<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom">		<title>http://rafik.blog.toutlecine.com</title>		<id>http://blog.toutlecine.com/</id>		<link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://rafik.blog.toutlecine.com/atom.xml" />		<subtitle><![CDATA[Compagnon Geek]]></subtitle>		<rights>Copyright (c) 2006, Hi-pi</rights>		<generator>Hi-pi ATOM generator</generator>		<author>			<name>Hi-pi</name>			<uri>http://rafik.blog.toutlecine.com</uri>		</author>		<updated>2009-07-02T02:14:22+02:00</updated>		<entry>			<title>Un Seul mag sur Terre</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p></p>
<p><strong>Ici et maintenant</strong>
"<em>C'est Hollywood tel que les Dieux l'ont
rêvé</em>", annonce Guillermo Del Toro depuis ses allers-retours à
Wellington en Nouvelle Zélande. "<em>J'affirme en toute
honnêteté que j'ai trouvé ce système à la fois libérateur,
intimidant et époustouflant. Et je me suis senti béni d'avoir
pour mentor le talentueux et patient Peter Jackson</em>" confesse
Steven Spielberg. "<em>Je leur ai mis cette caméra entre les
mains</em>, rappelle James Cameron en désignant Spielberg et
Jackson, <em>et ils sont aussitôt devenus comme des gamins 
au fond chaque cinéaste est juste un geek complet</em>". "<em>Bobby
Zemeckis est aussi venu traîner sur le plateau</em>, dévoile Peter
Jackson. <em>Et nous étions tous là à avancer nos théories sur le
pourquoi du comment nous procédions selon telle ou telle
méthode</em>."</p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p>Depuis près d'un an, une société basée à Wellington, en
Nouvelle Zélande, accueille dans ses murs quelques cinéastes dont
les films représentent environ le tiers des entrées
cumulées dans le monde
depuis vingt ans (rajoutez, parmi leurs visiteurs
éventuels, quelques poids moyens tels que David Fincher, Frank
Darabont et bien d'autres). Le but de cette réunion
peu commune consiste à, grosso modo, réinventer la façon
dont on produit et dont on consomme les films. Ils sont tous
là. Sous le même toit. Et ils ont un projet commun. A n'en pas douter, tous les
magazines du monde dédiés au Cinéma (papier, télé, radio, Internet)
sont forcément déjà sur place, à tenter de recueillir le moindre
petit bout d'information sur cet évènement pour le moins
historique.</p>
<p></p>
<p>
<em>Comme on peut
le voir, Spielberg opère ici un travelling avant à l'intérieur d'un
Palais arabe</em></p>
<p></p>
<p>Rectificatif... Personne n'a été dépêché sur place ! A
Wellington, il n'y a pas de montée des marches ; pas de Rocco
Siffredi qui embroche une actrice pour l'amour de l'Art
; pas de soirée costumée à 3 millions d'euros, où Sofia
paraderait aux bras de Louis XVI en espérant qu'on file la
palme à un film sur les pauvres ; ici les stars refusent
qu'on les prenne en photo à cause de leurs costumes mo-cap
aux allures de pyjama ; ici les films que l'on fait sont
"<em>virtuels</em>", "<em>désincarnés</em>",
"<em>déshumanisés</em>", et le vrai cinéphile connaisseur ne peut
plus tranquillement se masturber sur le grain de peau d'Ava
Gardner en justifiant son fétichisme par une citation de Lacan ;
ici, en Nouvelle Zélande, tout ce qu'il y a à filmer ou à
photographier, ce sont des Cinéastes qui parlent de Cinéma tout en
faisant du Cinéma. L'horreur absolue quoi !</p>
<p>
Qui plus est, les bloquebustaires qui sont en train de
prendre forme en ce lieu font déjà la Une des magazines, à travers
des articles ou des news dûment séparés, répertoriés, catalogués.
N'importe quel internaute lambda a déjà croisé les titres
<em><strong>Avatar</strong></em>, <em><strong>Tintin</strong></em>
ou <strong><em>The Hobbit</em></strong>. Mais combien d'entre
eux ont-ils compris que tout cela se produisait en un seul
mouvement, et dans des pièces voisines ? Combien savent-ils que le
réalisateur d'<strong><em>Avatar</em></strong> reçoit
régulièrement la visite du réalisateur de
<strong><em>The Lovely
Bones</em></strong>,
qui ensuite monte à l'étage supérieur se connecter, via
Internet, à son co-réalisateur de <strong><em>Tintin</em></strong>.
Tandis qu'ils finalisent quelques plans, séparés par des
milliers de kilomètres, le réalisateur de <em><strong>The
Hobbit</strong></em> apparaît dans une fenêtre de leur ordinateur
portable, fait quelques grimaces à la webcam et lâche quelques
grossièretés, admire un plan de <em><strong>Tintin</strong></em>
puis envoie ses croquis de <strong><em>The Hobbit</em></strong>. Et
pendant ce temps, d'un autre coin de la planète, le réalisateur de
<strong><em>Scott Pilgrim vs the World</em></strong> envoie ses
suggestions scénaristiques pour <strong><em>Tintin</em></strong>,
d'autant plus concerné par le projet que ses deux compères de
<strong><em>Shaun of the Dead</em></strong> et <strong><em>Hot
Fuzz</em></strong> apparaîtront auprès du reporter belge ; cette
belle journée se concluant sans doute avec la réception de quelques
news concernant <strong><em>A Christmas Carol</em></strong>,
envoyées par le parrain de cette révolution qui est aussi le
parrain et inspirateur du maître des lieux.

Un seul mag sur Terre a fait le voyage...</p>
<p></p>
<p><em>Observant son moniteur, Jim voit un film
quasi-fini</em></p>
<p></p>
<p>Le magazine anglais <em>Empire</em> a fêté au mois de juin ses
vingt ans. Durant une bonne partie de son histoire, <em>Empire</em>
ne se distinguait en presque rien de nos <em>Première</em> ou
<em>Studio</em> locaux : des stars, des stars et pis des stars ;
une couverture sur deux consacrée au futur méga-film super attendu
qui, à plus ou moins long terme, fera pouf ! (première couverture : <strong><em>Le Bûcher des
vanités</em></strong>) ; et éventuellement, ça et là,
glissés dans les marges, quelques propos des gens qui font les
films. Depuis la démocratisation d'Internet, et sans doute
boosté par son site, <em>Empire</em> a résolument changé de ligne
rédactionnelle, largement gagné en cinéphilie (de vraies enquêtes
rétrospectives, comme ces révélations tardives sur le bordel du
tournage de <strong><em>LXG</em></strong>) et s'est vu
considéré, auprès de <em>Wired</em> et de <em>Edge</em>, comme un
des rares titres authentiquement geeks de la presse anglo-saxonne.
Ce numéro du vingtième anniversaire a donc été logiquement confié
aux suggestions rédactionnelles du king of geeks : Steven Spielberg
en personne.

