<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0">	<channel>		<title>[blog.toutlecine.com] hervedo : <![CDATA[[ ENTRE BATTEMENTS DE COEUR & POUSSIERE...]]]></title>		<link>http://hervedo.blog.toutlecine.com</link>		<description><![CDATA[[ ENTRE BATTEMENTS DE COEUR & POUSSIERE...]]]></description>		<language>fr</language>		<copyright>Copyright (c) 2006, Hi-pi</copyright>		<generator>Hi-pi RSS 2.0 generator</generator>		<docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>		<pubDate>Wed, 06 Aug 2008 16:39:46 +0200</pubDate>		<item>			<title><![CDATA[[ LA CHANSON DES RESTOS DU COEUR NEW STYLE ]]]></title>			<description><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>[ LA
CHANSON DES RESTO DU COEUR NEW VERSION ]</strong></p>
<p>
<div></div><div
style="width:100%;font-size:11px; background:#CCCCCC; padding:2px 0
4px 0"><a
href="http://www.wat.tv/audio/resto-coeur-remix-2008-ksjs_iqpc_.html"><strong>LES
RESTO DU COEUR - REMIX 2008</strong></a>
sélectionné dans <a
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title="Musique" >Musique</a> et <a
href="http://www.wat.tv/guide-themes/musique-theme/chanson/index.html"
title="Chanson" class=" altcategorie">Chanson</a>
</div></a></p>
]]></description>			<link>http://hervedo.blog.toutlecine.com/4448/LA-CHANSON-DES-RESTOS-DU-COEUR-NEW-STYLE/</link>			<comments>http://hervedo.blog.toutlecine.com/--LA-CHANSON-DES-RESTOS-DU-COEUR-NEW-STYLE---06082008-163608-lp-4448.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://hervedo.blog.toutlecine.com/4448/LA-CHANSON-DES-RESTOS-DU-COEUR-NEW-STYLE/</guid>			<pubDate>Wed, 06 Aug 2008 16:36:08 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[[ CHASSER LES SDF PAR L'ODEUR A ARGENTEUIL ]]]></title>			<description><![CDATA[<p style="text-align: center;"><span class="postbody"><span style=
"font-size: 18px; line-height: normal;"><span style=
"font-weight: bold;">Argenteuil voudrait chasser les SDF par
l'odeur</span></span>

NOUVELOBS.COM | 24.08.2007 | 14:53
<span style="font-style: italic;"><span style=
"font-weight: bold;">
Pour éloigner les sans-abris du
centre-ville, la mairie UMP a acheté en juillet des produits
répulsifs nauséabonds, que les agents municipaux ont
refusé de diffuser.</span></span>

(Reuters)

Pour éloigner les SDF du centre-ville, la mairie
d'Argenteuil (UMP) a acheté en juillet des produits
répulsifs nauséabonds appelés "Malodore" que
les agents municipaux ont refusé de diffuser, a-t-on appris
de sources concordantes.
"Un carton de produits répulsifs a été
acheté en juillet. Les agents de la voirie devaient le
diffuser dans le centre, où il y a des SDF, que la police
municipale devait préalablement éloigner", a
expliqué à l'AFP un agent de la mairie qui
préfère rester anonyme.
"Le carton précisait que le produit était toxique et
irritant, et qu'il ne fallait pas le respirer, alors, les agents
ont décidé de ne pas le diffuser, car ils veulent
bien 'chasser des rats mais pas des SDF'", a ajouté cet
agent.
Selon lui, le répulsif a finalement été
donné aux agents d'entretien du centre commercial du centre
d'Argenteuil pour qu'ils le diffusent eux-mêmes.
Joint par l'AFP jeudi, le cabinet du maire qui a pris début
août un arrêté anti-mendicité dans le
centre, n'a pas souhaité réagir.
De son côté, la direction du centre commercial
"Côté Seine" a précisé à l'AFP
que le produit "communiqué par la mairie" avait
été diffusé au niveau des sorties de secours
de la galerie marchande où des SDF ont leurs
habitudes.

