<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0">	<channel>		<title>[blog.toutlecine.com] zug : <![CDATA[Tous genres confondus]]></title>		<link>http://zug.blog.toutlecine.com</link>		<description><![CDATA[Tous genres confondus]]></description>		<language>fr</language>		<copyright>Copyright (c) 2006, Hi-pi</copyright>		<generator>Hi-pi RSS 2.0 generator</generator>		<docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>		<pubDate>Tue, 11 Nov 2008 15:47:42 +0200</pubDate>		<item>			<title><![CDATA[ENfin du nouveau en matière de presse ciné : VERSUS débarque en kiosques le 15 novembre]]></title>			<description><![CDATA[<p>

 </p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">

 </p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Une nouvelle
revue ciné débarque en kiosques le 15 novembre. Elle se nomme
<strong><em>VERSUS</em></strong> et possède la qualité pour
s'imposer comme prioritaire parmi vos lectures
trimestrielles !</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<strong><em>VERSUS</em></strong> débarque donc dans tous les bons
points de vente après 6 ans d'existence et 13 numéros
diffusés dans un circuit très restreint, budget limité (fonds
propres) oblige. Acquérant au fil de son existence précaire (le
titre failli disparaître au bout de 2 ans et 4 numéros) une
reconnaissance certes limitée mais sincère des milieux
professionnel, universitaire et cinéphile. Un ton singulier hérité
de la grande période de <strong><em>Mad Movies</em></strong> (soit
avant l'éviction de Rafik Djoumi en 2003) et de
<strong><em>Starfix</em></strong> première mouture (les Gans,
Boukhrief, Headline, Lemaire...) et une (re)lecture qui mixe
avec jubilation cinéma et société, esthétique et politique,
critique d'art et appréciation sincère du divertissement</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<strong>VERSUS</strong> est un contrepoint de vue salutaire sur le
cinéma à l'heure où la plupart des magazines se contentent
d'une critique au mieux superficielle au pire complaisante,
de couvertures sanglantes et laides ou remplis de photos glamour de
vos staaarrrrs préférées.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">La force de
<strong>VERSUS</strong> : des critiques, analyses, dossiers,
rétrospectives, etc très bien argumentés même si tout ne fera pas
l'unanimité.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Outre la version
papier, la revue possède un site (<a href=
"http://www.versusmag.fr/">http://www.versusmag.fr</a>) qui est un
parfait complément puisque l'on y trouve, entre autres, des
critiques inédites, une tribune libre et surtout une rubrique vouée
à devenir culte, les «films honteux» où les rédacteurs défendent
âprement mais avec humour et arguments des films mal aimés ou
considérés comme des navets (<strong>Jason X</strong>,
<strong>Commando</strong>, <strong>Running Man</strong>,
<strong>Beethoven</strong>...).</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">En 13 numéros,
Carpenter, McTiernan, De Palma, Raimi, Gaspard Noé, Eastwood,
Cronenberg, Fincher, Spielberg, Paul W. Anderson, Lumet, Cimino,
Dupontel, Frank Miller, Bill Plympton, etc... tous sont passés
au crible.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Et ça continue
avec le 14ème numéro :</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
Au sommaire :</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">« Les films de
Présidents » : l'image du président des Etats-Unis et la
représentation de la nation U.S. dans le cinéma hollywoodien, de
<strong><span>Naissance d'une nation</span></strong> de D.W.
Griffith à <strong><span>W.</span></strong> d'Oliver Stone,
en passant par <strong><span>Young M. Lincoln</span></strong>,
<strong><span>Nixon</span></strong> et <strong><span>Président
d'un jour</span></strong>.
Un dossier complet avec le thème des complots présidentiels,
l'appareil d'État, l'assassinat des
Présidents....

<strong><span style="text-decoration: underline;">Mais aussi
:</span></strong>
- le nouvel esprit Bond : <strong><span>Quantum of
Solace</span></strong> et toutes les bandes originales de la
saga.
- l'école au cinéma, du regard sociologique et pédagogique de
<strong><span>Entre les murs</span></strong> à l'action pure
des <strong><span>Substitute</span></strong>.
- la rétrospective du Festival du Cinéma Americain de Deauville
2008.
- une analyse carrière James Gray.
- un parallèle analytique entre
<strong><span>Mirrors</span></strong> et <strong><span>The
Broken</span></strong>.
- une rétrospective sur <strong><span>Dossier
Secret</span></strong> <em>(</em><strong><span>M.
Arkadin</span></strong><em>)</em> d'Orson Welles.
- l'actualité DVD de novembre / décembre.
- un portrait de Samuel L. Jackson.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<em><strong>VERSUS N°14</strong></em> : trimestriel, 60 pages,
4 euros et en vente partout dès le 15 novembre. Si votre libraire
ne l'a pas, réclamez le ! Ultime surprise à découvrir en
kiosques, chaque numéro bénéficie de superbes couvertures au recto
et au verso !</p>
!]]></description>			<link>http://zug.blog.toutlecine.com/6703/ENfin-du-nouveau-en-matiere-de-presse-cine-VERSUS-debarque-en-kiosques-le-15-novembre/</link>			<comments>http://zug.blog.toutlecine.com/ENfin-du-nouveau-en-matiere-de-presse-cine---VERSUS-debarque-en-kiosques-le-15-novembre-11112008-154742-lp-6703.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://zug.blog.toutlecine.com/6703/ENfin-du-nouveau-en-matiere-de-presse-cine-VERSUS-debarque-en-kiosques-le-15-novembre/</guid>			<pubDate>Tue, 11 Nov 2008 15:47:42 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Parlez moi de la pluie : à défaut d'autre chose....]]></title>			<description><![CDATA[<p>  
<p class="MsoNormal">On a un peu tendance à l'oublier mais avant d'être de farouches revendicateurs et militants lors des cérémonies des césar (avant, après, on sait pas trop), Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri sont des artistes. Qui s'expriment autant au théâtre qu'au cinéma. Les voilà de retour après leur dernière collaboration, <strong>Comme une image</strong>, avec <strong>Parlez moi de la pluie</strong> au sujet prometteur. Agathe Villanova, féministe nouvellement engagée en politique, revient pour dix jours dans la maison de son enfance, dans le sud de la France, aider sa soeur Florence à ranger les affaires de leur mère, décédée il y a un an. Agathe n'aime pas cette région, elle en est partie dès qu'elle a pu. Mais les impératifs de la parité l'ont parachutée ici à l'occasion des prochaines échéances électorales. Karim, et son ami Michel Ronsard entreprennent de tourner un documentaire sur Agathe Villanova, dans le cadre d'une collection sur "les femmes qui ont réussi".</p>
<p class="MsoNormal">Seulement voilà, alors que l'on attendait un film qui parviendrait à synthétiser leur vision artistique et politique, on se retrouve avec une &oelig;uvre qui ne fait que l'effleurer. Si nous sommes loin du compte, il n'en demeure pas moins que dans ses ambition revues à la baisse, le film du couple à la vie comme à l'écran est une réussite.</p>
<p class="MsoNormal"> </p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Comme chaque film scénarisé et/ou réalisé par le couple Jaoui/Bacri, <strong>Parlez moi de la pluie</strong> est extrêmement bien écrit, les dialogues merveilleusement interprétés et les acteurs au diapason les uns des autres. Même si le film s'attache plus particulièrement au parcours de trois personnages principaux Jaoui/Bacri/Jamel, tous ont leur importance et contribuent à l'ambiance mélancolique du film.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Comme toujours Jaoui s'attache au caractère intimiste de son histoire ce qui se traduit comme d'habitude par des cadres resserrés (étriqués ?) sur les personnages. Les rares échappées à l'air libre (la montée sur les hauteurs de l'arrière pays) se soldant par des échecs (panne de batterie, moutons parasitant la prise de son).<span>  </span>Des personnages avant tout attachés et soumis aux contingences professionnelles et techniques (un documentaire sur Agathe Villanova, femme politique) et qui en oublient d'apprécier le reste.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Les quelques moments hors les murs ne peuvent cependant nous faire oublier que nous sommes en présence de théâtre filmé. Une succession de saynètes et de petits plans séquences soulignant le manque d'ampleur qui semble être le seul horizon formel d'Agnès Jaoui et de beaucoup trop d'&oelig;uvres françaises. Et ce n'est pas le genre du film choral qui le requiert. Il n'a qu' à voir la virtuosité de la mise en scène de Paul T. Anderson avec <strong>Magnolia</strong> pour s'en convaincre. Cela peut paraître comme du pinaillage &ndash; le film fonctionnant très bien ainsi &ndash; mais c'est avant tout le symptôme d'un cinéma français incapable de transcender son sujet par sa seule mise en scène.