<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom">		<title>http://martinwinckler.blog.toutlecine.com</title>		<id>http://blog.toutlecine.com/</id>		<link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://martinwinckler.blog.toutlecine.com/atom.xml" />		<subtitle><![CDATA[La sériephilie, c'est grave, Docteur ?]]></subtitle>		<rights>Copyright (c) 2006, Hi-pi</rights>		<generator>Hi-pi ATOM generator</generator>		<author>			<name>Hi-pi</name>			<uri>http://martinwinckler.blog.toutlecine.com</uri>		</author>		<updated>2009-05-27T21:11:35+02:00</updated>		<entry>			<title>Incurable</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p>Cette scène se déroule dans le huis clos d'une
consultation médicale.
- Docteur, je suis anti américain....
- Je crains ne pouvoir faire grand-chose pour
vous, Monsieur. Ces dernières années, j'ai vu ce symptôme des
millions, des milliards de fois ! Que puis-je contre Bush,
l'Irak, les subprimes, 10% de la population dans les prisons,
la folie financière, j'en passe et des meilleurs...Bon,
avec Obama au pouvoir, le nombre de cas va diminuer et je vais
peut-être pouvoir me reposer un peu...
- Oui, mais il ne s'agit pas vraiment que
de cela, c'est plus compliqué.... Je suis
anti-américain, ET accro aux séries américaines... en
particulier les séries politiques américaines. Rien que le fait
qu'elles existent, hein, c'est déjà dur pour moi de le
reconnaître, mais qu'en plus, je sois tombé en pâmoison
devant elles ! J'ai développé une grave dépendance : je les
regarde la nuit, en cachette de ma femme. Je suis sûre
qu'elle doit penser que je me fais des vidéos porno.
- Chiante et jalouse, l'épouse ? Croyez
moi, toutes les femmes le sont, c'est dans leur nature. Mais
revenons plutôt à vos symptômes...
- J'ai commencé par regarder « The West
Wing », quatre saisons d'un coup !
- Ah oui, quand même...
- Moi qui pensais qu'il n'y avait pas
d'hommes de gauche aux Etats-Unis, qu'on n'y
trouvait que des abrutis conservateurs et créationnistes, je me
suis pris une sacrée claque. Et puis CJ, comment dire, la classe
quoi ! Vous voyez, je suis tombé sous le charme d'une
attachée de presse de la Maison Blanche, de fiction de surcroît
!
- Américaine, intelligente et bandante,
c'est sûr, ça fait beaucoup pour un membre du second
sexe...
- Et ça ne s'arrête pas là. Après ce cours
d'initiation aux institutions et aux rouages de la démocratie
américaine (bien plus complexes que je ne le pensais), j'ai
regardé « John Adams », vlan, toute la mini-série d'un coup.
Et là aussi j'ai compris beaucoup de choses, sur
l'Histoire, la déclaration d'indépendance, les rapports
avec la France, la volonté d'émancipation, les débuts de la
puissance économique. Et je passe sous silence le plaisir : jamais
vu une saga historique aussi intelligente tout en étant aussi peu
chiante. En tout cas, à la télé française... cette façon de
filmer ! Ces personnages, morts depuis plus de deux siècles, qui
nous deviennent contemporains ! Je suis malade de culpabilité, je
me sens coupé en deux, schizophrène, perdu pour la cause !
- Envahi ! Colonisé ! Piétiné par
l'Impérialisme ! Envoûté par l'American Dream !
- Justement, pour me désintoxiquer, et détruire
définitivement ce mythe qui commençait à envahir mon cerveau jusque
là préservé, j'ai suivi les conseils d'un ami :
j'ai regardé « The Wire ». Le remède a été pire que le mal.
Bon, on peut pas m'accuser d'être naïf :
l'exploitation des masses, les excès du grand capitalisme,
les ravages de l'économie néo-libérale, je connais par coeur.
Et bien, pour la première fois, et grâce à une série télé,
j'ai compris, et pas de manière abstraite, non : concrètement
: la misère, les ghettos, la drogue, la désindustrialisation, la
mondialisation, les Ports, et mieux, les liens entre toutes ces
réalités ! Et les hommes qui la font ! Et le poids des hiérarchies,
des cynismes, de la corruption. Quelle claque je me suis pris ! Ils
prennent leur temps dans « The Wire », et s'en servent
pour déshabiller l'Amérique, patiemment, calmement, en
cadence ! Alors je m'interroge : si les Américains parlent
aussi bien de leur histoire passée et présente, comment je peux
continuer à les détester ?
- La mauvaise foi ?
- Non, je ne peux pas me le
permettre...
- Votre religion vous l'interdit ?
-.....???
- Peu importe.....Monsieur, vous avez frappé
à la mauvaise porte. En plus, mes origines sont anglaises, alors
vous voyez... je suis corrompu jusqu'à la moelle. Les
auteurs de ces séries croient à la force du scénario, de la
narration, des histoires, qu'est-ce que j'y peux,
chacun sa came ! Ah ! les histoires ! Déjà quand vous étiez tout
petit, vous adoriez déjà que votre môman vous en raconte !
- Alors, il n'y a rien à faire ?
- Non, je ne peux rien pour vous. La médecine est
impuissante face au pouvoir de la fiction. Mangez du
roquefort.
- Bon, ... merci quand même,
Docteur....... ?
- House, Docteur House.

