<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom">		<title>http://hoke.blog.toutlecine.com</title>		<id>http://blog.toutlecine.com/</id>		<link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://hoke.blog.toutlecine.com/atom.xml" />		<subtitle><![CDATA[Plein la gueule (Anthologie du film bourrin)]]></subtitle>		<rights>Copyright (c) 2006, Hi-pi</rights>		<generator>Hi-pi ATOM generator</generator>		<author>			<name>Hi-pi</name>			<uri>http://hoke.blog.toutlecine.com</uri>		</author>		<updated>2009-10-27T19:49:42+01:00</updated>		<entry>			<title>Il faut sauver Babylon AD</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p>

!-- /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal,
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</p>
<p><strong>Babylon AD</strong> est un cas
typique: LE film de 2008 qu'il fallait absolument
détester, de la même manière que <strong>Waterworld</strong> était
le film à descendre en 1995.</p>
<p>Pourquoi?</p>
<p>Parce que la production ne s'est pas
déroulée comme il fallait, parce que le film était produit par la
Fox-scissorhands, parce que son réalisateur lui-même le reniait, et
parce qu'il fallait se trouver un bon bouc émissaire pour
l'année en cours.</p>
<p>J'attendais ce film avec
impatience: un film d'anticipation réalisé par
<strong>Kassovitz</strong> avec ce bon gros bourrin de <strong>Vin
Diesel</strong> dedans, ça promettait de faire des étincelles.
Quelles que soient les rumeurs qui couraient sur le film, résistant
au reniement de <strong>Kassovitz</strong>, je suis allé le voir.
Après tout, les producteurs n'ont pas toujours le mauvais
rôle, dans le montage. La version longue de
l'<strong>Alien3</strong> de <strong>Fincher</strong>, même
si elle ne correspond pas plan pour plan avec la vision de
<strong>Fincher</strong> au départ, est plutôt maladroite et
ennuyeuse!</p>
<p>Et bien au bout du compte, lorsque le
générique de fin s'est mis à défiler, la première chose que
je me suis exclamé, c'est quelque chose comme «mais il
est pas mal du tout, ce film! Qu'est-ce qu'ils
ont tous à le pourrir, comme ça»</p>
<p>Parce que finalement, <strong>Babylon
AD</strong> est un bon petit film d'anticipation bourrin
comme j'aimerais bien en voir plus souvent...</p>
<p>Evidemment, il vient après le premier grand
classique du 21e Siècle, <strong>les fils de
l'homme</strong>, et sur un sujet similaire se fait
lamentablement écraser.</p>
<p>Evidemment, la fin est un peu confuse</p>
<p>Evidemment, avant de tourner,
<strong>Kassovitz</strong> se la pétait peut-être un peu trop avec
son super film d'anticipation qui allait renouveler la
grammaire cinématographique...</p>
<p>Mais Vin Diesel n'a jamais été meilleur
que dans ce film!</p>
<p>Les autres interprètes sont super bien
dirigés!</p>
<p>La réalisation est d'une souplesse que
j'aimerais tellement trouver chez les autres
réalisateurs!</p>
<p>Et surtout, si on en croit les monstrueux
problèmes de production qu'ont rencontré les artisans
oeuvrant sur ce film (une star souvent en retard de plusieurs
heures sur le plateau, des producteurs exécutifs qui ne faisaient
pas leur boulot, des décors notés comme «» sur le
planning et qui s'avéraient n'être même pas commencés
en arrivant sur place, et pour finir les avocats de la Fox sur le
râble pendant toute la durée du film), je trouve incroyable que
<strong>Kassovitz</strong> ait été capable de rendre une copie qui
reste agréable à regarder.</p>
<p>Je l'ai revu à sa sortie en DVD, et
force est de constater que le film résiste bien à une seconde
vision. C'est un film estampillé bourrin qui se reverra
volontiers comme une bonne série B pendant encore
longtemps!</p>
<p><strong>Babylon AD</strong> souffre du même
syndrôme que <strong>Waterworld</strong> en son temps: son
réalisateur le renie (Kevin Reynolds s'était fait virer du
tournage pour être remplacé par <strong>Costner</strong>, qui avait
tourné des scènes additionnelles, ce qui l'avait conduit à
renier le film), le tournage a été chaotique et largement relayé
par la presse, et on avait déjà vu le chef-d'oeuvre
définitif du genre des années auparavant (<strong>Mad Max</strong>
en l'occurrence).</p>
<p>Alors évidemment, <strong>Babylon AD</strong>
ne sera jamais LE chef-d'oeuvre crânement annoncé par
son auteur pendant la période de pré-production. Mais le
chef-d'oeuvre sur ce sujet, on l'avait eu trois
ans avant avec <strong>les fils de l'homme</strong>. Tout ce
qu'il restait à faire, ce sont de petit succédanés sous forme
de série B, qui exploitent le filon tout en essayant d'offrir
un bon moment au spectateur.</p>
<p><strong>Babylon AD</strong> m'a offert