"Rémanence nauséabonde"


Le produit, appelé "Malodore" et livré sous forme de
concentré à diluer et à pulvériser
à l'aide d'une pompe, est une exclusivité de la
société Firchim spécialiste en chimie et
produits d'entretiens.
"C'est un produit pas dangereux qui laisse une rémanence
nauséabonde pendant plusieurs semaines. On l'utilise
normalement pour éviter que des gens en état
d'ébriété ne stationnent près
d'endroits dangereux, sous les ponts ou près des routes", a
expliqué à l'AFP le responsable de Firchim, Pierre
Pasturel. Selon lui, d'autres collectivités utilisent
"Malodore" à cet effet.
Depuis 2005, chaque été, le maire d'Argenteuil,
Georges Mothron (UMP) prend des arrêtés pour interdire
la mendicité dans le centre. Un de ces arrêtés,
évoquant une "gêne olfactive anormale" liée
à la présence des SDF, avait été
annulé par la préfecture du Val-d'Oise en 2005.
Le 6 août dernier, la mairie a pris un nouvel
arrêté interdisant la mendicité dans le centre
d'Argenteuil pendant l'été jusqu'en 2012.
(AFP)</span></p>
]]></description>			<link>http://hervedo.blog.toutlecine.com/4446/CHASSER-LES-SDF-PAR-L-ODEUR-A-ARGENTEUIL/</link>			<comments>http://hervedo.blog.toutlecine.com/--CHASSER-LES-SDF-PAR-Let-039-ODEUR-A-ARGENTEUIL---06082008-162849-lp-4446.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://hervedo.blog.toutlecine.com/4446/CHASSER-LES-SDF-PAR-L-ODEUR-A-ARGENTEUIL/</guid>			<pubDate>Wed, 06 Aug 2008 16:28:49 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[[ UN SDF à la Mairie du 6èmè PARIS ]]]></title>			<description><![CDATA[<p>

 </p>
<h1 style="text-align: center;">L'ex-clochard
qui voulait être maire</h1>
<h2 id="textepoint1" style=
"margin-left: 36pt; text-indent: -18pt; page-break-after: auto;">
<span style=
"font-size: 10pt; font-family: Symbol; font-weight: normal; font-style: normal;"><span>·<span style="font-family: "Times New Roman"; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 7pt; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; -x-system-font: none;">        </span></span></span>
<span>Portrait - Jean-Marc
Restoux brigue la mairie du chic 6e arrondissement de Paris.
Sa campagne, il la mène sur les trottoirs.</span></h2>
<h2 id="textepoint2" style=
"margin-left: 36pt; text-indent: -18pt; page-break-after: auto;">
<span style=
"font-size: 10pt; font-family: Symbol; font-weight: normal; font-style: normal;"><span>·<span style="font-family: "Times New Roman"; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 7pt; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; -x-system-font: none;">        </span></span></span>
<span>Il n'a aucun financement mais il a tout
misé sur sa gouaille, son histoire et ses soutiens
"people".</span></h2>
<p id="nomAuteur102886" class="s2193" style="text-align: center;">
<a href="mailto:agautier@lci.fr">Amélie GAUTIER</a> - le
25/02/2008 - 18h50</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 18pt;">Dans
l'assemblée
costumée-cravatée-concentrée, on ne voit que
lui, sa barbe de patriarche, son manteau élimé et ses
yeux malicieux. Jean-Marc Restoux détonne et ça
l'amuse. Ce jour-là, pourtant, à la préfecture
de Paris, l'heure est solennelle. A deux semaines des municipales,
c'est maintenant que se décide l'attribution des panneaux
électoraux. Au milieu des candidats ou de leurs colistiers,
sérieux comme des premiers communiants, Jean-Marc Restoux a
mis les mains dans les poches de son jean et il jubile. Ancien SDF,
actuellement au RMI, il part à la conquête du
très classieux 6e arrondissement.
 