Florence SACCHETTINI</p>
				</div>			</content>			<id>http://martinwinckler.blog.toutlecine.com/10046/Incurable/</id>			<link href="http://martinwinckler.blog.toutlecine.com/10046/Incurable/" />			<author>				<name>martinwinckler</name>				<uri>http://martinwinckler.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2009-05-27T21:10:55+02:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>"Engrenages" et "The Wire" : la comparaison qui tue</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p>Je ne suis pas aussi dur que Martin, au sujet de la saison 1
d'Engrenages. Malgré ses défauts évidents (une «attitude»
dure destinée à marquer son territoire, à montrer qu'on
n'est pas dans une série française comme les autres qui était
parfois un peu gratuite), elle avait au moins le mérite de faire
bouger les choses dans la fiction française.

Je ne serai pas aussi indulgent avec la saison 2 (qui sort
seulement maintenant en DVD en Belgique, raison de ma découverte
tardive), qui a pourtant encore meilleure presse que la première.
Attention, il y a de vraies qualités: une tension, un suspense
parfois très fort, certains personnages intéressants (le juge Roban
surtout, campé par l'excellent Philippe Duclos), une vraie
âpreté. Mais, cette fois, ça ne suffit plus.

Je distingue deux inspirations évidentes. La première est 24, sur
la fin de saison surtout, dans la volonté d'installer ce
suspense étouffant mentionné plus haut. La seconde, c'est The
Wire.

Et, j'aime autant vous prévenir, on n'a pas fini
d'en voir, des enfants de The Wire. Normal, c'est sans
doute la fiction télé la plus puissante jamais proposée. Une chose
est sûre en tout cas : chaque personne ayant vu The Wire dans son
intégralité est forcément amenée à se demander si ce n'est
pas la meilleure série qu'elle ait jamais vue. Quelle que
soit finalement la réponse apportée à cette question, le simple
fait qu'elle se pose nous renseigne sur les incroyables
qualités de l'oeuvre créée par David Simon et Ed Burns.
Barack Obama a affirmé récemment que son personnage de séries
préféré était celui d'Omar Little dans The Wire, le
charismatique justicier qui ne vole que les dealers.

La saison 2 d'Engrenages reproduit quelques gimmicks de The
Wire : l'équipe de policiers qui tente de coincer une équipe
de trafiquants, la corruption qui risque de faire capoter
l'enquête, les longues heures d'écoute (le titre
français de The Wire, c'est Sur écoute).

Mais tous ces éléments ne sont, chez le modèle américain, que la
surface de la série, le prétexte de la fiction. Dessous, il y a
toutes ces couches, cette profondeur inouïe, cette humanité
bouleversante, l'histoire d'une ville (Baltimore) qui
fait écho aux histoires de toutes les villes et à l'histoire
de toute l'humanité, l'impression si gratifiante, en
bout de course, de refermer une oeuvre littéraire d'exception
(ce n'est pas pour rien que des écrivains comme Dennis
Lehane, George Pelecanos ou encore Richard Price ont chacun écrit
quelques épisodes de The Wire). C'est toute la condition
humaine qui se déploie dans cette série qui donne encore la chair
de poule rien que d'y repenser.