ça, je ne lui en demande pas plus. Comme
<strong>Waterworld</strong> en 1995.</p>
				</div>			</content>			<id>http://hoke.blog.toutlecine.com/13296/Il-faut-sauver-Babylon-AD/</id>			<link href="http://hoke.blog.toutlecine.com/13296/Il-faut-sauver-Babylon-AD/" />			<author>				<name>hoke</name>				<uri>http://hoke.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2009-10-27T19:49:20+01:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>Une vraie bonne director's cut: les larmes du soleil</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p>Il y a quelques temps, je trifouillais dans les bacs de l'un de
mes magasins de DVD préférés à la recherche d'une perle rare, quand
je suis tombé en profonde hésitation devant la director's cut des
<strong>larmes du soleil</strong>.</p>
<p>j'avais vu la version cinéma au moment de sa sortie, et le moins
que l'on puisse en dire, c'est que je m'étais quand même bien fait
chier devant un tel amoncellement de clichés sur la guerre
humanitaire à l'américaine. La performance des acteurs principaux
(<strong>Willis et Bellucci</strong>) était rien moins que
caricaturale, et aucun des personnages secondaires n'avait assez
d'espace pour exister. Rien dans le souvenir que j'avais du film
les larmes du soleil ne pouvait moins m'encourager à acquérir la
version longue de ce film, ormis l'idée de rallonger ma torture
d'une bonne vingtaine de minutes.</p>
<p>Et pourtant, j'ai hésité. Longtemps. La faute à <strong>Ridley
Scott et Oliver Stone</strong>. Ces deux réalisateurs ont en effet
le point commun d'avoir commis respectivement <strong>Kingdom of
Heaven et Alexandre</strong>, dont les versions courtes sortie au
cinéma n'avaient rien de convaincant et souffraient des mêmes
problèmes narratifs que cette version conchiée des <strong>larmes
du soleil</strong>: action partout, personnages transparents et
récit expédié. Or, leurs versions longues se sont avérées être de
véritables chefs-d'oeuvre. Et je ne mâche pas mes mots:
<strong>Alexandre et Kingdom of heaven</strong> ne doivent être vus
qu'en version longue. Ils n'ont été pensé qu'au format épique, et
cette ampleur ne pouvait pas se développer sur 1h45. Le doute
m'assiegeait donc: à la lumière des versions longues de ces deux
chefs-d'oeuvres, était-il possible que les <strong>larmes du
soleil</strong> bénéficient réellement des 18 minutes
additionnelles promises sur la jaquettes? <strong>Antoine
Fuqua</strong> n'a pas la trempe d'un <strong>Scott</strong> ou
d'un <strong>Stone</strong>... Au final, vu le prix assez faible du
DVD, j'ai décidé de donner sa chance au bidule.</p>
<p>Bien m'en a pris! Car la version longue des <strong>larmes du
soleil</strong> comble tous les vides qui rendaient ce film chiant
dans sa version ciné. Une fois n'est pas coutume, la director's cut
des <strong>larmes du solei</strong>l n'est pas une de ces
sempiternelles versions longues foutages de gueule comme les
éditeurs ont maintenant coutume de nous en chier régulièrement,
mais un film réellement amplifié par les scènes qui lui ont été
ajoutées. Pas d'emphase cependant: <strong>les larmes du
soleil</strong> n'est pas un chef-d'oeuvre incontournable comme
l'est <strong>Kingdom of heaven</strong> (encore qu'à l'échelle de
la filmo de son réalisateur, c'est effectivement un chef
d'oeuvre).</p>
<p>La première chose qui saute aux yeux, c'est que le film prend le
temps de développer ses situations, contrairement à la version
courte qui en supprimait certaines pour aller plus vite, ce qui,
paradoxalement, paraissait ralentir le film. En développant toutes
sortes de situations nouvelles, l'histoire étoffe les personnages
secondaires restés en berne dans la version courte, et développe un
peu plus les personnages principaux, qui étaient jusque là réduits
à leur portion congrue. Ainsi, bien que plus long de 20 minutes, le
film cesse d'être chiant. De même, le propos du film (grosso-modo
la rédemption d'une machine de guerre au contact d'une jolie
humanitaire, qui lui fait prendre conscience des injustices
découlant des affrontements militaires en afrique) qui était
atrocement schématique dans la version courte, s'étoffe un peu,
bien qu'il reste un poil caricatural on a moins de mal à l'accepter
dans le contexte politique international du moment.</p>
<p>Au final, la version longue des <strong>larmes du
soleil</strong> fait partie de ces director's cut qu'il faut
réellement chérir, parce qu'elles apporte réellemnent quelque chose
de neuf. Pour tout dire, après l'avoir vu, je me suis pris à penser
qu'<strong>Antoine Fuqua</strong> était peut-être réellement un bon
