<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom">		<title>http://zug.blog.toutlecine.com</title>		<id>http://blog.toutlecine.com/</id>		<link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://zug.blog.toutlecine.com/atom.xml" />		<subtitle><![CDATA[Tous genres confondus]]></subtitle>		<rights>Copyright (c) 2006, Hi-pi</rights>		<generator>Hi-pi ATOM generator</generator>		<author>			<name>Hi-pi</name>			<uri>http://zug.blog.toutlecine.com</uri>		</author>		<updated>2008-11-11T15:47:42+01:00</updated>		<entry>			<title>ENfin du nouveau en matière de presse ciné : VERSUS débarque en kiosques le 15 novembre</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p>

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<p>

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<p>Une nouvelle
revue ciné débarque en kiosques le 15 novembre. Elle se nomme
<strong><em>VERSUS</em></strong> et possède la qualité pour
s'imposer comme prioritaire parmi vos lectures
trimestrielles!</p>
<p></p>
<p>
<strong><em>VERSUS</em></strong> débarque donc dans tous les bons
points de vente après 6 ans d'existence et 13 numéros
diffusés dans un circuit très restreint, budget limité (fonds
propres) oblige. Acquérant au fil de son existence précaire (le
titre failli disparaître au bout de 2 ans et 4 numéros) une
reconnaissance certes limitée mais sincère des milieux
professionnel, universitaire et cinéphile. Un ton singulier hérité
de la grande période de <strong><em>Mad Movies</em></strong> (soit
avant l'éviction de Rafik Djoumi en 2003) et de
<strong><em>Starfix</em></strong> première mouture (les Gans,
Boukhrief, Headline, Lemaire...) et une (re)lecture qui mixe
avec jubilation cinéma et société, esthétique et politique,
critique d'art et appréciation sincère du divertissement</p>
<p></p>
<p>
<strong>VERSUS</strong> est un contrepoint de vue salutaire sur le
cinéma à l'heure où la plupart des magazines se contentent
d'une critique au mieux superficielle au pire complaisante,
de couvertures sanglantes et laides ou remplis de photos glamour de
vos staaarrrrs préférées.</p>
<p>La force de
<strong>VERSUS</strong>: des critiques, analyses, dossiers,
rétrospectives, etc très bien argumentés même si tout ne fera pas
l'unanimité.</p>
<p></p>
<p>Outre la version
papier, la revue possède un site (http://www.versusmag.fr) qui est un
parfait complément puisque l'on y trouve, entre autres, des
critiques inédites, une tribune libre et surtout une rubrique vouée
à devenir culte, les «films honteux» où les rédacteurs défendent
âprement mais avec humour et arguments des films mal aimés ou
considérés comme des navets (<strong>Jason X</strong>,
<strong>Commando</strong>, <strong>Running Man</strong>,
<strong>Beethoven</strong>...).</p>
<p></p>
<p>En 13 numéros,
Carpenter, McTiernan, De Palma, Raimi, Gaspard Noé, Eastwood,
Cronenberg, Fincher, Spielberg, Paul W. Anderson, Lumet, Cimino,
Dupontel, Frank Miller, Bill Plympton, etc... tous sont passés
au crible.</p>
<p>Et ça continue
avec le 14ème numéro:</p>
<p>
Au sommaire:</p>
<p>« Les films de
Présidents » : l'image du président des Etats-Unis et la
représentation de la nation U.S. dans le cinéma hollywoodien, de
<strong><span>Naissance d'une nation</span></strong> de D.W.
Griffith à <strong><span>W.</span></strong> d'Oliver Stone,
en passant par <strong><span>Young M. Lincoln</span></strong>,
<strong><span>Nixon</span></strong> et <strong><span>Président
d'un jour</span></strong>.
Un dossier complet avec le thème des complots présidentiels,
l'appareil d'État, l'assassinat des
Présidents....

<strong><span>Mais aussi
:</span></strong>
- le nouvel esprit Bond : <strong><span>Quantum of
Solace</span></strong> et toutes les bandes originales de la
saga.
- l'école au cinéma, du regard sociologique et pédagogique de
<strong><span>Entre les murs</span></strong> à l'action pure
des <strong><span>Substitute</span></strong>.
- la rétrospective du Festival du Cinéma Americain de Deauville
2008.
- une analyse carrière James Gray.
- un parallèle analytique entre
<strong><span>Mirrors</span></strong> et <strong><span>The
Broken</span></strong>.
- une rétrospective sur <strong><span>Dossier
Secret</span></strong> <em>(</em><strong><span>M.
Arkadin</span></strong><em>)</em> d'Orson Welles.
- l'actualité DVD de novembre / décembre.
- un portrait de Samuel L. Jackson.</p>
<p></p>
<p>
<em><strong>VERSUS N°14</strong></em>: trimestriel, 60 pages,
4 euros et en vente partout dès le 15 novembre. Si votre libraire
ne l'a pas, réclamez le! Ultime surprise à découvrir en
kiosques, chaque numéro bénéficie de superbes couvertures au recto
et au verso!</p>
!				</div>			</content>			<id>http://zug.blog.toutlecine.com/6703/ENfin-du-nouveau-en-matiere-de-presse-cine-VERSUS-debarque-en-kiosques-le-15-novembre/</id>			<link href="http://zug.blog.toutlecine.com/6703/ENfin-du-nouveau-en-matiere-de-presse-cine-VERSUS-debarque-en-kiosques-le-15-novembre/" />			<author>				<name>zug</name>				<uri>http://zug.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2008-11-11T15:47:25+01:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>Parlez moi de la pluie : à défaut d'autre chose....</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p>  
<p>On a un peu tendance a l'oublier mais avant d'etre de farouches revendicateurs et militants lors des ceremonies des cesar (avant, apres, on sait pas trop), Agnes Jaoui et Jean-Pierre Bacri sont des artistes. Qui s'expriment autant au theatre qu'au cinema. Les voila de retour apres leur derniere collaboration, <strong>Comme une image</strong>, avec <strong>Parlez moi de la pluie</strong> au sujet prometteur. Agathe Villanova, feministe nouvellement engagee en politique, revient pour dix jours dans la maison de son enfance, dans le sud de la France, aider sa soeur Florence a ranger les affaires de leur mere, decedee il y a un an. Agathe n'aime pas cette region, elle en est partie des qu'elle a pu. Mais les imperatifs de la parite l'ont parachutee ici a l'occasion des prochaines echeances electorales. Karim, et son ami Michel Ronsard entreprennent de tourner un documentaire sur Agathe Villanova, dans le cadre d'une collection sur "les femmes qui ont reussi".</p>
<p>Seulement voila, alors que l'on attendait un film qui parviendrait a synthetiser leur vision artistique et politique, on se retrouve avec une oeuvre qui ne fait que l'effleurer. Si nous sommes loin du compte, il n'en demeure pas moins que dans ses ambition revues a la baisse, le film du couple a la vie comme a l'ecran est une reussite.</p>
<p></p>
<p>Comme chaque film scenarise et/ou realise par le couple Jaoui/Bacri, <strong>Parlez moi de la pluie</strong> est extremement bien ecrit, les dialogues merveilleusement interpretes et les acteurs au diapason les uns des autres. Meme si le film s'attache plus particulierement au parcours de trois personnages principaux Jaoui/Bacri/Jamel, tous ont leur importance et contribuent a l'ambiance melancolique du film.</p>
<p>Comme toujours Jaoui s'attache au caractere intimiste de son histoire ce qui se traduit comme d'habitude par des cadres resserres (etriques </span>Des personnages avant tout attaches et soumis aux contingences professionnelles et techniques (un documentaire sur Agathe Villanova, femme politique) et qui en oublient d'apprecier le reste.</p>
<p>Les quelques moments hors les murs ne peuvent cependant nous faire oublier que nous sommes en presence de theatre filme. Une succession de saynetes et de petits plans sequences soulignant le manque d'ampleur qui semble etre le seul horizon formel d'Agnes Jaoui et de beaucoup trop d'oeuvres franais incapable de transcender son sujet par sa seule mise en scene.</p>
<p></p>
