérie, sur des terres souvent
inhospitalières et hostiles.</p>
<p>C'est pourquoi soucieux de se rapprocher les uns
des autres pour travailler en commun et se mieux entraider, ils
font montre d'un instinct tribal, tout comme les Algériens parmi
lesquels ils se sont implantés. Ils parlent d'abondance, sachant
utiliser tous les moyens d'expression et idiomes entendus autour
d'eux.</p>
<p>Pouvant même à la rigueur ne parler que par
gestes, uniquement avec leurs mains. Ils ont le goût du forum et de
l'émeute, prêts à invoquer à tout propos le salut public, résolus à
se faire tuer sur des barricades ou sur n'importe quel champ de
bataille. pour telles causes qui leur paraissent justes. Ils en ont
toujours fait la preuve aux côtés de leurs frères musulmans. C'est
ainsi qu'ils n'arrivent pas à se faire à l'idée d'être chassés, en
même temps que leurs morts, de cette terre sur laquelle ils
travaillent depuis plusieurs générations.
Le drame a commencé pour eux quand ils eurent constaté
l'indifférence totale des Français de la métropole à leur égard et
se virent traîner successivement, par l'homme qu'ils avaient poussé
au pouvoir le 13 mai, de la formule de l'intégration à base de
fraternisation qu'ils préconisaient à celle de l'autodétermination,
pour finir par la prédétermination et la reconnaissance d'une
République algérienne jouissant de droits souverains.
D'où leur révolte, par des moyens de violence qui prêtent à
discussion et les peuvent conduire à des mesures désespérées, voire
suicidiaires. L'Armée, hier encore seul garante de l'ordre, est
aujourd'hui profondément désunie. et désarmée moralement par de
coupables moyens.
Qui donc arbitrera les confrontations sanglantes que l'on voit
poindre avec terreur à l'horizon, en l'absence de toute autorité et
même de toute administration ?</p>
<p>Il n'y a que les fous pour vouloir régler les
affaires d'Algérie par la violence ou par des accords négociés dont
on voudrait être assuré qu'ils ne sont pas des chiffons de papier.
On ne bâtit rien, sur ces vieilles terres, si l'on n'écarte les
malédictions et si le terrain n'a pas été ensemencé de confiance et
d'amour."</p>
<p>Alphonse Juin, 20 mars 1962</p>
<p> </p>
<p>Cette prise de position lui coûta, délit d'opinion, d'être privé
par décision arbitraire de De Gaulle, de toutes les prérogatives
dues à son rang : il fut donc écarté de sa place de droit au
Conseil supérieur de la défense nationale, interdit de séjour à vie
en Algérie, interdit de toute présence aux commémorations
militaires, privés de ses attributs de maréchal de France (bureau,
sécrétaire, voiture, chauffeur etc.)</p>
<p>Bien qu'il fut camarade de promotion de De Gaulle à St Cyr, il
n'en fut jamais l'ami, comme personne d'ailleurs car le "guide" n'a
jamais eu l'expérience de l'amitié avec quiconque. De Gaulle devait
sans doute lui jalouser sa brillance intellectuelle : sorti major
de St Cyr, il fut par la suite tellement remarqué à l'Ecole de
guerre qu'on lui proposa d'y rester pour y enseigner dès sa sortie.
Par la suite, il se distingua dans les combats en Tunisie puis
surtout en Italie. De Gaulle craignit alors que son collègue ne lui
fasse de l'ombre. Il lui retira le commandement de la 1ere armée au
moment du débarquement de Provence au profit d'un de Lattre
pourtant nettement moins "gaulliste". Aspect de la mesquinerie du
triste sire de Colombey, les mots sardoniques destinée à Juin qui
lui avait demandé une photo dédicacée : " Au général Juin, qui sut
saisir la victoire au moment où elle se présentait."</p>
<p>L'un avait échoué lamentablement en 10 jours de guerre en juin
40 (Montcornet et Abbeville), l'autre à Cassino et au pont de
Carigliano, remporta parmi les plus belles victoires de l'histoire
militaire française.</p>
<p> </p>
]]></description>			<link>http://mauvaisegraine.rmc.fr/464282/Mar-chal-Juin-d-fense-du-peuple-fran-ais-d-Alg-rie/</link>			<comments>http://mauvaisegraine.rmc.fr/Marechal-Juin---defense-du-peuple-francais-det-039-Algerie-10092009-232344-lp-464282.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://mauvaisegraine.rmc.fr/464282/Mar-chal-Juin-d-fense-du-peuple-fran-ais-d-Alg-rie/</guid>			<pubDate>Thu, 10 Sep 2009 23:23:44 +0200</pubDate>		</item>	</channel></rss>