De prime abord, la place très large qui a été réservée aux projets
en performance capture pourrait apparaître
comme bêtement opportuniste, Spielberg étant lui-même plongé dans
l'affaire. Mais bien entendu, comme souvent avec lui, les
choses ne sont pas aussi simples.
Les gros articles consacrés à <em><strong>Avatar</strong></em>,
<strong><em>Tintin</em></strong>, <strong><em>The
Hobbit</em></strong> et <strong><em>The Lovely Bones</em></strong>,
sont en effet entrecoupés de news brèves sur une certaine planète
cinéma à l'oeuvre : Martin Scorsese et son
<strong><em>Shutter Island</em></strong>, Edgar Wright et son
<strong><em>Scott Pilgrim vs the World</em></strong>, Spike Jonze
et son <strong><em>Where the Wild Things are</em></strong>, Tim
Burton et son futur truc à la ramasse, mais aussi Mel Gibson de
retour devant la caméra, Matt Groening en fanboy, Quentin Tarantino
répondant à un questionnaire ardu (et réalisant un score
exceptionnel) etc.</p>
<p></p>
<p><em>Greenscreens ? Ordinateurs ? Comédie ? Edgar Wright
?</em></p>
<p></p>
<p>Pour servir de balise à ce foisonnement, Spielberg convoque
deux de ses plus anciens amis qui, par choix délibéré ou
inconscient, se sont mis en retrait de ce mouvement et jouent les
observateurs. George Lucas explique de quelle façon la technologie
des effets spéciaux, jusque là considérée comme un truc à part, se
révélera être le fondement technologique de tous les cinémas (une
transformation dont il est largement à l'origine, à défaut
d'en être le guide). Francis Ford Coppola, lui, explique
pourquoi il a préféré se détourner d'un cinéma du futur dont
il fut le premier prophète (avec <strong><em>Coup de
Coeur</em></strong>, en 1982), réalisant au fond qu'il
n'a jamais voulu faire que des films intimistes (oui ! il
inclue là-dedans <strong><em>Le Parrain</em></strong> et
<strong><em>Apocalypse Now</em></strong>, et sa démonstration est
même convaincante.)

Une fois ce tour d'horizon établi, et en vertu du caractère
forcément nostalgique de cet anniversaire, le magazine
s'offre une petite séance régressive, d'abord en
réunissant l'intégralité du casting des Goonies puis en invitant quelques vedettes
à recréer les films marquants qui ont bercé ces vingt dernières
années.</p>
<p><em>Clichés non retenus dans le portfolio du
magazine</em></p>
<p></p>
<p>Malgré une apparente hétérogénéité, le lecteur attentif aura
jusque là remarqué un curieux ballet. Pratiquement tous ces
articles s'interpellent et se répondent, de citations en
hommages, de désaccords en félicitations. Et au coeur de ce
va-et-vient, une question récurrente : <strong>la façon de faire
des films</strong>.</p>
<p>

<strong>L'Héritage</strong>
Aux deux tiers du numéro, une floppée de photos en noir et blanc
envahit soudain les pages. Solennel, Clint Eastwood revient sur les
deux mentors dont les noms ornaient son chef d'oeuvre
<strong><em>Impitoyable</em></strong>, à savoir Sergio Leone et Don
Siegel. A travers cette évocation, c'est évidemment des
méthodes de travail que nous remémore l'artiste, méthodes
qui, à des degrés divers, ont fait l'identité de son propre
cinéma.
A sa suite, Jack Nicholson revient, plutôt en détail et en
retenant ses larmes, sur la méthode de Stanley Kubrick durant le
tournage de <strong><em>Shining</em></strong>. Forcément
passionnants et instructifs, ces deux textes rétrospectifs
reviennent avec force sur la question maintenant clairement
identifiée comme centrale au numéro : la
<strong>méthode</strong>.
Ainsi, cette section se conclue sur un questionnaire, soumis par
divers personnalités à Steven Spielberg en personne : DiCaprio, Tom
Hanks, Michael Mann, Bryan Singer, Ron Howard, Ben Stiller, Edgar
Wright etc. cherchent à comprendre un plan, un effet de montage, un
mixage curieux. Une fois que le Maître a répondu, il lui reste à
soumettre à son tour un questionnaire à une batterie de cinéastes
(Hayao Miyazaki, David Fincher, Andrew Stanton, James Cameron, Del
Toro, Pedro Almodovar, M Night Shyamalan, JJ Abrams, Danny Boyle)
questionnaire faisant cohabiter des questions de méthodes (encore
et toujours) à celles de l'héritage.</p>
<p>
<strong>La Source</strong>
Même s'il ne se situe pas à la toute fin du magazine, il est
un article qui représente, à mes yeux, la vraie conclusion de ce
numéro. Cet article, de six pages bien remplies, est un hommage
richement illustré au regretté Forrest J. Ackerman, décédé en décembre 2008. Surnommé
par Spielberg "<em>the all-time film geek</em>", <em>Forry</em>
Ackerman a été la clé d'une déculpabilisation des amateurs de
fantastique dans les années soixante. Sa revue <em>Famous Monsters
of Filmland</em>, truffée de photos inédites de
<strong><em>Frankenstein</em></strong> ou de <em><strong>King
Kong</strong></em>, traversée d'entretiens avec des légendes
peu ou jamais interviewées, riches en infos sur les tournages, en
conseils de maquillage, a inspiré tout un courant journalistique
comme, en France, <em>L'écran fantastique</em> ou <em>Mad
Movies</em>. Mais surtout, sa plume militante et humoristique a
consolé toute une génération de gamins solitaires, en leur révélant
que leurs goûts jugés obscènes étaient bel et bien légitimes. Peter
Jackson, Stephen King ou Gene Simmons racontent ainsi leur
excitation à la lecture de chaque numéro. Joe Dante, John Landis et
Steven Spielberg témoignent de l'homme qui les accueillait
dans son Musée personnel (à une époque la plus grande collection au
monde d'objets provenant de films fantastiques : masques
originaux, sculptures, accessoires etc.). Comme il n'existe,
hélas, plus de revue dédiée au cinéma fantastique, la mort de
Forrest J. Ackerman est passée inaperçue, y compris dans les
cercles d'amateurs. En plus de rétablir la balance, cet
article illustre l'idée selon laquelle <em>Forry</em>
pourrait bien être l'oncle spirituel de cette génération qui,
aujourd'hui, réinvente la façon même de faire des
films.</p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p>Autant dire qu'une fois de plus, sous ses airs de totale
évidence (on ne parle ici que d'actualité ou presque),
Spielberg nous amène doucement à contempler l'histoire
riche, mal comprise et finalement peu contée, de tout un mouvement
culturel et cinématographique; un mouvement qu'on aimerait
bien nommer « geek » si nos ministres et nos chanteuses has been ne
nous avaient pas récemment privé de ce vocable. A la fin de son
hommage à Ackerman, le cinéaste écrit : <em>"A generation of
fantasy lovers thank you for raising us so well</em>".
Et ainsi se conclue un magazine de 250 pages qui, aux yeux des
futurs historiens de Cinéma, sera le seul à témoigner, non
seulement de ce qui s'est réellement produit en cette année
2009, mais aussi de la chaîne d'évènements, de questions et
de passions, qui ont mené à ce carrefour.

<em>Rafik Djoumi</em></p>
				</div>			</content>			<id>http://rafik.blog.toutlecine.com/10476/Un-Seul-mag-sur-Terre/</id>			<link href="http://rafik.blog.toutlecine.com/10476/Un-Seul-mag-sur-Terre/" />			<author>				<name>rafik</name>				<uri>http://rafik.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2009-07-02T02:13:07+02:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>InGame et CinemAction</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p>
J'ai complètement oublié de
vous présenter le magazine de jeux vidéo <strong>IG</strong> qui,
pour son numéro n°2 des mois de mai et juin, m'avait demandé
un petit article sur l'histoire des adaptations de films en
jeux. Pour ceux que cela intéresse, vous pouvez le commander
directement sur leur site.
Vous trouverez également sur ce site quelques fichiers PDF
d'extraits choisis (22 pages au total), dont
l'introduction du texte de votre serviteur, à cet endroit.