<p>Malgre tout, le plaisir reste entier dans cette comedie loin d'etre legere, Jaoui prenant le risque de n'offrir aucune resolution definitive a ses personnages, comme dans la vie en general. Elle ose meme laisser en plan le personnage de Florence, soeur de la politicienne, dont le refus de reprendre sa vie en main s'avere redhibitoire. Incapable de quitter son mari, elle perdra son amant, qu'elle dit aimer pourtant, et finira sous la pluie dans les bras de la gouvernante d'origine algerienne, Mimouna. Une presque derniere image particulierement forte puisqu'en retournant pres de son mari, c'est Florence qui apparait la plus soumise quand, dans le meme temps, Mimouna aura eu le courage de demander le divorce.</p>
<p>Cependant, le personnage de Mimouna sera pour le moins delaisse, du moins a peine exploite. Un traitement qui marque les limites du cinema du duo Jaoui/Bacri. De fait, Jaoui oublie quelque peu cette immigrante algerienne debarquee au moment de l'independance a l'age de14 ans dans les bagages de la bourgeoise famille Villanova et depuis lors a son service. La realisatrice jouant de l'omission pour illustrer une integration de faade. Si elle est bien traitee par les deux soeurs, il n'en demeure pas moins qu'elle vit recluse dans une bicoque mitoyenne, parmi eux mais a l'ecart. Mais on ne fera que le deviner, puisque aucune image ne nous montrera cette localisation spatiale. A l'instar de son personnage, son histoire demeurera a l'arriere plan, ne servant qu'a donner une contenance, une certaine epaisseur aux autres protagonistes gravitant autour d'elle.</p>
<p>Mais ce qui aurait pu passer ailleurs devient ici problematique puisque n'oublions pas que le personnage central est Agathe Villanova, une militante feministe desormais politicienne. Une dimension politique bien trop vite evacuee que ce soit dans le recit, les dialogues ou les images. Une sequence est d'ailleurs emblematique de ce renoncement, de cette tentative avortee de lier la fonction a l'action. Elle intervient lors du visionnage par Michel et Agathe du premier montage des rushes par Karim. En fait, Michel tombe par hasard (il a perdu une fois de plus ses lunettes) sur un montage parallele de son ami ou des images de video super 8 sont montees en parallele avec des images tournees par les deux equipiers et montrant Agathe toujours aussi directive et dominatrice. Le montage devient meme hilarant puisque parasite par des images d'une obscure serie B ou une femme en cuir fait claquer son fouet. Mais le montage ne se resume pas seulement a reveler la nature profonde de Agathe, il acquiert une dimension revendicatrice lorsqu'a ces images succedent celles de sa mere, au debut de son arrivee en France et maintenant, toujours au service de la famille a des generations d'ecart, montage parallele parasite lui par des images d'archives de la vie en Algerie pendant la guerre. Une sequence coup de poing qui malheureusement au lieu de refonder le recit sera a peine evoque plus tard au detour d'un echange entre Karim et Agathe. Pire, il ne sera fait reference qu'aux images ayant trait a Agathe.</p>
<p></p>
<p>S'il ne parle pas de politique, alors quel est le veritable sujet du film?<strong> Parlez moi de la pluie</strong>, est un film egocentre sur les souffrances, les felures psychiques de ses 3 personnages principaux. Agathe/Michel/Karim beneficiant chacun a leur tour d'une sequence les voyant s'eloigner seul du lieu d'action, montrant la place centrale qu'ils occuperont dans le recit en meme temps que leur isolement. Pratiquement la seule idee de mise en scene de tout le film. Mais plus que l'humiliation ordinaire dont serait victime nos protagonistes, et dont le dossier de presse se repend, c'est bien de l'absence de sollicitude dont il est ici question. Un mot qui echappe litteralement a Agathe pour les besoins de mots-croises.</p>
<p>Parlez moi de la pluie est un film touchant, tres drole, au plus pres de ses personnages dont on devine le passe traumatisant sans que celui-ci ne s'impose outrageusement.</p>
<p>Agnes Jaoui reste donc dans un registre connu et qu'elle maitrise parfaitement, rien a redire. Mais quel dommage que ses velleites d'ouvrir et de donner une profondeur a son intrigue se soient contentees d'illustrer ce que sont bien souvent les discours politiques, de simples effets d'annonce.</p>
</p>				</div>			</content>			<id>http://zug.blog.toutlecine.com/5623/Parlez-moi-de-la-pluie-a-defaut-d-autre-chose/</id>			<link href="http://zug.blog.toutlecine.com/5623/Parlez-moi-de-la-pluie-a-defaut-d-autre-chose/" />			<author>				<name>zug</name>				<uri>http://zug.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2008-09-28T21:27:03+02:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>REC : Rendez-vous avec la peur</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p>
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<p>Experience
viscerale et ludique, <strong>REC</strong> n'est
pourtant pas comme annonce parfois le film d'horreur
ultime. Un sentiment de deception plane meme tant
l'attente, generee par un marketing
viral ultra efficace, aura ete enorme. Ceci
dit, pas question d'amoindrir l'impact
emotionnel de ce chef d'oeuvre incontestable qui
cree differents niveaux de peur par sa seule mise en
scene. Un postulat qui ne semble pas evident vu le
traitement formel de l'image voulant donner
l'impression d'un reportage non
maitrise.</p>
<p></p>
<p>Tandis que le
cinoche de genre bien de chez nous tarde a se renouveler
et/ou accoucher d'oeuvres incontournables (en attendant
<strong>Martyrs</strong> peut etre?), le cinema
espagnol n'en finit plus de se poser comme le bastion le plus
creatif, iconoclaste et surtout transgressif.</p>
<p>A l'inverse
d'un cine <em>made in Britain</em> plus porte
sur une hybridation horreur/humour parfaitement recommandable et
maitrisee (<strong>Isolation</strong>, <strong>Evil
Aliens</strong> mais surtout <strong>Severance</strong> et
<strong>Shaun of the dead</strong>) seuls <strong>The
Descent</strong> et <strong>Creep</strong> se rapprochent du
traitement jusqu'au boutiste et sans concession
opere par Amenabar, Plaza et Jaume Balaguero. Ces
deux derniers s'associant pour tourner ce qui reste a
ce jour la plus terrifiante et palpable experience de la
peur sur grand ecran. Nul doute que la vision de ce petit
bijou de l'horreur verra ses effets amoindris lors
d'une vision dans son salon douillet. Encore que la
technologie du home-cinema associee a celle de
la HD offrent de sacrees possibilites. Mais pour une
vision plus analytique de l'oeuvre, votre
tele est plus que recommandee tant voir
<strong>REC</strong> au cinema n'incite pas a
la reflexion. On se prend le film en pleine figure, une
immersion totale qui s'apparente a un
 sur des montagnes russes. Oui, comme
la promo accompagnant sa sortie l'aura clamee, vous
aurez peur. Tres peur meme suivant votre degre
d'accoutumance au genre.</p>
<p>Les sensations
etant d'autant plus decuplees
qu'elles sont partagees avec les spectateurs
avoisinants. Une contamination abstraite rendue possible par la
promiscuite d'une salle obscure, lieu de recueillement
collectif par excellence.</p>
<p>
<strong>
Fausse bande realiste mais vraie mise en
scene</strong></p>
<p>De contamination,
il en est question dans la realite
diegetique, puisqu'un immeuble du centre-ville
barcelonais va devenir le theatre d'un drame
horrifique a cause d'un virus infectant peu a
peu toutes les personnes y residant. Un lieu tres
vite isole et confine par les autorites
sanitaires et la police afin, sinon d'eradiquer le
virus du moins empecher sa propagation. Cette mise en
quarantaine etant filmee par une journaliste
tele et son cameraman venus au depart
faire un reportage sur les conditions de travail nocturne
d'une caserne de pompiers. Et voila tout ce petit
monde piege a l'interieur.</p>
<p>Les
premieres decisions consistent donc a tenter
de sortir par une fenetre ou une porte derobee.