Dans la saison 2 d'Engrenages, c'est le vide qui donne
le vertige. Comme souvent, on s'est contenté de copier/coller
à la va-vite les signes extérieurs, de singer maladroitement
quelques codes. Mais si on pèle cette couche, ce n'est pas un
oignon qu'on trouve en-dessous avec encore plein
d'autres couches. Parce qu'en-dessous, il n'y a
juste rien.

Une fois passée la petite montée d'adrénaline d'une
histoire qui se veut rugueuse et éprouvante pour les nerfs, il ne
reste plus rien. L'histoire ne nous raconte rien
d'autre que son intrigue, qui plus est étirée inutilement
dans un dernier épisode totalement creux qui n'a que son
petit suspense à offrir. Et le spectateur est juste fâché
qu'on lui ait ainsi fait perdre son temps.

Geoffroy Klompkes
Chroniqueur séries et DVD sur Pure FM
(http://www.purefm.be)</p>
				</div>			</content>			<id>http://martinwinckler.blog.toutlecine.com/9165/Engrenages-et-The-Wire-la-comparaison-qui-tue/</id>			<link href="http://martinwinckler.blog.toutlecine.com/9165/Engrenages-et-The-Wire-la-comparaison-qui-tue/" />			<author>				<name>martinwinckler</name>				<uri>http://martinwinckler.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2009-04-06T20:56:07+02:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>Clara Sheller comme Vic Mackey ; Sandra comme Tony</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p>Les séries françaises sont sur la bonne voie. <em>Avocats et
Associés</em>, <em>Les Oubliées</em>, <em>Fais pas ci Fais pas
ça</em> ou encore <em>Les Bleus premiers pas dans la police</em>
sont, à des degrés de réussite (et d'ambition) divers autant
de signe encourageants. Chacune a su retenir quelques bonnes leçons
du côté des séries anglo-saxonnes.

Un des exemples les plus frappants est <em>Clara Sheller</em>.
Son créateur, Nicolas Mercier a ainsi bien digéré les leçons
de <em>The Shield</em>. Dans cette dernière, un événement
traumatisant concluait l'épisode pilote (Vic Mackey tuant de
sang froid un de ses collègues parce qu'il les espionnait
pour le compte des affaires internes). Un acte qui, dans un premier
temps, pouvait paraître un peu gratuit, manière de tout de suite
frapper les attentions et de clouer les spectateurs dans leurs
fauteuils. Sauf que cet acte n'avait rien de gratuit puisque,
dès cet instant, MacKey et son équipe ne cesseront d'en payer
les conséquences au fil des saisons.

Nicolas Mercier ne procède pas autrement. La saison 1 nous
présentait une Clara Sheller tête en l'air, capricieuse et
grassement payée pour ne quasi rien faire (une chronique par mois
dans un magazine). Est-ce pour ça qu'elle a chuté côté
audiences ? Toujours est-il que la saison 2, dans ces derniers
épisodes, présentait l'addition à son héroïne. Ce qui pouvait
passer pour gratuit, pour posture vaguement moderne et insouciante,
a débouché sur une fin de saison 2 à la noirceur particulièrement
osée (bien plus que les fameuses scènes chaudes entre Gilles et
Jipé).

En procédant de la sorte, Mercier rompait avec la logique de
cartoon qui régit trop souvent les séries françaises où, comme le
Coyote ou Tom dans Tom et Jerry, les personnages ne sont jamais
durablement affectés par ce qui leur arrive.

Autre saison 2 intéressante : celle de <em>Mafiosa</em>, confiée à
Eric Rochant, le réalisateur d'<em>Un monde sans pitié</em>
et des <em>Patriotes</em>. Admirateur de <em>The Wire</em> (le
personnage d'Andreani peut lointainement faire penser à celui
d'Omar Little), Rochant, également co-scénariste, a surtout
pioché du côté des deux plus grandes fictions mafieuses.

Du Parrain, il a repris le personnage tragique de Michael Corleone
(qui, bien loin des affaires de la famille, devient chef à
contre-coeur et perd son âme) ainsi que son aspect tragédie
familiale. Des Sopranos, il a gardé le côté dérisoire de ses
seconds couteaux, la déglamorisation appliquée du crime
organisé.