Le 6e, c'est le quartier de la philosophie
existentialiste, du jazz américain, du jardin du
Luxembourg... C'est aussi un bastion UMP. "<em>Aujourd'hui, c'est
le quartier des SDF</em>", résume le sémillant
quinquagénaire. Il traduit, amusé, "<em>les Sans
difficultés financières</em>" et "<em>les Sans
domicile fixe</em>" qui y cohabitent. En se présentant
contre le maire sortant Jean-Pierre Lecoq, Jean-Marc Restoux veut
faire entendre "<em>Un autre son de cloche</em>". C'est le nom de
sa liste. C'est le slogan de sa campagne. C'est son histoire.
 
<em><strong>Parrainer les gens en
difficulté</strong></em>
 
A 54 ans, Jean-Marc Restoux a passé la moitié de sa
vie dans la rue. N'allez pas le traiter de "parachuté".
Saint-Germain, c'est son quartier. Son quart de siècle sur
le bitume, il l'a passé ici, entre le <em>Café de
Flore</em> et les <em>Deux magots</em>, précisément.
Il avait 27 ans lors de sa première nuit sous les
lampadaires. Ce Bordelais d'origine a longtemps vécu de
petits boulots. Educateur, éclairagiste, il a même
"<em>fait les lumières de Léo Ferré</em>",
assure-t-il... Mais la précarité l'a toujours
rattrapé. Il y a un an, Jean-Marc Restoux était au
Canal Saint-Martin avec les Don Quichotte. Le campement a
été évacué, il a été
relogé dans un immeuble d'Emmaüs, rue de Buci.
Aujourd'hui, il n'est plus à la rue, mais la galère,
il connaît. Alors quand Jacques Deroo, président de
l'association Salauds de pauvres, a évoqué
l'idée de monter des listes de "victimes de la
précarité" aux municipales, Jean-Marc Rastoux a dit
"<em>Banco</em>".
 
Parce que s'il n'a pas la silhouette de l'homme politique, il en a
le discours et la détermination. Ses propos sont
argumentés, ses mots pesés, ses idées
réfléchies. "<em>Aujourd'hui, dans le 6e,
on préfère revendre les immeubles à des
marques de luxe plutôt que d'en faire des logements sociaux.
Il n'y a plus que des commerces de luxe"</em>, déplore-t-il.
"<em>Les prix exorbitants des loyers chassent les gens
âgés. Il faut à tout prix maintenir les
commerces de proximité, comprendre que cette
diversité est une richesse</em>", espère celui qui
souhaiterait "<em>montrer une autre approche des gens</em>" et
intégrer davantage les précaires comme lui dans le
dialogue social. Parmi ses idées : le parrainage des gens en
difficultés. "<em>Que ceux qui le peuvent aident les
précaires en leur offrant un habitat avec un petit loyer, en
les aidant à remplir des tâches administratives, de
quoi leur offrir un tremplin</em>, exhorte-t-il. <em>Les accidents
de la vie peuvent arriver à tout le monde, faut pas
l'oublier</em>".
 
<strong>Le champion en serrage de main</strong>
 
A défaut de vrai local<strong>,</strong> le bitume chic du
boulevard Saint-Germain lui sert de QG de campagne. Une chaise et
un téléphone portable complètent le
dispositif. Son budget ? 60 euros. Mais il en rigole. C'est un
faux problème, une question de temps, explique-t-il :
il pense qu'il fera plus de 5% au premier tour et que ses frais de
campagne seront remboursés. A défaut de sous, l'homme
a d'autres d'atouts.
 