réalisateur, et que sa version longue du <strong>roi
arthur</strong> méritait peut-être un visionnage.</p>
<p>...et ben non. Les <strong>larmes du soleil</strong> restera un
one-shot dans la carrière du cinéaste. C'est mieux que rien!</p>
<p>Pour l'anecdote, on peut repérer les scènes ajoutées dans la
version longue du film car elles ne sont pas étalonnées tout à fait
pareil que les scènes originaires de la version courte. (s'agissant
de la version DVD. Je ne sais rien au sujet de la version
Blue-Ray)</p>
<p></p>
				</div>			</content>			<id>http://hoke.blog.toutlecine.com/13288/Une-vraie-bonne-director-s-cut-les-larmes-du-soleil/</id>			<link href="http://hoke.blog.toutlecine.com/13288/Une-vraie-bonne-director-s-cut-les-larmes-du-soleil/" />			<author>				<name>hoke</name>				<uri>http://hoke.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2009-10-26T13:15:11+01:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>Petit méchoui de critiques</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p>[endif]--</p>
<p><strong>Rêves (Akira
Kurosawa,1990)</strong></p>
<p>Une fois n'est pas coutume, les sketches
les plus chiants de ce film en huit parties sont montés en
premier! Je trouve les films à sketches généralement assez
ennuyeux, souvent parce que les films sont de qualité inégale.
<strong>Rêves</strong>, soit-il de <strong>Kurosawa</strong>, et
produit par <strong>Scorsese</strong>, <strong>Lucas</strong> et
<strong>Coppola</strong>, n'échappe pas à la règle.</p>
<p><strong>Kurosawa</strong> fait partie de cette
génération qui a connu le monde avant que qu'il ne soit
définitivement sali par les activités humaines. Il fait partie des
derniers tenants d'un héritage séculaire, et avec quelques
sketches de ce film, il établit une opposition entre l'ancien
monde et le nouveau. Et il le conçoit avec pessimisme.</p>
<p>Mais de tous les «»
c'est définitivement «<strong>les
corbeaux</strong>» qui a le plus retenu mon attention.
Montrant un peintre amateur visitant une salle consacrée à Van
Gogh, l'homme s'imagine entrer dans la peinture et
retrouver Van Gogh (<strong>Martin Scorsese</strong>) en pleine
fièvre créatrice. Les couleurs et les décors ont été retravaillés
de manière à donner l'aspect expressionniste des peintures de
Van Gogh, jusqu'à ce que le personnage, dans une sorte
d'illumination, saisisse la méthode du peintre mythique. Il
traverse alors des décors qui ne sont autre que les étapes
successives de la création de l'oeuvre, jusqu'à
aboutir à la peinture elle-même. En quelques petites minutes,
parvient à croquer la beauté, le désespoir, l'urgence et la
folie qui imprègnent l'oeuvre du peintre, jusqu'à
une dernière image qui fait surgir l'émotion par sa
simplicité: un coup de chapeau littéral, de maître à
maître.</p>
<p><strong>Rêves</strong> n'est à mon avis
pas un bon film. Les idées étaient là mais
<strong>Kurosawa</strong> n'avait visiblement plus la force
de les illustrer.<span>les
corbeaux», il mérite d'être vu, au moins une fois dans
sa vie.</p>
<p><strong>Au bout de la nuit
(David Ayer, 2008)</strong></p>
<p><strong>David Ayer</strong> fait partie de ces
réalisateurs moyens pour lesquels j'ai systématiquement du
mal à trouver ce qui cloche dans leurs films. <strong>Bad
Times</strong> était un film pas mal, mais pas transcendant non
plus, entièrement porté par l'interprétation exceptionnelle
de <strong>Christian Bale</strong>. Ce deuxième film du scénariste
de <strong>Training Day</strong> est également un film pas mal,
mais il manque de quelque chose pour en faire un film dont on se
souviendra.</p>
<p><strong>99F (Jan Kounen,
2007)</strong></p>
<p><strong>Jan Kounen</strong> a beau se défendre
à corps perdu de ne pas avoir craché dans la soupe en faisant ce
film (il a réalisé un nombre incalculable de publicités),
c'est quand même l'impression qui domine à la fin du
visionnage. Comme d'habitude, le réalisateur tombe dans des
excès formels que la fin très caricaturale du scénario
n'aident pas à crédibiliser. <strong>Kounen</strong> fait
partie avec <strong>Michael Bay</strong> de ce club très fermé de
réalisateurs dont la volonté d'en faire trop exprès annihile
systématiquement la provocation qu'ils espéraient
mettre dans l'exagération. Néanmoins, ce film fait du bien à ceux
qui, comme moi, hurlent à la mort devant le cynisme et le mépris de
la publicité télévisée pour le spectateur.</p>
<p><strong>Fido (Andrew Currie,
2006)</strong></p>
<p><strong>Fido</strong> est une excellent
surprise. Les critiques à sa sortie étaient plutôt inégales, ce qui
m'a conduit à ne pas aller le voir, à tort, comme souvent.