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Malgré tout, le plaisir reste entier dans cette comédie loin d'être légère, Jaoui prenant le risque de n'offrir aucune résolution définitive à ses personnages, comme dans la vie en général. Elle ose même laisser en plan le personnage de Florence, s&oelig;ur de la politicienne, dont le refus de reprendre sa vie en main s'avère rédhibitoire. Incapable de quitter son mari, elle perdra son amant, qu'elle dit aimer pourtant, et finira sous la pluie dans les bras de la gouvernante d'origine algérienne, Mimouna. Une presque dernière image particulièrement forte puisqu'en retournant près de son mari, c'est Florence qui apparaît la plus soumise quand, dans le même temps, Mimouna aura eu le courage de demander le divorce.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Cependant, le personnage de Mimouna sera pour le moins délaissé, du moins à peine exploité. Un traitement qui marque les limites du cinéma du duo Jaoui/Bacri. De fait, Jaoui oublie quelque peu cette immigrante algérienne débarquée au moment de l'indépendance à l'âge de14 ans dans les bagages de la bourgeoise famille Villanova et depuis lors à son service. La réalisatrice jouant de l'omission pour illustrer une intégration de façade. Si elle est bien traitée par les deux s&oelig;urs, il n'en demeure pas moins qu'elle vit recluse dans une bicoque mitoyenne, parmi eux mais à l'écart. Mais on ne fera que le deviner, puisque aucune image ne nous montrera cette localisation spatiale. A l'instar de son personnage, son histoire demeurera à l'arrière plan, ne servant qu'à donner une contenance, une certaine épaisseur aux autres protagonistes gravitant autour d'elle.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Mais ce qui aurait pu passer ailleurs devient ici problématique puisque n'oublions pas que le personnage central est Agathe Villanova, une militante féministe désormais politicienne. Une dimension politique bien trop vite évacuée que ce soit dans le récit, les dialogues ou les images. Une séquence est d'ailleurs emblématique de ce renoncement, de cette tentative avortée de lier la fonction à l'action. Elle intervient lors du visionnage par Michel et Agathe du premier montage des rushes par Karim. En fait, Michel tombe par hasard (il a perdu une fois de plus ses lunettes) sur un montage parallèle de son ami où des images de vidéo super 8 sont montées en parallèle avec des images tournées par les deux équipiers et montrant Agathe toujours aussi directive et dominatrice. Le montage devient même hilarant puisque parasité par des images d'une obscure série B où une femme en cuir fait claquer son fouet. Mais le montage ne se résume pas seulement à révéler la nature profonde de Agathe, il acquiert une dimension revendicatrice lorsqu'à ces images succèdent celles de sa mère, au début de son arrivée en France et maintenant, toujours au service de la famille à des générations d'écart, montage parallèle parasité lui par des images d'archives de la vie en Algérie pendant la guerre. Une séquence coup de poing qui malheureusement au lieu de refonder le récit sera à peine évoqué plus tard au détour d'un échange entre Karim et Agathe. Pire, il ne sera fait référence qu'aux images ayant trait à Agathe.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">S'il ne parle pas de politique, alors quel est le véritable sujet du film ?<strong> Parlez moi de la pluie</strong>, est un film égocentré sur les souffrances, les fêlures psychiques de ses 3 personnages principaux. Agathe/Michel/Karim bénéficiant chacun à leur tour d'une séquence les voyant s'éloigner seul du lieu d'action, montrant la place centrale qu'ils occuperont dans le récit en même temps que leur isolement. Pratiquement la seule idée de mise en scène de tout le film. Mais plus que l'humiliation ordinaire dont serait victime nos protagonistes, et dont le dossier de presse se repend, c'est bien de l'absence de sollicitude dont il est ici question. Un mot qui échappe littéralement à Agathe pour les besoins de mots-croisés.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Parlez moi de la pluie est un film touchant, très drôle, au plus près de ses personnages dont on devine le passé traumatisant sans que celui-ci ne s'impose outrageusement.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Agnès Jaoui reste donc dans un registre connu et qu'elle maîtrise parfaitement, rien à redire. Mais quel dommage que ses velléités d'ouvrir et de donner une profondeur à son intrigue se soient contentées d'illustrer ce que sont bien souvent les discours politiques, de simples effets d'annonce.</p>
</p>]]></description>			<link>http://zug.blog.toutlecine.com/5623/Parlez-moi-de-la-pluie-a-defaut-d-autre-chose/</link>			<comments>http://zug.blog.toutlecine.com/Parlez-moi-de-la-pluie---a-defaut-det-039-autre-chose-----28092008-212717-lp-5623.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://zug.blog.toutlecine.com/5623/Parlez-moi-de-la-pluie-a-defaut-d-autre-chose/</guid>			<pubDate>Sun, 28 Sep 2008 21:27:17 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[REC : Rendez-vous avec la peur]]></title>			<description><![CDATA[<p>
  </p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Expérience
viscérale et ludique, <strong>REC</strong> n'est
pourtant pas comme annoncé parfois le film d'horreur
ultime. Un sentiment de déception plane même tant
l'attente, générée par un marketing
viral ultra efficace, aura été énorme. Ceci
dit, pas question d'amoindrir l'impact
émotionnel de ce chef d'&oelig;uvre incontestable qui
crée différents niveaux de peur par sa seule mise en
scène. Un postulat qui ne semble pas évident vu le
traitement formel de l'image voulant donner
l'impression d'un reportage non
maîtrisé.</p>
<p class="MsoNormal"> </p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Tandis que le
cinoche de genre bien de chez nous tarde à se renouveler
et/ou accoucher d'&oelig;uvres incontournables (en attendant
<strong>Martyrs</strong> peut être ?), le cinéma
espagnol n'en finit plus de se poser comme le bastion le plus
créatif, iconoclaste et surtout transgressif.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">A l'inverse
d'un ciné <em>made in Britain</em> plus porté
sur une hybridation horreur/humour parfaitement recommandable et
maîtrisée (<strong>Isolation</strong>, <strong>Evil
Aliens</strong> mais surtout <strong>Severance</strong> et
<strong>Shaun of the dead</strong>) seuls <strong>The
Descent</strong> et <strong>Creep</strong> se rapprochent du
traitement jusqu'au boutiste et sans concession
opéré par Amenabar, Plaza et Jaume Balaguero. Ces
deux derniers s'associant pour tourner ce qui reste à
ce jour la plus terrifiante et palpable expérience de la
peur sur grand écran. Nul doute que la vision de ce petit
bijou de l'horreur verra ses effets amoindris lors
d'une vision dans son salon douillet. Encore que la
technologie du home-cinéma associée à celle de
la HD offrent de sacrées possibilités. Mais pour une
vision plus analytique de l'&oelig;uvre, votre
télé est plus que recommandée tant voir
<strong>REC</strong> au cinéma n'incite pas à
la réflexion. On se prend le film en pleine figure, une
immersion totale qui s'apparente à un
« ride » sur des montagnes russes. Oui, comme
la promo accompagnant sa sortie l'aura clamée, vous
aurez peur. Très peur même suivant votre degré
d'accoutumance au genre.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Les sensations
étant d'autant plus décuplées
qu'elles sont partagées avec les spectateurs
avoisinants. Une contamination abstraite rendue possible par la
promiscuité d'une salle obscure, lieu de recueillement
collectif par excellence.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
 <strong>
Fausse bande réaliste mais vraie mise en
scène</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">De contamination,
il en est question dans la réalité
diégétique, puisqu'un immeuble du centre-ville
barcelonais va devenir le théâtre d'un drame
horrifique à cause d'un virus infectant peu à
peu toutes les personnes y résidant. Un lieu très
vite isolé et confiné par les autorités
sanitaires et la police afin, sinon d'éradiquer le
virus du moins empêcher sa propagation. Cette mise en
quarantaine étant filmée par une journaliste
télé et son caméraman venus au départ
faire un reportage sur les conditions de travail nocturne
d'une caserne de pompiers. Et voilà tout ce petit
monde piégé à l'intérieur.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Les
premières décisions consistent donc à tenter
de sortir par une fenêtre ou une porte dérobée.
