<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom">		<title>http://winslowleach.blog.toutlecine.com</title>		<id>http://blog.toutlecine.com/</id>		<link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://winslowleach.blog.toutlecine.com/atom.xml" />		<subtitle><![CDATA[In the mouth of geekness]]></subtitle>		<rights>Copyright (c) 2006, Hi-pi</rights>		<generator>Hi-pi ATOM generator</generator>		<author>			<name>Hi-pi</name>			<uri>http://winslowleach.blog.toutlecine.com</uri>		</author>		<updated>2009-09-22T19:50:50+02:00</updated>		<entry>			<title>Jusqu'en enfer de Sam Raimi</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p></p>
<p><em>Drag me to hell</em></p>
<p>Sortie le 27 mai 2009</p>
<p>Durée: 1h39</p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p>Présenté hors compétition au cours du dernier festival de
Cannes, le nouveau film de Sam Raimi a mis une ambiance d'enfer sur
la Croisette et signait le retour du cinéaste dans la ville qui
changea sa vie, lorsqu'en 1982 il y présenta <em>The Evil Dead</em>
au marché du film. Etrange coincidence puisque <em>Jusqu'en
enfer</em> <em><span>(titre français qui sonne comme une mauvais
dtv de Steven Seagal, donc nous l'appellerons sous son titre
original</span></em> <em><em>Drag me to hell</em></em> <em><span>à
partir de maintenant</span></em><em>)</em> entretient des liens
très serrés avec la trilogie comico-horrifique qui fit le succès de
Raimi et sonne comme le retour aux sources tant attendue par ses
fans. Un film qui sent bon le old school en comparaison avec ses
récents blockbusters et c'est peu de le dire puisqu'il s'agit d'un
vieux projet autrefois intitulé <em>The Curse</em>, qu'il écrivit
en 1993 avec l'aide de son grand frère Yvan et son pote Robert
Tapert, juste après la sortie de <em>L'armée des
Ténèbres</em>mais qui fut mis de côté pour des raisons
financières et par l'envie de Sam Raimi de s'essayer à divers
genres à commencer par le western avec l'excellent <em>Mort ou
vif</em> (1995). Aujourd'hui, la principale raison qui pousse le
réalisateur à ressortir le script du placard se nomme
<em>Spider-Man 3</em>. En effet, de son propre aveu, il regrette
amèrement les concessions faîtes aux producteurs sur le tournage de
son précédent film, ce qui recoupe ses propos à l'époque du
deuxième opus où il disait se contrefoutre du personnage de Venom.
Ce n'est donc pas par fainéantise régressive mais bien par
désir de retrouver l'indépendance à laquelle il était habitué que
Sam Raimi se lance dans ce film au pitch des plus basiques
rappellant fortement les bandes dessinées horrifique d'EC Comics
(<em>Les Contes de la Crypte</em>) mais propice aux
expérimentations visuels les plus dingues.En plus de son
frère Yvan, il retrouve son fidèle ami et producteur Robert Tapert
qui se fait un plaisir de le produire comme toujours (à l'exception
des <em>Spider-Man</em>) sous l'égide de la boîte de production
Ghost House qu'ils ont fondés ensemble, et qui lui laisse carte
blanche, cut final, et tout le toutim.</p>
<p>Au départ prévu pour Ellen Page, le rôle principal (qui est
aussi celui du souffre douleur de Raimi) revient à une autre
actrice au physique d'adolescente, la charmante et trop rare Alison
Lohman (<em>Les Associés</em>, <em>Big Fish</em>, <em>La vérité
nue</em>, <em>Beowulf</em>), accompagnée d'un acteur tout aussi
rare (du moins par chez nous) et qui ne fait pas son âge non plus,
Justin Long, habitué à l'horreur 80's avec les <em>Jeeper
Creepers</em> et qui ressemble de plus en plus à un frère Raimi.
Bref, tous les ingrédients sont là pour la plus grosse attraction
de l'année, attachez vos ceintures on y va !</p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p>Christine Brown (Alison Lohman), spécialiste en crédit
immobilier et désireuse d'obtenir une promotion au sein de sa
société, refuse un prêt à Mme Ganush, une étrange vieille gitane,
sous la pression de son irrascible patron. Pour la punir de sa
cupidité, Mme Ganush invoque un démon qui doit la tuer au bout de
trois jours.</p>
<p></p>
<p>Old school, vous avez dit old school? Oui, ma bonne dame, et
ce, dès le logo vintage de la Universal qui ouvre le bal et qui va
jusqu'à le cloturer avec une superbe vignette promotionnelle pour
le Universal Studio dans le pur style années 50. Entre les deux, le
maître de cérémonie nous livre une attraction condensant une énorme
partie de sa carrière et la mélangeant à d'innombrables influences
dont celles des maîtres de l'horreur atmosphérique et suggestive
tels que Robert Wise, Mario Bava et Jacques Tourneur. C'est sans
aucun doute ce dernier qui aura le plus marqué Sam Raimi, et plus
particulièrement son classique <em>Rendez vous avec la peur</em>
dont il reprend déjà une bonne partie de l'intrigue (dans le film
de Tourneur, un homme se retrouve victime d'une malédiction et le
démon qui le poursuit doit l'emporter à une date définie) et
quelques idées (le bouton de manteau maudit remplace ici le
parchemin original, la séquence finale dans une gare). Néanmoins,
c'est en terme de mise en scène que les deux films se rejoignent le
plus avec le parti pris de représenter de manière suggestive le
démon à l'aide d'élements naturels tel que le souffle du vent qui
balaye les feuilles alentours, qui claque les portes, et emporte
tout sur son passage ainsi que les jeux d'ombres, rendant celui-ci
insaisissable et en perpétuelle proximité de l'héroïne. Ces
immenses ombres menaçantes qui semblent engloutir les protagonistes
renvoient également à l'expressionisme allemand, notamment dans une
séquence d'escalier où l'on s'attend à découvrir le comte Orloff du
<em>Nosferatu</em> de Murnau. Des choix étonnants pour un film
actuel donc, mais qui n'empêchent pas Sam Raimi de faire du pur Sam
Raimi. Outre les évidentes auto-références à ses oeuvres passées
(la cabane à outils, la oldsmobile réccurente, un possédé qui se
transforme en deadite d'<em>Evil Dead</em> ou encore une mouche
envahissante qui fait écho à l'araignée radioactive de
<em>Spider-Man</em>), c'est au niveau de l'efficacité des plans, du
montage énergique et de la simplicité à passer du rire à l'effroi
que l'on retrouve la patte du réalisateur. Ainsi, on assiste médusé
à un combat hargneux entre l'héroïne et l'horrible Mme Ganush à
l'intérieur d'une voiture, mixant allégrement une tension des plus
folles, de l'absurde, du gore rigolo, de l'action survitaminé, le
tout prenant des allures de cartoon live. Cet amour du slapstick
hérité des 3 Stooges et de Tex Avery, Raimi le pousse même dans ses
derniers retranchements lors d'une séquence hilarante où la vieille
gitane se prend littéralement une enclume sur la tête et crache ses
yeux exorbités par le coup sur la pauvre Alison Lohman.</p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p>L'humour sadique, il n'y a rien de mieux, surtout que dans
<em>Drag me to hell</em> le besoin de relacher la pression se fait
constamment ressentir. Rarement un film n'aura à ce point mis les
nerfs à l'épreuve. Si l'ambiance visuel est incontestablement
réussie, que dire du travail sonore effectué... Un grand bravo pour
le sound design qui représente ici au moins 70% de la peur
ressentie et qui fera, à n'en point douter, sursauter à plusieurs
reprises le plus endurci des amateurs d'horreur. Mais attention,
ici point de jump-scare ou autres techniques Pedro le chat (vous
savez, le bruit inquiétant qui s'avère n'être que le chat de la
maison qui a renversé son bol ou qui surgit d'on ne sait où quand
les héros ouvrent une porte), non, les bruits tonitruants sont
toujours intelligemment associés à une menace réelle et visible à
l'écran ou annoncent son arrivée imminente. A ce titre, nous
retrouvons une nouvelle fois des références à <em>Evil Dead</em>
avec l'enchainement de passages cacophoniques extrèmement
fatiguants pour la tension du spectateur immédiatement suivis par
une longue période de silence total qui s'avère encore plus
insupportable. Pour finir, le score de Christopher Young que l'on
sent nettement plus à l'aise que sur <em>Spider-Man 3</em>, remplit
sa fonction à merveille, agrémentant sa musique d'ambiance de
partitions de violons dans le style manouche, ce qui lui permet de
se démarquer un peu des habituels compositions du genre et
d'appuyer les origines gitanes du danger.</p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p>Références, références, oui, mais est ce que cela veut dire que
<em>Drag me to hell</em> n'est qu'une resucée d'<em>Evil Dead</em>?