Des actions contrariees par la determination des
forces de l'ordre au visage indefini. Nous n'en
verrons que des ombres, des casques sombres ou des figures rendues
floues par les baches recouvrant chaque sortie. Soit tout
l'arsenal pour donner a cette menace
desincarnee un caractere fantasmatique.</p>
<p>Du registre du
reportage live ou il faut combler les sequences
d'inaction (aperu du standard, des couloirs menant au
dortoir, du refectoire) on passe des lors dans le
registre du film de siege. Sauf que desormais,
l'enjeu n'est plus d'empecher l'Autre
d'entrer mais bien de sortir. Rapidement, les prisonniers
vont donc etre confrontes a l'origine de
l'appel des pompiers, soit une vieillarde vivant recluse dans
son appartement. Et ce que l'on prenait pour de la crasse
maculant sa chemise de nuit se revele etre en
fait du sang seche. Mais pas le sien. La zombie se
jetant bientot sur la premiere personne venue lui
porter assistance.</p>
<p>Toute
l'intelligence du duo Balaguero/Plaza est la. Avoir
donner un visage a la menace interne quand les forces de
police basees a l'exterieur se bornent
a des formes, des voix ou des sons (pales
d'helicopteres, megaphone) renforce la
sensation d'enfermement. De plus, en delimitant la
zone a risque par des baches opaques, les
realisateurs figurent l'espace securisant par
excellence: la salle de cinema. En quelques
sequences, ils enoncent clairement que les survivants
ne pourront rien attendre des spectateurs du drame a venir,
qu'ils soient derriere la bache ou/donc devant
l'ecran.</p>
<p>Nous renvoyant
ainsi a notre condition de simple spectateur. Un peu
a la maniere de ce qu'experimente Kojima
avec sa serie video-ludique des Metal Gear Solid. Et
ce n'est pas le seul point commun que le film entretient avec
les jeux videos, nous y reviendrons.</p>
<p>Et lorsque un
, ici un scientifique,
penetre dans la fiction, c'est pour finir deux
bobines plus tard transforme en zombie! Le
procede de personnification est a cet
egard remarquable puisque le scientifique n'est au
depart represente que par sa combinaison
sanitaire et son masque. Son arrivee
theatralisee au maximum (un pan du
 se leve, plans de ses
pieds, de la mallette qu'il tient...) renforce donc la
tension deja presente. L'espoir
renait en meme temps que son visage se decouvre,
soit au moment de son incarnation veritable. Ou comment
susciter deux emotions contradictoires en une courte
sequence.</p>
<p>Maintenant que
les zones sont delimitees, l'action se
focalisera dorenavant sur les protagonistes aux prises avec
des zombies. Apres avoir joue la distanciation, le
film nous immerge completement dans la fiction. Passe
le premier choc du confinement, place au deuxieme choc,
celui de la confrontation. Mais avant que tout ne s'emballe,
les realisateurs prennent le temps de faire monter la
pression au travers des interrogations suscitees par les
premiers evenements. Un climat
deletere qui engendrera suspicion ainsi que la
mise au jour de relents xenophobes. Avant l'Autre,
l'ennemi c'est d'abord soi-meme.</p>
<p>
<strong>The barcelona fear project</strong></p>
<p>Le but
avoue des deux compadre est de foutre une petoche de
tous les diables avec peu de moyen. Et pour y parvenir, rien de
mieux qu'une camera de television
embarquee, une vision subjective et des acteurs
 a la limite de
l'improvisation en roue libre. En somme, inscrire le film
dans une hyper-realite rendue tangible par ce
procede de docu-fiction, avec le <strong>Projet Blair
witch</strong> dans le retroviseur. Mais si ce dernier
crea son petit effet en 1999, et bien que
beneficiant d'une reelle mise en
scene malgre ce que peuvent penser ses
detracteurs, le film qui lana le genre est bien
evidemment l'immense <strong>Cannibal
Holocaust</strong> (1978) de Ruggero Deodato. Au-dela de
scenes gores devenues cultes (la femme empalee) ou
choquantes (les reelles tueries d'animaux), ce film
est le premier a questionner la place du spectateur face
a des images censees etre reelles (le
film est l'histoire du montage des rushes d'un
reportage retrouves dans la jungle). Comment les
apprehender, interroger leur necessite (les
censurer ou pas). Un veritable travail de
demystification d'images apparemment authentiques par
le biais d'un film de pure fiction. Une analyse qui
n'est possible qu'avec du recul, car aussi bien
<strong>Cannibal Holocaust</strong> que <strong>REC</strong>
parviennent a obliterer toute reflexion par
leur pouvoir immersif. Autrement dit, ces films stimulent avant
tout notre cerveau reptilien, un retour a des
emotions primitives.</p>
<p>Outre les effets
de reel imprimes au film  images
saccadees, prises de son aleatoires, absence de
musique  <strong>REC</strong> parvient a constamment
justifier ses partis pris esthetiques. Si la journaliste
intime au cameraman de continuer a filmer
malgre tout, c'est pour laisser une preuve de leur
retention par les autorites et pour temoigner
du drame qui se deroule. L'inverse du grandiose et
pourtant mesestime <strong>Cloverfield</strong>
a qui l'on reproche, entre autres, de constamment
capter des images sans que rien ne justifie de le faire. Un film
pourtant aussi experimental et maitrise que
<strong>REC</strong>. Fin de la parenthese.</p>
<p>Et afin de
renforcer le sentiment d'urgence et la desorientation
Balaguero et Plaza utilisent toutes les possibilites
techniques offertes pour soumettre la narration. Plans
sequences a la camera portee, ellipses
causees par l'interruption du tournage, utilisation du
projecteur integre, de la vision infrarouge ou encore
le travail sur la bande-son avec defaillance du micro, tout
est fait pour nous empecher de sortir de ce cauchemar
eveille. Divers registres d'images qui, tout en
permettant de se reapproprier les images type
<em>Dailymotion</em> ou <em>You Tube</em> ayant
proliferees dans l'ombre du cinema,
accentuent les effets de cette
 presque
palpable.</p>
<p>
<strong>Retour motel</strong></p>
<p>Et question
impression de realite, le rembobinage effectue
en plein milieu de la fiction afin de revoir la mort de la vieille
zombie se pose la. Une scene aussi brillante que
malheureusement non exploitee par la suite mais qui
s'avere interessante a plus d'un
titre.</p>
<p>D'une
logique implacable - la presentatrice veut etre
sure que la scene est bien en
boite - cette sequence est parfaitement
representative de l'importance accordee
a l'image dans nos societes
contemporaines. L'evenement, la
 de la zombie, ne pourra etre
considere comme reel ou ayant effectivement eu
lieu qu'a partir du moment ou l'on (la
journaliste) pourra re-voir jouer la scene. La
ou <strong>REC</strong> impose cette reflexion par la
puissance de ses images, le <strong>Diary of the dead</strong> de
Romero se contente de l'exprimer par la voix de ses
personnages.</p>
<p>D'autre
part, cette seule scene releve d'une
interessante mise en abyme du cinema lui-meme
(plus generalement de la fiction), seul
habilite a faire se re-lever les morts.</p>
<p>Enfin, ce
<em>rewind</em> a un enorme impact emotionnel puisque
l'ellipse, ou plus prosaiquement le trou, ainsi
creee dans la matiere filmique meme,
augmente de maniere incroyable le degre de tension.