Des actions contrariées par la détermination des
forces de l'ordre au visage indéfini. Nous n'en
verrons que des ombres, des casques sombres ou des figures rendues
floues par les bâches recouvrant chaque sortie. Soit tout
l'arsenal pour donner à cette menace
désincarnée un caractère fantasmatique.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Du registre du
reportage live où il faut combler les séquences
d'inaction (aperçu du standard, des couloirs menant au
dortoir, du réfectoire) on passe dès lors dans le
registre du film de siège. Sauf que désormais,
l'enjeu n'est plus d'empêcher l'Autre
d'entrer mais bien de sortir. Rapidement, les prisonniers
vont donc être confrontés à l'origine de
l'appel des pompiers, soit une vieillarde vivant recluse dans
son appartement. Et ce que l'on prenait pour de la crasse
maculant sa chemise de nuit se révèle être en
fait du sang séché. Mais pas le sien. La zombie se
jetant bientôt sur la première personne venue lui
porter assistance.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Toute
l'intelligence du duo Balaguero/Plaza est là. Avoir
donner un visage à la menace interne quand les forces de
police basées à l'extérieur se bornent
à des formes, des voix ou des sons (pales
d'hélicoptères, mégaphone) renforce la
sensation d'enfermement. De plus, en délimitant la
zone à risque par des bâches opaques, les
réalisateurs figurent l'espace sécurisant par
excellence : la salle de cinéma. En quelques
séquences, ils énoncent clairement que les survivants
ne pourront rien attendre des spectateurs du drame à venir,
qu'ils soient derrière la bâche ou/donc devant
l'écran.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Nous renvoyant
ainsi à notre condition de simple spectateur. Un peu
à la manière de ce qu'expérimente Kojima
avec sa série vidéo-ludique des Metal Gear Solid. Et
ce n'est pas le seul point commun que le film entretient avec
les jeux vidéos, nous y reviendrons.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Et lorsque un
« spectateur », ici un scientifique,
pénètre dans la fiction, c'est pour finir deux
bobines plus tard transformé en zombie ! Le
procédé de personnification est à cet
égard remarquable puisque le scientifique n'est au
départ représenté que par sa combinaison
sanitaire et son masque. Son arrivée
théâtralisée au maximum (un pan du
« rideau » se lève, plans de ses
pieds, de la mallette qu'il tient...) renforce donc la
tension déjà présente. L'espoir
renaît en même temps que son visage se découvre,
soit au moment de son incarnation véritable. Ou comment
susciter deux émotions contradictoires en une courte
séquence.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Maintenant que
les zones sont délimitées, l'action se
focalisera dorénavant sur les protagonistes aux prises avec
des zombies. Après avoir joué la distanciation, le
film nous immerge complètement dans la fiction. Passé
le premier choc du confinement, place au deuxième choc,
celui de la confrontation. Mais avant que tout ne s'emballe,
les réalisateurs prennent le temps de faire monter la
pression au travers des interrogations suscitées par les
premiers évènements. Un climat
délétère qui engendrera suspicion ainsi que la
mise au jour de relents xénophobes. Avant l'Autre,
l'ennemi c'est d'abord soi-même.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<strong>The barcelona fear project</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Le but
avoué des deux compadre est de foutre une pétoche de
tous les diables avec peu de moyen. Et pour y parvenir, rien de
mieux qu'une caméra de télévision
embarquée, une vision subjective et des acteurs
« amateurs » à la limite de
l'improvisation en roue libre. En somme, inscrire le film
dans une hyper-réalité rendue tangible par ce
procédé de docu-fiction, avec le <strong>Projet Blair
witch</strong> dans le rétroviseur. Mais si ce dernier
créa son petit effet en 1999, et bien que
bénéficiant d'une réelle mise en
scène malgré ce que peuvent penser ses
détracteurs, le film qui lança le genre est bien
évidemment l'immense <strong>Cannibal
Holocaust</strong> (1978) de Ruggero Deodato. Au-delà de
scènes gores devenues cultes (la femme empalée) ou
choquantes (les réelles tueries d'animaux), ce film
est le premier à questionner la place du spectateur face
à des images censées être réelles (le
film est l'histoire du montage des rushes d'un
reportage retrouvés dans la jungle). Comment les
appréhender, interroger leur nécessité (les
censurer ou pas). Un véritable travail de
démystification d'images apparemment authentiques par
le biais d'un film de pure fiction. Une analyse qui
n'est possible qu'avec du recul, car aussi bien
<strong>Cannibal Holocaust</strong> que <strong>REC</strong>
parviennent à oblitérer toute réflexion par
leur pouvoir immersif. Autrement dit, ces films stimulent avant
tout notre cerveau reptilien, un retour à des
émotions primitives.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Outre les effets
de réel imprimés au film &ndash; images
saccadées, prises de son aléatoires, absence de
musique &ndash; <strong>REC</strong> parvient à constamment
justifier ses partis pris esthétiques. Si la journaliste
intime au caméraman de continuer à filmer
malgré tout, c'est pour laisser une preuve de leur
rétention par les autorités et pour témoigner
du drame qui se déroule. L'inverse du grandiose et
pourtant mésestimé <strong>Cloverfield</strong>
à qui l'on reproche, entre autres, de constamment
capter des images sans que rien ne justifie de le faire. Un film
pourtant aussi expérimental et maîtrisé que
<strong>REC</strong>. Fin de la parenthèse.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Et afin de
renforcer le sentiment d'urgence et la désorientation
Balaguero et Plaza utilisent toutes les possibilités
techniques offertes pour soumettre la narration. Plans
séquences à la caméra portée, ellipses
causées par l'interruption du tournage, utilisation du
projecteur intégré, de la vision infrarouge ou encore
le travail sur la bande-son avec défaillance du micro, tout
est fait pour nous empêcher de sortir de ce cauchemar
éveillé. Divers registres d'images qui, tout en
permettant de se réapproprier les images type
<em>Dailymotion</em> ou <em>You Tube</em> ayant
proliférées dans l'ombre du cinéma,
accentuent les effets de cette
« réalité » presque
palpable.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<strong>Retour motel</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Et question
impression de réalité, le rembobinage effectué
en plein milieu de la fiction afin de revoir la mort de la vieille
zombie se pose là. Une scène aussi brillante que
malheureusement non exploitée par la suite mais qui
s'avère intéressante à plus d'un
titre.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">D'une
logique implacable - la présentatrice veut être
sûre que la scène est bien « en
boîte » - cette séquence est parfaitement
représentative de l'importance accordée
à l'image dans nos sociétés
contemporaines. L'évènement, la
« mort » de la zombie, ne pourra être
considéré comme réel ou ayant effectivement eu
lieu qu'à partir du moment où l'on (la
journaliste) pourra re-voir jouer la scène. Là
où <strong>REC</strong> impose cette réflexion par la
puissance de ses images, le <strong>Diary of the dead</strong> de
Romero se contente de l'exprimer par la voix de ses
personnages.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">D'autre
part, cette seule scène relève d'une
intéressante mise en abyme du cinéma lui-même
(plus généralement de la fiction), seul
habilité à faire se re-lever les morts.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Enfin, ce
<em>rewind</em> a un énorme impact émotionnel puisque
l'ellipse, ou plus prosaïquement le trou, ainsi
créée dans la matière filmique même,
augmente de manière incroyable le degré de tension.