Voici le sommaire complet du numéro :

<strong>Interviews</strong> :
Eric Nofsinger (<em>The Conduit</em>)
Eric Viennot (<em>In Memoriam, Lexis Numérique</em>)
Sylvain Muzé (FX chez <em>Quantic Dream</em>)
Matthieu Gallais (UI chez <em>EA Montréal</em>)

<strong>Rétrospective</strong> :
Resident Evil (partie 1)
Punch out !!
Dragon Quest

<strong>Analyse</strong> :
MMO gratuits : la grande baston du free to play
Advergaming (pub in game)
zone d'activité économique : Bordeaux Game
Wii Board
L'addiction
Ménage et méninges

<strong>Décryptage</strong> :
Mariage de raison ou flirt créatif : à propos des
films adaptés en jeux vidéos
Jeux vidéo : l'extension de la politique par d'autres moyens

<strong>Dossier</strong> : dématérialisation des supports
Indie gaming
jeux en boîte, la fin ?
Le Web 2.0, inspirateur de gameplay
Jenova Chen

<strong>Les Indé</strong> :
Mzone Studio
Cyanide

<strong>Rencontre</strong> :
Yoshitaka Amano

<strong>Geektionnaire</strong> :
barcode Battler

<strong>Multivers</strong> :
Effroyables félins (Wing Commander)

<strong>Le jeu selon</strong> :
Peter Molyneux

<strong>Histoire</strong> :
Apple et le jeu vidéo
Amstrad
La fabuleuse histoire de Sega
Histoire des jeux de tennis
Porte, monstre, trésor : la longue et épique saga du RPG


Dans le même élan, j'ai été
contacté par la revue universitaire <strong>CinemAction</strong> qui, dans un numéro à
venir consacré aux "<em>minorités dans le cinéma américain</em>",
souhaitait y intégrer un texte concernant <em><strong>Le Seigneur
des anneaux</strong></em> (texte portant sur la métaphore bien sûr
; je ne me suis pas lancé dans une diatribe sur le racisme
anti-nain propagé par ces fachos d'elfs de la forêt; et
pourtant ça me démange). La sortie du numéro ne m'ayant pas
encore été annoncée, je tâcherais de vous tenir au courant.

c'est tout
A très vite
<em>Rafik Djoumi</em></p>
				</div>			</content>			<id>http://rafik.blog.toutlecine.com/10422/InGame-et-CinemAction/</id>			<link href="http://rafik.blog.toutlecine.com/10422/InGame-et-CinemAction/" />			<author>				<name>rafik</name>				<uri>http://rafik.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2009-06-27T21:01:05+02:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>La Conspiration des ténèbres</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p></p>
<p>Cette chronique débutera sur un énorme cliché ; désolé, mais je
n'ai rien trouvé de mieux qu'une phrase galvaudée pour
l'introduire. Il s'agit en l'occurrence de cette
phrase interrogative : <em>"Avez-vous déjà eu l'impression
qu'un livre avait été écrit rien que pour vous ?</em>"
Galvaudé, certes, mais fort à propos et je n'y peux rien.
J'ai découvert <strong><em>La Conspiration des
ténèbres</em></strong> durant l'été 2008, après quelques
années à croiser régulièrement ce titre au fil de lectures et
d'interviews. D'emblée, j'ai été séduit par un
sentiment de connivence (logique si l'on considère le sujet
principal du livre : le Cinéma) connivence qui a progressivement
cédé la place à un sentiment de grande intimité. L'effet
graduel fut si troublant que je me retrouvais régulièrement à
prendre à partie des gens de mon proche entourage, à leur lire des
paragraphes entiers, pour qu'ils puissent d'eux-mêmes
constater l'étrangeté de la situation. Connaissant mes goûts,
mes passions, et connaissant surtout mes obsessions, ces proches
pouvaient ainsi s'étonner, en même temps que moi, de la
parfaite concordance entre la structure du roman, la succession de
ses thèses, et la biographie de mon propre psychisme.</p>
<p>
<strong><em>La Conspiration des ténèbres</em></strong>, de
son vrai titre original <em><strong>Flicker</strong></em>, fut
publié aux Etats-Unis en 1991 et traduit tardivement en français en
2004. Comme son titre français l'indique assez lourdement, il
s'agit d'un thriller conspirationniste. Son auteur,
Theodore Roszak, est professeur d'Histoire à
l'Université de Californie. Il a publié quelques autres
fictions de SF ou de relecture fantastique (<em>Dreamwatcher</em>,
<em>Les mémoires d'Elizabeth Frankenstein</em>) mais il est
surtout connu pour être à l'origine du concept de «
contre-culture » tel qu'on le comprend aujourd'hui, à
travers un essai publié en 1970 et intitulé sobrement <em>Vers une
contre-culture</em>.</p>
<p>
<strong>L'histoire</strong>
L'histoire, en, résumé, est celle d'un jeune
californien amateur de films, Jonathan Gates. Au tournant des
années 50-60 Gates fait la connaissance d'une cinéphile
influente et organisatrice de ciné-club : Clarissa Swan, alias
Clare. Devenu son amant en même temps que son disciple, Gates va
acquérir auprès de Clare toutes les bases d'une cinéphilie
"classique", apprenant à trier le bon grain de l'ivraie et à
se détacher de son goût latent pour un certain populisme
hollywoodien ou les recettes de la série B. Malgré
l'intransigeance de sa maîtresse (à tous les sens du terme),
Gates va pourtant l'amener à s'intéresser au travail du
réalisateur Max Castle, un allemand de l'époque du muet
réputé génial et prometteur et qui, après avoir fui son pays, se
réfugia à Hollywood pour n'y réaliser qu'une succession
de séries B d'horreur. Le couple parvient à mettre la main
sur des copies de ces oeuvres d'horreur déjà oubliées.
Ce qu'ils découvrent leur apparaît à la fois consternant et
d'une étrange malfaisance. Gates finit par reconnaître que
ces films, à priori quelconques, ont à posteriori sur lui un effet
terrible et obsédant. Clare est la victime du même effet à
posteriori, mais elle le refoule avec acharnement car il est en
contradiction flagrante avec la mission qu'elle s'est
fixée : défendre la Beauté du Cinéma et non pas étudier son
éventuelle perversité. Jonathan Gates va donc entreprendre seul une
enquête visant à retrouver les collaborateurs de Max Castle et à
percer le mystère de ces films. Il découvrira que certains associés
du cinéaste le considéraient comme un authentique génie, y compris
sur ses oeuvres de série B tardives ; il découvrira surtout
que les images tournées par Max Castle semblent renfermer en elles
d'autres images, comme un effet subliminal particulièrement
élaboré qui fait défiler un autre film durant le film. C'est
armé d'un appareil étrange récupéré durant son enquête, le
Flicker, que Gates commencera à percer le secret des films de
Castle. Il est loin de se douter que cette enquête va le mener bien
au-delà du Cinéma et du XXème siècle, pour remonter le fil
d'une conspiration quasi-millénaire faite d'hérétiques
en tous genres.

<strong>Pompages</strong>
Ecartons d'emblée les raccourcis malheureux. Publié en 1991,
le livre de Theodore Roszak a, bien malgré lui, initié une petite
portée d'avortons embarrassants. Certains auront reconnu dans
son récit la source d'inspiration, fortement abétifiée, de
l'épisode <em>Cigarette Burns</em> que John Carpenter réalisa
pour la série des <strong><em>Masters of Horror</em></strong>.
D'autres auront perçu là une des plus manifestes sources
d'inspiration sur lesquelles Dan Brown a bâti sa collection
de vulgarisation ésotérique pour lecteurs de Voici (<em>Da Vinci
Code, Anges et démons</em>). Enfin, le parcours de Jonathan Gates,
destiné à croiser la route des Templiers, nous renvoie évidemment
vers un certain <em>Benjamin Gates</em>, héros d'une série de
scooby-doo-like produits par Jerry Bruckheimer.

Ce qui distingue <strong><em>La Conspiration des
ténèbres</em></strong> de ces descendants malheureux, ce sont
d'abord les vingt ans de travail et de recherche auxquelles
s'est adonné Theodore Roszak avant de se mettre à
l'ouvrage, la précision avec laquelle il intègre sa fiction à
l'histoire officielle du Cinéma (sons statut
d'historien prend ici tout son sens) et enfin
l'exigence et l'attention qu'il attend de ses
lecteurs, bien décidé à ne pas leur mâcher le travail de déduction.
Mais ce qui fait de son livre une oeuvre vraiment à part est
la description étonnamment juste du statut de la cinéphilie et
surtout de son évolution; description qui fut précisément à
l'origine de mon trouble vu qu'on serait bien en peine
de la trouver à l'identique dans une revue ou même un livre
estampillé « cinéma ».


