<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0">	<channel>		<title>[blog.toutlecine.com] vimaire : <![CDATA[Au Ratatouille Ciné]]></title>		<link>http://vimaire.blog.toutlecine.com</link>		<description><![CDATA[Au Ratatouille Ciné]]></description>		<language>fr</language>		<copyright>Copyright (c) 2006, Hi-pi</copyright>		<generator>Hi-pi RSS 2.0 generator</generator>		<docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>		<pubDate>Sun, 10 May 2009 17:05:23 +0200</pubDate>		<image>			<title>vimaire.blog.toutlecine.com</title>			<link>http://vimaire.blog.toutlecine.com</link>			<url>http://static.blogstorage.hi-pi.com/blog.toutlecine.com/v/vi/vimaire/images/mn/1217171936_regular.jpg</url>		</image>		<item>			<title><![CDATA[La 10ème merveille du monde !]]></title>			<description><![CDATA[<p>Même si il est sorti depuis plusieurs semaines déjà, je ne
pouvais ignorer <strong>Ponyo</strong>. Comme vous l'avez peut être
déjà remarqué, j'aime beaucoup l'oeuvre de ce grand monsieur qu'est
Hayao Miyazaki.</p>
<p>Autant le dire tout de suite, <strong>Ponyo</strong> n'a rien à
rougir de la comparaison avec les autres chefs d'oeuvre du génie
nippon.</p>
<p>Dès le départ, Miyazaki nous plonge dans un monde sous marin
merveilleux et fourmillant. La beauté des couleurs, la pureté des
dessins frappent d'emblée le spectateur et ce d'autant plus que le
réalisateur radicalise son parti pris pictural en recourant à des
décors pastels qui donnent à l'oeuvre un cachet poétique
particulier entre impressionisme et dessins d'enfants ( le très
beau générique d'ouverture en est d'ailleurs la parfaite profession
de foi ).</p>
<p>L'image et son impact ont ici une réelle importance car ils
sont les véritables vecteurs narratifs. C'est surtout par eux que
le réalisateur raconte son histoire. Au sommet de son art, Miyazaki
tend à épurer le dialogue et le scénario pour ne conserver que la
force de l'image.</p>
<p>De fait, dans <strong>Ponyo</strong>, l'histoire n'est qu'un
canevas, presque un pretexte à une foisonnante expression
picturale. Ainsi la résolution finale des enjeux narratifs peut
sembler décevante. Le scénario paraît même bâclé. Mais ce serait
oublier que l'essentiel a déjà été exprimé visuellement. Et on peut
alors se rendre compte d'une véritable densité thématique proche
des interrogations précédentes de Miyazaki : cohabitation difficile
entre l'homme et la nature, retour à un âge primitif plus
harmonieux ( référence à une pureté préhistorique de l'eau,
apparition de créatures marines ancestrales semblables au
coelacanthe ), découverte d'un monde nouveau par un élément
étranger ( ici Ponyo ), croyances animistes ( la mère de Ponyo est
clairement une déïté dont la fonction première est
l'anthropophormisation de l'océan ) ou encore description d'une
société matriarcale ( le héros est élevé par sa jeune mère, la
divinté maritime est une reine et non un homme - Poséïdon - comme
on le représente classiquement ).</p>
<p>Mais on trouve aussi un thème plus profond c'est à dire celui de
l'eau comme " matrice ". Souvent l'eau, chez le maître, se voit
conférer une symbolique édénique : protectrice des ruines sublimes
de la principauté de Cagliostro ; mer Egée symbolisant la
mélancolie et les doux souvenirs entre deux atroces guerres
mondiales dans <strong>Porco rosso</strong> ou encore la forêt à
demi immergée dans laquelle demeure le Dieu-cerf de
<strong>Princesse Mononoké</strong> ( la définition même, donc, du
paradis ). On retrouve cette dimension dans <strong>Ponyo</strong>,
mais l'eau y est aussi décrite comme source première de vie (
c'était déjà le cas dans <strong>Princesse Mononoké</strong> ).</p>
<p>Dans <strong>Ponyo</strong>, le magicien nous parle de la pureté
des abysses car elles sont les eaux primordiales, celles desquelles
sont nées la vie. D'ailleurs, souillée par la pollution ( les
littoraux du film ne sont pas des plus propres ), la mer originelle
sera tentée de redevenir un" jardin d'Eden" en chassant l'Homme,
éternel pêcheur . Après le faustien <strong>Le château
ambulant</strong>, on retrouve encore la fascination de Miyazaki
pour une certaine morale judéo-chrétienne. Fascination d'autant
plus évidente que Miyazaki réutilise le mythe biblique du déluge.