Manque encore à cette saison 2, déjà très supérieure à la première,
les couches multiples qu'on trouve généralement sous la
surface des meilleures séries américaines. Si Mafiosa façon Rochant
développe une histoire captivante, elle manque de cette richesse de
fond, de ces vertigineux niveaux de lecture qui font des Sopranos
une des oeuvres majeures de la fiction contemporaine, tous
supports confondus. Malgré quelques approximations, on ne peut nier
que, décidément, les séries françaises sont donc sur la bonne
voie.


Geoffroy Klompkes
Chroniqueur séries et DVD sur Pure FM (http://www.purefm.be)</p>
				</div>			</content>			<id>http://martinwinckler.blog.toutlecine.com/8681/Clara-Sheller-comme-Vic-Mackey-Sandra-comme-Tony/</id>			<link href="http://martinwinckler.blog.toutlecine.com/8681/Clara-Sheller-comme-Vic-Mackey-Sandra-comme-Tony/" />			<author>				<name>martinwinckler</name>				<uri>http://martinwinckler.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2009-03-03T21:33:52+01:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>Des scénaristes courageux et un sujet difficile : "Transitions" (Law & Order : Special Victims Unit)</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p>Le 16 février 2009, à Montréal, sur la chaîne CTV, j'ai vu un
épisode de <em>Law  Order : Special Victims Unit (New York
Unité Spéciale)</em> très impressionnant et très courageux. C'est
l'épisode 10.14 et il s'appelle <em>Transitions</em>.</p>
<p>CTV diffuse SVU en même temps que NBC, il s'agissait en
l'occurrence de la première diffusion de l'épisode en Amérique du
Nord.</p>
<p>Il met en scène une adolescente transsexuelle, un groupe
d'activistes trans, certes dans un contexte terrible
(l'agression du père de la jeune fille) mais dit explicitement (par
la voix du psy de la brigade et par celle de plusieurs autres
personnages) que la transition est une démarche indispensable et
légitime pour les personnes qui l'entreprennent.</p>
<p>C'est un très bel épisode et les scénaristes sont vraiment
gonflés de s'engager ainsi. De plus, <em>LOSVU</em> est une
série très regardée (probablement la série la plus regardée de
NBC), alors ça n'est pas rien.</p>
<p>
L'épisode s'inscrit dans une veine d'histoires «
socio-médicales » que <em>LO SVU</em> aborde régulièrement.
Deux autres épisodes de cette veine me viennent en mémoire. Le
premier, <em>Stolen</em> (3.03) commence par un rapt de bébé et
bifurque (comme c'est souvent le cas dans les séries LO)
vers une histoire poignante : celle d'un garçon subtilisé à
sa mère, adopté légalement par une famille tout à fait honnête et
aimante, et que son père biologique et ses grands-parents maternels
veulent récupérer alors qu'il a 12 ans. L'épisode
posait la question de savoir si les droits des parents biologiques
sont plus importants que le bien-être du garçon (qui est
parfaitement heureux avec ses parents adoptifs).</p>
<p>L'autre épisode, <em>Competence</em> (3.22 ) est centré
sur une jeune femme trisomique (interprétée par une comédienne
trisomique) et son désir de garder son enfant.</p>
<p><em>LOSVU</em> prend régulièrement des positions « éthiques
» par rapport à ses personnages, et sa sympathie à l'égard
des victimes  qui sont parfois aussi des « criminels » aux
