<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0">	<channel>		<title>[blog.toutlecine.com] jorje : <![CDATA[watch in progress]]></title>		<link>http://jorje.blog.toutlecine.com</link>		<description><![CDATA[watch in progress]]></description>		<language>fr</language>		<copyright>Copyright (c) 2006, Hi-pi</copyright>		<generator>Hi-pi RSS 2.0 generator</generator>		<docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>		<pubDate>Thu, 06 Nov 2008 16:12:09 +0200</pubDate>		<item>			<title><![CDATA[Eat heirs of the dead]]></title>			<description><![CDATA[<p style="text-align: left;"> </p>
<p style="text-align: left;">Le hasard fait parfois mal les choses
: il y a 4 jours, au milieu d'un week-end de nanars est
de films bourrins, je m'émerveillais une nouvelle fois devant la
beauté et la puissance du <strong>13e Guerrier</strong> de
McTiernan, dont les faiblesses relatives, dues à des ellipses plus
ou moins volontaires, s'évaporent avec les visions. Quel film, par
Odin ! Et bien sûr, j'en ai profité pour maudire une nouvelle fois
Michael Crichton, faisant part à mes convives que ce salaud nous
privait, selon la légende geek la plus répandue de ces 10 dernières
années, d'un chef d'oeuvre invisible à jamais. Pas avant sa mort,
tout du moins. De là à la "souhaiter", il y a un pas que tout fan
de McTiernan a, je pense, franchi un jour, ne serait-ce
qu'inconsciemment.</p>
<p style="text-align: left;"> </p>
<p style="text-align: center;"></p>
<p> </p>
<p>Et voilà que sa mort arrive. Heureusement, si je peux dire,
c'est un cancer. Un accident brutal m'aurait interrogé sur cette
morbide coïncidence, et sur ma capacité à infliger le trépas par
simple rancoeur. RIP Mr Crichton. Tout salaud qu'il puisse être,
les fantasticophiles lui doivent beaucoup et 66 ans c'est quand
même jeune. Mais comment ne pas instantanément penser aux
conséquences de cette mort sur son "oeuvre", et celles sur
lesquelles il a droit, notamment sur ce premier montage du
film de McTiernan à l'époque où il s'appelait encore <strong>Eaters
of the dead</strong>. Je suis sûr qu'à l'heure qu'il est, des
centaine, voire des milliers de geeks aux 4 coins du globe voient
se raviver en eux l'espoir de voir un jour ce chef d'oeuvre maudit
dont nous aurions été privés, par la bienveillance d'un héritier
philantrope ou d'un producteur averti.</p>
<p> </p>
<p style="text-align: center;"></p>
<p> </p>
<p>C'est aussi l'occasion de revenir sur ce fantastique mystère que
fut "l'affaire Crichton / McTiernan", relatée entre autres par un
génial site français, <a href=
"http://eaters.ifrance.com/">http://eaters.ifrance.com</a>
, qui offre, outre un grand nombre d'articles précieux sur le
film (dont ceux d'époque de Rafik Djoumi dans Mad ou Benjamin
Rozovas dans DVDvision), des interviews du cast & crew
constituant autant de pièces à conviction d'une passionnante mais
irrésoluble enquête. Difficile, aujourd'hui, de dire à qui nous
devons ce que nous aimons dans <strong>le 13e Guerrier</strong>, ni
si la légende du film maudit est avérée. On peut seulement
s'attrister qu'un homme comme Crichton, conteur surdoué mais
producteur controversé, nous laisse un souvenir à ce point amer que
la pensée de sa mort puisse nous être synonyme de bonne
nouvelle.</p>
]]></description>			<link>http://jorje.blog.toutlecine.com/6633/Eat-heirs-of-the-dead/</link>			<comments>http://jorje.blog.toutlecine.com/Eat-heirs-of-the-dead-06112008-160853-lp-6633.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://jorje.blog.toutlecine.com/6633/Eat-heirs-of-the-dead/</guid>			<pubDate>Thu, 06 Nov 2008 16:08:53 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Les films du miyeu]]></title>			<description><![CDATA[<p style="text-align: center;"><em>Homme sage pesant le pour et le
contre de toute chose et arrivant à l'équilibre</em></p>
<p> </p>
<p>Parler cinéma en toute subjectivité, comme souvent sur ces
blogs, c'est souvent tenter de faire partager des coups de gueule
ou des coups de coeur. On grossit le trait, on s'emporte, on
superlativise, on porte aux nues, on descend en flammes, on mouille