L'humour noir affleure à tous les coins de plan de cette
histoire de famille dysfonctionnelle qu'un zombie de
compagnie vient sortir de son quotidien ennuyeux.
<strong>Fido</strong> est l'exact contraire de
<strong>99F</strong>, chroniqué un peu plus haut: la
provocation est partout, mais jamais appuyée par des effets de
caméra ou des aberrations scénaristiques sensées être
provocatrices. Le film tient son récit dans les rails, et les
traits d'humours sont toujours imprégnées par la comparaison
que l'on fait entre notre société actuelle, et celle décrite
dans le film: la peur de la mort, la vie éternelle, le culte
des apparences, la famille, le racisme, le conformisme, les
préjugés, tous les sujets sont abordés en filigrane par le film.
Selon si vous saisissez ou non la mise en abyme, vous rirez...
ou pas.</p>
<p>C'est ce qui explique les critiques
variables à la sortie du film, et c'est aussi tout ce qui en
fait la valeur.</p>
<p><strong>Rocco et ses frères
(Luchino Visconti, 1960)</strong></p>
<p>Grande fresque sur l'émigration sud-nord
des Italiens pauvres de l'après guerre, Rocco... décrit
les destinées disparates des cinq fils d'une mamma Italienne
envahissante. Je ne saurai dire pourquoi j'ai aimé ce film,
pour une fois... la capacité qu'a Visconti de mener en
parallèle les destinées de 4 de ces frères est évidemment
exemplaire, et élève le film au-delà de la simple tranche de vie
familiale pour en faire une parabole de l'Italie de
l'après guerre. Pour ceux qui n'imaginent pas
qu'Annie Girardot ait pu être sexy une fois dans sa vie, il
faut la voir dans ce film: elle y est lumineuse.</p>
<p><strong>Kung fu Panda (Mark Osborne, John
Stevenson, 2008)</strong></p>
<p>Un film pas mal du tout, finalement. Je craignais un peu le film
pour enfants idiots, mais les scènes de baston sont absolument
bluffantes de virtuosité et l'animation des personnages d'une
vérité confondante. Le seul problème reste le scénario, qui est
bien trop calqué sur tous les films de "sauveurs révélés à eux-même
et réalisant leur destinée" que l'on a pu voir récemment. Il est
donc difficile de se passionner pour les aventures de ce panda
adepte de kung-fu, les surprises scénaristiques n'étant pas légion.