Que se passe t'-il le temps que les deux personnages revoient
la scène ? A quoi s'attendre une fois que le
temps de la fiction aura repris son cours ? Et même si
au final la situation reste en l'état, cette seule
séquence aura entérinée et validée la
maîtrise formelle et narrative des deux amigos.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<strong>Tout montrer, c'est moins voir</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">La béance
créée par ce rembobinage réaffirme de
manière plutôt explicite l'importance du
hors-champ pour susciter la peur. Chose que de trop nombreux films
ont oublié, préférant la monstration à
la suggestion, enrichissant, parfois jusqu'à la
nausée, la narration de plans toujours plus nombreux. Les
<em>jump-cuts</em> et autres montages épileptiques
obéissant à la simpl(iste)e motivation de tout
montrer. Un trop plein qui parasite l'émergence de la
moindre émotion ou réflexion.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">On l'a vu
dès l'entrée dans l'immeuble, la
volonté des réalisateurs est de créer un
hors-champ à la fois tangible (les bâches opaques
recouvrant les moindres issues) comme purement artificiel (le
<em>rewind</em>). Pour finalement les amalgamer de manière
ultra efficace dès lors que les infectés commencent
à attaquer. En effet, les couloirs étroits
(impossible de se tenir côte à côte)
figurés par les bords du cadre délimitent le champ
d'action. Et ce sont de ses limites diégétiques
que surgiront dans le champ les zombies. Sursauts
assurés.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Ce surgissement
est l'apanage depuis des années des jeux vidéos
horrifiques type <em>Silent Hill</em> mais surtout <em>Resident
Evil</em>. <strong>REC</strong> n'étant rien moins
qu'une adaptation non avouée du hit de capcom. Et
quelle adaptation ! A mille lieues de celle sans saveurs et
aseptisée de Paul Anderson. Ça égorge,
ça mord, ça bouffe, ça gicle parfois, bref
ça vit.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Aux divers
répertoires d'images déjà mis en
scène (images ciné, caméra vidéo,
infra-rouge) s'ajoute donc des visuels que l'on
croirait sortis des cinématiques composant le jeu.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">S'il ne
fallait retenir qu'un plan du film, se serait sans doute
celui nous montrant par une vue en plongée du dernier
étage, la cage d'escalier et d'où
émergent de chaque bord de l'écran, donc de
chaque palier ou niveau, les têtes zombifiées des
personnages rencontrés précédemment.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Importance du
non-vu donc pour créer l'effroi, mais on peut y
adjoindre également l'importance du non-entendu. La
séquence dans la remise où les problèmes de
sons empêchent le caméraman de comprendre ce
qu'il est en train de voir/filmer permet de redonner toute
son importance à la bande-son dans la compréhension
des images.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<strong>Pixelisation</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">En plus de
questionner la place du consommateur face aux images qu'il
ingurgite, le film se double d'une mise en abyme
réflexive sur le jeu auquel Balaguero et Plaza soumettent
les spectateurs/joueurs. D'ordinaire, les adaptations de jeux
vidéos sont ennuyeuses par manque d'implication
émotionnelle. Autrement dit, on assiste
généralement à une partie jouée par
quelqu'un d'autre. Or, cette fois-ci et pour la
première fois le « joueur » est au
c&oelig;ur de l'action, ce que les plans en vue subjective
illustrent et figurent à merveille (la caméra
<span style="text-decoration: underline;">est</span> le regard du
spectateur). Pour autant, nous n'avons aucun contrôle
sur la partie que nous « jouons ». Le film
est un simulacre presque parfait de libre-arbitre puisque au final,
nous en sommes réduits à interpréter des
personnages contrôlés par les deux
réalisateurs. Deux séquences démontrent
à elles seules l'étendue de ces nouveaux
enjeux. Cernés de toute part, les quatre derniers survivants
tentent de se réfugier dans un appartement inoccupé
du dernier étage. Mais pour y accéder, ils ont besoin
du passe du président du syndic. Problème, où
habite t'il ? Une seule solution, redescendre deux
étages, regarder sur les boîtes aux lettres du rez de
chaussée, puis remonter. Le tout au milieu de zombies
arrivant de toute part. Séquence à la tension
maximale où les personnages comme les spectateurs sont
littéralement baladés d'un coin à
l'autre de l'écran. Deuxième temps, la
scène où la journaliste se voit dirigée et
contrôlée par le caméraman (le spectateur
puisque nous sommes en vue subjective) dans la pénombre
à la recherche du fameux trousseau de clés. Lui
intimant l'ordre d'aller à droite, à
gauche comme n'importe quel avatar virtuel.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Quand enfin la
journaliste et son collaborateur parviennent à
accéder au dernier étage, sorte d'ultime niveau,
l'expérimentation formelle cesse pour laisser la fiction
reprendre ses droits. Cet appartement oublié est
saturé de photos, de reliques, de signes rappelant d'autres
oeuvres inspiratrices. Et c'est dans ce lieu de confinement, au
coeur même de la fiction, puisque l'on apprend par la
bande-son que cet endroit est le point de départ du
désastre, que la terreur sera à son paroxysme.
Balaguero et Plaza confrontant finalement les rescapés
à ce qui gît, ce qui vit dans les
ténèbres, l'origine du mal.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"> </p>
<span style=
"font-size: 12pt; font-family: "Times New Roman";">Alors
que son dispositif narratif clame à chaque plan le
contraire, <strong>REC</strong> est une oeuvre
maîtrisée de bout en bout par son duo détonnant
de réalisateurs. Questionnant notre perception des images
comme les différents régimes<span> </span> dans
lesquelles elles s'inscrivent et évoluent, Plaza et
Balaguero n'oublient pas pour autant leur intrigue et la
caractérisation des personnages. Soit ce que Romero n'a pas
réussi à faire dans son <strong>Diary of the
dead</strong>. Subversive, transgressive et réflexive,
<strong>REC</strong> est une oeuvre majeure du cinéma, tous
genres confondus.</span>]]></description>			<link>http://zug.blog.toutlecine.com/4738/REC-Rendez-vous-avec-la-peur/</link>			<comments>http://zug.blog.toutlecine.com/REC---Rendez-vous-avec-la-peur-01092008-232922-lp-4738.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://zug.blog.toutlecine.com/4738/REC-Rendez-vous-avec-la-peur/</guid>			<pubDate>Mon, 01 Sep 2008 23:29:22 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[SPEED RACER : Aveuglement critique + incompréhension = plantage commercial]]></title>			<description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Le voisin
d'à côté is back et même en super forme !
Etonnamment, maître Rafik nous revient mais sans s' exprimer
sur Speed Racer. Sans doute prépare t'il un article de 15
pages.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">En l'attendant
avec impatience, voici le mien (beaucoup plus court, je le
confesse).à la fois pour saluer le génie des
Wachowski, fêter le retour de Rafik (depuis quelques jours
déjà, je sais mais je rentre juste de vacances !) et
lui apporter mon soutien inconditionnel ainsi qu'à Totoro et
tous ceux qui se sont fait "kickbannisé" du forum de Mad
Movies. La fin d'une époque....</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style=
"color: black;">Alors que dans son ensemble les studios
hollywoodiens misent sur une rentabilité immédiate
soit en débitant des remakes au mètre ou des films
reposant entièrement sur leur concept et/ou leurs stars, la
Warner prend tous les risques en osant proposer des &oelig;uvres
spectaculaires en terme de mise en scène comme visuellement
et thématiquement. Et qui ne rencontrent pas leur public,
comme l'atteste le nombre d'entrée des
remarquables La légende de Beowulf et Invasion. A croire que
les spectateurs se méfient dès lors qu'un
blockbuster barbare ou une fable science-fictionnelle leur
demandent de garder leurs neurones connectés. Un
degré d'exigence qui est la marque de fabrique de Andy
et Larry Wachowski et qui, pour les connaisseurs, est la promesse
d'un cinéma total.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<strong><span style="color: black;">Réception
critique</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style=
"color: black;">Apparemment, la plupart des spectateurs comme les
critiques ne sont pas prêts à apprécier
à leur juste valeur la générosité de
ses deux réalisateurs d'exceptions. C'est peu
dire que leur dernier né, <strong>SPEED RACER</strong>,
divise. Les détracteurs se montrant virulents et agressifs
dans leurs réactions, quand ils ne sont pas carrément
à côté de la plaque.