Que se passe t'-il le temps que les deux personnages revoient
la scene? A quoi s'attendre une fois que le
temps de la fiction aura repris son cours? Et meme si
au final la situation reste en l'etat, cette seule
sequence aura enterinee et validee la
maitrise formelle et narrative des deux amigos.</p>
<p>
<strong>Tout montrer, c'est moins voir</strong></p>
<p>La beance
creee par ce rembobinage reaffirme de
maniere plutot explicite l'importance du
hors-champ pour susciter la peur. Chose que de trop nombreux films
ont oublie, preferant la monstration a
la suggestion, enrichissant, parfois jusqu'a la
nausee, la narration de plans toujours plus nombreux. Les
<em>jump-cuts</em> et autres montages epileptiques
obeissant a la simpl(iste)e motivation de tout
montrer. Un trop plein qui parasite l'emergence de la
moindre emotion ou reflexion.</p>
<p>On l'a vu
des l'entree dans l'immeuble, la
volonte des realisateurs est de creer un
hors-champ a la fois tangible (les baches opaques
recouvrant les moindres issues) comme purement artificiel (le
<em>rewind</em>). Pour finalement les amalgamer de maniere
ultra efficace des lors que les infectes commencent
a attaquer. En effet, les couloirs etroits
(impossible de se tenir cote a cote)
figures par les bords du cadre delimitent le champ
d'action. Et ce sont de ses limites diegetiques
que surgiront dans le champ les zombies. Sursauts
assures.</p>
<p>Ce surgissement
est l'apanage depuis des annees des jeux videos
horrifiques type <em>Silent Hill</em> mais surtout <em>Resident
Evil</em>. <strong>REC</strong> n'etant rien moins
qu'une adaptation non avouee du hit de capcom. Et
quelle adaptation! A mille lieues de celle sans saveurs et
aseptisee de Paul Anderson. a egorge,
a gicle parfois, bref
a vit.</p>
<p>Aux divers
repertoires d'images deja mis en
scene (images cine, camera video,
infra-rouge) s'ajoute donc des visuels que l'on
croirait sortis des cinematiques composant le jeu.</p>
<p>S'il ne
fallait retenir qu'un plan du film, se serait sans doute
celui nous montrant par une vue en plongee du dernier
etage, la cage d'escalier et d'ou
emergent de chaque bord de l'ecran, donc de
chaque palier ou niveau, les tetes zombifiees des
personnages rencontres precedemment.</p>
<p>Importance du
non-vu donc pour creer l'effroi, mais on peut y
adjoindre egalement l'importance du non-entendu. La
sequence dans la remise ou les problemes de
sons empechent le cameraman de comprendre ce
qu'il est en train de voir/filmer permet de redonner toute
son importance a la bande-son dans la comprehension
des images.</p>
<p>
<strong>Pixelisation</strong></p>
<p>En plus de
questionner la place du consommateur face aux images qu'il
ingurgite, le film se double d'une mise en abyme
reflexive sur le jeu auquel Balaguero et Plaza soumettent
les spectateurs/joueurs. D'ordinaire, les adaptations de jeux
videos sont ennuyeuses par manque d'implication
emotionnelle. Autrement dit, on assiste
generalement a une partie jouee par
quelqu'un d'autre. Or, cette fois-ci et pour la
premiere fois le  est au
coeur de l'action, ce que les plans en vue subjective
illustrent et figurent a merveille (la camera
<span>est</span> le regard du
spectateur). Pour autant, nous n'avons aucun controle
sur la partie que nous . Le film
est un simulacre presque parfait de libre-arbitre puisque au final,
nous en sommes reduits a interpreter des
personnages controles par les deux
realisateurs. Deux sequences demontrent
a elles seules l'etendue de ces nouveaux
enjeux. Cernes de toute part, les quatre derniers survivants
tentent de se refugier dans un appartement inoccupe
du dernier etage. Mais pour y acceder, ils ont besoin
du passe du president du syndic. Probleme, ou
habite t'il? Une seule solution, redescendre deux
etages, regarder sur les boites aux lettres du rez de
chaussee, puis remonter. Le tout au milieu de zombies
arrivant de toute part. Sequence a la tension
maximale ou les personnages comme les spectateurs sont
litteralement balades d'un coin a
l'autre de l'ecran. Deuxieme temps, la
scene ou la journaliste se voit dirigee et
controlee par le cameraman (le spectateur
puisque nous sommes en vue subjective) dans la penombre
a la recherche du fameux trousseau de cles. Lui
intimant l'ordre d'aller a droite, a
gauche comme n'importe quel avatar virtuel.</p>
<p>Quand enfin la
journaliste et son collaborateur parviennent a
acceder au dernier etage, sorte d'ultime niveau,
l'experimentation formelle cesse pour laisser la fiction
reprendre ses droits. Cet appartement oublie est
sature de photos, de reliques, de signes rappelant d'autres
oeuvres inspiratrices. Et c'est dans ce lieu de confinement, au
coeur meme de la fiction, puisque l'on apprend par la
bande-son que cet endroit est le point de depart du
desastre, que la terreur sera a son paroxysme.
Balaguero et Plaza confrontant finalement les rescapes
a ce qui git, ce qui vit dans les
tenebres, l'origine du mal.</p>
<p></p>
<span>Alors
que son dispositif narratif clame a chaque plan le
contraire, <strong>REC</strong> est une oeuvre
maitrisee de bout en bout par son duo detonnant
de realisateurs. Questionnant notre perception des images
comme les differents regimes<span></span> dans
lesquelles elles s'inscrivent et evoluent, Plaza et
Balaguero n'oublient pas pour autant leur intrigue et la
caracterisation des personnages. Soit ce que Romero n'a pas
reussi a faire dans son <strong>Diary of the
dead</strong>. Subversive, transgressive et reflexive,
<strong>REC</strong> est une oeuvre majeure du cinema, tous
genres confondus.</span>				</div>			</content>			<id>http://zug.blog.toutlecine.com/4738/REC-Rendez-vous-avec-la-peur/</id>			<link href="http://zug.blog.toutlecine.com/4738/REC-Rendez-vous-avec-la-peur/" />			<author>				<name>zug</name>				<uri>http://zug.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2008-09-01T23:28:58+02:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>SPEED RACER : Aveuglement critique + incompréhension = plantage commercial</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p>Le voisin
d'a cote is back et meme en super forme !
Etonnamment, maitre Rafik nous revient mais sans s' exprimer
sur Speed Racer. Sans doute prepare t'il un article de 15
pages.</p>
<p>En l'attendant
avec impatience, voici le mien (beaucoup plus court, je le
confesse).a la fois pour saluer le genie des
Wachowski, feter le retour de Rafik (depuis quelques jours
deja, je sais mais je rentre juste de vacances !) et
lui apporter mon soutien inconditionnel ainsi qu'a Totoro et
tous ceux qui se sont fait "kickbannise" du forum de Mad
Movies. La fin d'une epoque....</p>
<p></p>
<p><span>Alors que dans son ensemble les studios
hollywoodiens misent sur une rentabilite immediate
soit en debitant des remakes au metre ou des films
reposant entierement sur leur concept et/ou leurs stars, la
Warner prend tous les risques en osant proposer des oeuvres
spectaculaires en terme de mise en scene comme visuellement
et thematiquement. Et qui ne rencontrent pas leur public,
comme l'atteste le nombre d'entree des
remarquables La legende de Beowulf et Invasion. A croire que
les spectateurs se mefient des lors qu'un
blockbuster barbare ou une fable science-fictionnelle leur
demandent de garder leurs neurones connectes. Un
degre d'exigence qui est la marque de fabrique de Andy
et Larry Wachowski et qui, pour les connaisseurs, est la promesse
d'un cinema total.</span></p>
<p>
<strong><span>Reception
critique</span></strong></p>
<p><span>Apparemment, la plupart des spectateurs comme les
critiques ne sont pas prets a apprecier
a leur juste valeur la generosite de
ses deux realisateurs d'exceptions. C'est peu
dire que leur dernier ne, <strong>SPEED RACER</strong>,
divise. Les detracteurs se montrant virulents et agressifs
dans leurs reactions, quand ils ne sont pas carrement
a cote de la plaque.