Absolument pas. Au cours de sa carrière, Sam Raimi a appris à faire
exister ses personnages et à leur donner une certaine dimension,
contrairement à ses premiers travaux où ceux-ci étaient cantonnés à
être des marionnettes loufoques au service des idées sadiques de
leur créateur. Contrairement à Ash ou Vic Ajax, les héros
d'<em>Evil Dead</em> ou <em>Mort sur le grill</em>, on ne fait pas
que rire aux mésaventures de Christine Brown, on ressent également
de l'empathie, on souffre avec elle. D'ailleurs, son parcours
s'intègre parfaitement dans une des thématiques préférées du
réalisateur que l'on pourrait appeler «le destin, meilleur
ennemi de l'homme». Dans chacun de ses films, on retrouve un
(ou des) personnage au quotidien des plus banals mais qui, une fois
touché par le coup du destin, voit sa vie se modifier et se
détériorer inlassablement, à moins que celui-ci n'inverse le
processus (malédiction?) en se rappellant qui il était vraiment
avant l'événement. Le destin peut prendre plusieurs formes que ce
soit une valise pour Bill Paxton dans <em>Un plan simple</em>, un
accident qui défigure Liam Neeson dans <em>Darkman</em>, ou juste
un don pour Cate Blanchett et Tobey Maguirre dans respectivement
<em>Intuitions</em> et <em>Spider-Man</em>. Dans <em>Drag me to
hell</em>, Christine Brown est une gentille fille travaillant dans
les prêts immobiliers et qui rêve d'ascencion sociale (se marier
avec son professeur de petit ami) et professionnelle (obtenir une
promotion de poste). En prenant une décision loin de ses habitudes
qui lui permettrait de réaliser ses ambitions, elle se renie, et se
retrouve par là même à non pas s'élever mais à descendre (aux
enfers). Sans compter que le démon Lumia qui la poursuit n'est
souvent rien d'autre que la goutte d'eau venant faire déborder un
vase déjà assez bien rempli par une belle-mère hautaine qui
désapprouve sa relation avec son fils et un collègue calculateur
qui compte bien lui piquer le poste vacant, ce qui rappelle
fortement la menace des super-vilains de <em>Spider-Man</em> qui ne
sont là que pour rajouter une couche aux vrais problèmes de son
alter ego Peter Parker.</p>
<p>Bref, <em>Drag me to hell</em> est un film bien plus
intelligent et travaillé que ce que son postulat de départ pouvait
le laisser entendre et s'inscrit admirablement dans la filmographie
de Sam Raimi comme un «» bénéficiant de
tout le bagage emmagasiné au cours de sa carrière. Un peu moins fou
fou mais nettement plus soigné, tout en gardant un second degré
équivalent.</p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p>Avec <em>Drag me to hell</em>, Sam Raimi nous offre un
divertissement haut de gamme à même de satisfaire tous les types de
public. Un vent de fraicheur que ce film d'horreur à l'ancienne qui
nous fait d'autant plus regretter l'omniprésence des "torture porn"
à la <em>Saw</em> sur nos écrans. Le réalisateur nous prouve que,
contrairement à ses personnages, lui ne s'est jamais renié et sait
toujours s'éclater comme à ses débuts. Une grande forme qui, on
l'espère, sera à nouveau présente sur son futur <em>Spider-Man
4</em>.</p>
<p></p>
<p></p>
				</div>			</content>			<id>http://winslowleach.blog.toutlecine.com/10022/Jusqu-en-enfer-de-Sam-Raimi/</id>			<link href="http://winslowleach.blog.toutlecine.com/10022/Jusqu-en-enfer-de-Sam-Raimi/" />			<author>				<name>winslowleach</name>				<uri>http://winslowleach.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2009-05-28T15:25:35+02:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>Les 3 royaumes de John Woo</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p><em>Chi Bi</em></p>
<p>Sortie le 25 mars 2009</p>
<p>Durée: 2h25</p>
<p></p>
<p></p>
<p>L'enfant prodigue du cinéma
de Hong Kong est de retour au
foyer. En effet, après un séjour de quinze ans au pays de l'oncle
Sam et six films plus ou moins oubliables, à l'exception peut-être
du sympathique <em>Volte/Face</em>, John Woo s'est enfin décidé à
revenir aux choses sérieuses. Cependant, il ne faudrait pas oublier
qu'il s'en est passé des choses pendant son absence, en particulier
la récupération d'Hong Kong par la Chine, entraînant à long terme
une uniformisation du cinéma populaire et la perte de la forte
identité des productions HK. Une sorte de constat d'échec pour Woo
qui, en 1986, avait lancé une nouvelle ère avec son <em>Syndicat du
Crime</em>, celui du polar HK, mettant fin à la saturation du
marché par les films de kung-fu. A l'heure actuelle, la tendance
est au wu xia pian et autres films basés sur des périodes révolues
de l'Histoire chinoise, à savoir le même type de production où John
Woo a fait ses premières armes en tant qu'assistant réalisateur
dans les années 70 pour des metteurs en scène tels que Chang Cheh.
A partir de là, on peut très bien imaginer qu'au lieu de suivre la
voie d'un Johnny To et risquer de livrer un polar en deça de ses
précédents, Woo préféra choisir un genre qu'il connait aussi bien
et, qui plus est, typiquement chinois afin de s'éloigner du fantôme
de sa carrière américaine. Sans compter qu'il est accueilli les
bras ouverts avec un budget de 80 millions de dollars, la plus
grosse production chinoise de tous les temps, et un sujet en or,
l'histoire des trois royaumes d'après le roman de Luo Guanzhong
écrit au XIVème siècle, qui est encore aujourd'hui l'épopée la plus
populaire de la littérature chinoise. Un projet que le réalisateur
tenait à porter à l'écran depuis plus de vingt ans, attendant
inlassablement que la technique et les moyens le lui permettent.
Découpé en deux parties et s'étalant sur cinq heures, <em>Les 3
Royaumes</em> est sans conteste un film à part dans la filmographie
de Woo, synonyme de changement et de renouveau. Un come-back réussi
haut la main artistiquement et financièrement (le film a même
dépassé <em>Titanic</em> sur le territoire chinois) et son meilleur
film depuis <em>A toute épreuve</em>, rien que ça.</p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p><em>En 220 après la chute de la
dynastie Han, l'empire chinois est divisé en trois royaumes rivaux.