Mythe inversé, toutefois, puisque si les eaux recouvrent le monde
des hommes, elles libèrent, par la même occasion, un foisonnant
monde animal.</p>
<p>Cependant l'eau est aussi la "mère" . Elle est symbolisée par la
reine, mère de Ponyo ( et de ses innombrables soeurs ) mais aussi
souveraine et protectrice des créatures aquatiques. A la fin, elle
devient aussi la protectrice des humains ( mais non la suzeraine )
et donc de l'ensemble des créatures terrestres ( la bulle sous
marine protégeant la maison de retraite ). La reine ( et l'océan)
devient alors un élément bienfaiteur lié à la naissance ce que
souligne, dans le film, le retour à la motricité, et par là à la
jeunesse, des pensionnaires âgées de la maison de retraite. On peut
d'ailleurs y retrouver un symbole évoquant la vie sortant du coeur
de la mer pour arpenter la terre sur ses jambes ( ou pattes )
nouvelles. Miyazaki revient, alors, en toute simplicité aux
origines même du monde.</p>
<p>Elément premier et créateur de vie, l'océan est aussi une
puissance effrayante pouvant balayer le monde de la terre
ferme. Miyazaki recoure alors à des images superbes et terribles.
C'est évidemment le raz de marée gigantesque attirant à lui les
navires. Mais c'est surtout la course poursuite ébouriffante où la
voiture tente d'échapper aux vagues ( animalisées en poissons
immenses perpétuant ainsi une représentation animiste des éléments
) sur lesquelles courent Ponyo. Scène superbe d'ailleurs où la
musique et son rythme, reprise décalée de <strong>La chevauchée des
Walkyries</strong> de Wagner, se marient en une symbiose parfaite
avec les images. Ainsi, la vision de Ponyo se transformant en
humaine, sur le thème composé par Joe Hisaishi, tout en étant
transportée par la vague de ses soeurs se transformant en poissons
géants me fit penser, dans la puissance brut de sa poésie, aux
meilleures séquences du <strong>Fantasia</strong> de Walt Disney (
modèle du genre en ce qui concerne la corrélation étroite entre
musique et image animées ).</p>
<p>Ces scènes spectacualires aboutissent évidemment à une
apocalypse. Miyazaki surprend alors le spectateur en nous décrivant
un armaggedon calme, doux et contemplatif. C'est peut être le
meilleur moment du film où le réalisateur nous propose une ballade
bucolique et onirique, dans un paysage submergé ( <strong>Le
chateau de Cagliostro</strong>, déjà, nous montrait
 l'inondation comme un spectacle sublime ), évoquant une
version longue de la superbe séquence du train dans <strong>Le
voyage de Chihiro</strong>.</p>
<p>Miyazaki nous convie donc à une fin du monde à moitié consommée
seulement et prétexte à laisser éclater l'imagination enfantine (
le bateau menant les deux héros ) et ce malgré les lourdes ombres
pesant sur eux. Déjà, dans <strong>Mon voisin Totoro</strong>,
l'émerveillement propre à l'enfance permettait ,momentanément, de
chasser l'angoisse d'un futur incertain. D'ailleurs Ponyo est un
personnage assez proche de celui de Meï. Finalement on ne peut
qu'applaudir l'espièglerie et la vitalité qui baignent cette oeuvre
du presque octogénaire Miyazaki.</p>
<p>De fait, loin d'être pessimiste et misanthrope,
<strong>Ponyo</strong> est une oeuvre optimiste et humaniste criant
sa croyance en la bonté de l'Homme, débordante d'amour pour ses
personnages ( quelle belle scène que celle où le père communique,
en morse, avec sa famille ). C'est aussi un film à la morale
presque taoïste, rêvant d'un équilibre possible entre l'homme et la
nature, entre la terre et la mer. Cela est tout d'abord retranscrit
par le pacte passé entre les représentants des deux mondes ( la