sa chemise, en essayant d'apporter un vrai point de vue et de
susciter le débat. Et pourtant, il y a des films pour lesquels il
est assez impossible, même avec beaucoup de mauvaise foi, de
s'emporter dans un sens ou dans l'autre. Ce sont tous ces films ni
bons ni mauvais, qui ont les défauts de leur qualités et
inversement, qu'on peut aimer et désaimer le lendemain, et qu'on
hésite à conseiller ou à déconseiller formellement, préférant dire
: "ça pourrait peut-être te plaire". Ce sont les films bof, les
films mouais, les films moyens, les deux étoiles, les 3/6, ceux qui
squattent le milieu d'un classement annuel et qu'on oublie vite en
général. Ces fameux films du miyeu, comme dirait une marionnette
béarnaise, sont souvent difficile à chroniquer sans passer par les
éternelles structures du "oui, mais", "ça commençait bien, mais ça
ne tient pas ses promesses", les + / les -", etc., et ça n'est ni
très passionnant à lire, ni très exaltant à écrire.</p>
<p> </p>
<p>Pourtant, il y a des films du miyeu qui sont tellement du miyeu
que leur sujet, c'est le miyeu, c'est l'équilibre mou, c'est le
mi-figue mi-raisin, c'est la prudence balancée, car "rien n'est
vraiment simple" ce qui est commode pour ne traiter finalement de
rien. Pour être poli, on appelle souvent ça subtilité, finesse,
absence de manichéisme, justesse dans le portrait nuancé des
personnages, mais la frontière est souvent assez fine entre la
subtilité et la tiédeur, et il faut le dire, le manque d'intensité
de ces "comédies dramatiques" (quelle formidable appellation) peut
être chiant comme la pluie et agaçant comme une vieille fille
hystérique. En parlant de ça...</p>
<p> </p>
<p style="text-align: center;"></p>
<p style="text-align: center;"><em>N'écoutez pas l'affiche
française du film : ce visuel bien centré indique un film du
miyeu</em></p>
<p> </p>
<p>Spécialistes des films du miyeu, les cinémas français et anglais
contemporains se tirent souvent la bourre pour ce qui est de
manquer de cojones, à quelques exceptions près. Et voilà que
sortent en même temps les films de leur champion respectif : le
populaire tandem Bacri-Jaoui chez nous, pourfendeur d'idées
reçues, chantre de la tolérance et du respect d'autrui ; le
vénérable Mike Leigh outre-manche, celui qui redonne le sourire à
la misère et fait se conjuguer le cinéma social de Loach avec un
optimisme presque Capraïen. <strong>Parlez-moi de la pluie</strong>
vs <strong>Be Happy</strong>, donc, quel sera le plus moyen de ces
films moyens sur la moyennitude ? A priori, vu l'affiche, le
français part favori, avec son titre qui ne veut rien dire, son
histoire qu'on a du mal à savoir de quoi ça parle au juste, et son
casting consensuel. L'anglais, qui ose une double injonction avec
son titre + tagline et des couleurs vives, a l'air moins du miyeu
que d'habitude... Mais s'y laisser prendre serait une grave erreur
!</p>
<p>Car, ruse commerciale ou faute d'interprétation des intentions
de son auteur, il se trouve que l'affiche de <strong>Be
Happy</strong> dénature complètement le film, faisant du personnage
de Poppy ce qu'elle n'est pas : un modèle à suivre, une
héroïne des temps modernes qui rend les gens meilleurs, à la Amélie
Poulain. Poppy est en réalité un personnage à la Mike Leigh, à
savoir une fille qui se démerde comme elle peut, comme nous tous,
pour trouver un sens à sa vie et des raisons d'être heureuse. Et si
son truc, c'est d'avoir toujours le sourire, d'être exagérement
aimable, légère, allumée, elle est aussi drôle qu'épuisante,
attachante que déplaisante. Leigh montre ça très bien, en
confrontant Poppy à des gens qui réceptionnent sa "positive
attitude" de manière très diverse, certains lui renvoyant à quel
point cette énergie vitale un peu préfabriquée peut être agressive,
voire condescendante. C'est ainsi que Mike Leigh, faisant de son
"portrait nuancé de personnages" et de sa "comédie dramatique
douce-amère" un vrai discours structuré sur la façon de faire face
au monde, parvient à délivrer un message équilibré, plus positif
qu'à l'accoutumée, mais lucide. Film moyen, donc, mais moyen +.</p>
<p> </p>
<p></p>
<p style="text-align: center;"><em>Djamel, Agnès et Jean-Pierre