<strong>Cinéphilie</strong>
La première partie de l'intrigue nous fait ainsi voguer dans
les spécificités du milieu cinéphile d'après-guerre, à
travers la naissance du concept « d'auteur », la découverte
de cinématographies européennes et asiatiques et enfin la
réalisation progressive qu'Hollywood a abrité en son sein
nombre d'artistes dissidents avançant sous le masque du
divertissement de masse. La description du personnage de Clare,
cinéphile précieuse, arrogante, militante (et vaguement SM),
capable de monter une opération commando pour sauver une copie des
<strong><em>Enfants du Paradis</em></strong>, renvoie
invariablement à une certaine Pauline Kael ; et le lecteur ne
s'étonnera pas de la voir, quelques chapitres plus loin,
devenir la grande prêtresse de la critique new-yorkaise de la fin
des années soixante. Roszak attribue à ce personnage un vaste champ
de connaissance historique du Cinéma, un sens politique marqué
ainsi qu'une grande culture générale, mais il en montre
également les limites lorsqu'il fait apparaître chez Clare
une sorte de refus à comprendre les motivations profondes, intimes,
de son goût pour les films. Explicitement décrite comme une
control-freak (y compris dans sa vie sexuelle), Clare se refuse
catégoriquement à pénétrer les zones d'ombre dans lesquelles
va s'aventurer son disciple Jonathan. Elle rejettera les films de Max
Castle et refoulera l'effet qu'ils ont eu sur elle ; de
même, elle connaît l'existence du projet d'adaptation
par Orson Welles de la nouvelle <strong><em>Au Coeur des
ténèbres</em></strong>, mais elle en reste à l'aspect
historique et politique et refuse de considérer, à l'inverse
de son disciple, le mystère qui entoure ce projet maudit. Ce
faisant, c'est comme si Roszak traçait les limites de cette
cinéphilie "classique" (l'idiome de Clare est assez
clairement celui des premiers <em>Cahiers du cinéma</em>, et elle
fréquente par ailleurs un groupe de jeunes cinéphiles français)
cinéphilie pour qui le décryptage historique, érotique et politique
suffit à éclairer et donner sens mais où le caractère intime de la
relation sujet-film relève presque du tabou. <em>"Les films sont
faits pour le spectacle,</em> dira Clare<em>. Pas pour la sensation
ni l'émotion. J'aime qu'ils restent à leur place,
là-bas sur la toile</em>". Mais l'oeuvre de Max Castle,
qui se présente comme un mix entre celle de Jacques Tourneur, de
Tod Browning, d'Edgar G. Ulmer et une référence appuyée à
William Castle, est précisément de celles qui <em>"ne restent pas
sur la toile"</em>. Autre point non dénué d'intérêt : alors
qu'ils se font projeter une copie d'un film apparemment
inachevé de Max Castle, les deux héros s'avouent consternés
(et secrètement révulsés) par ce qu'ils viennent de voir.
C'est alors qu'une jeune fille dans la salle,
clairement présentée comme une gourde inculte, exprime un sentiment
tout personnel (qui s'avèrera être la note d'intention
précise de Max Castle). La très érudite Clare ne peut
s'empêcher d'agresser la bimbo tandis que Jonathan y
devine une piste : <em>"</em><em>Elle avait l'air
complètement absent : regard flou, mâchoire ballante, voix
endormie. Néanmoins, sa remarque marquait une percée, c'était
l'amorce, le point de départ qui nous manquait pour essayer
d'empoigner l'art de Castle</em>." Ou quand
l'érudition et le regard critique sont un frein à la
réception de l'évidence...</p>
<p>
<strong>Intellectuels français</strong>
Les années passant, Jonathan Gates s'enfonce dans
l'enquête autour du mystérieux cinéaste et s'affranchit
de son mentor Clare. Cherchant à percer le secret de la mise en
scène de Castle, il découvre (non sans une pointe de jalousie)
qu'un groupe d'intellectuels français semble avoir
révélé le mystère. Il se rend donc à Paris, à la rencontre de
Victor Saint-Cyr, professeur et gourou d'un groupe
d'étudiants spécialisés dans la "<em>neurosémiologie</em>".
La description que Roszak fait de ce groupe est en tout point
jouissive. Animés d'un snobisme éclatant, ces jeunes français
abusent d'un jargon universitaire prétendument précis mais
volontairement abscons ; ils écartent d'un "<em>peuh</em>"
indélicat toute idée qui ne cadre pas avec leur spécialité et qui
serait de toute façon l'expression d'une dégénérescence
conservatrice et/ou bourgeoise ; ils assimilent les intellectuels
américains à des paysans ; et enfin ils s'avouent
régulièrement blasés par l'objet même de leur étude
qu'est le film. Si, de prime abord, ces "neurosémiologues"
font penser au linguiste Christian Metz et à sa technique d'analyse
dans laquelle s'est enfermée l'université française, il
est impossible de ne pas songer également à Guy
Debord et aux situationnistes. "<em>Le fondement matériel
de la dialectique est le système nerveux cérébral. Le mécanisme de
la projection se connecte avec lui objectivement. Ici, la machine,
là, le cortex rétinien. La technologie, l'anatomie. Le reste
est superfétatoire. Le film avance, recule. Superfétatoire</em>
(...) <em>Toutefois, demandons-nous quelle est la sociographie
de cette hypnose ? Cela reste à spécifier</em>." En un chapitre
aussi hilarant que documenté, Roszak étale la complaisance et la
vanité de toute une école du structuralisme linguistique qui a cru
débusquer le coeur du Cinéma pour le réduire à un simple
levier des mécanismes de domination sociale. Le héros, Jonathan
Gates, réalise avec stupeur que ces frenchies snobinards ont
découvert pratiquement toutes les techniques de manipulation du
film qu'utilisait Max Castle pour hypnotiser son audience.
Mais il est encore plus stupéfait par leur manque total (leur refus
?) de fascination face à l'artiste et son oeuvre. En résumé,
ils ont tout compris au Cinéma sans pourtant rien y
comprendre.</p>
<p>
<strong>Bis</strong>