Sa gouaille, sa proximité avec "<em>les autres gens</em>",
son expérience. Dans le quartier, il connaît tout le
monde, tout le monde le connaît, c'est une institution. Les
jeunes l'appellent "<em>Papy</em>", les dames en fourrure lui
sourient, d'autres lui confient leurs soucis. "<em>Sur le terrain,
je suis déjà gagnant</em>, rigole-t-il. Ne serait-ce
qu'e<em>n serrage de mains !"</em> Pour lui, 25 ans dans la rue
valent largement la tournée des marchés le dimanche.
"<em>Beaucoup me disent qu'ils vont voter pour moi au premier
tour</em>", se réjouit Jean-Marc Restoux. Un vote
protestataire pour ces déçus de la politique
actuelle. L'ex-SDF se targue aussi de soutiens de choix. Il dit
avoir reçu celui des acteurs Richard Bohringer et Louis
Garrel... Et de l'écrivain Frédéric Beigbeder.
"<em>J'ai vécu toute ma vie dans le VIe arrondissement, et
l'une des seules personnes qui parle à tout le monde, c'est
Jean-Marc,</em>" a expliqué l'auteur de "99 francs" à
l'<em>AFP</em>. "<em>Jean-Marc, c'est un vrai modèle de
réinsertion</em>", plaide pour lui Francis Wolff,
réalisateur de 29 ans, qui filme sa campagne au quotidien
pour un documentaire. <em>Ça prouve qu'on peut passer 30 ans
dans la rue et devenir tête de liste aux municipales."</em>
Même avec des cheveux hirsutes et un jean usé.</p>
]]></description>			<link>http://hervedo.blog.toutlecine.com/4445/UN-SDF-a-la-Mairie-du-6eme-PARIS/</link>			<comments>http://hervedo.blog.toutlecine.com/--UN-SDF-a-la-Mairie-du-6eme-PARIS---06082008-162348-lp-4445.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://hervedo.blog.toutlecine.com/4445/UN-SDF-a-la-Mairie-du-6eme-PARIS/</guid>			<pubDate>Wed, 06 Aug 2008 16:23:48 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[[ SDF : Le voyage sans retour ]]]></title>			<description><![CDATA[<div class="entete">
<p>Pour écrire <em>Les Naufragés,</em> Patrick
Declerck s'est immergé dans le monde des exclus. Son
témoignage fait exploser les bonnes consciences et les
idées reçues</p>
</div>
<p>Blaise est mort. Après une ultime nuit au centre
d'accueil de Nanterre, chez les exilés de la vie, parmi les
siens. Au petit matin, le vieux clochard est descendu du bus qui le
ramenait aux portes de la ville. Puis, d'une démarche mal
assurée, il a tenté de traverser le boulevard
périphérique. Une manière de suicide pour cet
homme au pied gangrené et au cerveau ravagé par
l'alcool. Après l'accident, Momo et Victor, deux jeunes
marginaux qui partageaient son destin de misère, attendent
dans le couloir d'un hôpital. Un brancard arrive. Blaise
gît sur le dos, refroidi mais presque apaisé. Au
passage, Momo lui ferme les yeux. «Il a quand même
meilleure mine qu'hier», lâche-t-il sur un ton
d'envie.</p>
<p>A travers le parcours initiatique de Victor, 18 ans, qui,
à la charnière du XXIe siècle, vit son premier
amour, voit son premier mort et découvre le monde de la rue,
le film <em>Paria,</em> sorti le 7 novembre, est une plongée
dans le monde de la débine quotidienne. Ce requiem
truffé de véritables moments de grâce tient du
miracle. Son réalisateur, Nicolas Klotz, voulait depuis
longtemps «ramener sur l'écran, dans le centre de nos
villes, ces gens qu'on a éjectés de la
société». Il a eu un mal fou pour mener son
projet jusqu'au bout. «Tu fais un film sur les gens qui
puent, résume-t-il, tu pues...»</p>
<p>Les clochards, on préfère ne pas les voir. Et,
quand on en parle, on échappe difficilement aux lieux
communs. Dans un livre publié ces jours-ci, <em>Les