Ceci dit, une grande partie de l'intérêt de ce genre de film réside
dans les petits détails, et là, par contre, l'équipe en a trouvé de
quoi remplir tout le métrage! Les mimiques, les traits d'humour pas
trop lourdauds, les personnages typés (bien que sous-utilisés pour
certains), et les décors d'une beauté réellement stupéfiante
suffisent pour nous faire passer un bon moment. Bastons comprises,
bien sûr...</p>
				</div>			</content>			<id>http://hoke.blog.toutlecine.com/8842/Petit-m-choui-de-critiques/</id>			<link href="http://hoke.blog.toutlecine.com/8842/Petit-m-choui-de-critiques/" />			<author>				<name>hoke</name>				<uri>http://hoke.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2009-03-13T23:01:54+01:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>Commando haut de plafond</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p><em>cet article a été originellement écrit dans le cadre des
"points d'actu" du portail de la bibliothèque de la Part-Dieu. Vous
pouvez le retrouver 
<strong>ici</strong>.</em></p>
<p>

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</p>
<p>
<strong>Commando</strong> fait partie d'une trilogie occulte
de films d'action abstraits, aux côtés de
<strong>Ronin</strong> (John Frankenheimer,1998) et ses
ex-espions en lutte pour récupérer une valise-mac guffin au contenu
à jamais inconnu et de <strong>Speed</strong> (Jan de Bont, 1994),
qui décline jusqu'à l'absurde la recette du
«» typique de ce genre de cinéma. Le film
avec Schwarzenegger utilise avec aplomb tous les clichés les plus
rebattus que l'on peut trouver dans le film de genre
«».</p>
<p>Un genre naît lorsque
l'adjectif qui le définissait en tant que sous-genre devient
un substantif à part entière. C'est à l'action à
proprement parler, donc à la matérialisation esthétique de
l'acte de violence que l'on a commencé à
s'intéresser à partir du premier <strong>Rambo</strong> (Ted
Kotcheff, 1982). Pour pouvoir donner corps ou prétexte- à la
présence d'un acte de violence, les scénaristes trouvent des
situations-types qui deviennent rapidement des codes, voire des
clichés du genre: la prise en otage d'un être cher, la
profession du personnage principal (flic ou ex-militaire), le bad
guy sans pitié. A partir d'un canevas quasi abstrait, on
tresse une histoire qui permet d'injecter régulièrement des
poursuites en véhicule(s), des combats au corps à corps et des
échanges de coups de feu.</p>
<p>Avant de naître
véritablement, le cinéma d'action a été annoncé par une série
de films qui mettaient petit à petit en avant les ingrédients
constitutifs du genre. Le héros aux caractéristiques christiques
notamment, a émergé dès le début des années 70 avec la série des
Inspecteur Harry. En 1975, <strong>Rollerball</strong>, un film de
sport futuriste, fait de l'action violente la première cause
de mythification de son personnage principal. Cette préhistoire du
genre s'achève en 1982 avec Rambo, au titre original
prémonitoire (<strong>First blood</strong>), qui à travers
l'histoire d'un vétéran du Vietnam traumatisé rejeté
par sa communauté et qui prend les armes pour se défendre, fait le
lien entre les films sociaux des années 70 et les pop-corn movies
des années 80.</p>
<p>Pendant sa période
historique, le cinéma d'action décline tous les postulats
scénaristiques possibles pouvant donner lieu à une confrontation
armée ou musclée. Parmi les sommets du genre, on compte nombre de
films de John McTiernan, (<strong>Predator</strong>, <strong>Die
Hard 1  3</strong>) et la plupart des films de James Cameron.
Mais la machine commence à tourner à vide à la fin des années 80.
Quelques bons films du genre sortent épisodiquement jusqu'au
milieu des années 90, date de la fin de la période historique du
cinéma d'action classique. La plupart des films
d'action qui sortent dans les années qui suivent sont des
parodies (<strong>Alarme fatale</strong><em>,</em> Gene Quintano,
1993), des fourre-tout comédie-action (<strong>Demolition
man</strong>, Marco Brambilla, 1994) ou des films dont les
réalisateurs n'assument pas jusqu'au bout le genre dans
lequel ils sont censés oeuvrer (<strong>Dommage collatéral</strong>
Andrew Davis, 2002, <strong>Le Chacal</strong>, Fred Zinnemann,
1998).</p>
<p></p>
<p>
<strong>Commando</strong>, qui a vu le jour en 1985, se situe dans
la période à proprement parler historique du genre. Les recettes
typiques y sont encore utilisées avec naïveté, parce que le genre
est encore tout récent, et le public pas encore lassé de voir