De retour au pays, Gates est aux premières loges
d'un soubresaut culturel qui va confirmer ses craintes quant
à l'influence des anciens films d'horreur de Castle.
Débarrassée de la <em>"</em><em>tyrannie du bon goût</em>" qui lui
était imposée par Clare, la salle de ses débuts cinéphiliques est
devenu un temple du "nanar", diffusant
<em><strong>D</strong><strong>evil Bat's
Daughter</strong></em> ou <strong><em>I Was a Teenage
Werewolf</em></strong> pour un public massif et festif aux
motivations toutes nouvelles : "<em>une multitude tapageuse
d'adolescents à peine déniaisés qui sifflaient durant toute
la séance. Plus le film était minable, plus ils s'éclataient.
Ils aimaient les nanars, ils adoraient ça. Ils se délectaient de
l'imbécillité de bas étage</em> (...) <em>ils
s'intéressaient aussi au film. Ils s'y intéressaient de
près, ricanant avec méchanceté et mépris du film pitoyable sur
l'écran, attendant de le revoir, s'attardant sur
l'incompétence et l'ineptie comme un érudit se serait
arrêté sur des passages subtils de Chaucer ou
Milton</em>."</p>
<p>De citations de <strong><em>Plan 9 from Outer
Space</em></strong> à <strong><em>Reefer Madness</em></strong>, ce
nouveau chapitre prépare l'arrivée des <strong><em>Rocky
Horror Picture Show</em></strong> et autres <strong><em>Pink
Flamingo</em></strong>, bref la culture du Midnight Movie qui va foutre à la poubelle la "qualité" et
le goût esthétique développé par la génération précédente. La façon
avec laquelle Roszak décrit ce petit monde de la culture bis est
d'une acuité étonnante. Après mes trois ans passés à tenir la
boutique Movies 2000, je n'aurais pas été en mesure de
décrire les mécanismes de cette communauté avec un tel
jusqu'au-boutisme. Qui plus est le portrait est ici
d'une violence sans retenue puisque vu à travers les yeux
d'un Jonathan Gates qui, lui, lutte depuis des années pour la
reconnaissance d'un artiste ambitieux : "...<em>et ils
étaient là, les gosses, peut-être une demi-douzaine d'entre
eux agglutinés autour de nous dans notre box tels de petits
sauvages observant cette chose bizarroïde qui se produisait sous
leurs yeux : quelqu'un prenait quelque chose au
sérieux</em>."</p>
<p>
<strong>Gnose</strong>
C'est pourtant au coeur de cette communauté qu'il
exècre que Jonathan finira par relier les pièces du puzzle et
retrouver la trace de Max Castle, ou plutôt de son descendant
direct en la personne d'un très jeune réalisateur de films
ultra-violents. En effet, après l'épuisement par les voies
inévitables du trash et du porno auxquelles menait immanquablement
cette « culture contestataire », Gates va assister à la naissance
d'une nouvelle forme de cinéma axé sur la sur-stimulation
sensorielle (et qui
répugne bien évidemment son ancienne collègue Clare). Découvrant
les premières images d'un film post-apocalyptique en tournage
(qui ressemble furieusement à <strong><em>Mad Max 2</em></strong>)
Gates reconnaît avec stupeur les méthodes secrètes de mise en scène
qu'il a étudié durant toutes ces années chez Castle.
Cherchant à rencontrer le mystérieux réalisateur de l'oeuvre, il va
entrer en contact avec les membres d'une étrange communauté
religieuse, réputée gnostique. A partir de là, <strong><em>La
Conspiration des ténèbres</em></strong> plonge presque sans retenue
dans l'histoire de l'ésotérisme occidental.</p>
<p></p>
<p>Evidemment, je ne révèlerais pas ici les tenants et
aboutissants de cette aventure. Tout au plus, je constaterais que
Roszak jongle avec des analogies dont certaines relèvent du génie.
Un simple exemple pour ne pas trop spoiler : la pièce maîtresse qui
permit de résoudre le problème du défilement de la pellicule, et
donc l'invention de la prise de vue et de la projection
cinématographique, s'appelle la « croix
de Malte », en raison de sa forme particulière qui renvoie au
symbole d'un ordre proche des Templiers. Ce type
d'analogies, mises en parallèle
avec les multiples concepts développés durant l'intrigue
(projection, lumière, réception, image, politique, spiritualité,
manipulation, vérité etc...) permettent à l'auteur
d'imposer l'idée selon laquelle le Cinéma était
inévitable, prévu de très longue date, mécanisme évident d'un
combat secret dont l'enjeu est l'Humanité même. Pour
tout dire, à plusieurs chapitres de la fin, je savais précisément
dans quel type de lieu se conclurait cette aventure (merci
Campbell) et ne fut évidemment pas déçu par une conclusion qui a
pourtant décontenancé beaucoup de critiques et de lecteurs.
Cinéphilie classique, série B, auteurs obscurs, projets maudits des
grands metteurs en scène, sémiologie, situationnisme, manipulation
des masses par l'image, sensitif versus intellectuel, culture
bis, cinéma d'horreur, films « de genre », impact social de
la sous-culture et enfin, au bout du parcours, ésotérisme à tous
les étages... ceux qui me lisent depuis quelques années auront
compris en quoi le livre de Théodore Roszak a pu m'absorber
et justifier ainsi ma formule d'entrée de texte. Au bout du
compte, son énorme travail de recherche et de développement aura eu
sur ma petite personne un effet concret et rassurant : <em>je ne
suis donc pas le seul fou à avoir perçu cette
logique</em>...</p>
<p>
<em>Rafik Djoumi</em>
Remerciements à Arnaud Bordas
</p>
<p></p>
<p><span>PS</span> : Il fut un
temps question que Darren Aronovsky adapte
<strong><em>Flicker</em></strong> au Cinéma, sur un script de Jim
Uhls (<strong><em>Fight Club</em></strong>) et sous l'égide
de la compagnie New Regency. Franchement ça me ferait de la peine.
L'idée même d'une telle adaptation nécessiterait un
metteur en scène qui maîtrise à la fois la question de
l'ésotérisme et les mécanismes de découpage et de filmage les
plus élaborés. Il y a bien quelques noms qui viennent à
l'esprit, mais le Darren n'est pas dans la liste.