Le premier ministre Cao Cao décide avec le soutien de l'empereur de
mener une guerre afin de réunifier le territoire et mettre à mal
les seigneurs de guerre. Les royaumes du Sud et de l'Est refusent
de capituler et s'allient pour battre l'armée numériquement
supérieure du Nord dirigée par Cao Cao, entraînant une longue
bataille qui prendra fin sur la célèbre falaise
rouge.</em></p>
<p></p>
<p>Qui dit retour dit retrouvailles, et
bien que l'on puisse regretter que son acteur fêtiche, Chow Yun
Fat, ait préféré poursuivre sa carrière moribonde aux USA en
interprétant Tortue Géniale dans ce qui s'annonce dores et déjà
comme le plus gros nanar de l'année, il n'en est pas de même pour
Tony Leung Chiu Wai qui quitte les drames romantiques
pourrécupérer le premier rôle de cette fresque épique sous
les traits du seigneur de guerreZhou Yu. A ses côtés, un
casting cinq étoiles composé de Takeshi Kaneshiro (actuellement à
l'affiche dans The <em>Warlords</em> de Peter Chan), Feng-Yi Zhang,
Chen Chang, Wei Zhao (qui se prépare à jouer <em>Mulan</em> dans le
film éponyme), Jun Hu, Shido Nakamura, Yong You et la très
sensuelle Chiling Lin qui fait ses premiers pas devant les caméras
et se promet à une grande carrière. A tout ce beau monde s'ajoute
des milliers de figurants, dont plus de mille soldats de l'armée
chinoise venus prêter main forte. Les gros moyens sont là et la
démesure se voit à l'écran.</p>
<p>A l'image du récit qui oppose
l'alliance des provinces du sud et de l'est contre le nord, ainsi
que la coupe du métrage en deux parties, <em>Les 3 royaumes</em>
joue sur la rupture de ton en proposant les deux segments de la
guerre: la préparation et l'action. Loin de vouloir montrer
bêtement cinq heures de batailles, Woo base la majorité de son
oeuvre sur le dialogue, afin de faire ressortir tous les enjeux du
conflit. On assiste alors à de longs débats et pourparlers dans
chacun des deux camps, où premièrement les protagonistes tenteront
de rallier à eux les seigneurs indécis, puis mesureront les
rapports de force, établiront des stratégies, et enfin montreront
leurs valeurs avant l'ultime assault. Ce sont dans ces séquences
que les acteurs ont le temps de creuser leurs personnages et les
faire sortir du simple schéma "gentils seigneurs contre méchant
premier ministre". Aucun d'entre eux n'est sans faille, pas même
Zhou Yu (Tony Leung) qui semble vivre dans ses pensées, en dehors
de la réalité, et sur qui repose pourtant l'issue du combat. Ses
alliés ne sont pas en reste, certains prendront un temps fou à se
décider à rentrer en guerre à cause de leur égo ou de leur peur,
certains refuseront ou s'enfuiront au moment critique, d'autres
accepteront afin de purger une honte qui leur est personnelle,
etc... Même le premier ministre s'avère être ambigüe, étant montré
comme capable d'amour et dont les réels motifs sont incertains. Des
personnages qui s'inscrivent parfaitement dans les thématiques du
réalisateur, à savoir l'honneur, la famille (au sens premier ou
clanique) et la rédemption, soit des valeurs chevaleresques qu'il
transposait dans un contexte contemporain dans ses précédents
films, et qui retrouvent ici leurs origines. Si au départ, ces
longues discussions peuvent être lourdes à digérer, elles en
deviennent vite passionnantes grâce à la mise en scène de John Woo
qui, outre ses superbes travelling circulaires, utilise la poésie
cinématographique pour traduire l'immense par le miniscule. Les
exemples les plus marquant restant un duel à la cithare où la
musique remplace les mots d'un débat ou la carapace d'une tortue
d'eau résumant l'explication d'une stratégie. Le spectateur est
tout le long au coeur de cette guerre mentale, il est omniscient
tout en n'étant pas à l'abri des événements dans ce contexte où
rien n'est joué d'avance. C'est là qu'est la grande intelligence de
s'être attardé sur les coulisses du champ de bataille, car
lorsqu'on y entre enfin, nous sommes proches des protagonistes et
nous vivons pleinement une charge épique comme on en avait pas
connu depuis bien longtemps.</p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p>Orchéstrées par Corey Yuen, les
batailles redonnent tout leur sens au mot "spectaculaire".
L'ampleur est là avec ces milliers de figurants, de quoi s'y perdre
s'il n'y avait pas un superbe scope allié au découpage et à la
maîtrise de l'espace de John Woo. On aurait pu penser que ce
dernier aurait beaucoup perdu de son style suite à son expérience
hollywoodienne, il n'en est rien. Il en est même revenu avec une
profondeur qui lui manquait. Entièrement au service de son récit,
il met de côté l'aspect poseur tout en sachant nous en mettre plein
la vue dès que cela est justifié. Les armes à feu ont beau être
remplacées par des lances, des boucliers et des sabres, l'énérgie
Wooesque est intacte et d'une violence incroyable. L'implication du
spectateur se retrouve combinée à des plans d'une ampleur folle
rythmés par la sublime partition de Tarô Iwashiro, du lyrisme
épique d'où résulte une dose d'émotions sans égal. La dernière
demi-heure nous laisse sur les rotules avant même d'assister au
face à face final dans le pur style de Woo.</p>
<p>Cependant, pour arriver à un tel
résultat, il faut tenir compte de la durée. Tout comme le
<em>Zodiac</em> de David Fincher dans un registre totalement
opposé, l'implication du spectateur dans une fresque mettant en
scène de nombreux personnages, points de vue et enjeux (qui plus
est, se passant dans un environnement inconnu pour le grand public
occidental), dépend entièrement de la longue exposition de ces
éléments. Ici, rien n'est à jeter, chaque séquence est nécessaire.
Pourtant, la version internationale de <em>Les 3 royaumes</em> se
voit amputée de moitié. Au lieu des cinq heures du montage
original, le film sort en dehors du territoire chinois dans une
version de deux heures vingt-cinq. Une décision évidemment
commerciale, mais qu'on ne peut que déplorer en constatant les
récentes sorties de diptyques américains (<em>Che</em>) et français
(<em>Mesrine</em>). A la vision de cette version "courte", un seul
constat s'impose: elle est largement inférieure à celle d'origine.
Ce que le film gagne en rythme, il le perd en intensité et en
densité. De nombreux personnages voient leurs caractérisations
passés à la trappe, notamment Liu Bei et sa soeur Sun Shangxiang,
cette dernière allant même jusqu'à devenir presque anecdotique,
alors qu'elle incarnait un personnage féminin fort et attachant, ce
qui était une première pour un film de John Woo. Plus grave, les
phases stratégiques sont réduites à leur minimum, nous privant des
nombreux retournements de situation et de personnages secondaires
importants. Pour exemple, toute la partie sur le traître a
disparue, entraînant avec elle moults élements tels que la paranoïa
de Cao Cao, l'instinct manipulateur de Zhou Yu et la mort de
généraux essentiels à la bataille. Il en va de même pour les
séquences d'infiltration de Sun dans le camp ennemi, où elle se
liait d'amitié avec un soldat un peu benêt. Ces multiples
suppressions ajoutent un côté manichéen à l'oeuvre, ce que le
montage original avait réussi à éviter.</p>
<p>Bref, une version "light" qui ne
fait que créer des défauts absents de l'originale, à l'instar de la
version salle du <em>Kingdom of heaven</em> de Ridley Scott qui
était, qualitativement parlant, extrémement différente de son
director's cut. Il reste néanmoins de ce charcutage soit disant
approuvé par Woo lui-même, que le film reste cohérent malgré le
fait que les coupes se font souvent ressentir sans avoir à
connaître l'autre version, et qu'il propose tout de même de beaux
moments de bravoure qui méritent d'être vus sur un écran de cinéma.