n'ont pas la patate : voilà donc un plan équilibré</em></p>
<p> </p>
<p>Avec <strong>Parlez-moi de la pluie</strong>, en revanche on
tient un cas d'école : un pur film moyen du miyeu qui semble
n'avoir comme contenu que l'affirmation que rien n'est plus vrai
que son contraire. Comprendre : toute idée est aussitôt nuancée par
une autre, qui la contre-balance. Parce que c'est pas simple, la
vie, vous savez, et que ben les gens, on ne peut pas leur coller
des étiquettes comme ça. Il en va ainsi des personnages, évidemment
: celui de Bacri est couillon mais attachant, celui de Jaoui froid
mais pas sans coeur, celui de Debbouze idéaliste mais pas mieux que
les autres, les paysans sont sympas mais un peu bizarres. On veut
partir mais on reste quand même. Dans la vie, on rit mais on pleure
aussi. On a droit au procédé sur l'effet du tarpé : ça fait marrer,
mais on perd un peu le fil de ses pensées. Et bien sûr, rapport au
titre : il fait toujours beau dans le sud mais parfois il pleut
aussi. Puisqu'on vous dit que la vie c'est compliqué ! Dans ce cas,
ce qui fait que le film n'est que moyen - (sans être mauvais,
évidemment, le film moyen est toujours assez plaisant à regarder),
c'est que rien d'autre que cette impression d'entre-deux ne s'en
dégage. Alternance de bons mots bien écrits (pour faire cinéma) et
de répliques-vérités, celles dans lesquelles on se reconnaît bien,
"hoho moi aussi je dis ça des fois, c'est fou" (pour faire vrai,
donc), le film est évidemment cadré en plans moyens et l'emploi du
scope est péniblement justifié.</p>
<p>Il y a peu, des amis internautes cinéphiles confiaient n'avoir
jamais réussi à totalement adhérer à <strong>Titanic</strong> à
cause du manichéisme de Cameron envers les personnages, ceux du
fiancé et de la mère de Rose notamment. Voilà ce qui se passe quand
on regarde trop de films du miyeu, la force des enjeux comme la
dimension symbolique du bad guy comme obstacle à franchir pour le
héros du film d'aventures apparaissant comme simpliste, "pas assez
réaliste" à l'amateur de films du miyeu. A nous, amateurs de cinéma
"fort", de faire valoir nos préférences. Cela dit, un film moyen,
cela peut aussi se savourer, et l'insistance de certains auteurs à
éviter toute idée forte peut parfois se révéler source
d'inspiration. Moi-même, ne suis-je pas là en train de faire une
appréciation très moyenne de ces films moyens ?</p>
]]></description>			<link>http://jorje.blog.toutlecine.com/5661/Les-films-du-miyeu/</link>			<comments>http://jorje.blog.toutlecine.com/Les-films-du-miyeu-29092008-175640-lp-5661.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://jorje.blog.toutlecine.com/5661/Les-films-du-miyeu/</guid>			<pubDate>Mon, 29 Sep 2008 17:56:40 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[L'horreur en face]]></title>			<description><![CDATA[<h4 style="text-align: left;"></h4>
<h4 style="text-align: left;"></h4>
<h4 style="text-align: left;">Un bref retour sur un film vu juste avant de partir en vacances, et dont je ne savais au juste pas quoi penser à la sortie... Désarmant par son entièreté et sa radicalité, très dérangeant dans sa conclusion, Martyrs m'avait pourtant ému à de nombreuses reprises et laissé, comme rarement, sur le carreau à la fin de la projection. Sûr que le film peut entraîner un rejet total, sûr même qu'on puisse lui trouver des défauts énormes et des airs de baudruche gonflée à la prétention... Mais il se trouve qu'avec le temps, je trouve Martyrs de plus en plus riche, et propice à une vraie réflexion sur le genre qu'il aborde, ce qui est rare.</h4>
<h4 style="text-align: left;"></h4>
<h4 style="text-align: left;"></h4>