jeune mère et la reine des océans ). Mais surtout l'harmonie
finale, l'équilibre ultime provient finalement du chaos c'est à
dire de Ponyo. Créature marine rêvant de devenir humaine par amour-
le long métrage est clairement une reprise de <strong>La petite
sirène</strong> de Andersen- Ponyo provoque la rupture de
l'équilibre , et donc un cataclysme, par son désir. Toutefois, la
réalisation de son amour parvient finalement à créer l'harmonie
parfaite ( et elle apprend à devenir humaine en comprenant que
l'accouplissement des désirs personnels ne peut primer sur les
besoins et les nécessités collectives ).</p>
<p>Ainsi le plan final délicieusement espiègle n'est-il que
l'expression de la croyance d'un vieux sage en un monde
meilleur.</p>
]]></description>			<link>http://vimaire.blog.toutlecine.com/9770/La-10-me-merveille-du-monde/</link>			<comments>http://vimaire.blog.toutlecine.com/La-10eme-merveille-du-monde---10052009-152047-lp-9770.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://vimaire.blog.toutlecine.com/9770/La-10-me-merveille-du-monde/</guid>			<pubDate>Sun, 10 May 2009 15:20:47 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[La nouvelle bombe coréenne !]]></title>			<description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style=
"margin: 5pt 0cm; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
Hier, le film
coréen <strong>The chaser</strong> de Na Hong Jin est sorti en
salle. Voici le pitch a priori assez simple : Un ancien ripou
devenu proxénète voit ses " filles " disparaître les unes après les
autres car elles sont toutes victimes d'un sérial
killer.</p>
<p class="MsoNormal" style=
"margin: 5pt 0cm; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
Je n'en dirai
pas plus afin de préserver la surprise intacte. Car ce film est une
claque mais alors une claque monumentale !</p>
<p class="MsoNormal" style=
"margin: 5pt 0cm; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
<strong>The
chaser</strong> est un premier film et déjà, devant la maîtrise
aussi bien formelle que scénaristique de l'oeuvre, ça laisse
pantois !</p>
<p class="MsoNormal" style=
"margin: 5pt 0cm; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
De fait ma
critique sera brève car, avant toutes choses, il faut découvrir ce
joyau !</p>
<p class="MsoNormal" style=
"margin: 5pt 0cm; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
Je pourrai
juste dire que, comme c'est le cas de beaucoup des grands films
coréens, Na Hong Jin réussit un parfait mélange de tons. Ainsi dans
ce long métrage cohabitent, harmonieusement, aussi bien
l'humour et l'horreur, le sordide et le léger,...
Ainsi des scènes vraiment dures n'empêchent pas un ton plus
humoristique que ce soit dans le comportement du héros ou
lorsqu'il s'agit de brocarder l'immobilisme et la
sclérose d'une institution policière bureaucratique,
hypocrite et querelleuse. On pense alors, souvent, au Bong Joon Ho
de <strong>Memories of murder</strong> ( et c'est pas un
mince compliment ! ).</p>
<p class="MsoNormal" style=
"margin: 5pt 0cm; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
Dès le
départ, le jeune réalisateur parvient à instaurer une tension
palpable et étouffante ( voir la scène éprouvante où le tueur tente
de massacrer la prostituée à l'aide d'un ciseau à
pierre ). Une tension qui va crescendo lorsque Na Hong Jin
tente ( et y parvient ) de croiser plusieurs courses à la montre
qui maintiennent toujours éveillées l'attention du
spectateur.</p>
<p class="MsoNormal" style=
"margin: 5pt 0cm; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
A côté de
cela, le film nous propose des personnages vraiment intéressants.