Que l'on aime ou pas <strong>SPEED RACER</strong>, il ne
laisse pas indifférent. Il est pourtant étonnant de
voir un certain mépris affiché par la presse dite
spécialisée (peu ou pas d'infos avant le mois
de juin), encore plus lorsqu'il émane du magazine
référence pour une grande partie des
cinéphiles, Mad Movies. Je n'invente rien, ils
s'enorgueillissent d'ailleurs sur leur site de
n'avoir absolument rien à faire du film !? Ils
justifient ce dédain (il n'y a pas d'autre
terme) par le recentrage de la revue sur l'horreur pure.
C'est sûr que préférer une preview sur
<strong>X-Files 2</strong> cela correspond parfaitement à
cette ligne éditoriale ! Preview où, soi dit en
passant, ils font 3 pages sur de simples spéculations
puisqu'aucune info n'a filtrée, soit littéralement du
vent
Il faut plutôt y voir un règlement de compte avec
l'équipe ayant sévi entre 2000-2003 et
emmené par les Rafik Djoumi, Yannick Dahan, Arnaud Bordas et
compagnie pour qui se posaient simplement la question de savoir si
le film était suffisamment intéressant
esthétiquement et thématiquement (qu'il soit
apprécié ou non) pour en parler. Du gros blockbuster
qui tache à la bonne petite série B en passant par
les perles occultées par les autres à cause de leur
non potentiel commercial. Une autre époque
donc...
Mais arrêtons là le procès du
« nouveau » Mad.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<strong><span style="color: black;">DYNAMIC DUO</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style=
"color: black;">Un mælstrom de couleurs, de sensations et
d'images, aussi beau que puéril et futile. Une
définition aussi réductrice que fausse que nombres de
critiques et d'internautes ont tôt fait d'accoler
à Speed Racer, nouveau film des frères Wachowski.
Sous couvert de proposer un spectacle en technicolor pour gamins
attardés, les deux esthètes aussi géniaux
qu'incompris livrent sans doute ici leur film le plus
personnel. Une approche humble et sincère où les
images demeurent plus que jamais le vecteur essentiel des
émotions.
5 ans après avoir conclu leur incroyable fresque
philosophico-kung-fuesque, les Wachowski reviennent donc à
la réalisation en adaptant un dessin-animé japonais
dont ils sont fans et ayant bercé l'enfance de
générations entières
d'américains, "Mahha Gô Gô Gô" de
Tatsuo Yoshida et traduit par <em>Speed Racer</em>. Après
s'être lâchés avec la monumentale saga
<strong>Matrix</strong>, dont le dernier épisode consacra un
peu plus l'hermétisme (apparent seulement) de leur
cinéma à ceux qui ne veulent pas voir, les frangins
veulent se recentrer vers une &oelig;uvre plus accessible et grand
public. Un mixage de comédie familiale et de critique du
sport spectacle qui s'avère beaucoup plus ambitieux
formellement et thématiquement.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style=
"color: black;">Malgré le scepticisme à
l'égard de leurs oeuvres antérieures et plutôt
que d'opter pour la facilité, les Wachowski osent un film
particulièrement barré et pour certains
carrément psychotronique. Fidèles à leur
conception du médium, ils reproduisent à
l'écran un décorum fortement connoté sixties
en concordance avec le dessin-animé d'origine. Une
cohésion artistique renforcée par des 
références d'époque, mobiliers, <em>James
Bond</em>, <em>Conan le barbare</em>, la série
<em>Batman</em> (la séquence de baston dans les montagnes
où ne manquait que la visualisation des onomatopées
!) mais aussi <em>Dick Tracy</em> avec cette collection de trognes
pas possibles des bad-guy. Quand à la dynamique d'ensemble,
ils ont été fortement influencés par Miyasaki
et notamment par son Château de Cagliostro et les jeux
vidéos. Enfin, au petit jeu des citations, on pourra
reconnaître des emprunts à <strong>Akira</strong> et
le réalisateur de japanime Kawaijiri ou à l'art
contemporain et abstrait. Mais comme Tarantino ou les coen, leur
cinéma ne peut se résumer et se réduire
à un assemblage hétéroclite, puisque chez tous
ses auteurs l'important est de se réapproprier ces
influences afin de nourrir leur propre travail, les
redéfinissant pour construire un univers cohérent et
en adéquation avec leur propos. Et dont <strong>Speed
racer</strong> est une parfaite illustration.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style=
"color: black;">
</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<strong><span style="color: black;">L'art de
l'enfance</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style=
"color: black;">Tandis que l'on pouvait légitimement
craindre une trop forte distanciation (Pouah, on dirait <strong>Spy
kids</strong> sous LSD !), ils réussissent une fois encore
le pari incroyable d'une immersion complète grâce
à leur seule mise en scène. Le premier quart d'heure
est à ce titre un pur régal et un modèle du
genre. Une introduction que bon nombre de réalisateurs
souhaiteraient reproduire en guise de climax final ! Un
véritable sommet de concision et de précision dans
l'univers dépeint comme la présentation des
personnages et des enjeux à venir. Alternant les flash-backs
et le présent sans coupes, les transitions étant
effectuées par le biais des personnages ou d'une
caméra en mouvement, donnant à ses allers-retours
temporels une linéarité exemplaire. Une
homogénéité que l'on ne retrouve que dans les
anime et permise par l'emploi du numérique.
Les Wachos accélèrent même le rythme dès
la course de bolides, la sarabande folle du présent sur les
talons d'images du passé. Speed lui-même chassant le
record de vitesse du tour de son frère disparu
jusqu'à poursuivre son fantôme. Tout simplement
grandiose.
Et quand Hollywood multiplie les dialogues explicatifs, les deux
réalisateurs préfèrent laisser parler les
images, nous rappelant que le cinéma est un art du muet,
utilisant toutes les possibilités offertes par le
numérique (ralentis extrêmes, inserts, travellings
avant/arrières, etc) pour une lisibilité absolue des
enjeux dans l'action.
Ils poursuivent même la réflexion, entamée avec
<strong>Matrix</strong>, sur l'imbrication des
différents degrés de réalité, leur
perméabilité et leur capacité à
englober personnages comme spectateurs, à un degré
supérieur.
Ainsi, tout porte à croire au début que nous sommes
dans une fiction aux décors contemporains bien que
marqués par des couleurs éclatantes (la salle de
cours et le bureau de la conseillère). Mais dès la
sortie en trombe de Speed, c'est le choc. Les couleurs
chamarrées ne sont pas exclusives des décors
intérieurs, la fiction dans son entier y est assujettie. Les
Wachowski font plus qu'adapter un dessin-animé culte, ils
composent un univers totalement soumis aux fantasmes du
gamin.</span></p>
<p class="MsoNormal" style=
"margin-bottom: 12pt; text-align: justify;"><span style=
"color: black;">Lorsque le jeune Speed s'imagine au volant d'un
bolide dessiné par la main d'un enfant, c'est la fiction
entière qui sera soumise à son rêve
éveillé, comme remarquablement traduit à
l'écran par les effets parallaxes du décor (des
lignes parallèles donnant l'impression de converger), la
figuration des lignes de vitesse (marque de fabrique des mangas et
autres O.A.V), des circuits automobiles au tracé et au
désign délirants ou les aplats de couleurs
primaires.