<h4 style="text-align: left;">Laugier, en fan de film d'horreur, nous montre ce que représente pour lui le cinéma d'horreur : ça n'est pas se faire peur gentiment et prendre de la distance dès qu'on sent le malaise arriver, c'est au contraire trouver quelque chose qui fasse écho à un malaise profond, à une peur réelle et terrible, à une douleur qui pourrait rendre fou, et tenter de mieux les comprendre. Ce qui est génial, quand on met de côté les quelques maladresses du film et tout ce qui peut déranger, révulser dans cette idée, c'est qu'il ose ce que personne n'a vraiment osé dans ce cinéma-là : parler ouvertement de la facette séduisante, attirante, fascinante, de la douleur et de la souffrance. Pour cela, on pourrait dire qu'il se place, en deux temps, au-delà du cinéma d'horreur car il commence son histoire après une première histoire qui nous est racontée en flashbacks (<span class="spoiler">l'agression du personnage de Jampanoï enfant</span>) et qui aurait pu donner lieu à un survival lambda (un Hostel ou un Saw, au hasard).Et que dit Laugier ? Dans un premier temps, que la traditionnelle victime / héroïne, celle qui survit à la fin du film d'horreur, n'est pas tirée d'affaire. Non seulement elle gardera l'horreur en elle toute sa vie, mais elle risque de devenir bourreau à son tour et d'avoir recours à la violence, sur elle-même et sur les autres, pour exorciser ce qu'elle a vécu. Contamination par la violence, cercle de la vengeance : il n'y a pas de fin, pas de survivant, c'est toujours le mal qui gagne. Voilà pour ceux qui pensent le genre comme une attraction.</h4>
<h4 style="text-align: left;"></h4>
<h4 style="text-align: left;">Dans un deuxième temps, à travers un personnage, spectateur innocent qui devient victime, Laugier va encore plus loin dans son questionnement du rapport à la souffrance. Bien sûr, il s'adresse à nous : que recherche-t-on dans les films d'horreur, dans cette posture passive qui consiste à subir des traumatismes ? Plutôt que de se poser en moraliste comme un Haneke (qui n'aime pas le genre, mais y a recours pour donner une leçon à son spectateur qu'il méprise), Laugier sait de quoi il parle car il est aussi à notre place.</h4>
<p style="text-align: left;"> </p>
<p style="text-align: center;"></p>
<p style="text-align: center;"></p>
<p style="text-align: left;"></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Concrètement, il pose la question de ce qu'on peut aimer , ou en tout cas chercher, dans l'horreur, et la pose très directement. En brouillant complètement nos réflexes, non seulement il renonce à un final rassurant, mais il nous met face à l'inconcevable : il y a dans l'horreur (ou au-delà) une réponse à chercher.</strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Le réalisateur n'a cessé de dire qu'il était lui même très mal quand il a écrit le film, on s'en doute, ça se voit. Il l'exploite très bien dans une première partie rageuse et cathartique. Mais son mal est probablement tellement intime, profond, qu'il l'a apprivoisé, qu'il se sent paradoxalement bien avec, et qu'il peut dialoguer avec lui à travers les codes d'un cinéma qu'il affectionne. Ce dialogue intime avec la souffrance auquel nous invite Laugier lui permet de transcender toutes les barrières de bien et de mal, de fusionner les conditions de bourreau / victime (ne sommes-nous pas, spectateurs de films d'horreur, les deux à la fois, emptahiques avec les victimes mais consentants à les regarder souffrir ?), pour mettre tout le monde face aux grand mystère de la Mort et à notre propension à nous en rapprocher pour la questionner. Si sa conclusion est si bouleversante, c'est parce qu'elle met en lien des émotions rarement associées (douleur physique / douleur mentale), qu'elle parle frontalement d'amour et de mort, et nous renvoie, au-delà de tout espoir, à l'expression la plus vive de ces deux grands vides que sont l'absence et l'inconnu.Franchement, je ne pensais pas qu'un jour, un film d'horreur arriverait à poser ces questions-là. Ce qui fait de Martyrs, pour moi, un monument du genre.</strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong> </strong></p>]]></description>			<link>http://jorje.blog.toutlecine.com/5489/L-horreur-en-face/</link>			<comments>http://jorje.blog.toutlecine.com/Let-039-horreur-en-face-24092008-115651-lp-5489.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://jorje.blog.toutlecine.com/5489/L-horreur-en-face/</guid>			<pubDate>Wed, 24 Sep 2008 11:56:51 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Ma comédie romantique n'est pas une comédie romantique]]></title>			<description><![CDATA[<p>Dans le paysage