Que ce soit le proxénète, héros brutal, obstiné et vindicatif qui
se découvre une part d'humanité, ou le tueur qui au départ
paraît presque faible et pathétique ( voir sympathique ) avant une
dernière partie pessimiste et oppressante où il nous montre toute
sa monstruosité et sa noirceur.</p>
<p class="MsoNormal" style=
"margin: 5pt 0cm; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
Le dernier
tiers est d'ailleurs réellement dur et amère. Même la douce
image de la fin ne fait que renforcer le sentiment de tristesse
profonde qui s'impose.</p>
<p class="MsoNormal" style=
"margin: 5pt 0cm; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
Enfin il y
aurait plein d'autres choses à dire. Il faudrait revenir sur
des scènes vraiment belles et subtiles (notamment une séquence avec
la petite fille de la prostituée), sur la poésie morbide de
certaines images, sur la réussite avec laquelle le réalisateur
parvient à donner une âme, tourmentée, <span style=
"mso-spacerun: yes;"> </span>à Séoul ( entre Bas fonds
sordides, Buildings modernes et vieille ville aux rues tortueuses
), ect...</p>
<p class="MsoNormal" style=
"margin: 5pt 0cm; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
Bref ce film
est une réussite totale ! Une vraie baffe à ranger aux côtés
des <strong>Memories of murder</strong>, <strong>The host</strong>,
<strong>A bittersweet life</strong>, <strong>Taegukji</strong>,
<strong>Printemps, été, automne, hiver et...
printemps</strong>, <strong>Old boy</strong> et autres
<strong>Simpathy for Mr  Vengeance</strong> ... Tous ces
films qui m'ont fait aimer le cinoche coréen.</p>
<p class="MsoNormal" style=
"margin: 5pt 0cm; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
Et puis
c'est pas tous les jours qu'on a l'impression de
découvrir un génie. Car ,franchement, je pense que le père Na Hong
Jin on va réentendre parler !</p>
]]></description>			<link>http://vimaire.blog.toutlecine.com/8940/La-nouvelle-bombe-cor-enne/</link>			<comments>http://vimaire.blog.toutlecine.com/La-nouvelle-bombe-coreenne---19032009-161321-lp-8940.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://vimaire.blog.toutlecine.com/8940/La-nouvelle-bombe-cor-enne/</guid>			<pubDate>Thu, 19 Mar 2009 16:13:21 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Les premiers pas d'un génie !]]></title>			<description><![CDATA[<p>Alors aujourd'hui on fait du neuf avec du vieux. En bon
monomaniaque que je suis, la texte qui va suivre concernait
évidemment Miyazaki. C'était un avis portant sur son premier long
métrage : <strong>Le chateau de Cagliostro</strong>.  Cette
critique, datant de 2002 , vous paraitra surement maladroite.
Je l'ai d'ailleurs légèrement retouchée. Veuillez m'en excuser.</p>
<p><strong>Lupin III</strong> est le premier film de Miyazaki mais
aussi peut être son seul film mineur à ce jour .Tout y est moins
ambitieux et poétiquement fort que dans ses oeuvres postérieures.