yeux de la loi  est très grande. Son courage dans la
représentation de situations considérées comme « borderline » - je
pense en particulier à <em>Uncle</em> (8.04) un épisode stupéfiant
avec Jerry Lewis dans le rôle de l'oncle maniaco-dépressif du
<em>detective</em> John Munch  est remarquable.</p>
<p>De son côté, la série originelle <em>Law  Order</em> (the «
mothership ») aborde de nouveau, depuis que René Balcer en a repris
les rènes, des situations « éthiques » délicates, dans tous les
domaines. J'y reviendrai dans un prochain article.</p>
<p>A noter, à propos de l'épisode de <em>LOSVU</em> dont
je parle au début de cet article, que TV Guide online a interviewé
Neal Baer, son producteur exécutif :
http://www.tvguide.com/News/SVU-Preview-Transgender-1002993.aspx</p>
<p>
Executive Producer sur <em>LOSVU</em> depuis 2000, Neal Baer
est un ancien de <em>ER</em> (<em>Urgences</em>), et il est
médecin, ce qui n'est pas anodin dans la manière dont la
série a évolué depuis qu'il s'est joint à
l'équipe de production.</p>
<p>
Dans l'interview donnée à <em>TV Guide</em>, Baer souligne
que parmi les questions que l'épisode soulève il se posait celle-ci
: Est-ce qu'un(e) adolescent(e) sait ce qu'il fait
quand il décide de changer de sexe ?</p>
<p>A mon humble avis, quand on voit l'épisode, il est
manifeste que le personnage n'est jamais présenté comme
irresponsable ou même hésitante sur sa décision ; d'ailleurs
ses parents, le psychologue de justice (interprété par BD Wong) et
les personnages principaux (Stabler et Benson) la soutiennent. Le
message est donc clair, et tout à fait « pro-transition ». C'est
d'autant plus impressionnant que le sujet, on l'imagine, n'est pas
du tout consensuel aux Etats-Unis. Encore une fois, une série
télévisée ose s'engager.</p>
<p>Venant des séries <em>LO</em>, ce n'est ni nouveau, ni
étonnant, mais la constance de cet engagement, depuis près de 20
ans pour la série mère et 10 ans pour SVU (sans oublier les cinq
premières saisons de <em>LO : Criminal Intent</em>) mérite
d'être soulignée.</p>
<p>
Sans vouloir faire de procès a priori, je suis curieux de savoir si
cet épisode sera un jour programmé intégralement par TF1 (qui
n'en est pas à son premier épisode coupé ou escamoté ) et
surtout comment les dialogues seront traduits.
Ainsi, tout récemment, sur la première chaîne française, dans un
épisode de Grey's Anatomy, l'expression « Dirty
Mistresses » a été traduite par « Amants délaissés ». Comprenne qui
pourra.</p>
<p>
Martin Winckler
Montréal, le 19 février 2009</p>
				</div>			</content>			<id>http://martinwinckler.blog.toutlecine.com/8532/Des-sc-naristes-courageux-et-un-sujet-difficile-Transitions-Law-Order-Special-Victims-Unit/</id>			<link href="http://martinwinckler.blog.toutlecine.com/8532/Des-sc-naristes-courageux-et-un-sujet-difficile-Transitions-Law-Order-Special-Victims-Unit/" />			<author>				<name>martinwinckler</name>				<uri>http://martinwinckler.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2009-02-27T17:21:18+01:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>Lettre ouverte aux personnages de Clara Sheller, saison 2</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p>Chère Clara, Cher Gilles et cher JP,

