<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom">		<title>http://chantsongs.musique.com</title>		<id>http://musique.com/</id>		<link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://chantsongs.musique.com/atom.xml" />		<subtitle><![CDATA[Bernard te souhaite un bel été]]></subtitle>		<rights>Copyright (c) 2006, Hi-pi</rights>		<generator>Hi-pi ATOM generator</generator>		<author>			<name>Hi-pi</name>			<uri>http://chantsongs.musique.com</uri>		</author>		<updated>2009-06-25T15:27:59+02:00</updated>		<entry>			<title>... la visite continue</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p><strong>
pour ma tranquillité d'esprit,
ma santé mentale et mon bien-être</strong> <strong><span>

BLOG <span></span>GARANTI <span></span>SANS <span></span>OGM <span></span>NI <span></span>ÉTOILES
</span></strong><strong>pendant mon absence,
la visite continue ...
</strong><strong>pour le concours de musique à paroler
nous recevrons les textes du 15 août au 15 septembre
:</strong><strong>

pour ceux qui veulent recevoir le "ebook"
le mien ( Série Noire ) est paru
celui de Marino ( Les Vagues de mes Mots )
est enpréparation
pour avoir les renseignements :


je prépare un petit forum : " LesRecettes du Panier "
<strong>qui ouvrira ses
portes en août
la présentation se fera dans la rubrique " miam miam "</strong>
pourseptembre ou octobre, je prévois une nouvelle série, sur
le thème de la séparation : " Décollage immédiat"

et pour vous faire patienter,je vous mets la maquette d'une
chanson à la recherche d'interprètes

à pas très vite
Bernard</strong></p>

<p></p>
<p><strong><span>
DANS LA CITÉ AUX MILLE REGARDS

Je vis dans la cité
Aux mille regards

De tous ces yeux de braise
Qui s'époumonent

Je vis dans le secret
Des soirs blafards

Débordant des fadaises
Qui m'environnent

Il y a d'abord
Des regards qui me croisent
Me décroisent
Des regards qui m'enlacent
Me délacent
Des regards qui me poussent
M'éclaboussent
Des regards qui me cousent
Me ventousent

Je vis dans la cité
Aux mille regards

De tous ces yeux tendus
Sur les fenêtres

Je vis accompagnée
D'un peu d'espoir

Dans la jungle perdue
Qui me pénètre

Il y a aussi
Des regards qui m'entaillent
Me détaillent
Des regards qui m'emballent
Me déballent
Regards qui m'étincellent
M'ensorcellent
Des regards qui m'éveillent
M'ensoleillent

Je vis dans la cité
Aux mille regards
Et je suis transpercée
Par mille regards

Je vis dans la cité
Aux mille regards
Et je suis abordée
Par mille histoires

musique Jean-Marie DJIBEDJIAN
paroles Bernard PICHARDIE

chanson déposée à la SACEM

merci à Isabelle SIENA pour avoir posé sa voix sur la
maquette</span></strong></p>
				</div>			</content>			<id>http://chantsongs.musique.com/397373/la-visite-continue/</id>			<link href="http://chantsongs.musique.com/397373/la-visite-continue/" />			<author>				<name>chantsongs</name>				<uri>http://chantsongs.musique.com</uri>			</author>			<updated>2009-06-25T15:27:54+02:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>CLIMAT SOCIAL</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p>
voici venu le temps des vacances ... pour ceux qui peuvent se le
permettre
ce sont toujours les mêmes qui en ont plein les poches, profitant
de leurs appétits de rapaces pour aller aux Canaris
et toujours les mêmes quipassent leurs
congésune gare de triage à regarder passer les
trains ou devant les murs de l'usine désaffectée

j'ai la chance de ne pas faire partie de ces 2 catégories ...
j'ai commencé ma carrière à une époque où le chômage était aussi
épais qu'une brindille tombée d'un toit de chaume ...
... il y aura très certainement des pavés à ressortir des placards
si les injustices sociales continuent

je vous souhaite de bonnes vacances en vrai ou dans la tête
...
Bernard</p>
<p>
<strong><span>

un texte à la recherche d'une musique

CLIMAT SOCIAL

Le climat social</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Provoque un effet de serre</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Serre-moi la main</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Y a des patrons</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Qui jouent les bons</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Mais par derrière</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Mais dans le dos</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Ils nous enserrent</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Entre leurs crocs</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Le climat social</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Provoque un effet de serre</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Serre-moi la main</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Y a des patrons</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Qui sont marrons</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Et qui nous prennent</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Pour de gros glands</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Qui nous enchaînent</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Entre leurs gants</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Le climat social</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Provoque un effet de serre</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Serre-moi la main