Il ne reste plus qu'à espérer qu'un éditeur français ait la bonne
idée de proposer le film dans sa version intégrale pour la sortie
dvd, pour réparer cette erreur et que tout le monde puisse se
prendre la claque tant attendue.</p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p>Comme ses compatriotes Ang
Lee, Ronny Yu et Tsui Hark, John Woo revient en force après son
expérience américaine et donne une leçon de mise en scène à tous
les Zhang Yimou du marché. <em>Les 3 royaumes</em> s'impose comme
un monument à la fois pour le cinéma chinois de par son ampleur et
pour la carrière du réalisateur de <em>The Killer</em>, qui
démontre qu'il n'a rien perdu de sa maîtrise et dans un genre où on
ne l'attendait pas forcément. Une prise de risque qui se veut
payante et sonne comme une résurrection. De quoi nous rendre
impatient de découvrir son prochain long-métrage <em>Tai Ping
Lun</em> (anciennement <em>1949</em>), racontant le naufrage d'un
navire lors des dernières années de la guerre civile chinoise, peu
avant l'avènement de la République Populaire de Chine, et considéré
comme le Titanic oriental. Ou quand John Woo rencontre James
Cameron, vivement!</p>
				</div>			</content>			<id>http://winslowleach.blog.toutlecine.com/8983/Les-3-royaumes-de-John-Woo/</id>			<link href="http://winslowleach.blog.toutlecine.com/8983/Les-3-royaumes-de-John-Woo/" />			<author>				<name>winslowleach</name>				<uri>http://winslowleach.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2009-03-25T21:40:54+01:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>Vendredi 13 de Marcus Nispel</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p><em>Bienvenue à Crystal Lake, le
lieu de détente idéal pour toute la famille. Venez profiter de sa
forêt luxuriante, de son spacieux camp de vacances, de son lac
étincelant et de son charmant autochtone amateur de tranchage de
gorges, vous ne le regretterez pas!</em></p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p>Symptomatique d'un système
hollywoodien qui peine à se renouveller, la mode du remake continue
de plus belle. Après <em>Massacre à la tronçonneuse</em>,
<em>Halloween</em>, et prochainement <em>Hellraiser</em> et <em>Les
griffes de la nuit</em>, c'est au tour d'un autre boogeyman culte
des années 80, le peu loquace Jason Voorhees,de passer à la
moulinette.</p>
<p>Une initiative somme toute
judicieuse, car à l'instar de <em>La colline a des yeux</em>
(1977), le <em>Vendredi 13</em> (1980)de Sean S. Cunningham fait parti de ses films considérés
comme cultes mais qui ont terriblement mal vieillis, sans parler de
ses multiples suites (plus longue saga horrifique existante avec
douze épisodes au compteur, remake inclus)à la qualité plus
que discutable, mais qui ont fait les beaux jours des amateurs de
slasher et fait de Jason uneicône du genre.</p>
<p>Surpasser les
originaux ne devrait donc pas être une lourde tache, et c'est un
habitué qui s'y colle en la personne de Marcus Nispel, déjà
réalisateur du remake asseptisé de <em>Massacre à la
tronçonneuse</em> (2003), qui après s'être mangé un bide commercial
et critique avec son décevant mais pas honteux <em>Pathfinder</em>
(2007), revient sous la houlette de Michael Bay, qui en tant que
producteur semble penser que le treize porte
bonheur...</p>
<p></p>
<p></p>
<p><em></em></p>
<p><em>Venus faire la fête dans la
maison de vacances d'un des leurs, un groupe d'adolescents croise
la route d'un mystérieux jeune homme à la recherche de sa soeur
disparue du côté de Crystal Lake six semaines auparavant. Son
enquête ne fera que confirmer que le meurtrierJason Voorhees
n'est pas une légende urbaine, et qu'ils sont déjà sur son tableau
de chasse.</em></p>
<p></p>
<p>"Tshi tshi tshi haa haa haa", ainsi
débute le film. Des sons qui ne voudront pas dire grand chose pour
certains, mais qui auront pour effet d'éteindre le cerveau des fans
qui, eux, savent ce qu'ils vont voir. Vendredi 13 n'a jamais été
synonyme de subtilité, et Nispel l'a bien compris.</p>
<p>Après un générique nous montrant la
fin du film original retournée pour l'occasion, où l'héroïne se
venge de la mère Voorhees qui a tué tous ses camarades (désolé pour
le spoiler eventé depuis trente ans), nous retrouvons, de nos
jours, une bande d'adolescents qui se balade en forêt. Pas de doute
à avoir, ils sont cons comme la lune, antipathiques au possible,
ils ne pensent qu'à baiser et fumer des joints, donc ils vont
mourir. Et ça ne manque pas, l'ami Jason débarque dans le campement
pour se la jouer défendeur de la morale puritaine.Une introduction
efficace qui fait disparaître nos craintes de voir les codes du
slasher old school (en opposition avec le néo-slasher de type
<em>Souviens-toi l'été dernier</em>) formatés par les règles de la
nouvelle industrie cinématographique.</p>
<p>Malheureusement, le réalisateur
connaît trop bien les codes du genre, et l'on n'échappe pas à la
partie molle de l'histoire, à base de jeunes qui font la bringue et
d'un type qu'il est tout triste d'avoir perdu sa soeurette et que
les gens ils sont trop vilains avec lui parce qu'ils veulent pas
l'aider à la chercher... Mélodrame quand tu nous tiens.</p>
<p>Fort heureusement, la crétinerie des
protagonistes offre un spectacle assez rythmé et réjouissant pour
conserver notre attention. S'ensuit un jeu de massacre, ponctué de
références à la saga (on peut voir Jason hésiter entre le sac à
patate dont il était affublé dans <em>Le Tueur du Vendredi</em>
(1981) et le mythique masque de hockey qu'il arbore depuis le
troisième opus) avec ce qu'il faut de morts violentes, dont
certaines font preuve d'originalité, et de nudité féminine, et ce,
jusqu'au générique de fin.</p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p>Mais voilà, le constat reste très
mitigé. Nous avons affaire à un pur Vendredi 13. A trop vouloir
respecter les codes, Nispel nous livre un film totalement
impersonnel, qui semble suivre un cahier des charges bien défini et
la question sur l'intérêt d'un tel remake se pose donc alors. Même
en ce qui concerne la mise en scène, nous avons connu le
réalisateur en bien meilleure forme. Bien que ce dernier n'ait
jamais été un génie de la caméra, il restait un bon faiseur, et le
voir procéder en mode automatique a de quoi inquiéter.</p>
<p>Était-ce un film de commande fait à
contre-coeur pour se racheter une conduite auprès des producteurs
après le four de <em>Pathfinder</em> ou l'as-t-on empêché de
proposer autre chose? C'est un bien beau gachis que celui-là compte
tenu des innombrables possibilités pour remettre la saga au goût du
jour. Les remakes sont soit-disant produits pour plaire au jeune
public pour qui tout ce qui a été fait il y a plus de cinq ans
n'existe pas, alors pourquoi diable leur resservir un produit qui
transpire le kitsh des années 80?</p>
<p>Pire encore, les premiers Vendredi
13 étaient des films dits d'exploitation, aux budgets ridicules,
qui ont su garder la sympathie des amateurs car ils proposaient
leurs doses de spectacle sanguinolent, alors qu'ici on a de quoi
douter de l'honnêteté d'un nanar, bien que volontaire, fait avec un
budget aussi confortable.</p>
<p>Quoiqu'il en soit, ce pur produit de
consommation a permis à la New Line d'effacer les délires de
<em>Jason X</em> (2001) qui semblaient bien les gêner pour
reprendre la franchise. Personnellement, entre le film de James
Isaac qui était à la fois respectueux, drôle et innovant (un Jason
cyborg dans l'espace, quoi!) et le film sans réel saveur de Marcus
Nispel, j'ai choisi mon camp.</p>
<p>Notons au passage que quitte à
refaire la même chose, autant reprendre ce pauvre Kane Hodder qui
continue à pleurer la perte de son rôle fétiche plutôt que Derek
Mears qui fait un Jason guère impressionnant.</p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p>Ce Vendredi 13 cuvée 2009 a toutes
les chances de se mettre tout le monde à dos. Alors que les fans de
la saga n'y verront qu'un énième épisode égal aux précédents, les
néophytes seront dégoutés par la ringardise de la chose et les
autres seront déçus par le manque decoeur et
d'innovation. En espérant que Marcus Nispel rebondisse sur un
projet plus personnel et que la New Line ne nous fasse pas la même
chose pour Freddy.</p>
				</div>			</content>			<id>http://winslowleach.blog.toutlecine.com/8395/Vendredi-13-de-Marcus-Nispel/</id>			<link href="http://winslowleach.blog.toutlecine.com/8395/Vendredi-13-de-Marcus-Nispel/" />			<author>				<name>winslowleach</name>				<uri>http://winslowleach.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2009-02-11T22:15:27+01:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>Gérardmer 2009</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p>Retour
à la grisaille parisienne après un petit séjour dans les Vosges à
l'occasion du 16ème festival du film fantastique de Gérardmer.