Pour autant c'est loin d'être un mauvais film (ni même un film de
qualité moyenne ).</p>
<p>C'est tout d'abord une véritable perle du " caper movie " ( dont
le plus illustre représentant est <strong>La main au
collet</strong> d'Alfred Hitchcock),tout en étant un des actionners
les plus "cool" de ces 30 dernières années ( aidé en cela par
la partition "easy listening" de Yuji Ohno ).</p>
<p>Ce long métrage révèle de plus le génie du réalisateur dans
les scènes de courses-poursuites avec une séquence particulièrement
anthologique où le héros secoure une jeune fille évanouie à son
volant et poursuivie par une bande de miliciens (sa maestria dans
ce domaine atteindra son apogée avec <strong>Laputa</strong> et
<strong>Porco Rosso</strong> ).Mais réduire ce génie à cette seule
scène serait une erreur tant, dès qu'il s'agit d'action, son
aisance est remarquable. Ainsi la limpidité de ces passages
est exemplaire, il ya un véritable fourmillement d'idée et un tempo
trépidant (hérité des programmes animés sur lesquels Miyazaki a
travaillé ,dont la série <strong>Lupin</strong> ) tout en alternant
comédie, tragédie et parfois lyrisme ( avec notamment la poursuite
finale dans un donjon renvoyant à la littérature d'aventure
française de la fin XIX et début XX°comme <strong>Les 3
mousquetaires</strong> de Dumas et évidemment  <strong>Arsène
Lupin</strong> de Maurice Leblanc).</p>
<p>Les personnages sont quant à eux assez bien travaillé sans pour
autant atteindre la complexité de <strong>Princesse
Mononoké</strong> par exemple. Mais ils méritent quand même que
l'on s'attarde sur eux .Le héros Lupin est le prototype même du
héros post 60's cool, insouciant, roublard, séducteur, malhonnête ,
cynique, mystérieux et dangereux (en gros James Bond et certains
personnages de Steve Mc Queen).Pourtant celui ci brisera peu à peu
sa carapace pour révéler un personnage pudique , sensible, triste
et furieusement romantique dans sa scène d'adieu à la douce
Princesse Clarisse. Il est ici le digne succeseur de son ancêtre
Arsène. Il est l'incarnation parfaite du gentleman cambrioleur, le
parfait contraire du tueur froid que peut être Bond sous son
allure de dandy ( donc pas le Bond de <strong>Au service secret de
sa majesté</strong> ).</p>
<p>Lupin n'est par contre pas le seul personnage multi-dimensionnel
du métrage .Ainsi on retiendra le personnage de l'inspecteur
Zénigata, limier inlassable et obstiné traquant sans relâche Lupin.
A première vue Zénigata est un bouffon vociférant plus proche de De
Funès dans la série des <strong>Fantômas</strong> (autre grand
héros de "Caper Movie") que de Javert.</p>
<p>Pourtant peu à peu l'on s'aperçoit qu'il admire Lupin et que sa
vie s'articule autour de cette traque .Il ne pourrait véritablement
arrêter Lupin sous peur de réduire à néant sa propre vie. Il
partage alors la tragédie de Javert se suicidant à la mort de
Valjean,à jamais tiraillé par son obsession .</p>
<p>Puis il y a princesse Clarisse , archétype miyazakien du
personnage féminin (notamment Nausicaa et San),c'est à dire forte
,romantique, jeune, quasi-tragique ,aimant son prochain jusqu'au
sacrifice .</p>
<p>Enfin l'on trouve le comte Cagliostro seul personnage
fondamentalement mauvais voir cruel de Miyazaki avec le bad-guy de
<strong>Laputa</strong>.</p>
<p>On ne touchera que quelques mots des personnages secondaires qui
sont particulièrement croustillants comme le roublard et bagarreur
Jigen,le taciturne samouraï Goemon et Ryuko véritable pendant
féminin en treillis de Lupin totalement dénuée de complexe(bien que
l'on soupçonne un chagrin d'amour dont Lupin serait,
vraisemblablement, le responsable ).</p>
<p>Mais le plus important reste évidemment les prémices du style
miyazakien outre les poursuites palpitantes et le personnage
de Princesse Clarisse avec son rôle à la fois fragile et
fort toisant de loin des hommes généralement bêtess, violents,