</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Y a des patrons</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Qui sont poltrons</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Ils ont très peur</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Qu'on les assiège</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Ont des douleurs</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Sur bain de siège</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Mais grâce à la potion</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Du derrière H</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Ils tirent sans sommation</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Comme des lâches</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
( pont musical )</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Le climat social</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Provoque un effet de serre</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Serre-moi la main</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Y a des patrons</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Qui font les cons</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Sur leur échelle</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Dans leur frigo...</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
On se fait la belle</span></strong></p>
<p>
<strong><span>
Loin de leurs bureaux

Bernard PICHARDIE

texte déposé</span></strong></p>
				</div>			</content>			<id>http://chantsongs.musique.com/393892/CLIMAT-SOCIAL/</id>			<link href="http://chantsongs.musique.com/393892/CLIMAT-SOCIAL/" />			<author>				<name>chantsongs</name>				<uri>http://chantsongs.musique.com</uri>			</author>			<updated>2009-06-25T08:13:34+02:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>STATION APOCALYPSE</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p><span>
il y a quelques semaines, j'ai découvert un article où</span>
<strong><span>
ART-MÛR</span></strong> <span>
proposait d'écrire sur une musique :</span><span><strong>http://artmur.musicblog.fr/1065942/Etrange-histoire</strong>
</span><span>je
lui ai envoyé un texte mais celui-ci ne lui convenait pas pour sa
musique ( j'attends avec impatience de lire le texte choisi
)</span></p>
<p><span>
par contre, il était très intéressé pour mettre une musique sur mes
mots</span></p>
<p><span>
le résultat est à écouter sur l'article
suivant:</span><span>

<strong>http://artmur.musicblog.fr/1092531/STATION-APOCALYPSE</strong></span>

<span>
<strong>
merci beaucoup pour cette superbe
musique</strong></span></p>
<p>
<span>
STATION APOCALYPSE
</span><span>Voici
venir La fin du jour</span></p>
<p>
<span>
Sur des soupirs Des regards lourds</span></p>
<p>
<span>
Les voyageurs Sont immobiles</span></p>
<p>
<span>
Ils rêvent en choeur De l'inutile</span></p>
<p>
<span>
</span></p>
<p>
<span>
Dans un wagon Les yeux cernés</span></p>
<p>
<span>
Vers un frisson Se sont tournés</span></p>
<p>
<span>
Sur une banquette Poupée cassée</span></p>
<p>
<span>
Une fillette Se met à pleurer</span></p>
<p>
<span>

Une étrange histoire venue de nulle part</span></p>
<p>
<span>
Vient me percuter du fond de ma mémoire
</span></p>
<p>
<span>
Voici venir L'heure de la mort</span></p>
<p>
<span>
Tous les désirs Visitent les corps</span></p>
<p>
<span>
Les voyageurs Quittent leur stress</span></p>
<p>
<span>
Dans le bonheur D'ultimes caresses</span></p>
<p>
<span>
</span></p>
<p>
<span>
Dans un wagon C'est l'hystérie</span></p>
<p>
<span>
Dernier rebond De la survie</span></p>
<p>
<span>
Sur une banquette Ronronne un chat</span></p>
<p>
<span>
La rame est prête Pour l'au-delà</span></p>
<p>
<span>