A noter qu'en psychologie, la parallaxe est une modification de la
subjectivité, la différence de perception d'une
même réalité,  ce qui appuie un peu plus
la démonstration selon laquelle les intentions des frangins
sont sans cesse tributaires et illustrées par les effets de
mise en scène.
D'emblée, les Wachos annoncent la couleur, le film sera
entièrement marqué par le sceau d'une vision
naïve (et non pas niaise) du cinéma et
complètement voué à la recherche d'un
émerveillement et d'un plaisir enfantin. Pas de
régression mais bien un retour à des sensations
primordiales, dénuées de tout cynisme. Une belle
réponse aux détracteurs leur opposant le manque
d'affect de leurs réalisations. Soulignons que la
scène où le frère cadet de Speed, Sprittle, et
son chimpanzé Chimp-Chimp foutent le boxon dans l'usine
Royalton après avoir ingurgité trop de friandises
peut, doit, se lire comme l'expression fantasmatique du
désir de Speed de tout envoyer bouler après que
Royalton lui ai révélé les dessous pervers du
sport-business. Une impression encore une fois renforcée par
la seule mise en scène puisque les déambulations
hystériques du duo sont à chaque fois amorcée
par un gros plan du visage de Speed.
Sans oublier que la  maîtrise des cadres ne serait rien
sans une direction d'acteur remarquable (ils sont tous parfaits),
le soin apporté à des dialogues sonnant juste et la
musique de Michael Giacchino retrouvant la perfection de son score
pour Les indestructibles.
Sinon, les Wachowski ne font que filmer des bagnoles hot-wheels
dans un environnement infographique digne du jeu F-zéro,
ça crève les yeux !</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<strong><span style="color: black;">Un film super
plat.</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style=
"color: black;">Du spectacle pour gosses, Speed racer n'en
possède que l'apparente simplicité, n'hésitant
pas à aborder les arcanes de la finance (on parle d'OPA, de
rachat de titres, de spéculation...) et où Racer X le
justicier des circuits travaille en étroite collaboration
avec la commission de surveillance,  proposant de lutter non
plus physiquement mais en traînant les responsables devant la
justice (!). Le défilement des valeurs boursières
tenant lieu de nouveau code matriciel pour Royalton, assumant
complètement son attachement à la marchandisation
généralisée. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard
si les tenants du nèo-libéralisme se contentent de
regarder l'action devant un écran plutôt que d'y
participer. Les Wachowski opposant visuellement et
philosophiquement deux conceptions antagonistes. La mère de
Speed  "<em>Ce que tu fais avec ta voiture, c'est de
l'art</em>" et Racer X : <em>&ldquo;It doesn't matter if racing
never changes.</em></span> <em><span style="color: black;">What
matters is if we let racing change us. Every one of us has to find
a reason to do this. You don't climb into a T-180 to be a
driver.</span></em> <em><span style="color: black;">You do it
because you're driven</span></em><span style=
"color: black;"> » exprimant la profession de foi des
réalisateurs envers le cinéma et que Speed
matérialisera dans la dernière séquence.
Pas mal pour un spectacle pour attardé mental ou gamins de 3
ans. Et les prouesses techniques, le car-fu et les quelques
concessions (qui n'en sont pas vraiment d'ailleurs, voir paragraphe
précédent !) faites pour élargir leur audience
(les scènes de comédies burlesques, les persos du
chimpanzé et de Sprittle) ne peuvent supplanter leur
ambition esthétique première de donner l'impression
de se mouvoir dans un dessin, un celluloïd ou une
peinture.
Une volonté qui se traduit à l'écran au
travers des multiples références à la
pop-culture et au procédé de 2D ½  selon
le concepteur des effets spéciaux John Gaeta mais qui a en
fait tout à voir avec le
« superflat ».
Un mouvement d'art contemporain influencé par l'animé
et le manga qui vise à analyser la culture japonaise
à travers la sous-culture dite « otaku ». Cette
dernière émergeant au sortir de la seconde guerre
mondiale en absorbant la culture occidentale et plus
particulièrement américaine.
« Superflat » signifie en anglais «
super plat » et se réfère à diverses
formes aplaties de l'art graphique japonais ainsi qu'à la
superficialité de la culture consumériste japonaise.
Ce que le film expérimente en abolissant toute profondeur de
champ.
Takashi Murakami est considéré comme le chef de file
de ce mouvement. Il cristallise dans ses &oelig;uvres et ses
projets, la nouvelle subculture de Tokyo. Il est le
représentant d'une génération
imprégnée de l'imaginaire des mangas et des
otakus.
Il réfléchit particulièrement aux
scénographies pour que « le public ait l'impression
d'être entouré par une multitude de caméras,
même s'il se trouve en face d'une seule et même image
». Soit exactement le procédé technique
utilisé par Gaeta et son équipe.
Une de ses adeptes est Chiho Aoshima, dont les peintures qu'elle
peignit dans le métro japonais ont été
reprises pour figurer la ville où siège la firme
Royalton.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style=
"color: black;">
</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style=
"color: black;">Saturé de références
artistiques et cinéphiliques, Speed racer n'en demeure pas
moins l'expression ultime d'un cinéma total,
entièrement voué à propulser ses spectateurs
dans un monde fantasmagorique où ne compte plus que la
résonance intérieure. Une quête spirituelle que
les Wachos poursuivent en convoquant le précurseur de l'art
abstrait, le peintre Vassili Kandinski.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style=
"color: black;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
<strong><span style="color: black;">Du spirituel dans l'art et dans
le cinéma des Wachowski en particulier</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style=
"color: black;">Peintre mais aussi théoricien de son art,
lorsque l'on étudie ses oeuvres et plus encore ses
écrits, il apparaît que les Wachowski se sont
appliqués à retranscrire ses théories et son
engagement.