ultra-balisé de la comédie romantique moderne, nombre
de films peinent à sortir du lot du fait d'un schéma
éternellement identique, lequel offre paradoxalement au
genre la garantie d'une certaine pérennité, et peut
sanctionner les tentatives trop décalées. Dans ce
créneau peu encombré par les analyses, on peut
néanmoins constater que les bonnes intentions ne font pas
forcément les bons films, que des auteurs de sketches ne
sont pas nécessairement des cinéastes, et que notre
production hexagonale populaire est loin d'avoir l'audace des
soit-disants "produits formatés hollywoodiens".</p>
<p>"<strong>Ma vie n'est pas une
comédie romantique</strong>" devait s'appeler au
départ <span style="color: black;">"Ma Vie sans Meg Ryan" et traiter,
à travers les déboires sentimentaux d'un geek
trentenaire comédie-romanticophile, du décalage entre
la vraie vie et ce qu'on nous montre dans les films de Rob Reiner
et Nora Ephron. Quand on connaît la difficulté de
faire un premier long métrage sans l'étouffer de
références, surtout pour un réalisateur
cinéphage comme Marc Gibaja créateur avec son
coscénariste Laurent Sarfati de "La Minute Blonde", les
assumer en les intégrant au récit parait une
manière habile de contourner la difficulté. A
l'écran et dès la première scène,
Gilles Lellouche se pose en relais de l'auteur : outre leur
ressemblance physique flagrante, il se console de sa rupture en
regardant <em>Nuits Blanches à Seattle</em> avec un T-Shirt
questionnant : "Happy Ending ?".</span></p>
<p><span style="color: black;"></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style=
"color: black;">    </span></p>
<p style="text-align: center;"><span style=
"color: black;"><em>Un des "discrets" clins d'oeil
du film français à son ascendant
US</em></span></p>
<p><span style="color: black;">J'aurais beaucoup aimé aimer ce film, qui d'une
certaine manière se propose (involontairement ?) de faire un
pont entre la comédie romantique juive new-yorkaise des
80-90's et l'univers plus réaliste, incorrect et
peuplé de geeks de la comédie US à la Farrelly
/ Apatow. J'aurais encore plus aimé qu'il malmène
ouvertement les codes du genre et qu'il traite du rapport
particulier d'un cinéphage/geek à la
réalité, du refuge que peut constituer un monde
fictionnel constitué de codes immuables et de l'angoisse que
peut lui susciter le monde réel, dans la lignée de ce
qu'avaient en partie esquissé et brillamment réussi
<strong>40 Ans, tours puceau</strong> et <strong>Terrain
d'Entente</strong>.</span></p>
<p><span style="color: black;">Hélas, non seulement le film ne
traite pas du tout de cela, Gibaja et Sarfati se sentant les
<em>cojones</em> pour écrire une vraie comédie
romantique presque autonome, mais cet effort louable est
copieusement raté, la plupart des scènes ne
fonctionnant pas du tout à l'écran. Personnages sans
épaisseur, comédie sans rythme, dialogues peu
insiprés, romance sans émotion, et par dessus le
marché une fâcheuse tendance à la citation
totalement gratuite (Marie Gillain se fait la tête de Meg
Ryan, le film cite une première fois Quand Harry Rencontre
Sally puis les personnages vont même voir le film au
ciné : c'est bon, on a compris) qui contredit l'intention
contenue dans le titre et empêtre définitivement le
film dans une cinéphilie mal digérée et qui
n'a aucune vocation à accoucher d'un récit libre et
intéressant.</span></p>
<p><span style="color: black;">A l'issue d'une fin pitoyable, en forme
d'aveu d'impuissance à choisir quel film il voulait faire
(happy ending neuneu suivi d'un "non non, ça s'est pas
passé comme ça"), Gibaja nous montre, pendant le
générique, des images prises "sur le vif" du couple,
nature, pas cinégénique, dans leur "vraie vie". C'est
plus intéressant que tout ce qui a
précédé. Sinon, c'est encore la confirmation d'une bonne et
une mauvaise nouvelle : en France, on peut écrire à
peu près n'importe quoi et avoir une chance d'en faire un
film.</span></p>
<p><span style="color: black;">A l'opposé, revoir "<strong>Le
Mariage de mon Meilleur Ami</strong>" de PJ Hogan