Une étrange histoire venue de nulle part</span></p>
<p>
<span>
Vient me percuter du fond de ma mémoire
</span></p>
<p>
<span>
Voici venir La fin du jour
Sur des soupirs Des regards lourds</span></p>
<p>
<span>
Les voyageurs Sont immobiles</span></p>
<p>
<span>
Ils rêvent en choeur De l'inutile</span></p>
<p>
<span>
</span><span>Voici
venir L'heure de la mort</span></p>
<p>
<span>
Tous les désirs Visitent les corps</span></p>
<p>
<span>
Les voyageurs Quittent leur stress</span></p>
<p>
<span>
Dans le bonheur D'ultimes caresses</span><span>


Une étrange histoire venue de nulle part</span></p>
<p>
<span>
Vient me percuter du fond de ma mémoire

Dernier métro Apocalypse
Il fait trop chaud Après l'éclipse</span></p>
<p>
<span>
Tous les terriens Se jettent à terre</span></p>
<p>
<span>
Main dans la main chair contre chair</span></p>
<p>
<span>

Dans le sous-sol Des survivants
Pour un envol Vers le néant</span></p>
<p>
<span>
Un tourbillon Un maëlstrom
Un dernier bond Et tu les gommes

Une étrange histoire venue de nulle part</span></p>
<p>
<span>
Vient me percuter du fond de ma mémoire

musique<span></span></span>
<strong><span>
ART-MÛR</span></strong><span>


paroles<span></span> Bernard
PICHARDIE

chanson déclarée à la SACEM</span></p>
<p></p>
				</div>			</content>			<id>http://chantsongs.musique.com/396502/STATION-APOCALYPSE/</id>			<link href="http://chantsongs.musique.com/396502/STATION-APOCALYPSE/" />			<author>				<name>chantsongs</name>				<uri>http://chantsongs.musique.com</uri>			</author>			<updated>2009-06-24T08:30:31+02:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>suite à des commentaires ...</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p><strong>suite aux commentaires
mis sur mes nouvelles
et en particulier " La dernière tâche
"</strong><strong>http://chantsongs.musique.com/217620/LA-DERNIERE-TACHE</strong>

<strong>et " Un verre de trop
"</strong><strong>http://chantsongs.musique.com/393115/UN-VERRE-DE-TROP</strong></p>
<p><span>
merci pour vos commentaires

pour mes textes de chanson, c'est très souvent une vingtaine
de minutes ( puis quelques jours ... ou plusieurs mois pour
changer ces 2 ou 3 mots qui ne vont pas )

pour une nouvelle, c'est très différent
la plupart du temps, je n'arrive pas à déposer plus de 3 ou 4
lignes par jour ...
et j'y reviens sans cesse
quand je m'éloigne de chez moi pour me mettre au vers ( euh,
pardon, au vert! ), j'ai toujours mes
petits carnets
je reprends mes 5 ou 6 nouvelles inachevées, dont certaines sont en
jachère depuis quelques années, en zappant de l'une à
l'autre</span></p>
<p><span>
alors quand on me demande pourquoi je n'écris pas un roman
... je réponds que je n'en suis pas capable ... je
serai mort avant la fin! <span></span></span></p>
<p><span>

pour ma toute première, ce fut le développement d'une de mes
chansons «La petite annonce faite à
Marie-Thérèse» ... pour m'amuser, je
l'ai déposée au concours<span></span> des Ecrivains en Provence à
Fuveau
j'ai eu le premier prix et c'est à cette occasion que
j'ai rencontré des nouvellistes qui m'ont expliqué
comment on écrit une nouvelle!
petite anecdote ... j'ai eu un bon pour un voyage en
avion ... j'ai laissé passé la date ( je plane
tellement</span>
)</span></p>
<p><span>
</span></p>
<p><span>
j'ai eu aussi des réactions très positives suite à la lecture
de mon premier recueil que je ne propose à la vente qu'en le
donnant en mains propres ... c'est de
l'artisanat!
je continue à écrire des nouvelles au rythme d'une ou 2 par
an avec une certaine «» mais après
tout</span></p>
<p><span>
... il faut savoir souffrir pour qu'elles soient
belles!