Que l'on aime ou pas <strong>SPEED RACER</strong>, il ne
laisse pas indifferent. Il est pourtant etonnant de
voir un certain mepris affiche par la presse dite
specialisee (peu ou pas d'infos avant le mois
de juin), encore plus lorsqu'il emane du magazine
reference pour une grande partie des
cinephiles, Mad Movies. Je n'invente rien, ils
s'enorgueillissent d'ailleurs sur leur site de
n'avoir absolument rien a faire du film!? Ils
justifient ce dedain (il n'y a pas d'autre
terme) par le recentrage de la revue sur l'horreur pure.
C'est sur que preferer une preview sur
<strong>X-Files 2</strong> cela correspond parfaitement a
cette ligne editoriale! Preview ou, soi dit en
passant, ils font 3 pages sur de simples speculations
puisqu'aucune info n'a filtree, soit litteralement du
vent
Il faut plutot y voir un reglement de compte avec
l'equipe ayant sevi entre 2000-2003 et
emmene par les Rafik Djoumi, Yannick Dahan, Arnaud Bordas et
compagnie pour qui se posaient simplement la question de savoir si
le film etait suffisamment interessant
esthetiquement et thematiquement (qu'il soit
apprecie ou non) pour en parler. Du gros blockbuster
qui tache a la bonne petite serie B en passant par
les perles occultees par les autres a cause de leur
non potentiel commercial. Une autre epoque
donc...
Mais arretons la le proces du
 Mad.</span></p>
<p></p>
<p>
<strong><span>DYNAMIC DUO</span></strong></p>
<p><span>Un maelstrom de couleurs, de sensations et
d'images, aussi beau que pueril et futile. Une
definition aussi reductrice que fausse que nombres de
critiques et d'internautes ont tot fait d'accoler
a Speed Racer, nouveau film des freres Wachowski.
Sous couvert de proposer un spectacle en technicolor pour gamins
attardes, les deux esthetes aussi geniaux
qu'incompris livrent sans doute ici leur film le plus
personnel. Une approche humble et sincere ou les
images demeurent plus que jamais le vecteur essentiel des
emotions.
5 ans apres avoir conclu leur incroyable fresque
philosophico-kung-fuesque, les Wachowski reviennent donc a
la realisation en adaptant un dessin-anime japonais
dont ils sont fans et ayant berce l'enfance de
generations entieres
d'americains, "Mahha Go Go Go" de
Tatsuo Yoshida et traduit par <em>Speed Racer</em>. Apres
s'etre laches avec la monumentale saga
<strong>Matrix</strong>, dont le dernier episode consacra un
peu plus l'hermetisme (apparent seulement) de leur
cinema a ceux qui ne veulent pas voir, les frangins
veulent se recentrer vers une oeuvre plus accessible et grand
public. Un mixage de comedie familiale et de critique du
sport spectacle qui s'avere beaucoup plus ambitieux
formellement et thematiquement.</span></p>
<p><span>Malgre le scepticisme a
l'egard de leurs oeuvres anterieures et plutot
que d'opter pour la facilite, les Wachowski osent un film
particulierement barre et pour certains
carrement psychotronique. Fideles a leur
conception du medium, ils reproduisent a
l'ecran un decorum fortement connote sixties
en concordance avec le dessin-anime d'origine. Une
cohesion artistique renforcee par des
references d'epoque, mobiliers, <em>James
Bond</em>, <em>Conan le barbare</em>, la serie
<em>Batman</em> (la sequence de baston dans les montagnes
ou ne manquait que la visualisation des onomatopees
!) mais aussi <em>Dick Tracy</em> avec cette collection de trognes
pas possibles des bad-guy. Quand a la dynamique d'ensemble,
ils ont ete fortement influences par Miyasaki
et notamment par son Chateau de Cagliostro et les jeux
videos. Enfin, au petit jeu des citations, on pourra
reconnaitre des emprunts a <strong>Akira</strong> et
le realisateur de japanime Kawaijiri ou a l'art
contemporain et abstrait. Mais comme Tarantino ou les coen, leur
cinema ne peut se resumer et se reduire
a un assemblage heteroclite, puisque chez tous
ses auteurs l'important est de se reapproprier ces
influences afin de nourrir leur propre travail, les
redefinissant pour construire un univers coherent et
en adequation avec leur propos. Et dont <strong>Speed
racer</strong> est une parfaite illustration.</span></p>
<p></p>
<p><span>
</span></p>
<p></p>
<p>
<strong><span>L'art de
l'enfance</span></strong></p>
<p><span>Tandis que l'on pouvait legitimement
craindre une trop forte distanciation (Pouah, on dirait <strong>Spy
kids</strong> sous LSD !), ils reussissent une fois encore
le pari incroyable d'une immersion complete grace
a leur seule mise en scene. Le premier quart d'heure
est a ce titre un pur regal et un modele du
genre. Une introduction que bon nombre de realisateurs
souhaiteraient reproduire en guise de climax final ! Un
veritable sommet de concision et de precision dans
l'univers depeint comme la presentation des
personnages et des enjeux a venir. Alternant les flash-backs
et le present sans coupes, les transitions etant
effectuees par le biais des personnages ou d'une
camera en mouvement, donnant a ses allers-retours
temporels une linearite exemplaire. Une
homogeneite que l'on ne retrouve que dans les
anime et permise par l'emploi du numerique.
Les Wachos accelerent meme le rythme des
la course de bolides, la sarabande folle du present sur les
talons d'images du passe. Speed lui-meme chassant le
record de vitesse du tour de son frere disparu
jusqu'a poursuivre son fantome. Tout simplement
grandiose.
Et quand Hollywood multiplie les dialogues explicatifs, les deux
realisateurs preferent laisser parler les
images, nous rappelant que le cinema est un art du muet,
utilisant toutes les possibilites offertes par le
numerique (ralentis extremes, inserts, travellings
avant/arrieres, etc) pour une lisibilite absolue des
enjeux dans l'action.
Ils poursuivent meme la reflexion, entamee avec
<strong>Matrix</strong>, sur l'imbrication des
differents degres de realite, leur
permeabilite et leur capacite a
englober personnages comme spectateurs, a un degre
superieur.
Ainsi, tout porte a croire au debut que nous sommes
dans une fiction aux decors contemporains bien que
marques par des couleurs eclatantes (la salle de
cours et le bureau de la conseillere). Mais des la
sortie en trombe de Speed, c'est le choc. Les couleurs
chamarrees ne sont pas exclusives des decors
interieurs, la fiction dans son entier y est assujettie. Les
Wachowski font plus qu'adapter un dessin-anime culte, ils
composent un univers totalement soumis aux fantasmes du
gamin.</span></p>
<p><span>Lorsque le jeune Speed s'imagine au volant d'un
bolide dessine par la main d'un enfant, c'est la fiction
entiere qui sera soumise a son reve
eveille, comme remarquablement traduit a
l'ecran par les effets parallaxes du decor (des
lignes paralleles donnant l'impression de converger), la
figuration des lignes de vitesse (marque de fabrique des mangas et
autres O.A.V), des circuits automobiles au trace et au
design delirants ou les aplats de couleurs
primaires.