lâches, naïfs et cruels(rejoignant ainsi un autre génie asiatique
Tsui Hark).</p>
<p>On retrouve ainsi les paysages germano-médittéranéens de
<strong>Porco Rosso</strong> et <strong>Kiki's Delivery</strong>
Service dans une démarcation évidente du Liechenstein et de la
riviera. Une passion pour l'Europe que l'on retrouve dans le design
des véhicules ( notamment la deuche qui est l'automobile préférée
de Miyazaki, et sert ici de véhicule d'évasion à la
princesse).Outre ce design d'engignerie commun à de nombreux
Miyazaki ( <strong>Porco rosso</strong> et <strong>Laputa</strong>)
, on retrouve les machineries jules verniennes chères au
réalisateur ( l'horloge) et des machines volantes  assez
particulières ( mais plus dans une  tendance moderne
version <strong>Nausicaa</strong> que le style avions
pionniers de <strong>Kiki</strong> , <strong>Laputa</strong> et
dans une moindre mesure <strong>Porco Rosso</strong>).</p>
<p>Par contre le message écologique généralement délivré par le
réalisateur est ici d'une grande discrétion malgré une séquence
sublime où la rivière délivrée des barrières érigées par l'homme
(et suprême ironie grâce à ce dernier) inonde la vallée ,et créé un
lac gigantesque, faisant ainsi une île de la principauté de
Cagliostro. Témoignage la toute puissance de mère nature qui finit
toujours par reprendre ses droits.</p>
<p>Cependant on retrouve une autre variante de ce thème cher au
maître, c'est à dire l'inquiétude de perdre à jamais des parts
importantes de notre patrimoine culturel ou écologique ( ce sont
les principales thématiques de <strong>Princesse Mononoké</strong>
et du <strong>Voyage de Chihiro</strong> ) .Cela se traduit dans le
film par le trésor après lequel courent le comte et Lupin , et qui
se révèlera être une gigantesque et magnifique cité romaine
engloutie ( cela sera partiellement repris dans
<strong>Laputa</strong> ).</p>
<p>Doté d'une animation éblouissante pour un film de 1978 , Lupin
III est, ainsi, l'esquisse essentielle pour la compréhension
totale des toiles de maître à venir.</p>
]]></description>			<link>http://vimaire.blog.toutlecine.com/8889/Les-premiers-pas-d-un-g-nie/</link>			<comments>http://vimaire.blog.toutlecine.com/Les-premiers-pas-det-039-un-genie---16032009-210749-lp-8889.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://vimaire.blog.toutlecine.com/8889/Les-premiers-pas-d-un-g-nie/</guid>			<pubDate>Mon, 16 Mar 2009 21:07:49 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Tintin en Angola]]></title>			<description><![CDATA[<p>Alors je vais profiter de ce sujet pour vanter les mérites d'une
sympathique comédie d'Ettore Scola : <strong>Nos héros
réussiront-ils à retrouver leur ami mystérieusement disparu en
Afrique ?</strong></p>
<p>L'histoire : Un riche éditeur ( Alberto Sordi ) s'ennuie dans sa
vie mondaine et bourgeoise. Il décide alors de retrouver son
beau-frère ( Nino Manfredi ) disparu depuis plusiseurs mois en
Angola. Et c'est parti pour l'aventure en compagnie d'un pauvre
comptable blasé ( Bernard Blier ).</p>
<p>Ce film réjouissant aurait pu être retitré <strong>Tintin en
Angola</strong> tant sa structure, son rythme et même son ambiance
évoquent <strong>Tintin au Congo</strong> de Hergé : découverte de
la société coloniale ( ici portugaise ), jeu sur les stéréotypes
inhérents au continent africain ( tribus armées de sagaies,
sorciers, missionnaires; ... ) et rencontre d'un bestiaire varié (
lions, rhinocéros, Onyx, Zèbres, Chimpanzés,... ). Une même
simplicité, voire naïveté, semble parcourir l'oeuvre. Pourtant,
chez Scola, cette naïveté n'est qu'apparente.</p>
<p>Là où Hergé montre sa sympathie évidente pour le colonialisme,
Scola joue des codes du récit d'aventure afin de nous retourner le
discours colonialiste en plein gueule. Doté d'un humour
caustique  et efficace, Scola joue en maestro des clichés.