Bernard</span></p>
				</div>			</content>			<id>http://chantsongs.musique.com/395208/suite-des-commentaires/</id>			<link href="http://chantsongs.musique.com/395208/suite-des-commentaires/" />			<author>				<name>chantsongs</name>				<uri>http://chantsongs.musique.com</uri>			</author>			<updated>2009-06-22T07:58:57+02:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>UN VERRE DE TROP</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p><strong>j'ai beaucoup écrit de textes suite à des
confidences
cette nouvellefait partie de ces textes
Christine A. est l'infirmière de ce récit
Félicie n'existe que dans mon imagination
le serveur du café est réel mais j'ai bien évidemment "brodé"
...

</strong></p>
<p>
<span>UN VERRE DE
TROP
</span></p>
<p><span></span></p>
<p><span>à Christine
A.</span></p>
<p><em><span><span>
Elle</span></span></em></p>
<p><span></span></p>
<p><span><span></span>
<span>Elle
rentre doucement, en tremblant légèrement.</span></span></p>
<p><span>
Des regards se déposent puis se détournent.</span></p>
<p><span>
Des gestes s'effacent.</span></p>
<p><span>
Un silence pesant remplit la salle.</span></p>
<p><span>
</span></p>
<p><span>
Une table vient juste de se libérer.</span></p>
<p><span>
Elle s'y approche, s'y accroche.</span></p>
<p><span>
Le garçon se précipite.</span></p>
<p><span>
«</span>Madame
... Vous désirez?</span></p>
<p><span>
- <span></span><span></span>Un chocolat chaud s'il vous
plait.</span></p>
<p><span>
-<span></span>
<span></span>De suite
...»</span></p>
<p><span>
</span></p>
<p><span>
Elle met ses béquilles à côté d'elle.</span></p>
<p><span></span></p>
<p>
<span>* * * * * *
*</span></p>
<p><span></span></p>
<p>
<em><span><span>Eux</span></span></em></p>
<p><span></span></p>
<p><span><span></span>
Petit à petit, les conversations reprennent.</span></p>
<p><span>La salle s'encombre à
nouveau de fadaises grivoises et de souvenirs grisâtres.</span></p>
<p><span>À la table 2, quatre vieux,
sombres et sans âge font et défont le monde ... Ce monde qui
se fout bien d'eux.</span></p>
<p><span>La grande majorité des tables
est envahie par de solides gaillards, la plupart sont des
chauffeurs routiers, la cinquantaine bedonnante et
couperosée.</span></p>
<p><span>La table de ce lieu est
renommée, certains ont fait un détour pour profiter du restaurant
où l'on peut manger pour pas cher des repas qui tiennent au
corps.</span></p>
<p><span>Les murmures de la table 5 sont
couverts par les rires obscènes et tonitruants de la 8.
La table 8! ... Des habitués qui sont à leur aise et
débordent largement par leurs commentaires au ras des pâquerettes.
Ils ont ces regards de connivence avec des envies de lancer des
propos blessants, mais face à la nouvelle cliente dont la vision
les transperce, ils n'osent pas aller plus loin comme ils le
font parfois dans d'autres occasions.
Aujourd'hui, ce n'est pas pareil ... Non ...
quelque chose de très différent qui les déconcerte.<span></span></span></p>
<p><span></span></p>
<p><span>Le gérant et le serveur du
«» mettent la pression en appuyant
frénétiquement sur les leviers chromés, étincelants et rigides. La
mousse s'échappe puis laisse la place à la boisson maltée
dont la couleur dorée se reflète sur le formica du comptoir,
balafré de lézardes laissant entrevoir le bois
stratifié.</span></p>
<p><span>Sur une étagère placée près de
la porte d'entrée, le ventilateur fait ce qu'il peut en
grinçant des pâles juste à côté d'un téléviseur vibrant
chaque fois qu'un poids lourd passe sur la
départementale.</span></p>
<p><span></span></p>
<p>
<span>* * * * * *
*</span></p>
<p><span></span></p>
<p>
<em><span><span>
Elle, 18 mois plus tôt</span></span></em></p>
<p><span>
</span></p>
<p><span>
<span></span>
Les regards de détresse et de cafard qui l'enlacent pendant
ses journées de service à l'hôpital lui laissent un goût
amer. Pour vaincre les relents de frissons des patients qui
déraillent et de ces vies qui se taillent dans la souffrance et le
désespoir, elle fredonne des ritournelles et se colle sous le front
des paillettes.</span></p>
<p><span>
Elle pense à ces pays à découvrir, ces régions où le soleil brille