Constat plutôt mitigé cette année, étant donné que les gros efforts
effectués l'an dernier pour le quinzième anniversaire ont eu des
répercussions désastreuses sur cette édition. Un festival fauché
donc, que ce soit dans son organisation (paye tes projectionnistes
amateurs), dans son jury (Pierre Mondy et Véronique Jeannot, des
acteurs qui ont beaucoup donné au genre) et sa programmation.
Heureusement, l'ambiance festive était toujours là, ce qui permit
de faire passer plus facilement la pilule. Sans oublier
l'inénarrable festival-off au chalet et son lot de nanars arrosés à
la bière, qui lui ne souffre jamais d'une baisse de régime. Entre
grosse déception, surprise et ronflement, voici un compte-rendu
succinct des films visionnés:</p>
<p></p>
<p><em>Film d'ouverture:</em>
<strong><em>"The Burrowers"</em></strong> de J.T.
Petty</p>
<p></p>
<p><em>Résumé:</em> 1879. Un groupe de
fermiers colons du Dakota se lance à la recherche d'une famille
disparue sans explication. Persuadés qu'il s'agit de représailles
venant des indigènes locaux, ils se rendent vite compte que la
menace est toute autre...</p>
<p><strong>Avis:</strong> Quoi de mieux
pour donner le ton qu'un dtv tout pourri réalisé par le scénariste
de la saga "Splinter Cell" en film d'ouverture? On pensait assister
à la rencontre de "La prisonnière du désert" avec "Tremors", au
lieu de ça on contemple pendant plus d'une heure trente la jolie
moustache de Doug Hutchison (qui cabotine encore plus que dans "La
ligne verte"), on frémit devant l'action intense d'un concours de
lancer de cailloux sur un arbre, on pleure pour la situation
financière de Clancy Brown qui l'oblige à jouer dans cette croûte,
et l'on se pose toutes sortes de questions existentialistes en
découvrant les fameuses créatures au look hémorroïdaire. Néanmoins,
le film restera dans nos mémoires pour sa séquence hallucinante où
des indiens se mettent à parler en français aux héros, et à crier
inlassablement en arrière-plan "Lé peutit poissoin pouw lé pieuge!"
tandis que les autres se font attaquer. Monty Pythons approved!
Sans oublier une des conclusions les plus pourries de l'Histoire du
cinéma.</p>
<p></p>
<p><em><strong>"Deadgirl"</strong></em>
de Gadi Harel  Marcel Sarmiento</p>
<p></p>
<p><em>Résumé:</em> Deux lycéens Rickie
et JT décident de sécher les cours et se retrouvent dans un hôpital
voisin désaffecté. Ils font sur place une macabre découverte : le
corps dénudé d'une jeune femme enchaînée à une table et
recouverte de plastique.</p>
<p><strong>Avis:</strong> Le mystère
qui planait quant à la suite du pitch disparaît au bout d'une
dizaine de minutes, nous avons bel et bien affaire à un film sur la
nécrophilie...ou presque, puisque la demoiselle n'est pas tout à
fait morte (zombiephilie?). Avec un sujet aussi délicat, difficile
de ne pas tomber dans les travers de la complaisance ou faire du
trash pour le trash, heureusement les deux jeunes réalisateurs ont
su éviter ces erreurs en proposant différents points de vue, ainsi
qu'un côté décalé permettant un certain recul. On regrette
toutefois une photo beaucoup trop sombre gênant la compréhension de
certaines séquences ainsi qu'un final au message douteux. A la
limite du vite vu, vite oublié, mais ça reste sympa.</p>
<p><strong><em>"Grace"</em></strong> de
Paul Solet</p>
<p></p>
<p><em>Résumé:</em> Madeline Matheson,
une femme enceinte de huit mois est déterminée à accoucher
naturellement. Après un grave accident, elle décide de mener sa
grossesse à terme, malgré la mort de l'enfant. Après
l'accouchement, le bébé revient miraculeusement à la vie.
Malheureusement son nourrisson a une débordante soif de sang humain
...</p>
<p><strong>Avis:</strong> Le film-type
du "ça se termine avant d'avoir commencé". Paul Solet aurait dû y
réfléchir à deux fois avant de se lancer dans l'adaptation en
format long de son court-métrage "Grace", car voir une seule idée
étirée sur une heure et demi, ça fait mal au cucul. C'est con parce
que ça commençait plutôt pas mal avec en prime une Jordan Ladd
toujours aussi craquante, mais une fois l'élément fantastique
introduit, plus rien à l'horizon. A vrai dire, on sent que le
réalisateur n'en a rien à foutre de tout ça, ce qui l'intéresse
c'est montrer la puissance de l'instinct maternel et les sacrifices
qui vont avec. Certes, pourquoi pas, mais tant qu'à faire autant le
faire avec des rebondissements plutôt que de suivre un fil rouge
que tout le monde a pu griller à des kilomètres. Je pige pas
comment ça a pu recevoir le prix du jury, ce bouzin...</p>
<p><em><strong>"Hansel et
Gretel"</strong></em> de Phil-sung Yim</p>
<p></p>
<p><em>Résumé:</em> Perdu sur une route
de campagne, Eun-soo rencontre une mystérieuse jeune fille qui
l'entraîne dans sa maison digne d'un conte de fée, en
plein milieu de la forêt. Eun-soo devient très vite le prisonnier
de la fillette et de sa famille qui ne vieillit jamais. Il découvre
rapidement que tous les adultes qui sont passés dans la maison ont
mystérieusement disparu...</p>
<p><strong>Avis:</strong> Mon coup de
coeur du festival. Après l'insupportable "Epitaph" l'année
dernière, ça fait plaisir de voir qu'on nous refile pas que les
fonds de panier du cinéma asiat'. Librement inspiré du conte
éponyme des frères Grimm, le film nous offre un univers
atmosphérique d'une richesse visuelle incroyable (vivement le
blu-ray) à la fois coloré, chaleureux, naïf et protecteur à l'image
du monde idéalisé de l'enfance, mais aussi étrangement inquiétant,
à la limite du giallo par moments, avec ces détails sur des
éléments du décor qui sont sensés être jolis et mignons mais qui
possèdent un caractère grotesque, voire agressif. La musique n'est
pas en reste, douce comme une comptine mais dérangeante comme
celles de "Suspiria", "Profondo Rosso" ou "Rosemary's baby". Le
réalisateur brasse une multitude de références, que ce soit aux
contes (Le petit chaperon rouge, Peter Pan, etc...) ou à des
oeuvres plus récentes comme "Scanners" ou "Akira". Un
fourre-tout qui passe comme une lettre à la poste, tout comme le
rythme qui, bien qu'étant purement dans le style asiatique, offre
les rebondissements nécessaires pour nous tenir en haleine pendant
deux heures. Niveau casting, c'est du tout bon, avec une mention
spéciale pour la gamine de cinq ans qui arrive à passer du kawaï à
des expressions vachement adultes. Bref, si Park Chan Wook faisait
un film pour enfants, ça ressemblerait à ça. Une belle oeuvre
sous tous les points qui aurait méritée au moins un
prix.</p>
<p><strong><em>"Manhunt"</em></strong>
de Patrik Syversen</p>
<p></p>
<p><em>Résumé:</em> Eté 1974. Quatre
amis partent pour un week end de détente dans les bois. Sur la
route, ils tombent dans une embuscade et perdent tous conscience.