<span>PS2</span> : les photos
de cet article sont hébergées sur le site Flickr</p>
<p>
<em>"It is spiritual intelligence the moment demands of us: the
power to tell the greater from the lesser reality, the sacred
paradigm from its copies and secular counterfeits. Spiritual
intelligence--without it, the consciousness circuit will surely
become a lethal swamp of paranormal entertainments, facile
therapeutic tricks, authoritarian guru trips, demonic
subversions.
"But where is spiritual intelligence to be found, especially in
this society whose peculiar history renders it as incompetent at
dealing with the subtleties of the spiritual life as the
Bushman-Hottentots would be at programing a computer ? The answer
that suggests itself at once to my own taste is: we must find it in
sacred tradition, in those ancient springs of visionary knowledge
which are the source of the mystic and occult schools, and from
which we draw our entire repertory of transcendent symbolism and
metaphysical insight. The 'perennial wisdom,' the 'secret
doctrine,' the 'old gnosis' . . . if the idea of such an original
and universal epiphany is a 'myth,' then it is one of the good
myths; in fact, the myth which underlies our very conception of
truth as that to which all people voluntarily acquiesce in their
common humanity."</em>
(Theodore Roszak - <em>Unfinished Animal</em>)</p>
				</div>			</content>			<id>http://rafik.blog.toutlecine.com/10259/La-Conspiration-des-t-n-bres/</id>			<link href="http://rafik.blog.toutlecine.com/10259/La-Conspiration-des-t-n-bres/" />			<author>				<name>rafik</name>				<uri>http://rafik.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2009-06-18T00:25:49+02:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>La Guerre des clones</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p></p>
<p><em><span>Avant propos</span> :
ceci est un texte qui fut publié en mars 2001 dans le tout premier
numéro du défunt magazine <strong>DVDLive</strong>. Il se veut
grand public et ne rentre donc pas forcément dans les détails. Par
la force des choses, beaucoup des prédictions annoncées se sont
réalisées, et des titres annoncés alors comme inexistants en France
ont pu sortir entre temps.</em></p>
<p></p>
<p><strong>LA GUERRE DES CLONES</strong>
<em>Versions remaniées, Director's Cut, Special Editions et
autres coquetteries</em></p>
<p>Ballotté dès son plus jeune âge entre ses origines
technologiques, son organisation industrielle et ses vocations
artistiques, le cinéma, sport d'équipe par excellence,
s'est très tôt heurté à l'épineuse question de la
propriété. Tant que les oeuvres se limitaient à une succession de
tableaux vivants, décidés bien en amont par leurs producteurs, et
consciencieusement élaborés par des exécutants, les choses étaient
simples : les films appartenaient à leurs financiers et se
produisaient à la chaîne selon des modèles quasi-invariables.
Evolution du média oblige, l'art du découpage, et avec lui
celui de la narration filmique, allait donner aux exécutants
(maintenant appelés réalisateurs) un champ d'investissement
artistique inespéré. Partout dans le monde commençaient à fleurir
les premiers grands noms de metteurs en scène, un argument
marketing plutôt pratique pour ce divertissement en quête de
respectabilité, mais un danger croissant pour ceux qui tenaient les
rênes de l'industrie. Ainsi, à Hollywood, où le business
commençait à prendre des proportions phénoménales, les producteurs,
propriétaires légaux de l'objet film, étaient aux aguets. Dès
qu'ils s'aperçurent que la table de montage était bel
et bien devenue le coeur décisionnaire du cinéma, ils
s'empressèrent de retirer aux cinéastes le tristement fameux
« final cut ». Le cinématographe n'avait même pas appris à
parler que déjà, on lui coupait la langue, histoire de lui
apprendre à se tenir, à ne
pas effrayer le client par des injonctions philosophiques douteuses
ou des durées indécentes. Dès 1923, le mégalomaniaque Eric Von
Stroheim voyait son chef-d'oeuvre, <strong>Les
Rapaces</strong>, passer de huit à deux heures, sous les coups de
hache du producteur Louis B. Mayer, inaugurant une longue série de
martyrs des studios. A sa suite, Orson Welles (<strong>La Splendeur
des Amberson</strong>) Frank Capra (<strong>Horizons
Perdus</strong>) Sam Peckinpah (<strong>Major Dundee</strong>)
jusqu'au récent Michael Cimino (<strong>La Porte du
Paradis</strong>) allaient composer un véritable who's who
des grandes gueules mises à mort par les intérêts à court terme. Et
encore, ne minimisons pas la formidable contribution de la censure
qui, à l'Est, se disait politique et à l'Ouest, se
disait morale, mais dont l'ambition assassine se portait
curieusement vers les mêmes types de sujets « à problèmes »,
incapables de se plier sagement aux normes les plus respectables. A
cette époque, les films étaient des produits, ma bonne dame, et une
scène ou un plan coupés étaient, la plupart du temps, perdus. On
n'archivait que ce qui avait trait aux succès immédiatement
rentables. Le reste partait en fumée.</p>
<p>
L'air de rien, la bande d'iconoclastes des <em>Cahiers
du Cinéma</em> allait sérieusement bouleverser la donne, le jour où
elle laissa échapper dans ses colonnes la notion de cinéma
d'auteur. Tout d'un coup, les scénaristes
(l'histoire) et les producteurs (le concept) devenaient des
quantités négligeables; et si l'Europe avait su assurer un
minimum de diplomatie entre créateurs et mécènes, distribuant les
propriétés physiques ou morales des oeuvres, c'est une
fois de plus à Hollywood que la nouvelle allait avoir le plus
d'effets pernicieux. La génération des Coppola, Scorsese,
Spielberg et consorts, nourrie à l'âge d'or des studios
mais portées par les nouvelles convictions auteurisantes, allait
sagement venir squatter le box-office des années 70 et faire
connaître ses nouvelles revendications. A la manière de Pierre
Bonnard, le peintre qui se faufilait au Louvre, pinceau à la main,
pour corriger ses propres oeuvres, ces réalisateurs allaient à
ce point couver et s'approprier leurs bébés qu'ils
finiraient par inventer le film rechargeable. Steven Spielberg,
toujours en avance sur son temps, (pour le pire ou le meilleur)
décida un jour, comme ça, au réveil, que <strong>Rencontres du 3ème
Type</strong>, son méga-succès planétaire, adulé des foules,
encensé par la critique, n'était pas tout à fait le film
qu'il avait désiré. Puisque en cette époque pré-vidéo, les
films à succès ressortaient deux à trois ans plus tard, Spileberg
en profita pour convaincre la Columbia d'allonger quelques
deniers. De quoi tourner quelques séquences, virer celles dont il
était le moins fier et réintégrer des plans substantifiques que la
dictature des projections-test avait recalés. L'édition
spéciale de <strong>Rencontres du 3ème Type</strong> sortit sur les
écrans tel un film flambant neuf, et cet événement fut doublement
précurseur. Car en
effet, très vite, il apparut clairement que l'édition
d'origine de ce film allait se faire de plus en plus
rare.</p>
<p></p>
<p></p>
<p>Détails des affiches
américaine et française pour la ressortie de <strong>Rencontres du
3ème type</strong>; ou comment essayer d'expliquer la notion
"d'édition spéciale" alors qu'on n'est même pas encore dans l'ère
de la VHS</p>
<p>
<strong>1979</strong>. Encouragé par l'ami Spielby, Francis
Ford Coppola (qui confond bienheureusement superproductions et
films de vacances) avait ressorti de ses tiroirs les milliers
d'heures inédites des <strong>Parrain</strong>, et sous
l'impulsion de son ancien mentor Roger Corman, avait
transformé ses deux chefs-d'oeuvre en
mini-série à l'intérêt tout relatif. Pour
l'heure, il présente son titanesque <strong>Apocalypse
Now</strong> au Festival de Cannes, et subit les assauts
d'une polémique rétro typiquement seventies alimentée par
Françoise Sagan (qui, sur ce document, savoure sa victoire d'avoir pu
forcer une Palme d'or ex-aequo et se fait accompagner des "bouh hou
heu" si élégants d'amis critiques). L'oeuvre de
visionnaire se fait siffler allègrement le long de la croisette, ce
qui n'empêche pas le réalisateur de présenter en annexe, dans
une des salles du Marché, une version longue du film. Peine perdue.
Journalistes et cinéphiles en bon troupeau bien obéissant, se sont
rangés sous les ordres du grand chambellan Sagan. Et c'est
dans une salle presque vide que sera diffusée la version de 4
heures d'un film aujourd'hui mythique (ont-ils honte,
aujourd'hui, les moutons festivaliers ?).
1980. <strong>La Porte du Paradis</strong>, l'épopée violente
et mélancolique de Cimino, devient, par la grâce du remontage, un
sitcom incompréhensible. Le gouffre financier provoqué par ce