et chauffe la peau, ces territoires où les bienfaits de l'eau
limpide des cascades calment le corps. Elle imagine une virée dans
la frénésie de rythmes endiablés, ponctués par les mélodies
tribales et tripales de chants indigènes. En secret, elle se crée
des échappées le long des boutiques dont les étals offrent aux
chalands des symphonies de couleurs, de senteurs. Elle
s'évade vers les auberges où les plats rayonnent de mille
douceurs épicées ...</span></p>
<p><span>
Elle pense aussi à sa prochaine mutation dans la région
d'Annecy, elle espère un travail plus intéressant dans un
service psychiatrique.</span></p>
<p><span>
Son portable sonne.</span></p>
<p><span>
</span></p>
<p><span>
... Elle sort de son rêve de voyages pour prendre sa trousse.
Encore une urgence. Un début de phlébite ... C'est la
campagne, le village se situe à un quart d'heure en voiture.
Cette route de Corrèze est dangereuse, bien souvent sillonnée de
véhicules et certains conducteurs la prennent pour une piste de
rallye.</span></p>
<p><span>
Une pluie fine commence à tomber, elle met ses essuie-glaces
le chuintement de leur frottement sur le pare-brise est brutalement
submergé par le bruit assourdissant du froissement de la
tôle.</span></p>
<p><span>
</span></p>
<p>
<span>* * * * * *
*</span></p>
<p><span></span></p>
<p>
<em><span><span>
Félicie</span></span></em></p>
<p><span>
</span></p>
<p><span>
<span></span>
La table 7 se trouve un peu à l'écart des autres, une seule
chaise, pour une dame d'un âge incertain.</span></p>
<p><span>
Depuis une quinzaine de mois, tous les jours à 12h 30 précises,
elle ouvre la porte et se dirige de son pas trottinant vers cette
place réservée où elle s'installe et y reste vissée
jusqu'à 13h 30.<span></span>
.<span></span> Une gentiane
en guise d'apéritif, puis le menu du jour accompagné
d'un verre de rouge et une tisane à la verveine pour terminer
... Elle prend son temps sans se soucier du remue-ménage
environnant, mâchouillant ses rancoeurs et ses
rancunes.<span></span>
.
À la fin du repas, elle lève les yeux de son assiette ...
Quelques aigreurs mijotent derrière son front où les souvenirs
s'effacent, s'espacent, s'enlacent,
s'entassent. La tasse se soulève, portée par ses doigts
arides et rencontre ses lèvres. Elle est déjà ailleurs
...
Le patron et tous ceux qui viennent régulièrement ne connaissent
rien d'elle, elle est discrète et ne s'est jamais
livrée, pas de confidence, pas un seul mot sur son vécu
...
Ne sachant même pas son nom ni son prénom, ils la surnomment
«», peut-être parce qu'elle fait penser à
la maman de San-Antonio, le célèbre commissaire de Frédéric
Dard.</span></p>
<p><span></span></p>
<p>
<span>* * * * * *
*</span></p>
<p><span></span></p>
<p>
<em><span><span>
Elle, 18 mois plus tôt, une heure plus tard</span></span></em></p>
<p><span>
</span></p>
<p><span>
<span></span>
Le bruit assourdissant du froissement de la tôle commence à
s'estomper. Elle s'est réfugiée dans le coma, mais avec
la volonté farouche de survivre. Après l'arrivée des secours,
le transport à l'hôpital des conducteurs et passagers des 3
voitures et du camion, les premiers soins intensifs, elle va et
vient entre deux zones, entre la vie et la mort. Elle ne sait pas
qu'elle est la seule encore en vie, les occupants des deux
autres véhicules percutés sont décédés sur le coup. Le chauffeur du
poids lourd n'a physiquement, rien de grave, mais très
choqué, il est mis en observation. La prise de sang révèle un taux
d'alcoolémie très important</span></p>
<p><span>
<span></span></span></p>
<p><span>
Le silence de la pièce est strié par les sonorités feutrées de la
machinerie médicale.</span></p>
<p><span>
Elle pense à son mari toujours absent, à ses deux enfants qui
grandissent trop vite. Elle pense, mais est-ce bien elle? Son
moi est en apnée, son second moi la seconde et les secondes
s'écoulent sans qu'elle puisse refaire surface.
L'enfouissement est une protection, le complément salutaire
d'une thérapie. Elle veut sortir de son état végétatif mais
elle ne sait pas encore que ce sera très long. Elle restera
allongée près d'un an, ensuite, un fauteuil roulant pendant