Ils se réveillent seuls en plein coeur de la forêt et
entendent le son d'un cor de chasse. Une chasse est en cours
et ils en sont la proie...</p>
<p><strong>Avis:</strong> Après les
films de fantômes aux cheveux sales japonais et les productions
ibériques, la mode est aux films de genre nordiques. Comme à chaque
fois, la hype ne nous épargne pas le tout et le n'importe quoi;
comme le prouve ce "Manhunt", survival pour les amateurs de Louis
La Brocante. Une succession d'idées vues et revues, avec des
personnages complètement demeurés (que ce soit du côté des proies
ou celui des chasseurs), et qui demande une importante suspension
d'incrédulité de la part du spectateur. Le film ne dure qu'une
heure et quart et l'on en vient à se dire que c'est déjà trop. Au
moins, soyez rassurés, si jamais vous vous faîtes pourchassés par
des rednecks lors d'un séjour en Norvège, ces connards laissent
traîner leurs armes un peu partout, et il suffit de se coucher par
terre pour se camoufler. Cool...</p>
<p><strong><em>"Morse"</em></strong> de
Tomas Alfredson</p>
<p></p>
<p><em>Résumé:</em> Un jeune garçon de
douze ans, anxieux et fragile, est régulièrement martyrisé par ses
camarades de classe. Son désir de trouver un ami semble se réaliser
quand il rencontre Eli, une adolescente du même âge qui vient
d'emménager dans l'immeuble voisin avec son père. Pâle
et grave, elle ne sort que la nuit. L'arrivée de la jeune
fille coïncide avec une série de disparitions et de meurtres
inexplicables...</p>
<p><strong>Avis:</strong> Deuxième
vision pour ma part, et celle-ci fut fatale. A partir du moment où
je connaissais l'histoire, le film que je considérais comme sympa
et original, mais sans plus, m'est apparu comme chiant comme la
mort et froid au possible. Impossible de me sentir impliqué dans
cette pourtant jolie histoire d'amitié. Cependant, je ne peux pas
considérer ce film comme mauvais, il est juste destiné à un type de
public dont je ne fais pas parti., un public généralement
hermétique au fantastique et qui voit là l'occasion de toucher du
doigt le genre via un drame intimiste et contemplatif. Maintenant,
il reste le problème de voir cette bête de concours gagner sans
surprise le grand prix, à la place d'un film plus
méritant.</p>
<p><strong><em>"Sauna"</em></strong> de
Antti Jussi Annila</p>
<p></p>
<p><em>Résumé:</em> 1595 : la guerre
Russo-finlandaise vient de se terminer. Deux frères finlandais font
partie d'une commission qui a pour but de délimiter de
nouvelles frontières. En chemin, ils sont responsables de la mort
atroce d'une jeune russe. Un des frères, rongé par le
remords, est hanté par le fantôme de la jeune fille. La commission
arrive alors dans un étrange village situé dans un marais abritant
un inquiétant sauna, où l'on peut laver ses
péchés.</p>
<p><strong>Avis:</strong> Encore un
film qui vient du froid, mais celui-ci est déjà plus intéressant
que les deux autres. Ça flirte avec le sempiternel film de
fantômes, et pourtant ça n'en est pas un. Aucune explication ne
sera donnée sur ce mystérieux sauna qui semble agir comme un
purgatoire sur nos pauvres héros, les mettant face aux crimes
qu'ils ont commis pendant la guerre. Bénéficiant d'une très belle
photo et d'une ambiance réussie, le film risque de plaire aux plus
vaillants, ou d'endormir l'auditoire, au choix. Intéréchiant,
quoi.</p>
<p><strong><em>"Splinter"</em></strong>
de Toby Wilkins</p>
<p></p>
<p><em>Résumé:</em> Pris au piège dans
une station service par un parasite qui transforme ses hôtes en
d'horribles créatures épineuses, un jeune couple et un
prisonnier en cavale doivent trouver un terrain d'entente
pour échapper à une mort atroce...</p>
<p><strong>Avis:</strong> Bonne petite
série B qui se laisse suivre sans déplaisir, malgré un abus de
shaky-cam pour camoufler le design bordélique de la créature. Des
persos pas trop cons pour une fois pour ce type de production,
quelques idées bien sympas, et voilà, emballez c'est pesé. Sans
prétention, et c'est tout ce qu'on lui demande.</p>
<p><strong><em>"The midnight meat
train"</em></strong> de Ryuhei Kitamura</p>
<p></p>
<p><em>Résumé:</em> Depuis que ses
oeuvres photographiques provocantes ont attiré
l'attention d'une galeriste réputée, Leon Kaufman est
prêt à aller encore plus loin pour faire de sa première exposition
un événement. Il se lance dans une quête obsessionnelle des plus
sombres aspects de l'homme, ce qui le conduit sur les traces
d'un tueur en série qui traque les banlieusards prenant le
métro très tard.</p>
<p><strong>Avis:</strong> A l'instar de
"Morse", deuxième vision pour ma part, mais avec le résultat
opposé, à savoir que ça passe vachement mieux que la première fois.