tumulte va laisser de sérieuses séquelles à Hollywood. Les
cinéastes des années 80 seront tenus en laisse, leurs films offerts
à la vindicte des projections-test, et ramenés à leur durée
systématiquement minimale. Bien sûr, des films circuleront sous des
versions multiples, mais elles seront le plus souvent le fait
d'une adaptation aux conjonctures locales. Européens et
américains n'ayant pas forcément la même échelle de
tolérance, la co-production italo-américaine
<strong>Zombie</strong> connaîtra deux versions, celle de son
réalisateur George Romero, adaptée aux attentes du public yankee,
et celle de son producteur Dario Argento, plus orientée vers les
pulsions carnivores de ses compatriotes. Au-delà des frontières,
les publics sont également différents d'un format à
l'autre. Ainsi, en 1981, la diffusion télé
d'<strong>Halloween</strong> voit disparaître
l'essentiel des effets slashants du slasher. Mais les coupes
sont à ce point franches que le film tombe bien au-dessous de la
durée réglementaire. Le réalisateur est alors dépêché pour tourner
quelques scènes de transition et revoir ses scènes de meurtre.
Ailleurs, c'est le <strong>Mad Max</strong> de George Miller
qui va faire l'objet, d'abord, d'une censure
féroce (menace d'un classement X), puis ensuite, chose moins
courante, d'un doublage de l'anglais vers
l'anglais, l'accent australien n'étant
généralement compris que par les koalas. C'est cette version
doublée américaine qui sera redistribuée vers les autres pays. Et
les hasards de la distribution faisant parfois bien les choses,
quelques films sortis suffisamment tôt en France, précèderont les
décisions de coupes des majors et nous parviendront dans des
versions peu, voire pas du tout altérées. C'est le cas du
<strong>Legend</strong> de Ridley Scott, dont la version américaine
dure quelques minutes de moins que la nôtre, et où la partition
inoubliable de Jerry Goldsmith a cédé la place aux beuglements de
Brian Ferry et aux synthés du groupe Tangerine Dream. C'est
le cas d'<strong>Highlander</strong>, dont la vf propose
quelques bonus absents de la vo qui joue dans la salle d'en
face. C'est le cas d'un <strong>Basic Instinct</strong>
infiniment plus moite pour le public latin. C'est enfin le
cas de <strong>Brazil</strong>, mutilé d'une façon
inimaginable par Universal (avec une fin joyeuse !!) les français
bénéficiant miraculeusement d'un chef-d'oeuvre que
les américains découvriront dix ans plus tard. Dans le même temps,
Canal Plus offre au réalisateur Claude Miller l'opportunité
de refaire le montage de son très beau <strong>Mortelle
Randonnée</strong>, car, dit-il, il contiendrait des imperfections
qui le rendent fou. Annoncé adans la presse, la diffusion de cette
nouvelle version laisse les amateurs dubitatifs, personne, à part
Miller, n'étant capable de percevoir la moindre différence.
Aux USA, la diffusion télé du hit <strong>Liaison Fatale</strong>
donne à son réalisateur Adrian Lyne l'occasion de réintégrer
sa fin originellement prévue, une variation autour de Mme
Butterfly, changeant résolument toute la signification du film. Les
américains découvrent alors, un peu stupéfaits, que le film
qu'il avait applaudi en salles n'était finalement
qu'un navet plutôt malodorant.</p>
<p></p>
<p></p>
<p>
Il faudra attendre la fin de cette décennie cataclysmique pour que
cinéastes et cinéphiles réussissent de nouveau à entrer en contact.
Première étape de l'opération : la sauvegarde du patrimoine.
Coppola (encore lui ?), avec l'aide du méga-cinéphile Kevin
Brownlow, se lance à la rescousse de <strong>Napoléon</strong>. Car
au fil des années, par opportunisme, par folie, le réalisateur Abel
Gance avait à ce point remonté son chef-d'oeuvre (19
versions !) que ce dernier n'était plus qu'une infâme
bouillie méconnaissable. Remonté, restauré, débarrassé
d'ajouts embarrassants, le film est proposé à un public
sélect dans de grandes manifestations citadines, et s'avère
même, chose impensable, une affaire rentable. Du coup, réalisateurs
et historiens se transforment en Aventuriers de la Bobine Perdue et
s'en vont braquer les caves des studios, y découvrant parfois
des trésors, le plus souvent des calamités (des négatifs de
classiques disparus à jamais). Aux USA comme en Europe, c'est
l'heure des ressorties triomphales. <strong>Lawrence
d'Arabie</strong>, <strong>L'Atalante</strong>,
<strong>Metropolis</strong>, <strong>Le Colonel Blimp</strong>,
<strong>Andreï Rublev</strong>, <strong>Alamo</strong> et tant
d'autres, assassinés sur les bancs de montage, renaissent de
ces mêmes bancs. Débuts d'une Histoire parallèle du Cinéma
qui va, par ricochets successifs, demander aux studios des comptes
sur les films récents, soupçonnés d'être aussi mal traités.
Peut-être intimidés, certainement alertés par les promesses de
bénéfices futurs, les majors vont se mettre à sérieusement archiver
leurs stocks, et quelques ingénieux businessmen, Ted Turner en
tête, vont racheter à coups de millions des catalogues de films de
prestige.</p>
<p>L'apparition d'un support vidéo de luxe, le
<strong>laserdisc</strong>, va créer une véritable niche de
consommateurs cinéphiles et inconsidérément dépensiers. Les
classiques restaurés leur sont immédiatement proposés, mais
quelques cinéastes rusés vont comprendre à quel point ce réseau
peut leur être artistiquement profitable. James Cameron, qui, par
sens politique, a l'habitude de sucrer lui-même des pans
entiers de ses films (voire des sous-intrigues complètes) va ainsi
proposer sa version longue de <strong>Aliens</strong> au tout début
des années 90. Devant l'accueil délirant qui lui sera
réservé, il enchaînera presque aussitôt avec celle
d'<strong>Abyss</strong> et concluera avec la très
impressionnante version alternative de <strong>Terminator
2</strong>. Le sort en est jeté. Le laserdisc sera le support par
lequel les cinéastes prendront leur revanche, remonteront leurs
films, commenteront leurs choix, et tiendront au jour le jour la
gazette de leur bras de fer continu avec les intérêts financiers,
publiques, critiques. Le phénomène est à ce point prégnant que, dix
années durant, le cinéma, Art populaire par excellence, deviendra
réellement un médium <strong>à deux vitesses</strong> selon que
l'on soit équipé ou non d'un lecteur de laserdisc NTSC. Des
termes comme "special edition" ou "director's cut" deviennent
les signes de reconnaissance de toute une sous-culture cinéphile
qui ne voit tout simplement plus les mêmes films que le spectateur
lambda ! L'apparition tardive d'un support vidéo
démocratique et de qualité, le DVD, mettra fin en partie à cet
inquiétant processus, en faisant participer le plus grand nombre à
la folie de la scène manquante.
Contrecoup peu heureux du phénomène Director's Cut : les
versions originellement parues disparaissent dans une indifférence
presque générale. Quid du pauvre spectateur qui préférait la
version condensée, beaucoup plus mystérieuse,
d'<strong>Aliens</strong> ? De celui qui regrette la voix-off
à la Bogart de <strong>Blade Runner</strong> ? De celui qui
tremblait à <strong>L'Exorciste</strong> avant qu'il ne
devienne un manifeste cul-bénit ? Ou qui fondait sous les accords
jazzy d'Henry Mancini dans l'ouverture de <strong>La
Soif du Mal</strong> ? Un malheur n'arrivant jamais seul,
George Lucas prend, vingt ans après, la relève de ses collègues
Spielberg et Coppola, et lance le concept du révisionnisme assisté
par ordinateur. La rentabilité phénoménale de la ressortie des
trois <strong>Star Wars</strong>, retouchés inconsidérément au
pinceau magique, va donner de sales idées à quelques génies
vieillissants. Spielberg se verrait bien effacer numériquement les
armes à feu présents dans le final de son <strong>E.T.</strong>
Friedkin s'amuse à rajouter des spectres dans son monument de
terreur clinique qu'est (qu'était ?)
<strong>L'Exorciste</strong>.</p>
<p></p>
<p>"The Definitive Collection", un
coffret laserdisc sorti en 1994 et qui portait bien son nom.
Celui-ci contenait trois films très populaires à leur époque,
remasterisés avec soin, et dont il s'agit là de la dernière (et
meilleure) édition vidéo, avant qu'ils ne disparaissent
mystérieusement de la surface du globe en 1997. Quelques copies
survivent encore de nos jours grâce au travail de
"pirates-hors-la-loi-illégal-pétoupé-prison"</p>
<p></p>
<p>On finirait presque par se demander si, à coups de pixels
facétieux, le film inachevé de Marilyn Monroe,
<strong>Something's Got to Give</strong>, restera encore
longtemps une pure chimère.
Oh ! A propos ! Le peintre Bonnard n'est jamais parvenu à
retoucher ses toiles, pour la simple et bonne raison qu'il y
avait, au Louvre, des gardiens vigilants.