Ainsi, pour Kandinski, l'art peut être aussi l'expression
directe du monde intérieur de l'individu, et il vient
à considérer que la peinture peut s'affranchir des
formes et s'exprimer dans la seule dimension du trait, de la tache
et de la couleur et qu'il peut à partir de là tout
autant toucher l'âme de l'homme que la représentation
figurative.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style=
"color: black;">Lorsque l'on regarde les couleurs sur la
palette d'un peintre, un double effet se produit : un
effet purement physique de l'&oelig;il charmé par la
beauté des couleurs tout d'abord, qui provoque une
impression de joie comme lorsque l'on mange une friandise. Et
oui, le choix de couleurs « criardes » n'est
pas du mauvais goût. De même que la séquence
où Sprittle et son singe dévalisent le coffre
à bonbons de Royalton n'offre pas seulement une respiration
humoristique.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style=
"color: black;">Mais cet effet peut être beaucoup plus
profond et entraîner une émotion et une vibration de
l'âme, ou une résonance intérieure qui
est un effet purement spirituel par lequel la couleur atteint
l'âme. Ce que Kandinsky appelle le
« ch&oelig;ur des couleurs » devient de plus
en plus éclatant, il se charge d'un pouvoir
émotif et d'une signification cosmique
intense.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style=
"color: black;">Son premier grand ouvrage théorique sur
l'art, intitulé Du spirituel dans l'art et dans
la peinture en particulier, paraît fin 1911. Il y expose sa
vision personnelle de l'art dont la véritable mission
est d'ordre spirituel, ainsi que sa théorie de
l'effet psychologique des couleurs sur l'âme
humaine et leur sonorité intérieure.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style=
"color: black;">Ainsi le vert produit le calme (la mère de
Speed est vêtue de vert lorsqu'elle le réconforte
après la mort de son frère), Le rouge est une couleur
chaude très vivante, vive et agitée, il
possède une force immense, il est un mouvement en soi (le
rouge caractérise le famille Racer, mobilier, uniformes,
atelier), le violet est un rouge refroidi qui confine à
l'immobilité (Couleur caractérisant Royalton, il en
est vêtu et l'enjeu pour lui est de faire revêtir un
costume violet à Speed, signe de son contrôle sur lui)
et ainsi de suite.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style=
"color: black;">Enfin, le grand final paroxystique et orgiaque, le
Grand Prix définitif qui consacre Speed moins comme le
vainqueur que comme l'artiste transcendant son art, est l'exacte
illustration de peintures où de « <em>grandes
masses colorées très expressives évoluent
indépendamment des formes et des lignes qui ne servent plus
à les délimiter ou à les mettre en valeur mais
qui se combinent avec elles, se superposent et se chevauchent de
façon très libre pour former des toiles d'une
force extraordinaire</em>. » Le déferlement de
couleurs fusionnant avec la structure du circuit dans un crescendo
accentué par la musique, provoque une sensation ultime
d'apaisement et de plaisir. Une expérience rare
à vivre en salles.</span></p>
<p class="MsoNormal"></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style=
"color: black;"></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style=
"color: black;">Reprenant à leur compte diverses influences
tant artistiques que cinématographiques,
cinéphiliques ou geek, les Wachowski livrent encore une fois
un film irrévérencieux puisque allant à
l'encontre du formatage formel habituel. Toujours animés par
la même démarche de proposer un divertissement en
appelant à la fois à l'intelligence et la
sensibilité des spectateurs, les deux natifs de Chicago
demeurent inexplicablement boudés par la critique et le
public (voir les résultats catastrophiques du box-office
mondial). S'exposant comme jamais, les Wachowski auront pris
en pleine gueule le refus de leur jusqu'au boutisme et leur
avant-gardisme. &OElig;uvre magnifique et exigeante pour les
neurones et les sens, <strong>SPEED RACER</strong> est un
véritable antidote au cynisme et aux films
décérébrés que l'on nous vend
à longueur d'année. En plus d'être un
putain de chef-d'oeuvre incompris !</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"></p>
]]></description>			<link>http://zug.blog.toutlecine.com/4221/SPEED-RACER-Aveuglement-critique-incomprehension-plantage-commercial/</link>			<comments>http://zug.blog.toutlecine.com/SPEED-RACER---Aveuglement-critique---incomprehension---plantage-commercial-23072008-231803-lp-4221.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://zug.blog.toutlecine.com/4221/SPEED-RACER-Aveuglement-critique-incomprehension-plantage-commercial/</guid>			<pubDate>Wed, 23 Jul 2008 23:18:03 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal : La guerre des mythes]]></title>			<description><![CDATA[<p>En attendant de lire une critique plus concise dans le
numéro 13 de la revue VERSUS (http://www.versusmag.fr) avec
tout un dossier (très) complet sur Spielberg, voici une
version longue de ce que je pense du dernier opus de la saga
Indiana Jones. Le dernier paragraphe ayant été
inspiré par le "voisin" d'à côté,
maître Rafik.</p>
<p> </p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;"><span>A entendre et
lire les réactions plus que mitigées de la plupart
des spectateurs, journalistes ou non, après la projection du
<strong>Royaume du crâne de cristal</strong>, le retour
d'Indiana Jones est au mieux décevant, au pire
raté. Après une si longue absence (19 ans quand
même !), difficile de retrouver la maestria des
<strong>Aventuriers de l'Arche perdue</strong>. Pourtant, les
imperfections scénaristiques et esthétiques de ce
film déconcertant à plus d'un titre en font
sans doute l'opus le plus fascinant et passionnant de la
saga.</span></p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
<span> </span></p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;"><span>George Lucas
est co-créateur du personnage, mais c'est bien
Spielberg qui en a fait une icône par la grâce de sa
réalisation. Une paternité partagée qui
s'accommoda plutôt bien de leurs visions respectives de
l'archéologue, la trilogie ayant marqué
durablement l'imaginaire collectif.</span>  Les choses
changent. Les deux compères jouissant dorénavant
d'une position dominante dans l'industrie
hollywoodienne, technologique pour l'un, artistique pour
l'autre, le compromis n'est plus de mise. Ce
quatrième épisode étant le
théâtre d'une véritable lutte
d'influence entre les deux moguls. Et à ce petit jeu,
c'est Spielberg qui en sort grand vainqueur.</p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
<span> </span></p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;"><span>Après
la catastrophique reprise en main de John Mc Clane par Fox News
l'été dernier, faisant du héros à
la bad-ass attitude un réac-conservateur, l'annonce de
la reprise en main par Lucas d'une autre idole des
années 80 laissait présager du pire. Refusant et
réécrivant le scénario de Frank Darabont
pourtant approuvé par Spielberg et Ford, le pire
était à craindre. Autrement dit, le syndrome de la
prélogie Star Wars menaçait de frapper
d'inanité le retour du héros au chapeau et au
fouet.</span></p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">Un Darabont non
crédité, lui qui est pourtant associée
à la mythologie Indiana Jones puisqu'il écrivit
6 épisodes de la série racontant <strong>les
aventures du jeune Indiana Jones</strong>. A noter qu'un
épisode, jamais produit, de la 3ème saison
devait être basé sur une idée de Lucas et ayant
pour thème des crânes de cristal. Encore une fois,
rien ne se perd avec tonton George.</p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
<span> </span></p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;"><strong>Les
aventuriers de l'Arche perdue dans le
rétro...</strong></p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">Et cela
débute par une première séquence
annonçant un changement fondamental, la
célèbre montagne de la Paramount ouvrant
habituellement chaque film se muant en monticule de terre
d'où surgit un chien de prairie numérique.
Aussi laid qu'inquiétant pour la suite, ce plan sera
constamment invalidé formellement par un Spielberg en pleine
forme bien que figurant le remaniement profond opéré
à la mythologie de la saga.</p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">Autrement dit,
Indiana Jones est le même que dans nos souvenirs mais aussi
différent.</p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">A ce titre, le
retour du héros est magistral. Après avoir
évacué les ados parasites de <strong>American
graffiti</strong> (film de Lucas) dès la séquence
inaugurale, Spielberg signifie que les choses ont changé en
montrant une intrusion violente dans une base secrète
américaine par un convoi de soldats russe. La menace est
présente sur le sol yankee et viendra extirper Indiana Jones
de sa retraite. Notre héros étant extrait
manu-militari du coffre d'une voiture. Pour l'instant
cadré de dos et en plongée, Spielberg convoquera
majestueusement le célèbre aventurier en quelques
plans - un chapeau au sol, une main qui s'en saisit, une
ombre qui l'ajuste sur la tête &ndash; celui-ci
daignant se retourner enfin à l'aboiement de son nom.