Quand le réal de "Versus" adapte une nouvelle de Clive Barker, ça
fonctionne à merveille. Les arrangements effectués permettent de
justifier la durée, l'enquête est prenante, et lorsqu'il est
question d'action, Kitamura démontre qu'il n'a pas perdu de sa
virtuosité ni de sa folie. A noter que les effets cheap dûs à un
budget serré, comme le sang numérique, passent vachement mieux sur
grand écran. Un prix du public bien mérité.</p>
<p><strong><em>"Bad
Biology"</em></strong> de Frank Henenlotter</p>
<p></p>
<p><em>Résumé:</em> Un jeune homme et
une jeune femme génétiquement modifiés cherchent le grand amour
chacun de leur côté. Ils finissent par se rencontrer et c'est
le coup de foudre immédiat. S'ensuivra une folle et longue
nuit des plus torrides aux répercussions catastrophiques, voire
monstrueuses...</p>
<p><strong>Avis:</strong> Frank
Henenlotter revient après seize années d'inactivité, et l'on peut
dire qu'il n'a pas perdu la forme. Le réal de "Basket Case",
"Frankenhooker" et "Elmer, le remue-méninge", sorte de Cronenberg
fun, nous balance une love story moderne avec une femme possédant
sept clitoris et un homme dont la bite est autonome et camée aux
stéroïdes. Du gros délire comme on en fait plus, et sans doute la
plus belle parabole féministe jamais faîte. Soit tout ce que
"Teeth" n'était pas.</p>
<p><strong><em>"Hush"</em></strong> de
Mark Tonderai</p>
<p></p>
<p><em>Résumé:</em> En plein coeur
des Midlands, un jeune couple, Zakes et Beth, roule sur
l'autoroute. Lorsqu'un camion blanc manque de les
percuter en doublant, les portes arrière s'entrouvrent
l'espace d'une seconde. Fugacement, ils aperçoivent une
jeune femme ligotée à l'intérieur...</p>
<p><strong>Avis:</strong> Le début fait
peur dans le mauvais sens du terme avec ce couple en crise, qui
s'annonce pète couille au possible, mais heureusement dès la fin du
premier quart d'heure, le réalisateur reprend les choses en main et
nous livre une course poursuite bien troussée, où l'on en vient à
se demander qui est le traqué et qui est le traqueur. Le héros,
présenté comme un loser, aligne les moments d'héroïsme et se montre
bien plus malin qu'on ne le pensait, échappant ainsi aux poncifs du
genre. Malgré des rebondissements un peu gros par moment, on passe
un agréable moment.</p>
<p><strong><em>"Mutants"</em></strong>
de David Morley</p>
<p></p>
<p><em>Résumé:</em> Dans un monde où un
terrible virus a contaminé la population, un couple en fuite tente
de trouver une zone où se réfugier. Pris au piège par des créatures
sanguinaires, Marco et Sonia vont devoir lutter pour leur
survie...</p>
<p><strong>Avis:</strong> On a beau se
dire qu'il faut soutenir les tentatives d'imposer un cinéma de
genre en France, il y a des jours où l'on en peut plus de voir des
merdes et l'on a envie de crier "Arrêtez le massacre!". "Mutants"
fait parti de ces films qui partent d'une bonne intention, qui
transpirent d'une envie de proposer autre chose, mais qui au final
sont tellement ratés qu'on ne peut pas cautionner en tant que
spectateur. On dirait du "28 jours plus tard" version Z, avec des
persos aussi vides que le frigo d'un étudiant, des longueurs
insoutenables, des "acteurs" qui feraient passer Samuel Le Bihan
pour le nouveau De Niro (Hélène de Fougerolles est la seule à y
croire, c'est dire), une shaky-cam injustifiée et gerbante au
possible, et des streums réussis une fois sur deux. Alors d'accord,
c'est fauché, mais est-ce une raison pour péter plus haut que son
cul et vouloir faire un film premier degré quand on sait qu'on en a
pas les moyens? Reste plus qu'à attendre "La Horde" pour savoir
s'il faut encore attendre quelque chose de l'Héxagone...</p>
<p><strong><em>"Repo! The genetic
opera"</em></strong> de Darren Lynn Bousman</p>
<p></p>
<p><em>Résumé:</em> En 2056, le manque
d'organes est un fléau qui touche toute la planète. La
société GeneCo apparaît comme la seule solution : cette firme
biotechnologique propose des transplantations d'organes à
crédit. Ceux qui ne peuvent plus payer sont la cible des Repo Men,
les récupérateurs, des chirurgiens-assassins à l'identité
secrète qui reprennent les organes greffés...</p>
<p><strong>Avis:</strong> Soyons
clairs, c'est raté. Néanmoins, il y a quelque chose dans ce film
qui m'empêche à la fois de le descendre et à la fois de le
défendre. Sans doute est ce la faute à l'univers de cette comédie
musicale goth et gol et le style visuel qui va avec, qui contre
toute attente m'ont captivés. A part ça, les chansons sont foirées,
le casting n'est pas toujours judicieux, et la mise en scène ne
vole pas bien haut. Si seulement ce film pouvait être remaké par
quelqu'un de plus talentueux que Bousman, ou donner l'envie à
d'autres de se lancer dans la comédie musicale bis, "Repo!" serait
un mal pour un bien.</p>
<p><strong><em>"Long
Week-End"</em></strong> de Jamie Blanks</p>
<p></p>
<p><em>Résumé:</em> Un couple en crise
décide de passer un long week-end ensemble et de partir camper dans
le but de se retrouver. Ils polluent la nature qui les entoure et
leur comportement irrespectueux de l'environnement va
entraîner la vengeance de la faune locale...</p>
<p><strong>Avis:</strong> Quand le
réalisateur d'"Urban Legend" et "Mortelle St Valentin" (aaaarghhh)
s'essaye au remake du film de Colin Eggleston, ça nous donne un
très loooooooooooonnnnnnng week-end. L'idée de montrer une Nature
qui reflète les troubles d'un couple en crise et qui se venge en
les poussant jusqu'au point de non-retour est intéressante, mais
malheureusement ratée. Les deux thématiques ne parviennent que
rarement à s'associer, et la plupart du temps tombent dans le
ridicule.Le film ne décolle jamais vraiment, mis à part quand James
Caviezel (qui joue très bien les connards) se fait attaquer par un
aigle ou quand un dugon (une espèce de lamantin) mort sur la plage,
se retrouve on ne sait comment dans leur campement. Whoaaa...Il en
reste que c'est joliment filmé, avec une belle photo, que les
acteurs sont bons, et que le final est empreint d'une ironie
savoureuse, mais putain qu'est ce qu'on se fait chier!</p>
<p><strong><em>"The lost"</em></strong>
de Chris Sivertson</p>
<p></p>
<p><em>Résumé:</em> Trois adolescents
font la fête dans les bois. Aux commandes du groupe, Ray est un
jeune à l'allure rebelle et au caractère instable. Armé d'une
carabine, il tue brutalement deux campeuses qui ont la malchance de
se trouver sur son chemin. Ray établit alors un pacte avec ses amis
pour qu'aucun d'eux ne révèle les atrocités commises ce
soir-là.</p>
<p><strong>Avis:</strong> Un des
premiers films du réalisateur d'"I know who killed me", produit par
Lucky McKee. Sorte de "Tueurs nés" à la sauche Lynch, c'est long,
complaisant, creux, ça se la pète bien pour de la provoc à deux
balles, bref c'est puant et limite gerbant. Une belle merde qui
aurait mieux fait de rester inédite.</p>
<p></p>
<p><strong><em>"Timecrimes"</em></strong> de Nacho
Vigalondo</p>
<p></p>
<p><em>Résumé:</em> Un homme fait
accidentellement un voyage dans le temps et se retrouve confronté à
lui-même une heure auparavant. En cherchant à tout prix à réparer
cette erreur et à revenir au présent, il va déclencher sans le
vouloir une série de désastres irréparables...</p>
<p><strong>Avis:</strong> Partant d'une
idée somme toute assez simple et de prime-abord sans rapport avec
le voyage dans le temps, Vigalondo réussit à complexifier son récit
sans jamais perdre la compréhension du spectateur. Intelligemment
écrit et réalisé, une oeuvre originale qui prouve qu'un petit
budget peut s'en sortir avec de bonnes idées. Un réalisateur à
suivre.</p>
				</div>			</content>			<id>http://winslowleach.blog.toutlecine.com/8268/G-rardmer-2009/</id>			<link href="http://winslowleach.blog.toutlecine.com/8268/G-rardmer-2009/" />			<author>				<name>winslowleach</name>				<uri>http://winslowleach.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2009-02-05T22:33:37+01:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>Speed Racer d'Andy et Larry Wachowski</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p>Speed Racer</p>