qu'une prise d'otage puisse être prétexte à tout un
film.</p>
<p>Car dès le début
du film, le personnage principal, ancien militaire à la retraite
incarné par Schwarzenegger, voit sa fille unique qu'il
élevait seul kidnappée par un groupuscule terroriste. Les
ravisseurs lui donnent onze heures pour renverser (seul aussi) le
pouvoir dans une petite république d'Amérique du Sud, sans
quoi sa fille mourra. Evidemment, dès les premières minutes du
compte à rebours, le héros prend un tout autre chemin et décide
d'utiliser le temps imparti pour remonter la piste des
terroristes et les descendre un par un en utilisant le maximum
d'armes et de méthodes de tuerie différentes.</p>
<p>
<span></span>
Ce n'est pas par hasard si le héros s'appelle
«: il y a dans ce film un condensé presque
exhaustif de tout ce qui se verra dans le cinéma d'action de
la décennie à venir: outre les recettes de base citées plus
haut, on y trouve le bras droit du
méchant-très-costaud-très-méchant-très-difficile-à-battre-au-cours-d'un-homérique-combat-final,
l'escalade progressive de la puissance des armes utilisées,
et la jeune femme-prétexte à une pseudo romance, expédiée parce que
l'intérêt réel du film est dans l'action. Mais surtout,
le personnage principal, Arnold Schwarzenegger, du haut de ses
presque deux mètres et lourd de ses deux cent kilos de barbaque,
incarne comme le dit si justement John McTiernan, «le
personnage de comic-book ultime». Avec lui, pas besoin
d'artifices, on sent qu'on est dans une dimension
parallèle. Il y a quelque chose d'irréaliste à sa présence
dans un film. En cela, il aide le spectateur à faire reculer un peu
plus la limite de sa suspension d'incrédulité... et le
film, aussi irréaliste soit-il, devient acceptable. Matrix saute
donc d'un 747 au décollage pour atterrir sans casse dans un
marais, soulève un type d'un bras, remet d'aplomb une
Porsche retournée en discutant avec l'héroïne, et utilise à
un moment où à un autre toute arme ou tout type de véhicule
disponible sur le marché. <strong>Commando</strong> est donc un
film-somme, une matrice servant de modèle à tous les films
d'action à venir.</p>
<p></p>
<p>
<span></span>
De nos jours, le genre a été battu en brèche, tous les schémas
structurels utilisés dans les années 80 jusqu'au milieu des
années 90 sont usés jusqu'à la corde. Ils ont été exploités
sous toutes les déclinaisons possibles et se sont asséchés. Le
dernier grand film d'action de la période historique du genre
est <strong>Die Hard 3 (une journée en enfer)</strong>, de John
McTiernan, en 1995.</p>
<p>
<span></span>
La résurrection du cinéma d'action nous vient par le
réalisme tendance initiée par la trilogie
<strong>Jason Bourne</strong> (avec Matt Damon) depuis le
début du millénaire. Les critères de ces films ont changé,
probablement un peu guidés par le traumatisme post-11 septembre.
Mise en scène proche du documentaire, armes et actions restant dans
les limites du réalisme et de la faisabilité, romances creusées
entre le héros et l'éventuelle héroïne. Tout l'inverse
d'un James Bond, étalon millénaire du cinéma d'action,
qui a pris du plomb dans l'aile et s'adapte à cette
nouvelle vague en devenant lui-même plus réaliste avec le
<strong>Casino Royale</strong> de Martin Campbell (2006).</p>
<p>Au regard de
cette nouvelle vague, où les actes de violences sont toujours plus
ou moins justifiés, on prend plus facilement la mesure de
l'aspect finalement extrêmement provocateur du cinéma
d'action des années 80. La somme hallucinante de meurtres
commis, qui provoquaient l'ire des bien-pensants dans les
années 90 et qui a entraîné en partie- la chute du genre
était effectivement gratuite. Schwarzenegger brisait des nuques à
tire-larigot et balançait des types dans les falaises en faisant de
petites blagues. Toute une époque! Après quinze ans de
politiquement correct institutionnalisé, on peut se dire que
l'on ne verra probablement plus personne oser une chose
pareille. <strong>Commando</strong>, comme les films d'action
des années 80, fait maintenant partie de l'histoire du
cinéma.</p>
<p></p>
<p>Le cinéma
d'action a fait l'objet d'un mépris constant
depuis sa création. Même les films les plus actuels du genre, comme
la trilogie <strong>Bourne</strong>, sont considérés avec
condescendance par la critique comme par l'intelligentsia.
Les spectateurs eux-même ont tendance à en parler comme d'un
plaisir coupable. Peu de livres ont été écrits sur le sujet.