révèle un tour de force assez culotté pour ce
qui paraît être une énième romance
convenue avec Julia Roberts en héroïne. Non
seulement le film se regarde très agréablement
(comprendre : la direction d'acteur, le rythme, les dialogues, sont
d'une efficacité imparable) mais le film retourne
complètement les codes de la comédie romantique pour
en faire un film initiatique teinté de mélodrame aux
accents mélancoliques, tout ça sans l'afficher
ostensiblement (contrairement à son "concurrent
français ci-dessus).</span></p>
<p style="text-align: center;"></p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p><span style="color: black;">Dans la plupart des films du genre, il
y a traditionnellement une rivale, de préférence
fourbe, prête à tout pour faire capoter une romance
dont l'évidence finira par triompher, renforcée dans
l'adversité. Elle remplit une fonction d'obstacle qui mettra
à l'épreuve l'amour des deux héros, tout en
apportant au spectateur un motif de suspense censé jeter le
doute dans l'issue favorable de l'histoire. On la
déteste forcément, car elle n'est ni vraiment aimable
ni honnête, et elle finit logiquement seule : c'est sa
punition pour sa bassesse. Sauf que dans ce film, c'est elle,
la rivale manipulatrice, qui est le personnage principal, le point
d'ancrage du spectateur. Du coup le film bouscule pas mal les
réflexes du spectateur, qui se retrouve dans la peau du "bad
guy" sans le savoir, le personnage de la future mariée
(formidable Cameron Diaz) étant présentée
comme la rivale, fille à papa bourgeoise et (fausse)
naïve. Au départ d'ailleurs, on souhaite naturellement
que Julianne (Julia Roberts, parfaite pour ce rôle ingrat)
arrive à ses fins. Puis, on voit ses stratagèmes se
retourner contre elle (la scène du karaoké, celles
avec l'excellent Rupert Everett en mauvais complice), on la voit
s'enfoncer dans l'aveuglement, aller trop loin, sans jamais pouvoir
la détester puisque c'est avec elle qu'on a commencé
l'histoire. Et quand elle finit par accepter l'évidence, sa
vérité intérieure en même temps que la
perte de l'être aimé, on est à la fois content
de sa trajectoire et dévasté avec elle. Elle finit
seule, et ça n'est ni une fin triste ni une fin heureuse,
c'est à la fois très douloureux et apaisant,
comme tous ces arrachements essentiels pour avancer, et c'est une
des fins les plus belles que je connaisse.</span></p>
<p><span style="color: black;">On aurait dû s'en douter de la part de
PJ Hogan mais on n'a rien vu venir : contre toute attente, ce film
n'est pas une comédie romantique, c'est un drame doux-amer
sur un personnage délaissé (dans le présent
récit comme dans le genre concerné), le rival
malheureux qui ne part avec personne au soleil couchant, mais qui
aura, pour le mieux, pu franchir une étape personnelle
importante de sa vie. Ca n'est pas la seule audace du film (faire
de l'héroïne un garçon manqué (f)rigide
et de sa "copine moche" un gay séduisant), mais c'est de
loin la plus importante. Et ça n'a pas empêché
le film d'être un succès.</span></p>
]]></description>			<link>http://jorje.blog.toutlecine.com/4671/Ma-comedie-romantique-n-est-pas-une-comedie-romantique/</link>			<comments>http://jorje.blog.toutlecine.com/Ma-comedie-romantique-net-039-est-pas-une-comedie-romantique-27082008-123313-lp-4671.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://jorje.blog.toutlecine.com/4671/Ma-comedie-romantique-n-est-pas-une-comedie-romantique/</guid>			<pubDate>Wed, 27 Aug 2008 12:33:13 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Le boss des mythes]]></title>			<description><![CDATA[<p> </p>
<p> </p>
<p>Un presqu'aparté pour saluer ici le travail d'un de
mes illustres voisins de palier, dont l'ouvrage ci-dessus est
actuellement proposé à un prix qui sent bon le
destockage massif sur amazon, et plus directement sur le site de
Mona Lisait ou dans leurs boutiques. Que l'auteur ne m'en veuille
pas de parler de ce livre magnifique au moment où il est
bradé, mais comme dit l'adage... Bref, c'est une merveille,
à acheter d'urgence et par palettes, et à offrir
à toute connaissance un tant soit peu cinéphile.