Ainsi chaque scène stéréotypée du genre se retrouve ici inversée :
la chasse au lion se termine piteusement, l'accoutrement
d'explorateur de Sordi est ridicule, quand les africains
brandissent des sagaies c'est pour délivrer les héros, les
missionnaires sont soit séniles, soit cupides,... Mais d'après
l'exemple le plus subtil de ce retournement des valeurs est le
suivant :
Dans <strong>Tintin au Congo</strong>, le héros est accompagné d'un
gentil africain débrouillard mais lâche et un peu fripouille. Cela
traduisait la vision condescendante portée par les européens sur
les africains. Dans le film de Scola on trouve un personage
semblable mais il est portugais. C'est donc un colon et cela change
tout au discours.
De fait l'odyssée africaine, empreinte de pensée coloniale, telle
que rêvée par le héros est désuète. Elle est un vestige voué à
disparaître. Ainsi les aventures, souvent risibles, des
protagonistes sont le contrepoids, à la fois critique et bouffon,
des gravures du XIX° ouvrant le générique et montrant la
supériorité du conquérant blanc. D'ailleurs, dans ces gravures, les
explorateurs ont comme point commun avec le personnage de ne
considérer la culture et la vitalité africiane qu'à travers son
folklore. C'est encore le cas aujourd'hui.</p>
<p>Scola se montre donc très critique envers le colonialisme.
Tourné en Angola, alors qu'elle était encore portugaise, le long
métrage montre une Afrique européenne agonisante. La société
coloniale y est malade ( les missionnaires, la folle ) ou violente
( la scène où un colon portugais tente d'aider les héros à
traverser un fleuve ). Quand aux militaires blancs ce sont des
mercenaires à la fois soldats et brigands. Mercenaires qui sont le
juste reflet de l'épouvantable manière par laquelle les européens
ont tenté d'imposer leur domination après les indépendances ( lire
l'excellent <strong>La françafrique</strong> de Verschave pour
constater l'ampleur des dégâts ! ).
A ce colonialisme moribond et anarchique, empreint de veulerie et
de cupidité, Scola oppose une population africaine pleine de
noblesse et dont il aime filmer la beauté. A l'exubérance des
blancs répond la retenue des angolais ( les larmes coulant sur les
joues de la jeune fille lors du départ de Manfredi ). Là aussi
c'est une inversion claire et nette des clichés.
Le réalisateur joue la partition d'une odyssée bouffonne jusqu'au
bout. Ainsi Scola se permet de livrer un pastiche de <strong>Au
coeur des ténèbres</strong> de Joseph Conrad ( comme l'a
judicieusement évoqué le très interéssant Profondo Rosso sur le
forum <strong>Mad Movies</strong>). Le personnage de Sordi lui même
évoque, à un moment, cette filiation. Ainsi le pitch du film est
semblable à celui de Conrad : Un homme part à la recherche d'un
autre homme disparu et explore pour cela une contrée
inhospitalière. Il finira par retrouver le disparu devenu le dieu
blanc et terrible d'une société primitive.