quelques mois et puis les béquilles le temps qu'il faudra
pour se réadapter ... un parcours du combattant, mais
c'est une battante, elle voudra gagner, vaincre et récupérer
ce que la vie lui a pris... Elle y arrivera.</span></p>
<p><span><span></span></span></p>
<p>
<span>* * * * * *
*</span></p>
<p><span></span></p>
<p><em><span><span>Eux</span></span></em></p>
<p><span></span></p>
<p><span><span></span>
À partir de 13h, la chorégraphie bistrotière des départs se met en
place.
Voici que la table 4 se lève, dépose au comptoir leurs tickets
restaurant et les dernières grossièretés en guise de
pourboireset sortent en rotant les ultimes niaiseries
qu'ils arborent comme décorations. Les places vacantes sont
aussitôt débarrassées pour permettre aux suivants de
s'installer.</span></p>
<p><span>Après les travailleurs,
c'est le tour des clients de passage, vacanciers,
représentants de commerce sillonnant la région. L'ambiance se
calme légèrement, les agitations spasmodiques et tumultueuses des
vétérans de la grande circulation font place aux mastications
empressées mais sans accompagnement d'outrances
verbales.</span></p>
<p><span></span></p>
<p>
<span>* * * * * *
*</span></p>
<p><span></span></p>
<p>
<em><span><span>
Elle, un jour plus tôt</span></span></em></p>
<p><span>
</span></p>
<p><span>
<span></span>
Ses béquilles, elle doit encore s'en servir sur les conseils
du spécialiste car elle est toujours en équilibre instable. La
conduite de la voiture ne lui pose aucun problème physique mais
elle a beaucoup d'appréhension chaque fois qu'elle doit
se déplacer.</span></p>
<p><span>
Une obsession est ancrée au plus profond de son être. Après avoir
effectué des recherches avec l'aide de son avocat et en
attendant le procès, elle a pris une décision qui devrait lui
permettre de consolider son équilibre mental. Elle veut rencontrer
une personne bien précise, mais elle n'a pas voulu en parler
à ses docteurs ni à son psy de peur qu'ils ne
l'influencent pour ne pas réaliser cette volonté
farouche.</span></p>
<p><span></span></p>
<p>
<span>* * * * * *
*</span></p>
<p><span></span></p>
<p>
<em><span><span>
Félicie</span></span></em></p>
<p><span>
</span></p>
<p><span>
<span></span> <span></span>Elle
prend son porte-monnaie.</span></p>
<p><span>
Sans un signe de sa part, la note est déposée devant elle à
13h20.</span></p>
<p><span>
Le rituel se perpétue depuis de nombreux mois.</span></p>
<p><span>
Elle ne répond jamais au sourire du serveur.</span></p>
<p><span>
</span></p>
<p><span>
Elle dépose dans une boîte hermétique la part de tarte,
elle<span></span> récupère les
restes de son pain et les met dans la serviette en papier, la plie
soigneusement et range le tout dans son sac à main.</span></p>
<p><span>
C'est le départ, elle se lève et se dirige vers la porte,
emportant ses parts de mystère.</span></p>
<p><span></span></p>
<p>
<span>* * * * * *
*</span></p>
<p><span></span></p>
<p><em><span><span>
Elle</span></span></em></p>
<p><span>
</span></p>
<p><span>
<span></span><span></span>
Son regard se fixe intensément sur le serveur qui virevolte entre
les tables dans un manège incessant et dont la légèreté détonne
avec la lourdeur de l'ambiance des appétits carnassiers et
féroces. Elle fait signe et demande à parler au
responsable.
</span></p>
<p><span>
«</span> Madame
...</span></p>
<p><span>
- <span></span>Je
vais vous dire pourquoi je suis venue.»</span></p>
<p><span>
Et la voici qui se lance dans tout le descriptif de son accident
avec le chauffard qui sortait de l'établissement un peu avant
sa «» avec son véhicule. Elle raconte ses
conditions physiques végétatives, allongée pendant un an, puis sa
très lente remontée, sa rééducation et la volonté farouche de venir
dans le restaurant où avait été servi le «dernier
verre».</span></p>
<p><span>
<span></span><span></span><span></span></span></p>
<p><span>
«</span>
Madame, je ...</span></p>
<p><span>
- <span></span><span></span>Non, ne dites rien, il est trop
tard pour des regrets... Le mal est fait il ne peut y
avoir retour vers le passé pour éliminer les erreurs commises.
<span></span>.