«»,
d'Olivier-René Veillon, édité en 1988 ne fait par exemple pas
mention une seule fois à un film du genre! En fait de cinéma
des années 80, il parle surtout de la fin de carrière de cinéastes
dont les oeuvres majeures sont sorties dans les années 70 (à
l'exception de Spielberg).</p>
<p>Pendant
longtemps, on a considéré que les années 80 avaient été un no
man's land artistique au cinéma. Pourtant, le genre
«» y a été inventé. Du moins, comme le Western a
acquis ses lettres de noblesse dans les années 30, le cinéma
d'action y a acquis les siennes pendant ces années-là.</p>
<p>Avec «<strong>le
cinéma des années Reagan</strong>», recueil de textes paru en
2007, des universitaires se penchent enfin sur le genre. Ils
évoquent la carrière de ses acteurs majeurs, Stallone et
Schwarzenegger, et, comme l'on pouvait s'y attendre,
leurs films majeurs: <strong>Die Hard</strong>,
<strong>Predator</strong>, la saga des <strong>Rocky</strong>. Même
si l'angle d'analyse reste un peu frileux (on y parle
beaucoup sociologie, contexte historique et économique) et donne un
peu trop le sentiment de chercher à se légitimer, on ne peut
qu'être profondément reconnaissant à ce livre
d'exister. Certaines analyses sont très pertinentes (<em>la
nouvelle donne du film d'action</em> de Florent Tréguer, p85,
qui décortique toute la nouveauté des premières collaborations
entre John McTiernan et Joel Silver), d'autres assez
cocasses, même si très intéressantes (<em>le corps bodybuildé au
cinéma: magie et anthropologie</em>, de Laurent Kasprowicz et
Francis Hippolyte, p193). Le chapitre consacré aux
«» est
par contre bien plus étrange. Dans les textes qui le composent, les
auteurs trahissent un peu leur mépris latent pour le genre. En
analysant quel type de public aime ce genre de film et les raisons
qui le poussent à l'aimer, ils prennent clairement leurs
distances et posent un regard purement anthropologique sur le
spectateur de films d'action... comme s'il venait
d'une autre planète, et en viennent carrément à la
transcription d'un micro-trottoir! Ceci dit, on y
trouve quelques perles comme celle qui suit, p287:
«Comment Stallone fait-il pour ramasser autant de fric avec
des films si nuls? Peut-être qu'ils ne le sont pas,
(...) tout simplement».</p>
<p>Sans aller jusque là,
on peut reconnaître quelques mérites au genre, comme ceux évoqués
plus haut au sujet du film qui nous préoccupe,
<strong>Commando</strong>. A quand une série de livres écrits par
une personne respectant le cinéma d'action pour ce
qu'il est?</p>
				</div>			</content>			<id>http://hoke.blog.toutlecine.com/8408/Commando-haut-de-plafond/</id>			<link href="http://hoke.blog.toutlecine.com/8408/Commando-haut-de-plafond/" />			<author>				<name>hoke</name>				<uri>http://hoke.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2009-02-11T22:35:33+01:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>Largo Winch: une illustration comme une autre de la pauvreté imaginaire du cinéma populaire français</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p>Le manque de moyens
(surtout en comparaison des budget colossaux des films américains)
est un prétexte pratique pour justifier le désintérêt total de la
plupart des productions populaires françaises en comparaison avec
celles d'Hollywood. Largo Winch (LW), le dernier fleuron des
fières productions hexagonales, fait partie des exemples les plus
criants de l'échec du poids d'un budget devant
l'absence d'idées d'un
scénario.</p>
<p>Comme James Bond, comme
XIII (mini-série en passe de devenir culte et en cours de
production-diffusion sur canal +), comme beaucoup de films
d'actions contemporains, le Largo Winch de Jérôme Salle
lorgne avec ostentation vers la saga des Bourne. Normal,
c'est la mode en ce moment, c'est ce qui marche le
mieux, c'est la hype du moment. Ça a beau m'énerver un
peu, étant un grand fan des Bourne, je n'ai rien contre
l'idée d'en voir un autre, même s'il n'est
pas de sang pur. J'ai par exemple adoré voir Quantum of
Solace, même si les similitudes avecthe Bourne Ultimatum y
étaient tellement criardes que ça en devenait presque
honteux.</p>
<p>Je ne cracherai jamais
sur l'idée de voir un nouveau Bourne, c'est sûr. Mais
faut pas pousser non plus: Jérôme Salle n'est pas Marc
Forster, et il est encore moins Paul Greengrass. C'est le mec
qui n'a qu'un pauvre Anthony Zimmer à son actif,
autrement dit pas grand-chose d'intéressant filmiquement.