A noter qu'en psychologie, la parallaxe est une modification de la
subjectivite, la difference de perception d'une
meme realite, ce qui appuie un peu plus
la demonstration selon laquelle les intentions des frangins
sont sans cesse tributaires et illustrees par les effets de
mise en scene.
D'emblee, les Wachos annoncent la couleur, le film sera
entierement marque par le sceau d'une vision
naive (et non pas niaise) du cinema et
completement voue a la recherche d'un
emerveillement et d'un plaisir enfantin. Pas de
regression mais bien un retour a des sensations
primordiales, denuees de tout cynisme. Une belle
reponse aux detracteurs leur opposant le manque
d'affect de leurs realisations. Soulignons que la
scene ou le frere cadet de Speed, Sprittle, et
son chimpanze Chimp-Chimp foutent le boxon dans l'usine
Royalton apres avoir ingurgite trop de friandises
peut, doit, se lire comme l'expression fantasmatique du
desir de Speed de tout envoyer bouler apres que
Royalton lui ai revele les dessous pervers du
sport-business. Une impression encore une fois renforcee par
la seule mise en scene puisque les deambulations
hysteriques du duo sont a chaque fois amorcee
par un gros plan du visage de Speed.
Sans oublier que la maitrise des cadres ne serait rien
sans une direction d'acteur remarquable (ils sont tous parfaits),
le soin apporte a des dialogues sonnant juste et la
musique de Michael Giacchino retrouvant la perfection de son score
pour Les indestructibles.
Sinon, les Wachowski ne font que filmer des bagnoles hot-wheels
dans un environnement infographique digne du jeu F-zero,
a creve les yeux !</span></p>
<p></p>
<p>
<strong><span>Un film super
plat.</span></strong></p>
<p><span>Du spectacle pour gosses, Speed racer n'en
possede que l'apparente simplicite, n'hesitant
pas a aborder les arcanes de la finance (on parle d'OPA, de
rachat de titres, de speculation...) et ou Racer X le
justicier des circuits travaille en etroite collaboration
avec la commission de surveillance, proposant de lutter non
plus physiquement mais en trainant les responsables devant la
justice (!). Le defilement des valeurs boursieres
tenant lieu de nouveau code matriciel pour Royalton, assumant
completement son attachement a la marchandisation
generalisee. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard
si les tenants du neo-liberalisme se contentent de
regarder l'action devant un ecran plutot que d'y
participer. Les Wachowski opposant visuellement et
philosophiquement deux conceptions antagonistes. La mere de
Speed "<em>Ce que tu fais avec ta voiture, c'est de
l'art</em>" et Racer X : <em>It doesn't matter if racing
never changes.</em></span> <em><span>What
matters is if we let racing change us. Every one of us has to find
a reason to do this. You don't climb into a T-180 to be a
driver.</span></em> <em><span>You do it
because you're driven</span></em><span> exprimant la profession de foi des
realisateurs envers le cinema et que Speed
materialisera dans la derniere sequence.
Pas mal pour un spectacle pour attarde mental ou gamins de 3
ans. Et les prouesses techniques, le car-fu et les quelques
concessions (qui n'en sont pas vraiment d'ailleurs, voir paragraphe
precedent !) faites pour elargir leur audience
(les scenes de comedies burlesques, les persos du
chimpanze et de Sprittle) ne peuvent supplanter leur
ambition esthetique premiere de donner l'impression
de se mouvoir dans un dessin, un celluloid ou une
peinture.
Une volonte qui se traduit a l'ecran au
travers des multiples references a la
pop-culture et au procede de 2D  selon
le concepteur des effets speciaux John Gaeta mais qui a en
fait tout a voir avec le
.
Un mouvement d'art contemporain influence par l'anime
et le manga qui vise a analyser la culture japonaise
a travers la sous-culture dite . Cette
derniere emergeant au sortir de la seconde guerre
mondiale en absorbant la culture occidentale et plus
particulierement americaine.

super plat  et se refere a diverses
formes aplaties de l'art graphique japonais ainsi qu'a la
superficialite de la culture consumeriste japonaise.
Ce que le film experimente en abolissant toute profondeur de
champ.
Takashi Murakami est considere comme le chef de file
de ce mouvement. Il cristallise dans ses oeuvres et ses
projets, la nouvelle subculture de Tokyo. Il est le
representant d'une generation
impregnee de l'imaginaire des mangas et des
otakus.
Il reflechit particulierement aux
scenographies pour que  le public ait l'impression
d'etre entoure par une multitude de cameras,
meme s'il se trouve en face d'une seule et meme image
. Soit exactement le procede technique
utilise par Gaeta et son equipe.
Une de ses adeptes est Chiho Aoshima, dont les peintures qu'elle
peignit dans le metro japonais ont ete
reprises pour figurer la ville ou siege la firme
Royalton.</span></p>
<p><span>
</span></p>
<p><span>Sature de references
artistiques et cinephiliques, Speed racer n'en demeure pas
moins l'expression ultime d'un cinema total,
entierement voue a propulser ses spectateurs
dans un monde fantasmagorique ou ne compte plus que la
resonance interieure. Une quete spirituelle que
les Wachos poursuivent en convoquant le precurseur de l'art
abstrait, le peintre Vassili Kandinski.</span></p>
<p><span></span></p>
<p>
<strong><span>Du spirituel dans l'art et dans
le cinema des Wachowski en particulier</span></strong></p>
<p><span>Peintre mais aussi theoricien de son art,
lorsque l'on etudie ses oeuvres et plus encore ses
ecrits, il apparait que les Wachowski se sont
appliques a retranscrire ses theories et son
engagement.