Vous êtes des êtres étranges. D'abord pour votre saison deux,
là où certains se contentent d'une nouvelle coupe de cheveux,
vous choisissez de changer totalement d'apparence. Voilà qui
n'est pas banal. Même si l'on rechigne pendant
plusieurs épisodes- le téléspectateur n'aime pas qu'on
lui change ses habitudes- cette métamorphose, plus qu'une
contrainte, apparaît petit à petit comme une chance, votre chance.
Car ce qu'il révèle, c'est que vous, Clara, Gilles et
JP, personnages de fiction, dépassez largement vos interprètes.
Certes, héros parisiens bobos, vous avez tout pour être énervants
(et vous l'êtes, parfois au plus haut point). Mais en dépit
de la légèreté d'abord accablante de vos petites histoires de
coeur et de cul, il y a chez vous une personnalité, une
originalité, une fantaisie qui ne cherche qu'à jaillir pour
dépasser le mot d'esprit que vous pratiquez à
outrance, et avec talent, il faut le dire- et qui finit par éclater
enfin, dans la deuxième partie de la saison deux.

Vous existez par vous mêmes, et mieux, vous faîtes exister une
liberté rare à la télévision française. Contrairement à vos
contemporaines New-yorkaises, qui, dans «Sex and the
city» étalent leur soi disant liberté de moeurs tout en
rêvant bêtement au Prince Charmant, vous osez la révolution
amoureuse. D'abord à votre corps défendant, et puis
franchement, parce qu'il faut bien se rendre à
l'évidence : vous êtes ni homme ni femme, mais plutôt mi
homme, mi femme, à côté, en dehors, entre les deux. Surtout vous,
JP et Gilles. D'ailleurs, vous allez expérimenter
l'Erotisme avec un grand E et l'Amour avec un grand A,
et faire basculer le téléspectateur dans une autre dimension.

Certains indices de cette révolution étaient présents dans la
saison un. On y voyait un Gilles «», objet
et sujet de tous les désirs, (tout en arborant, c'est sa
malice, les traits classiques du fantasme hétérosexuel moyen),
introduisant le début d'un commencement de conception
d'une sexualité qui ne serait pas lié au sexe/genre, mais qui
les transcenderait. Au début de la saison 2, tout occupés à nous
agacer des minauderies de Clara, nous avions oublié cet aspect de
votre histoire. Il revient sonner à la porte (de JP) avec une force
extraordinaire, qu'illustre à merveille
l'extraordinaire rêve/cauchemar de Clara.

Ainsi, JP, tu aimes le corps de Gilles (ce qui donne lieu au
meilleur gros plan de fesses masculines poilues2 qu'il
m'ait été donné de voir à la télé à une heure de grande
écoute), et il se pourrait même que tu aimes Gilles, mieux que
Clara! Et Gilles, tu te laisses happer par JP, malgré ton
désir ardent de paternité! Mais alors, cela signifierait-il
qu'il y a de l'amour possible par delà tout objectif de
reproduction? Et, plus prosaïquement, que mêmes les hommes
les plus virils peuvent pratiquer (avec grâce de surcroît) la
sodomie Je ne peux que saluer votre liberté, et le
souffle érotique et philosophique qu'elle insuffle à notre si
petit écran: vous lui ouvrez grand les portes de
l'amour et de la réflexion. Clara, Gilles et JP, dîtes merci
à vos auteurs car ils doivent bien vous connaître et vous aimer,
pour vous oser vous emmener sur ces chemins.

Je noterai juste que le couple hétérosexuel classique (et donc toi,
Clara, grande perdante de cette valse à trois temps) est décrit
comme une impasse, alors que les autres formes de couple débouchent
sur la possibilité d'un amour. Alors, Clara, Gilles et JP,
cela signifierait-il que le couple homo est l'avenir du
couple hétéro? Que l'homme est l'avenir de
l'homme? Ou qu'il faut pour réinventer
l'amour, se débarrasser totalement des lourdes pesanteurs de
la tradition hétérosexuelle patriarcale? Je vous donne
jusqu'à la fin de la saison trois, pour répondre, à votre
manière, légère et radicale, à cette grave question.

Florence Sacchettini</p>
<p>Post-Scriptum 1 : est-il vraiment utile que vous vous pavaniez
dans des appartements de trop grand standing et qu'on nous
bombarde d'images clichées de Paris? S'agit-il de nous
en mettre plein la vue? Portez plainte contre vos
producteurs, car ils vous méprisent, en même temps qu'ils
nous méprisent. Nous n'avons pas besoin de vos atours, vos
attraits sont autrement supérieurs.

Post Scriptum 2 que vous couchiez ensemble,
vous les hommes, pour qu'on vous voie nus à l'écran. Si
vous couchez avec une femme, c'est la femme que l'on
verra nue. Conclusion, vous filmez toujours votre désir.
--------------------</p>
<p>Comme Florence Sacchettini, envoyez-nous vos textes sur les
séries sur ce blog. Tous les détails (à lire avant d'écrire) sont
sur cette page :http://martinwinckler.blog.toutlecine.com/6664/Ce-blog-devient-collaboratif-contributif-collectif/</p>
<p></p>
				</div>			</content>			<id>http://martinwinckler.blog.toutlecine.com/7411/Lettre-ouverte-aux-personnages-de-Clara-Sheller-saison-2/</id>			<link href="http://martinwinckler.blog.toutlecine.com/7411/Lettre-ouverte-aux-personnages-de-Clara-Sheller-saison-2/" />			<author>				<name>martinwinckler</name>				<uri>http://martinwinckler.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2009-02-19T16:25:24+01:00</updated>		</entry></feed>