Indiana Jones désormais incarné dans toute sa
splendeur.</p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">Par la suite et
dès l'arrivée des bad-guys du film, des russes
menés par la capitaine Spalkow (impériale Cate
Blanchett), Spielberg s'ingéniera à retrouver
le souffle des <strong>aventuriers de l'Arche
perdue</strong>. Le hangar entraperçu à la fin du
1er épisode étant le point de
départ d'une action toujours aussi épique et
grandiloquente, où les capacités physiques (bien
qu'amoindries par l'âge) autant
qu'intellectuelles préserveront notre
héros.</p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">Mais le personnage
a changé. Vieilli même comme se plaît à
le rappeler Mutt Williams (Shia LaBeouf, étonnant), le
traitant de « grand-père » à
maintes reprises. Indy malgré ses états de services
sera mis à l'épreuve autant physiquement (les
nombreuse manadales qu'il reçoit, chute à
moto,etc...) que verbalement. Par Mutt donc mais
également par deux agents du F.BI le soupçonnant
d'activités anti-américaine.<span>Celui-ci
personnifiant idéalement l'audience actuelle,
dubitative face à ce prof ne faisant plus fantasmer ses
élèves depuis longtemps.</span> Spielberg teste donc
la capacité d'adaptation de son personnage à un
contexte aussi particulier que les années 50. Finies les
immuables années 30 et à la
légèreté des sérials. Indy fait
maintenant face à un monde travaillé par la peur de
l'Autre (communiste) et de l'atome. Dans un monde
où règnent la paranoïa et le maccarthysme,
Indiana Jones apparaît partiellement inadapté.</p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">Tout le film
soulignera d'ailleurs son changement de statut, passant du
rôle d'acteur à celui d'observateur des
évènements historiques. Ce que deux plans figurent
magistralement. Indy face à la bombe et face à
l'envol d'un engin spatial. Cette dernière image
du climax, à la fois choquante et fascinante fait figure
à elle seule de lien entre deux versants de la
cinématographie de Spielberg, une quête de
spiritualité incarnée par l'aventurier et la
possibilité d'un enseignement supérieur
prodigué par l'Autre.</p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">Deux images aussi
incongrues que belles où la composition des cadres voyant un
Indy miniaturisé au premier plan renvoie à ces
couvertures de comics ou de pulps pullulant dans les fifties.</p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">Ces deux
séquences sont également l'occasion pour
Spielberg d'opposer l'évolution de deux
conceptions bien différentes de la famille. Celle
idéale représentée par les mannequins de ce
village-test malsain et détruite par l'explosion
atomique, répondant à celle recomposée de la
famille Jones après le décollage du vaisseau.</p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">Une prise de risque
permanente traduit le désir de retrouver un ton
délicieusement rétro et adapté à son
héros. A ce titre, certains effets-spéciaux
paraissant approximatifs sont parfaitement raccord avec
l'impression visuelle des épisodes
précédents.</p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">Mais
l'évolution du héros sera marquée par la
réalisation de Spielberg, retrouvant un classicisme devenu
désuet à l'heure actuelle et pourtant
indispensable dès qu'il s'agit d'installer
durablement intrigues et caractères. Cadres élargis,
retour du hors-champ et plan durant plus d'un dixième
de seconde, soit le retour à une réalisation dite
classique que l'on a déjà pu apprécier
en mars dernier avec <strong>The mist</strong> de Frank Darabont
(tiens, tiens).</p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">Si les morceaux de
bravoure abondent (la poursuite anthologique dans la jungle
amazonienne), comme l'humour (savoureuses retrouvailles avec
Marion Ravenwood), ce qui sous-tend tout le film est moins la
course à l'armement ultime que la quête du
Savoir.</p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">Une quête du
Savoir, qu'il soit scientifique, cinématographique ou
archéologique qui a toujours été le moteur de
la saga et plus encore de ce film. Au contraire d'un Benjamin
Gates pour qui seule importe la reconnaissance (cf <strong>le livre
des secrets</strong>).Une différence fondamentale, comme
l'est celle entre un Savoir relatif, acquis par la recherche,
l'enseignement et un Savoir absolu, convoité pour sa
puissance intrinsèque. L'un est émancipateur,
l'autre destructeur. Une philosophie présente depuis
<strong>L'Arche perdue</strong> et qui ici prend une
dimension extrême avec une race extra-terrestres pourvoyeuse
des connaissances responsables de l'évolution humaine.
Une thématique et un look des E.T semblables à ceux
mis en scène par De Palma dans son <strong>Mission to
Mars</strong>.</p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">Et pour bien
souligner que ce qui intéresse véritablement
Spielberg chez son aventurier est sa soif constante de
connaissances, il livre le film sans doute le plus ludique de la
saga voire de la carrière de Spielberg, celui-ci jouant avec
le savoir des spectateurs.</p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">Des
références d'abord historiques (guerre froide)
puis mythologiques (incident de Roswell). A celles se rapportant
aux épisodes précédents, aux romans
dérivés et à la série <strong>Young
Indiana</strong> et ancrant le film dans une continuité
chère à Lucas, Spielberg préfère se
référer à des classiques de la S.F
estampillés fifties. <strong>Them !</strong> (attaque
de fourmis géantes<strong>)</strong>, <strong>Quand les
soucoupes attaquent la ville</strong>, <strong>L'invasion des
profanateurs de sépulture</strong> (au détour du
monologue de Spalkow sur le contrôle de la psyché
américaine par le biais de la pensée unique), autant
de rappels réactivant les connaissances des spectateurs,
enrichissant aussi bien la réalité
diégétique que les émotions
véhiculées. Soit une démarche similaire
à celle de Tarantino.</p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">Donc, malgré
le parasitage de Lucas, les nombreuses bestioles numériques
en étant la démonstration la plus éloquente,
Spielberg parvient à rester maître du personnage
qu'il a contribué à façonner. Mieux, il
retourne en sa faveur les éléments imposés par
le scénario réécrit par son ami pour nourrir
sa propre vision et réflexion sur l'homme au
fouet.</p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;"><strong>...les
aventures de Tintin dans le viseur.</strong></p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">Tandis que
l'annonce de l'adaptation de Tintin par Peter Jackson
et Spielberg a déjà fait 3 fois le tour
d'internet, en revanche peu savent que
l'intérêt du golden-boy pour notre reporter
à la houpe n'est pas seulement consécutif aux
possibilités offertes par la « performance
capture », mais date déjà de 1983. Et si
le projet d'une adaptation live officielle fut avortée
(question de droits), Spielberg en tourne une version officieuse
avec le tant décrié par les fans <strong>Indiana
Jones et le temple maudit</strong>. Et oui, Spielberg s'est
amusé à détourner des cases entières de
plusieurs albums. Demi-lune étant une
référence plus qu'explicite du personnage de
Tchang dans <strong>Le lotus bleu</strong>, certaines scènes
dans la jungle et le palais du maradjah rappelant l'album
<strong>Les cigares du pharaon</strong>.</p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">Outre les
références à l'album <strong>Vol 714
pour Sydney</strong>, <strong>le royaume du crâne de
cristal</strong> est une forme de préparation au futur.</p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">Alors que Lucas
tente d'imposer sa vision mercantile du cinéma
à la saga, le personnage de Mutt Jones étant
appelé à prendre la relève. Il est d'ailleurs
désormais celui qui provoque les évènements et
en<span> </span> l'occurrence la fuite des héros du
camp des russes lorsqu'il balance d'un grand coup de pied la table
sur laquelle Indy ET Spalkow étudiait une
carte.<span> </span> A partir de cet instant notre
célèbre aventurier restera plus ou moins en retrait
laissant le soin à Mutt de montrer ce dont il est capable.
Ainsi, Spielberg en profite pour prendre un coup d'avance
(comme souvent) et tester auprès d'une large audience
les possibilités d'action et le charisme d'un
personnage dans la même tranche d'âge que Tintin.
Soit peu ou proue ce que Peter Jackson justement avait fait avec
<strong>Fantômes contre fantômes</strong>,
expérimentant certains motifs qu'il reprendrait dans
sa trilogie de l'anneau.</p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">Donnant
l'impression de concéder du terrain à son
envahissant ami, Spielberg s'affirme bien plus subversif
qu'attendu. La dernière séquence est à
ce titre éloquente. Alors que Mutt récupère le
chapeau emblématique à terre, prêt à le
mettre, Indy lui ôte des mains in
extremis.<span> </span> Une scène savoureuse à
la double signification. Le jeune Jones devra se construire sa
propre personnalité, tandis que le protégé de
Lucas n'est pas encore prêt à prendre la suite.
Le tout affirmé avec de grands sourires.</p>
<p class="MsoList" style=
"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">Parvenu à
s'approprier ce gamin impétueux, Spielberg affirme
ainsi que le passage de relais ne se fera pas sans son
consentement.</p>
<p> </p>
<p>Nicolas Zugasti</p>
]]></description>			<link>http://zug.blog.toutlecine.com/4119/Indiana-Jones-et-le-royaume-du-crane-de-cristal-La-guerre-des-mythes/</link>			<comments>http://zug.blog.toutlecine.com/Indiana-Jones-et-le-royaume-du-crane-de-cristal---La-guerre-des-mythes-12072008-145359-lp-4119.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://zug.blog.toutlecine.com/4119/Indiana-Jones-et-le-royaume-du-crane-de-cristal-La-guerre-des-mythes/</guid>			<pubDate>Sat, 12 Jul 2008 14:53:59 +0200</pubDate>		</item>	</channel></rss>