Ainsi, pour Kandinski, l'art peut etre aussi l'expression
directe du monde interieur de l'individu, et il vient
a considerer que la peinture peut s'affranchir des
formes et s'exprimer dans la seule dimension du trait, de la tache
et de la couleur et qu'il peut a partir de la tout
autant toucher l'ame de l'homme que la representation
figurative.</span></p>
<p><span>Lorsque l'on regarde les couleurs sur la
palette d'un peintre, un double effet se produit: un
effet purement physique de l'oeil charme par la
beaute des couleurs tout d'abord, qui provoque une
impression de joie comme lorsque l'on mange une friandise. Et
oui, le choix de couleurs  n'est
pas du mauvais gout. De meme que la sequence
ou Sprittle et son singe devalisent le coffre
a bonbons de Royalton n'offre pas seulement une respiration
humoristique.</span></p>
<p><span>Mais cet effet peut etre beaucoup plus
profond et entrainer une emotion et une vibration de
l'ame, ou une resonance interieure qui
est un effet purement spirituel par lequel la couleur atteint
l'ame. Ce que Kandinsky appelle le
 devient de plus
en plus eclatant, il se charge d'un pouvoir
emotif et d'une signification cosmique
intense.</span></p>
<p><span>Son premier grand ouvrage theorique sur
l'art, intitule Du spirituel dans l'art et dans
la peinture en particulier, parait fin 1911. Il y expose sa
vision personnelle de l'art dont la veritable mission
est d'ordre spirituel, ainsi que sa theorie de
l'effet psychologique des couleurs sur l'ame
humaine et leur sonorite interieure.</span></p>
<p><span>Ainsi le vert produit le calme (la mere de
Speed est vetue de vert lorsqu'elle le reconforte
apres la mort de son frere), Le rouge est une couleur
chaude tres vivante, vive et agitee, il
possede une force immense, il est un mouvement en soi (le
rouge caracterise le famille Racer, mobilier, uniformes,
atelier), le violet est un rouge refroidi qui confine a
l'immobilite (Couleur caracterisant Royalton, il en
est vetu et l'enjeu pour lui est de faire revetir un
costume violet a Speed, signe de son controle sur lui)
et ainsi de suite.</span></p>
<p><span>Enfin, le grand final paroxystique et orgiaque, le
Grand Prix definitif qui consacre Speed moins comme le
vainqueur que comme l'artiste transcendant son art, est l'exacte
illustration de peintures ou de <em>grandes
masses colorees tres expressives evoluent
independamment des formes et des lignes qui ne servent plus
a les delimiter ou a les mettre en valeur mais
qui se combinent avec elles, se superposent et se chevauchent de
faon tres libre pour former des toiles d'une
force extraordinaire</em>. Le deferlement de
couleurs fusionnant avec la structure du circuit dans un crescendo
accentue par la musique, provoque une sensation ultime
d'apaisement et de plaisir. Une experience rare
a vivre en salles.</span></p>
<p></p>
<p><span></span></p>
<p><span>Reprenant a leur compte diverses influences
tant artistiques que cinematographiques,
cinephiliques ou geek, les Wachowski livrent encore une fois
un film irreverencieux puisque allant a
l'encontre du formatage formel habituel. Toujours animes par
la meme demarche de proposer un divertissement en
appelant a la fois a l'intelligence et la
sensibilite des spectateurs, les deux natifs de Chicago
demeurent inexplicablement boudes par la critique et le
public (voir les resultats catastrophiques du box-office
mondial). S'exposant comme jamais, les Wachowski auront pris
en pleine gueule le refus de leur jusqu'au boutisme et leur
avant-gardisme. OEuvre magnifique et exigeante pour les
neurones et les sens, <strong>SPEED RACER</strong> est un
veritable antidote au cynisme et aux films
decerebres que l'on nous vend
a longueur d'annee. En plus d'etre un
putain de chef-d'oeuvre incompris !</span></p>
<p></p>
				</div>			</content>			<id>http://zug.blog.toutlecine.com/4221/SPEED-RACER-Aveuglement-critique-incomprehension-plantage-commercial/</id>			<link href="http://zug.blog.toutlecine.com/4221/SPEED-RACER-Aveuglement-critique-incomprehension-plantage-commercial/" />			<author>				<name>zug</name>				<uri>http://zug.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2008-07-23T23:11:10+02:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal : La guerre des mythes</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p>En attendant de lire une critique plus concise dans le
numero 13 de la revue VERSUS (http://www.versusmag.fr) avec
tout un dossier (tres) complet sur Spielberg, voici une
version longue de ce que je pense du dernier opus de la saga
Indiana Jones. Le dernier paragraphe ayant ete
inspire par le "voisin" d'a cote,
maitre Rafik.</p>
<p></p>
<p><span>A entendre et
lire les reactions plus que mitigees de la plupart
des spectateurs, journalistes ou non, apres la projection du
<strong>Royaume du crane de cristal</strong>, le retour
d'Indiana Jones est au mieux decevant, au pire
rate. Apres une si longue absence (19 ans quand
meme !), difficile de retrouver la maestria des
<strong>Aventuriers de l'Arche perdue</strong>. Pourtant, les
imperfections scenaristiques et esthetiques de ce
film deconcertant a plus d'un titre en font
sans doute l'opus le plus fascinant et passionnant de la
saga.</span></p>
<p>
<span></span></p>
<p><span>George Lucas
est co-createur du personnage, mais c'est bien
Spielberg qui en a fait une icone par la grace de sa
realisation. Une paternite partagee qui
s'accommoda plutot bien de leurs visions respectives de
l'archeologue, la trilogie ayant marque
durablement l'imaginaire collectif.</span> Les choses
changent. Les deux comperes jouissant dorenavant
d'une position dominante dans l'industrie
hollywoodienne, technologique pour l'un, artistique pour
l'autre, le compromis n'est plus de mise. Ce
quatrieme episode etant le
theatre d'une veritable lutte
d'influence entre les deux moguls. Et a ce petit jeu,
c'est Spielberg qui en sort grand vainqueur.</p>
<p>
<span></span></p>
<p><span>Apres
la catastrophique reprise en main de John Mc Clane par Fox News
l'ete dernier, faisant du heros a
la bad-ass attitude un reac-conservateur, l'annonce de
la reprise en main par Lucas d'une autre idole des
annees 80 laissait presager du pire. Refusant et
reecrivant le scenario de Frank Darabont
pourtant approuve par Spielberg et Ford, le pire
etait a craindre. Autrement dit, le syndrome de la
prelogie Star Wars menaait de frapper
d'inanite le retour du heros au chapeau et au
fouet.</span></p>
<p>Un Darabont non
credite, lui qui est pourtant associee
a la mythologie Indiana Jones puisqu'il ecrivit
6 episodes de la serie racontant <strong>les
aventures du jeune Indiana Jones</strong>. A noter qu'un
episode, jamais produit, de la 3eme saison
devait etre base sur une idee de Lucas et ayant
pour theme des cranes de cristal. Encore une fois,
rien ne se perd avec tonton George.</p>
<p>
<span></span></p>
<p><strong>Les
aventuriers de l'Arche perdue dans le
retro...</strong></p>
<p>Et cela
debute par une premiere sequence
annonant un changement fondamental, la
celebre montagne de la Paramount ouvrant
habituellement chaque film se muant en monticule de terre
d'ou surgit un chien de prairie numerique.
Aussi laid qu'inquietant pour la suite, ce plan sera
constamment invalide formellement par un Spielberg en pleine
forme bien que figurant le remaniement profond opere
a la mythologie de la saga.</p>
<p>Autrement dit,
Indiana Jones est le meme que dans nos souvenirs mais aussi
different.</p>
<p>A ce titre, le
retour du heros est magistral. Apres avoir
evacue les ados parasites de <strong>American
graffiti</strong> (film de Lucas) des la sequence
inaugurale, Spielberg signifie que les choses ont change en
montrant une intrusion violente dans une base secrete
americaine par un convoi de soldats russe. La menace est
presente sur le sol yankee et viendra extirper Indiana Jones
de sa retraite. Notre heros etant extrait
manu-militari du coffre d'une voiture. Pour l'instant
cadre de dos et en plongee, Spielberg convoquera
majestueusement le celebre aventurier en quelques
plans - un chapeau au sol, une main qui s'en saisit, une
ombre qui l'ajuste sur la tete  celui-ci
daignant se retourner enfin a l'aboiement de son nom.