Mais exit la noirceur de Conrad, place au duo burlesque et
savoureux de l'extraverti Sordi et du savoureux Blier.</p>
<p>Toutefois tout n'est pas parfait dans cette oeuvre réflexive et
amusante. On peut reprocher quelques effets de style très daté et
des stock shots de rhinocéros pas très heureux. Mais bon ne boudons
pas notre plaisir. Nos héros... est oeuvre rythmée, intelligente et
amusante qui par certains points évoque le Voltaire de
<strong>Zadig</strong> ou de <strong>Candide</strong> ( une oeuvre
réflexive habillée des atours du récit d'aventure le plus stimulant
).</p>
<p>Un film qui convoque Conrad, Hergé et Voltaire c'est quand même
pas si mal !</p>
]]></description>			<link>http://vimaire.blog.toutlecine.com/8872/Tintin-en-Angola/</link>			<comments>http://vimaire.blog.toutlecine.com/Tintin-en-Angola-15032009-110057-lp-8872.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://vimaire.blog.toutlecine.com/8872/Tintin-en-Angola/</guid>			<pubDate>Sun, 15 Mar 2009 11:00:57 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[The Dillinger escape plan]]></title>			<description><![CDATA[<p>Michael Mann fait partie de mes cinéastes préférés. C'est dit
!</p>
<p>Le climax ébourrifant de <strong>Le dernier des
mohicans</strong> est peut être ma scène cinématographique préférée
c'est dire. Mais à côté je pourrai retirer tellement de pépites de
sa filmographie allant de l'excellent ( <strong>Manhunter</strong>,
<strong>Le solitaire</strong>, <strong>La forteresse noire</strong>
) au chef d'oeuvre ( tout le reste ! )</p>
<p>La fusillade de <strong>Heat</strong>, l'apparition du Golem
dans la brume de <strong>La forteresse noire</strong>,
<strong>Ali</strong> courant dans les rues de Kinshasa ( et les
combats virtuoses filmés au plus près du corps et des poings ! ),
la poésie du LA nocturne de <strong>Collateral</strong>, les décors
immaculés de <strong>Manhunter</strong>, l'utilisation magistrale
de la musique à la fin de <strong>Révélations</strong> et de
<strong>Miami vice</strong>... Tant de scènes, de détails qui font
qu'aujourd'hui j'aime le cinéma !</p>
<p>Alors la sortie ,cet été ,d'un nouveau Mann, intitulé
<strong>Public enemies</strong>,ne peut qu'être un beau cadeau
!</p>
<p>Mais surtout le sujet abordé, la traque du célèbre bandit John
Dillinger ( d'ailleurs je rêve de voir le film que John Milius
réalisa sur le sujet ), ne peut que me mettre la bave aux
lèvres. Il faut savoir que je suis passionné par les années 30/40
et les histoires de banditisme y afférant. Alors Mann qui réalise
un film sur le sujet c'est un peu mon rêve ultime ( maintenant il
faut que John Woo en fasse un aussi ! ).</p>
<p>En tout cas voici  le trailer de l'objet en question. Doté
d'un casting solide ( Christian Bale, Johnny Depp ) le film laisse
entrevoir des scènes d'actions virtuoses ( Mann est un génie de la
gestion de l'espace )et des personnages soignés et charismatiques (
Depp va nous faire oublier ce bouffon de Sparrow ).</p>
<p>Mais, surtout, j'attend de voir la ville US des 40's dépeinte
par Mann. Ainsi, à mon humble avis, Mann me parait être, aux côtés
de Scorsese, Gray, Lee ou Fincher,  un des cinéastes les
plus doués pour saisir l'âme même des grandes villes américianes (
revoir <strong>Collateral</strong> pour s'en convaincre ! ).</p>
]]></description>			<link>http://vimaire.blog.toutlecine.com/8835/The-Dillinger-escape-plan/</link>			<comments>http://vimaire.blog.toutlecine.com/The-Dillinger-escape-plan-11032009-185700-lp-8835.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://vimaire.blog.toutlecine.com/8835/The-Dillinger-escape-plan/</guid>			<pubDate>Wed, 11 Mar 2009 18:57:00 +0200</pubDate>		</item>	</channel></rss>