Je suis venue la peur au ventre, toutes mes souffrances ont
ressurgi mais je crois qu'il le fallait. Je voulais
absolument voir l'endroit où le chauffeur qui m'a
percuté sur cette route avait pris le dernier verre. Il est
responsable, mais vous aussi, même si vous n'étiez que pour
peu de chose, le temps de servir ce putain de dernier verre
... Vous êtes malgré tout la cause première de mon
handicap.</span></p>
<p><span>
J'espère que vous prenez conscience de ce que vous avez fait
en servant trop d'alcool à ce client
...
<span></span>
.
J'observe depuis que je suis arrivée tous ces gens qui ont
leur camion sur votre parking et je vois tout ce qu'ils
boivent avant de reprendre la route. C'est scandaleux et
inadmissible.» ...
</span></p>
<p><span>
Elle s'arrête brusquement, se rendant compte que le
«» qu'elle vient de lancer à la face de son
interlocuteur a peu de chance d'être écouté, et puis ...
C'est une personne sur des dizaines de milliers en France.
Elle éprouve malgré tout un grand soulagement...</span></p>
<p><span>
Un silence pesant s'installe entre eux deux.</span></p>
<p><span>
<span></span></span></p>
<p><span>
«</span> Combien
je vous dois?<span></span></span></p>
<p><span>
- <span></span><span></span><span></span>C'est pour
moi...</span></p>
<p><span>
-<span></span> <span></span><span></span>Non, je tiens à
payer.<span></span> Je ne veux
rien vous devoir ... Rien de
plus»</span></p>
<p><span>
Elle pose la monnaie, se lève péniblement en récupérant ses
béquilles, sort sans se retourner et retrouve sa voiture sur le
parking désencombré de ses poids lourds.<span></span></span></p>
<p><span></span></p>
<p>
<span>* * * * * *
*</span></p>
<p><span></span></p>
<p>
<em><span><span>
Félicie</span></span></em></p>
<p><span>
</span></p>
<p><span>
<span></span> <span></span>Sur
le banc du square, elle s'évade à nouveau en distribuant les
miettes de pain aux pigeons. Elle n'entend pas la marmaille
sonore s'élançant dans le jardin d'enfants qui jouxte
le territoire des volatiles. Elle pense à son fils, elle n'a
que lui dans la tête depuis un an et demi. Lui, qu'elle
n'a pas revu, quelle ne veut plus revoir depuis qu'il a
eu son accident sur la départementale qui longe la commune. Elle ne
lui pardonnera jamais d'avoir brisé des vies à cause
d'un taux d'alcoolémie de 2,26 mg/l.</span></p>
<p><span>
Elle se rappelle très bien la date ... c'était le jour
où elle devait recevoir des soins pour une phlébite peu de temps
après son emménagement dans le village. L'infirmière prévue
n'est jamais venue. Sa remplaçante lui avait expliquée
qu'elle avait eu des problèmes familiaux ...</span></p>
<p><span>
</span></p>
<p><span>
... Depuis, aucune personne de la commune n'a découvert
ni compris les larmes intérieures de la vieille
dame.</span><span></span></p>
<p><span></span></p>
<p><span>
Bernard Pichardie
Marseille, août 2008

<span>
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