<em>Rafik Djoumi</em>
</p>
<p>
<strong>Discuter de cet
article sur le forum</strong></p>
<p>

PS : En faisant mes
emplettes hypertextuelles, je suis tombé sur ce document intéressant, dans lequel on peut
voir Coppola tenter d'expliquer la nouveauté de son système
de financement (largement développé depuis) sur
<strong><em>Apocalypse Now</em></strong>; puis un journaliste de
Newsweek qui décrit le Marché du Film et les « <em>projets douteux
qu'on ne verra certainement jamais</em> » (à l'image,
l'affiche du <strong><em>Fast Company</em></strong> de
l'inconnu David Cronenberg) ; puis un monsieur qui essaye
d'expliquer au journaliste incrédule que bientôt on pourra
louer des films comme on emprunte des livres, grâce à la
vidéocassette (« <em>pour les gens qui travaillent la nuit</em> »,
arf) et enfin Françoise Sagan, tout à fait digne du devoir de
réserve et de discrétion que l'on attend d'un Président
du Jury cannois, qui montre bien aux caméras de télé quel Palme
d'Or elle a préféré.</p>
<p></p>
<p>
Laserdiscs très
recherchés de <strong><em>La Mélodie du Sud</em></strong> et de la
vraie intégrale <strong><em>Tex Avery</em></strong>, aujourd'hui
censurés totalement ou partiellement par leurs crétins
d'ayant-droits pour cause de "politiquement
incorrect"</p>
<p></p>
<p></p>
<p>Quinze ans avant sa sortie en DVD, le director's
cut de <strong><em>JFK</em></strong>. La version sortie en salle de
<strong><em>La Belle et la Bête</em></strong> (horriblement
retouché pour le DVD) et le "work in progress", qui permettait de
voir le film intégral en crayonné (avec scènes
coupées)</p>
				</div>			</content>			<id>http://rafik.blog.toutlecine.com/9649/La-Guerre-des-clones/</id>			<link href="http://rafik.blog.toutlecine.com/9649/La-Guerre-des-clones/" />			<author>				<name>rafik</name>				<uri>http://rafik.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2009-05-07T00:38:23+02:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>Rewind</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p></p>
<p>Beaucoup de boulot cette semaine, avec conséquences sur la mise
à jour de ce blog. Il est donc temps d'opérer un petit retour en
arrière avec quelques textes qui m'ont occupé ces derniers temps.
Bonne lecture...</p>
<p></p>
<p>
<strong>Regard en biais sur <em>Le Bon, la Brute et le
Truand</em></strong></p>
<p>
</p>
<p><em>(Il s'agit en fait d'un "work in progress".
J'ai depuis quelques mois une idée de livre qui me trotte dans la
tête et qui consisterait à revisiter certains classiques, du muet à
nos jours, sous le prisme des élucubrations
mythico-mystico-techno-sémiologiques qui consomment une bonne
partie de mes neurones. L'idée serait qu'un texte comme celui de
matrix-happening constituerait un chapitre de ce
livre, au milieu d'une cinquantaine d'autres films qui, pour des
raisons diverses, m'apparaissent comme des étapes importantes dans
l'Histoire du Cinéma. Le problème est que je ne sais pas vraiment
comment "vendre" une telle idée à un éditeur. Bref, concernant le
film de Sergio Leone, le texte qui suit est une sorte d'ébauche
voire de plan très général)</em></p>
<p>Beaucoup s'accorderont à reconnaître que <strong><em>Le Bon, la
Brute et le Truand</em></strong> est l'un des très rares «
classiques » à susciter chez le grand public un plaisir immédiat et
sans cesse renouvelé ; un plaisir qui ne s'embarrasse d'aucune
justification historique, académique ou intellectuelle. Rares sont
les films à conserver au fil des ans cette immédiateté et cette
facilité d'approche quasi-miraculeuse. Aussi, nous ne la
questionnerons pas. La thématique que nous nous proposons d'aborder
dans ce texte n'est qu'une des multiples facettes de l'oeuvre. Elle
n'en constitue certainement pas une clé de lecture
obligatoire.</p>
<p>Lire la suite...</p>
<p></p>
<p>
<strong>Miyazaki - Les premières années</strong></p>
<p>
<em>(histoire de rappeler à Ségolène et à Télérama que la
grande machine à effacer la mémoire collective a eu des ratés chez
les geeks)</em>
En l'an 2000, le public français découvre le cinéma de Hayao
Miyazaki avec <strong>La Princesse Mononoke</strong>. Alors que
l'on commence à s'extasier sur ce "nouveau génie de l'animation",
le principal intéressé déclare de son côté qu'il songe à prendre sa
retraite, après 31 ans de bons et loyaux services ! Petit
récapitulatif sur trois décennies de talent incontestable, que
l'Occident n'a pas su ou pas voulu voir.
Lire la suite...
</p>
<p></p>
<p></p>
<p><strong>Rubrique - Le Truc qui tâche
<em>"On fait de plus en plus de remakes"</em></strong></p>
<p>
</p>
<p>Depuis quelques années, les cinémaniaques internautes ont pris
l'habitude de s'émouvoir, pratiquement chaque semaine, de l'annonce
ou de la sortie d'un remake hollywoodien, soit d'un film d'horreur
d'il y a 25 ans, soit d'une oeuvre européenne ou asiatique récente.
Sur de longs topics de forums sont régulièrement pointés du doigt
les majors qui ne prennent pas de risques; les auteurs des films
d'origine qui ne lèvent pas la voix face à ce « détournement » de
leur oeuvre et même le public qui ose se satisfaire de ces ersatz
alors qu'il ne connaît même pas les films originaux, le vilain
!
Bref, « <em>on fait de plus en plus de remakes</em> » et le cinéma
est en train de mourir, moi j'vous le dis.
Lire la suite...</p>
<p></p>
<p></p>
<p><strong>Standup Comedians</strong></p>
<p>
</p>
<p><em>(en attendant la mise à jour sur le blog de beatkiyoshi)</em></p>
<p>Ils ne sont connus en France que pour certains films ou
certaines séries télé. Mais aux Etats-Unis, ils sont avant tout des
« Standup comedians ». De Bob Hope à Ricky Gervais, petit
historique d'un genre comique américain, qui a amplement nourri le
Cinéma mais peine à intéresser les européens.
Lire la suite...</p>
<p></p>
<p></p>
<p><strong>De Clouseau à Wolverine - une courte
histoire du spin off</strong></p>
<p>
</p>
<p><em>(avec une tentative, apparemment malvenue, de parler
de</em> <em><strong>Pulp Fiction</strong> sous un angle un peu
décalé)</em>
Avec la sortie de <em><strong>X-Men origins :
Wolverine</strong></em>, la Fox prend les paris sur une formule qui
n'a pas encore vraiment fait ses preuves sur grand écran : le spin
off. Car s'il est un concept très usité dans le milieu de la bande
dessinée et de la télévision, le spin off demeure embryonnaire dans
le monde du cinéma. Quelques raisons concrètes y empêchent son
développement.
Lire la suite...</p>
<p></p>
<p></p>
<p><strong>SPECIAL ROBOTIQUE</strong></p>
<p><em>(les intitulés ne sont pas de moi; il s'agit
de figures imposées sur lesquelles j'ai tenté de
broder)</em></p>
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<strong>Les Robots comme reflets de l'humanité et de la
servitude</strong></p>
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<p><em>(avec des vrais morceaux de "philosophie de comptoir"
matrixienne et "d'infantilisme" spielbergien en fin de
texte)</em>
L'étymologie du mot "Robot" nous vient des racines slaves qui
désignent "l'esclave" ou le "travailleur forcené". Ainsi, dès son
origine, le Robot ne représente en rien un idéal d'accomplissement.
Certes, la technologie qui le fait fonctionner nous apparaît
merveilleuse, mais ce qu'il est intrinsèquement nous renvoie au
pire de la condition humaine, tout en bas de l'échelle sociale.
Ainsi, d'une façon plus ou moins consciente, tous les films mettant
en scène des Robots, ou leurs cousins Cyborgs, ont donc flirté avec
la question sociale.
Lire la suite...</p>
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<p><strong>Quand le Robot
s'émancipe</strong></p>
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<p><em>(avec encore du Spielberg et du Matrix dedans...
décidément...)</em>
En 1942, Isaac Asimov, collaborateur du magazine Astounding Science
Fiction, jette un pavé dans la mare en évoquant "Trois règles de la
Robotique".
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<strong>Le Robot, un allié potentiel au service de
l'humanité</strong></p>
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<p><em>(avec quelques discrètes touches de politique)</em>
Bien avant le robot, il y avait l'automate. Durant le siècle des
Lumières, l'Europe se prit de passion pour ces créatures mécaniques
qui, à n'en pas douter, annonçaient l'âge d'or : un âge où la
machine, mise au service de l'Homme, garantirait son émancipation.
La suite des évènements fut un petit plus compliquée...
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hasta luego amigos
<em>Rafik Djoumi</em></p>
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