Dans la grande tradition des faiseurs-suiveurs, il se contente de
reproduire les gimmicks scénaristiques et de mise en scène de ses
oeuvres de référence, sans être capable d'y introduire
une âme. Le résultat est malheureusement abyssalement
vide.</p>
<p>En premier lieu, LW
reprend le concept de la recherche d'identité si chère à
Bourne. D'aucuns avanceront que c'est une quête que
l'on trouve déjà dans la BD et les bouquins, à
l'origine du personnage. Mais Van Hamme, l'auteur des
deux, n'a jamais caché son obsession pour la saga des Bourne,
qui sous-tend l'ensemble de son oeuvre (action, secrets,
recherche d'identité, jolies pépées, que l'on retrouve
dans LW et dans XIII). Alors, même si le pompage de l'idée
est indirect, cela reste du pompage.</p>
<p>En second lieu, Salle a
décidé de «», autrement dit sortir sa
caméra à l'épaule et la secouer allègrement pendant que les
acteurs se foutent sur la gueule, et de s'arranger au montage
après. A priori, si on se contente de regarder superficiellement
les épisodes de Bourne, c'est effectivement comme ça que ça
fonctionne. Mais en fait, ô surprise! C'est
un peu plus finaud que ça! Liman, puis Greengrass, ont
travaillé dans une seule et même direction: rendre
l'action viscérale. Faire en sorte que la caméra ne sache
jamais à l'avance ce qui va se dérouler devant elle de
manière à devoir chercher son cadre dans des conditions de pur
reportage. Développer (et c'est bien là le plus difficile
dans ce genre de film) toutes les étapes de la construction des
prémisses de l'action avant qu'elle n'éclate,
plutôt que de se contenter de placer des ellipses bien pratiques
pour s'éviter trop de complications... une démarche qui
paraît simple lorsque c'est un roi de la mise en scène comme
Greengrass qui est aux commandes, mais qui n'est pas si
facile à reproduire lorsqu'on est un simple tâcheron. Pour
résumer, Salle n'a retenu qu'une chose de la mise en
scène des Bourne: la caméra à
l'épaule.<span></span> Il filme donc ses combats comme
il aurait filmé n'importe quel autre combat, sans chercher à
créer la sensation d'inattendu, sans créer d'urgence,
sans prendre la peine ni le temps de construire en détail son
action. Mais attention! Alors on
est content. On ne comprend pas la moitié de ce qui se passe quand
Largo se bat, c'est illisible, et tout ça sans autre but que
«» à des images somme toute très
classiques. Excusez si je m'ennuie devant un truc
pareil.</p>
<p>La troisième erreur
fondamentale des créateurs de LW sur ce film est le casting. Le
casting, le casting, le casting. Oui, Tomer Sisley il est beau,
oui, Tomer Sisley il a du charisme, oui, Tomer Sisley il était
super bien pendant sa minute et demie de présence à l'écran
dans Truands (ça reste d'ailleurs plus ou moins mon unique
souvenir de ce très mauvais film). Mais Tomer Sisley,
quelqu'un l'a-t-il remarqué, NE SAIT PAS JOUER!
Il ne sait même pas marcher sur une plage sans avoir l'air de
se la péter, c'est pathétique! Regarder ce pauvre
simili acteur rouler des mécaniques en essayant de se donner
l'air modeste pendant deux heures a vraiment été
l'épreuve la plus difficile à supporter au visionnage de
Largo Winch. Les créateurs du film se vantent partout d'avoir
trouvé un acteur qui ne corresponde pas physiquement au personnage
de la BD, mais qui correspond intrinsèquement au personnage, et
bla-bla-bla, mais ils ont oublié de vérifier si leur bonhomme était
capable de porter un film entier sur ses épaules. Dommage, quand
même!</p>
<p>Largo Winch, je dois
l'avouer, n'est pas une déception, puisque je
n'en attendais rien. C'est un héros qui ne m'a
jamais intéressé, je trouvais la BD ennuyeuse, la série TV
indigente, et je n'ai jamais lu les romans. Je me disais même
que de transformer un concept aussi chiant en film d'action
pourrait éventuellement ajouter quelques ingrédients intéressants à
une recette profondément ennuyeuse. J'avais tort, ça reste
profondément chiant. D'autant que suivre pendant deux heures
les tribulations d'un personnage qui cherche à retrouver les
traces de ses milliards perdus a quelque chose d'indécent
dans le contexte économique actuel. (Ceci dit, je trouvais déjà ça
indécent dans la BD, bien avant la crise).</p>
<p>Ne nous faisons pas
d'illusions, les financiers n'ont probablement accepté
de lâcher le pognon pour LW qu'à cause des grosses
similitudes que la note d'intention entretient avec un
certain Bourne au succès cinématographique stratosphérique. Le
résultat est faux, mal joué, et profondément idiot. Ça me rappelle
les multiples tentatives de «» qui se
sont multipliées dans les années 90, qui se sont toutes soldées par
de cuisants échecs: les films n'avaient pas une once de
l'âme de l'original, et en plus ils étaient mal
foutus.</p>
<p>C'est le triste
sort que partage avec eux ce Largo Winch.</p>
				</div>			</content>			<id>http://hoke.blog.toutlecine.com/7269/Largo-Winch-une-illustration-comme-une-autre-de-la-pauvret-imaginaire-du-cin-ma-populaire-fran-ais/</id>			<link href="http://hoke.blog.toutlecine.com/7269/Largo-Winch-une-illustration-comme-une-autre-de-la-pauvret-imaginaire-du-cin-ma-populaire-fran-ais/" />			<author>				<name>hoke</name>				<uri>http://hoke.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2009-02-11T21:56:35+01:00</updated>		</entry></feed>