Indiana Jones desormais incarne dans toute sa
splendeur.</p>
<p></p>
<p>Par la suite et
des l'arrivee des bad-guys du film, des russes
menes par la capitaine Spalkow (imperiale Cate
Blanchett), Spielberg s'ingeniera a retrouver
le souffle des <strong>aventuriers de l'Arche
perdue</strong>. Le hangar entraperu a la fin du
1er episode etant le point de
depart d'une action toujours aussi epique et
grandiloquente, ou les capacites physiques (bien
qu'amoindries par l'age) autant
qu'intellectuelles preserveront notre
heros.</p>
<p>Mais le personnage
a change. Vieilli meme comme se plait a
le rappeler Mutt Williams (Shia LaBeouf, etonnant), le
traitant de  a
maintes reprises. Indy malgre ses etats de services
sera mis a l'epreuve autant physiquement (les
nombreuse manadales qu'il reoit, chute a
moto,etc...) que verbalement. Par Mutt donc mais
egalement par deux agents du F.BI le souponnant
d'activites anti-americaine.<span>Celui-ci
personnifiant idealement l'audience actuelle,
dubitative face a ce prof ne faisant plus fantasmer ses
eleves depuis longtemps.</span> Spielberg teste donc
la capacite d'adaptation de son personnage a un
contexte aussi particulier que les annees 50. Finies les
immuables annees 30 et a la
legerete des serials. Indy fait
maintenant face a un monde travaille par la peur de
l'Autre (communiste) et de l'atome. Dans un monde
ou regnent la paranoia et le maccarthysme,
Indiana Jones apparait partiellement inadapte.</p>
<p>Tout le film
soulignera d'ailleurs son changement de statut, passant du
role d'acteur a celui d'observateur des
evenements historiques. Ce que deux plans figurent
magistralement. Indy face a la bombe et face a
l'envol d'un engin spatial. Cette derniere image
du climax, a la fois choquante et fascinante fait figure
a elle seule de lien entre deux versants de la
cinematographie de Spielberg, une quete de
spiritualite incarnee par l'aventurier et la
possibilite d'un enseignement superieur
prodigue par l'Autre.</p>
<p>Deux images aussi
incongrues que belles ou la composition des cadres voyant un
Indy miniaturise au premier plan renvoie a ces
couvertures de comics ou de pulps pullulant dans les fifties.</p>
<p>Ces deux
sequences sont egalement l'occasion pour
Spielberg d'opposer l'evolution de deux
conceptions bien differentes de la famille. Celle
ideale representee par les mannequins de ce
village-test malsain et detruite par l'explosion
atomique, repondant a celle recomposee de la
famille Jones apres le decollage du vaisseau.</p>
<p>Une prise de risque
permanente traduit le desir de retrouver un ton
delicieusement retro et adapte a son
heros. A ce titre, certains effets-speciaux
paraissant approximatifs sont parfaitement raccord avec
l'impression visuelle des episodes
precedents.</p>
<p>Mais
l'evolution du heros sera marquee par la
realisation de Spielberg, retrouvant un classicisme devenu
desuet a l'heure actuelle et pourtant
indispensable des qu'il s'agit d'installer
durablement intrigues et caracteres. Cadres elargis,
retour du hors-champ et plan durant plus d'un dixieme
de seconde, soit le retour a une realisation dite
classique que l'on a deja pu apprecier
en mars dernier avec <strong>The mist</strong> de Frank Darabont
(tiens, tiens).</p>
<p></p>
<p>Si les morceaux de
bravoure abondent (la poursuite anthologique dans la jungle
amazonienne), comme l'humour (savoureuses retrouvailles avec
Marion Ravenwood), ce qui sous-tend tout le film est moins la
course a l'armement ultime que la quete du
Savoir.</p>
<p>Une quete du
Savoir, qu'il soit scientifique, cinematographique ou
archeologique qui a toujours ete le moteur de
la saga et plus encore de ce film. Au contraire d'un Benjamin
Gates pour qui seule importe la reconnaissance (cf <strong>le livre
des secrets</strong>).Une difference fondamentale, comme
l'est celle entre un Savoir relatif, acquis par la recherche,
l'enseignement et un Savoir absolu, convoite pour sa
puissance intrinseque. L'un est emancipateur,
l'autre destructeur. Une philosophie presente depuis
<strong>L'Arche perdue</strong> et qui ici prend une
dimension extreme avec une race extra-terrestres pourvoyeuse
des connaissances responsables de l'evolution humaine.
Une thematique et un look des E.T semblables a ceux
mis en scene par De Palma dans son <strong>Mission to
Mars</strong>.</p>
<p>Et pour bien
souligner que ce qui interesse veritablement
Spielberg chez son aventurier est sa soif constante de
connaissances, il livre le film sans doute le plus ludique de la
saga voire de la carriere de Spielberg, celui-ci jouant avec
le savoir des spectateurs.</p>
<p>Des
references d'abord historiques (guerre froide)
puis mythologiques (incident de Roswell). A celles se rapportant
aux episodes precedents, aux romans
derives et a la serie <strong>Young
Indiana</strong> et ancrant le film dans une continuite
chere a Lucas, Spielberg prefere se
referer a des classiques de la S.F
estampilles fifties. <strong>Them!</strong> (attaque
de fourmis geantes<strong>)</strong>, <strong>Quand les
soucoupes attaquent la ville</strong>, <strong>L'invasion des
profanateurs de sepulture</strong> (au detour du
monologue de Spalkow sur le controle de la psyche
americaine par le biais de la pensee unique), autant
de rappels reactivant les connaissances des spectateurs,
enrichissant aussi bien la realite
diegetique que les emotions
vehiculees. Soit une demarche similaire
a celle de Tarantino.</p>
<p>Donc, malgre
le parasitage de Lucas, les nombreuses bestioles numeriques
en etant la demonstration la plus eloquente,
Spielberg parvient a rester maitre du personnage
qu'il a contribue a faonner. Mieux, il
retourne en sa faveur les elements imposes par
le scenario reecrit par son ami pour nourrir
sa propre vision et reflexion sur l'homme au
fouet.</p>
<p></p>
<p><strong>...les
aventures de Tintin dans le viseur.</strong></p>
<p>Tandis que
l'annonce de l'adaptation de Tintin par Peter Jackson
et Spielberg a deja fait 3 fois le tour
d'internet, en revanche peu savent que
l'interet du golden-boy pour notre reporter
a la houpe n'est pas seulement consecutif aux
possibilites offertes par la performance
capture, mais date deja de 1983. Et si
le projet d'une adaptation live officielle fut avortee
(question de droits), Spielberg en tourne une version officieuse
avec le tant decrie par les fans <strong>Indiana
Jones et le temple maudit</strong>. Et oui, Spielberg s'est
amuse a detourner des cases entieres de
plusieurs albums. Demi-lune etant une
reference plus qu'explicite du personnage de
Tchang dans <strong>Le lotus bleu</strong>, certaines scenes
dans la jungle et le palais du maradjah rappelant l'album
<strong>Les cigares du pharaon</strong>.</p>
<p>Outre les
references a l'album <strong>Vol 714
pour Sydney</strong>, <strong>le royaume du crane de
cristal</strong> est une forme de preparation au futur.</p>
<p>Alors que Lucas
tente d'imposer sa vision mercantile du cinema
a la saga, le personnage de Mutt Jones etant
appele a prendre la releve. Il est d'ailleurs
desormais celui qui provoque les evenements et
en<span></span> l'occurrence la fuite des heros du
camp des russes lorsqu'il balance d'un grand coup de pied la table
sur laquelle Indy ET Spalkow etudiait une
carte.<span></span> A partir de cet instant notre
celebre aventurier restera plus ou moins en retrait
laissant le soin a Mutt de montrer ce dont il est capable.
Ainsi, Spielberg en profite pour prendre un coup d'avance
(comme souvent) et tester aupres d'une large audience
les possibilites d'action et le charisme d'un
personnage dans la meme tranche d'age que Tintin.
Soit peu ou proue ce que Peter Jackson justement avait fait avec
<strong>Fantomes contre fantomes</strong>,
experimentant certains motifs qu'il reprendrait dans
sa trilogie de l'anneau.</p>
<p></p>
<p>Donnant
l'impression de conceder du terrain a son
envahissant ami, Spielberg s'affirme bien plus subversif
qu'attendu. La derniere sequence est a
ce titre eloquente. Alors que Mutt recupere le
chapeau emblematique a terre, pret a le
mettre, Indy lui ote des mains in
extremis.<span></span> Une scene savoureuse a
la double signification. Le jeune Jones devra se construire sa
propre personnalite, tandis que le protege de
Lucas n'est pas encore pret a prendre la suite.
Le tout affirme avec de grands sourires.</p>
<p>Parvenu a
s'approprier ce gamin impetueux, Spielberg affirme
ainsi que le passage de relais ne se fera pas sans son
consentement.</p>
<p></p>
<p>Nicolas Zugasti</p>
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