Donc, pour la grosse lèche,c'est juste après.</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"></p>
<p style="text-align: center;"><em>Cet homme prêche-t-il une
communauté geek prosternée à ses pieds ou
s'apprête-t-il à être arrêté par
les gardiens du temple de Lucasfilm ?</em></p>
<p> </p>
<p>Moins funky qu'à son habitude mais dans une
écriture d'une simplicité et d'une limpidité
absolue, Rafik Djoumi s'inscrit ici, comme à son habitude,
dans une démarche critique que j'admire
énormément : avec ce qu'il faut d'érudition
mise à la portée du plus grand nombre, il parvient
à faire partager non pas la vérité
ou la valeur objective d'une oeuvre (chose à laquelle
s'attachent trop de critiques), mais une vision sur la
création cinématographique à laquelle
j'adhère parfaitement. Mettant le facteur humain en avant,
il propose une analyse de l'oeuvre de Lucas à
travers la personnalité de son auteur comme une projection
constante de ses obsessions, de ses aspirations, de ses
névroses, de son histoire tout simplement. Le
côté biographie, assez fourni dans les premiers
chapitres, n'est là que pour mettre en lumière et
décrypter les futurs choix artistiques de Lucas, dont la
carrière complexe n'a peut-être pas
d'équivalent en matière de volte-faces et de
contradictions, mais aussi d'influence sur la production
cinématographique de son époque.</p>
<p style="text-align: left;"> Il nous permet en outre de
retracer l'époque charnière où une
célèbre génération de cinéastes
ont provoqué, de manière diverse, le basculement
entre le cinéma exigent des 70s et le cinéma
populaire des 80s, et raconte comment (et surtout
pourquoi) Lucas est passé du statut de cinéaste le
plus expérimental de la bande et plus proche collaborateur
de Coppola, à celui de golden boy hollywoodien en phase avec
le public aux côtés de Spielberg, puis businessman
redoutable et froid.</p>
<p style="text-align: center;">

            
 </p>
<p style="text-align: center;"> <em>Sans surprise, l'influence
de Gary Kurtz et de Joseph Campbell font partie des moments forts
du livre</em></p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p>Enfin il relève, grâce à une structure
volontairement calquée sur celle de la théorie de
Joseph Campbell, comment le "mythe" que Lucas a
péniblement construit pour Star Wars renvoie à
sa propre histoire, à son propre mythe. Pour tous les fans
de la saga, voilà le livre français dans lequel est
expliqué tout ce qu'elle doit à son créateur,
mais aussi ce qu'elle ne lui doit pas, insistant sur l'importance
capitale dans la réussite de l'oeuvre de quelques
collaborateurs peu à peu effacés des tablettes par
l'histoire "officielle" voulu par Lucas... Jamais gratuit dans la
critique ni dans l'éloge, riche tant en anecdotes qu'en
informations sur la façon dont se font les films, le livre
n'a qu'un seul défaut : celui d'être trop court. On
sent qu'il y a encore pas mal sous la pédale, et on
espère que ce livre trop confidentiel (l'édition
présente quelques signes extérieurs de manque de
moyens) sera le premier d'une belle série...</p>
]]></description>			<link>http://jorje.blog.toutlecine.com/4356/Le-boss-des-mythes/</link>			<comments>http://jorje.blog.toutlecine.com/Le-boss-des-mythes-31072008-173810-lp-4356.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://jorje.blog.toutlecine.com/4356/Le-boss-des-mythes/</guid>			<pubDate>Thu, 31 Jul 2008 17:38:10 +0200</pubDate>		</item>	</channel></rss>