<p>Sortie en salles: 18 juin</p>
<p>Duree: 2h07</p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p>Apres cinq ans d'absence, les
frangins les plus geek d'Hollywood reviennent avec un projet
a la hauteur de la demesure attendue par leurs
fans.</p>
<p>Toujours aides de leur fidele
ami, le producteur Joel Silver, ils decident d'adapter la
serie animee de Tatsuo Yoshida, <em>Mach Go Go
Go</em>, premiere franchise animee a
connaitre un reel succes aux Etats-Unis en 1967
sous le titre <em>Speed Racer</em>.</p>
<p>Une oeuvre qui a berce leur enfance
et a hautement influence leur passion pour la culture
nippone, et qu'ils desirent aujourd'hui faire partager
a un large public familial sous les traits d'un
cartoon live.</p>
<p>C'est donc apres le meconnu
thriller erotique <em>Bound</em> (1996), et la populaire
trilogie <em>Matrix</em> (1999-2003), que l'on retrouve les Wacho
Bros la ou on ne les attendait pas, dans un monde
ultra-colore qui fait deja fuir les plus
aigris, et pourtant, le film a enormement a
offrir pour peu que l'on passe outre son esthetique
particuliere.</p>
<p>Tour de piste d'un delire qui divise
deja. 3, 2, 1, Go!</p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p>A Cosmopolis, les courses automobiles sont
plus qu'un sport, c'est un style de vie. Embleme
supreme de ces competitions, la WRL, qui confronte les
meilleurs pilotes du monde entier sur des circuits tous plus
dangereux les uns que les autres. C'est dans ce monde impitoyable
que vit Speed Racer, jeune espoir de la course, dont le plus grand
adversaire est l'ombre de son defunt frere Rex, qui
fut a la fois l'un des meilleurs pilotes de l'Histoire mais
aussi le plus conspue.</p>
<p>Ayant refuse l'offre juteuse du
president de l'imposante ecurie Royalton, Speed se
voit menace de mort a tous les tournants, mais lui
aussi est pret a tout pour sauver sa
carriere.</p>
<p></p>
<p>Le Cinema tente depuis quelques
annees, et de plus en plus frequemment, d'effacer les
limites entre les medias, que ce soit l'animation, la
bande-dessine ou les jeux video.</p>
<p>Des tentatives influencees par les
nouvelles technologies et qui se revelent etre
souvent infructueuses, comme dans le cas du <em>Sin City</em> de
Robert Rodriguez et Frank Miller ou le recent <em>300</em>
de Zack Snider.</p>
<p>Des films qui oublient la definition
du terme "adaptation" en ne tenant pas compte des
specificites du media cinema et en ne
proposant que des reproductions de cases qui deviennent bien moches
des qu'un mouvement devient
necessaire.</p>
<p>A cote, nous avons les
licences videoludiques qui viennent alimenter les amateurs
de serie Z, a cause de producteurs qui ne comprennent
pas que le succes des jeux ne vient pas de leurs
scenarios (rarement memorables) mais du plaisir de
l'interaction qu'ont les joueurs avec la manette en
main.</p>
<p>L'animation quant a elle, se trouve
mieux lotie de par sa propriete d'etre le
melange du dessin et du vivant, et les possibilites
actuelles d'y rajouter la profondeur de la troisieme
dimension via les images de synthese, et plus
recemment d'integrer de vrais acteurs dans un univers
photo-realiste, avec la technique en pleine evolution
de la performance capture (voir le <em>Beowulf</em> de Zemeckis
pour s'en convaincre).</p>
<p>Science sans conscience n'est que ruine de
l'ame, et l'on constate effectivement que seuls les
realisateurs possedant pleinement les outils
cinematographiques arrivent a briser les limites de
maniere convaincante.</p>
<p>Que l'on aime ou non, on ne peut pas dire
que les freres Wachowski n'avaient pas reussi a
creer un univers original et coherent en brassant
culture cyberpunk, action HK, philosophie et comic book, avec la
trilogie <em>Matrix</em>. C'est egalement le cas de Speed
Racer qui melange comedie, courses automobiles,
fights corporelles ou de voitures, et sous-intrigues James
Bondiennes avec une maitrise et un sens du rythme
deconcertant.</p>
<p>C'est simple, a ne s'arrete
jamais. Tels les bolides, le film passe a la vitesse du son,
et l'on se surprend a avoir tout de meme passer plus
de deux heures dans la salle.</p>
<p></p>
<p></p>
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<p>Le gros point fort du film sont
evidemment les fameuses courses qui, comme tout le reste du
metrage, beneficient d'un decoupage
extremement dynamique, faisant peu a peu oublier leur
cote factice. Le souffle coupe, on se
regale devant les acrobaties "bigger than life" et la
sensation de grande vitesse ressentie, ainsi que par le danger
constant auxquels les pilotes sont confrontes sur ces
circuits imagines par un esprit dement. Chacune de
ces sequences enterre bien comme il faut la course de pod de
<em>La menace fantome</em>, et occupent une partie non
negligeable du film.</p>
<p>Si l'action est au menu de bien des
manieres (combats a mains nues, catch contre un
ninja, poursuite armee sur la route,etc...), les phases
dites "de repos" sont elles aussi tres agitees.
Prenant au pied de la lettre l'univers decale de
l'anime, les Wacho nous offrent un delire de tous les
instants, ou l'on ne sera guere etonne
de voir un chimpanze domestique et un gamin devaler
un long couloir au volant d'une sorte de voiture de golf, sous
l'air entrainant de "Free Bird" des Lynyrd
Skynyrd.</p>
<p>Une fidelite qui n'est pas
sans defauts, puisqu'outre un scenario un brin neuneu
et parfois fonctionnelle, c'est la presence du personnage de
Spritle, petit frere de Speed, qui vient plomber nombre de
scenes. Agaant au possible, l'acteur Paulie Litt du
haut de ses dix ans peut pretendre au titre de pire sidekick
de l'annee, contrairement a son compere
simiesque qui lui nous fait le plaisir de ne pas
parler.</p>
<p>Des defauts qui n'en restent pas
moins mineurs tant le film se veut avant tout comme un rollercoster
visuel. A ce titre, rien que le premier quart d'heure arrive
a alterner flashbacks, presentation de la quasi
totalite du cast, et course dantesque, avec une
limpidite folle et des transitions effectuees
a l'aide des personnages.</p>
<p>Sans aucune baisse de regime, le
film continue de nous abreuver de ses idees folles,
distillant une incroyable quantite de details dans
chacun de ses plans, et nous prouve que decoupage peut rimer
avec nouvelle technologie (n'est-ce pas Mr Lucas?).</p>
<p>Ajoutons au tableau des remerciements, le
score inspire de Michael Giacchino qui retrouve sa
grace de The Incredibles, avec un son tres jazzy
60's.</p>
<p>Maintenant, il reste a savoir si le
spectateur aura non pas garde son ame d'enfant
(expression eculee et qui n'a pas de sens au final),
mais bien s'il sera capable d'ouverture d'esprit, car les Wacho
nous ont livre ici une oeuvre en avance sur son temps et
qui, en consequence, en paie le prix fort.</p>
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<p>Speed Racer surprend par son
jusqu'au-boutisme et ne plaira qu'a ceux qui feront l'effort
d'aborder la bete pour ce qu'elle est, a savoir un
gros marshmallow explosif sous LSD. Sans aucun doute le film le
plus barre de la decennie et la confirmation
que les freres Wachowski sont loin d'avoir dit leur dernier
mot.</p>
<p>Cyniques s'abstenir.</p>
<p><em>
</em></p>
<p><em>Ronan Le
Treste</em></p>
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				</div>			</content>			<id>http://winslowleach.blog.toutlecine.com/3552/Speed-Racer-d-Andy-et-Larry-Wachowski/</id>			<link href="http://winslowleach.blog.toutlecine.com/3552/Speed-Racer-d-Andy-et-Larry-Wachowski/" />			<author>				<name>winslowleach</name>				<uri>http://winslowleach.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2008-06-17T21:06:25+02:00</updated>		</entry></feed>