Naufragés</em> (Plon), Patrick Declerck, 48 ans,
anthropologue et psychanalyste, fait exploser les bonnes
consciences et les idées reçues. «Le clochard,
écrit-il, est comme le criminel, le toxicomane et la
prostituée, l'une des figures emblématiques de la
transgression sociale.»</p>
<p class="title">La «charité
hystérique»</p>
<p>Au début des années 90, pourtant, il cesse
d'incarner l'envers ricanant de notre civilisation pour devenir un
simple paramètre économique dans l'effrayante
équation de la crise, du chômage et de
l'éclatement de la cellule familiale. Il est
désormais l'ultime pan de la désocialisation qui, peu
ou prou, guette chacun d'entre nous. Un malheureux
enchaînement de circonstances - divorce, licenciement,
maladie - menace d'expédier n'importe quel salarié un
peu fragile sur le trottoir. C'est sur ce thème que le film
de Gérard Jugnot <em>Une époque formidable</em>
remplit les salles. C'est sur ce terreau que les premiers journaux
de rue fleurissent et tirent jusqu'à 800 000 exemplaires.
C'est dans cette logique que les organisations caritatives se
multiplient et que les politiques de réinsertion et d'aide
aux plus démunis se mettent en place. Mais tout cela ne
résulte que du fantasme.</p>
<p>En un peu plus de 400 pages, Patrick Declerck stigmatise les
errements du «solidairement correct» et de son
corollaire, qu'il nomme la «charité
hystérique». Au mythe de la rupture brutale, du fait
déclenchant qui précipiterait, chaque année,
des centaines de nouveaux pauvres à la rue répond,
selon lui, l'illusion du déclic rédempteur qui
pourrait les ramener vers la santé et la normalité.
«En vérité, tous ces sujets ont commencé
à dysfonctionner dès l'enfance, toujours
marquée par des traumatismes physiques et psychiques
nombreux, affirme-t-il. Il y a eu par la suite la prison, la
violence, l'alcool. Parfois, en s'adossant à un conjoint ou
à une association, ils ont pu se creuser un abri provisoire.
Mais, quand la vie fait disparaître ce fragile
étayage, ils se retrouvent immédiatement
clochardisés.»</p>
<p>Et Patrick Declerck sait de quoi il parle. Il a entamé
son enquête en 1982. Il a dormi sur les quais du
métro, s'est fait embarquer à Nanterre, s'est fondu
dans le troupeau crasseux et aviné de ceux qui
«traversent la vie en titubant, en claudiquant, à
cloche-pied, à genoux, en rampant». Mais qui la
traversent tout de même. A part ça, que font-ils?
«On mendie. On boit. On s'engueule. On se bat. On se calme.
On reboit. On dort. On recommence. Par-dessus tout, on
s'ennuie.» Ce n'est pas un hasard si <em>Les
Naufragés</em> sont publiés dans la prestigieuse
collection Terre humaine. L'auteur voyage aux frontières du
néant à la manière d'un Francis Huxley
partageant le quotidien des Indiens Urubu de la forêt
amazonienne. Il a vécu la folie quotidienne. Il a
procédé à près de 2 000 entretiens. Il
a assisté à 5 000 consultations de médecine au
centre de Nanterre. «Toutes ces années, souligne-t-il,
je n'ai constaté aucun cas de réinsertion. Il faut se
faire à l'idée que ces gens sont incapables de
fonctionner dans des conditions d'exigences minimales, qu'ils sont
radicalement exilés et que de cet exil il n'y a pas de
retour.»</p>
<p>Aussi magistral par la force de son écriture que
dérangeant par la pertinence de son analyse, le livre de
Patrick Declerck sonde sans relâche le vide sidéral
dans lequel se meuvent ces martyrs de la grande
désocialisation. Combien sont-ils, au juste? L'auteur
chiffre le noyau dur à environ 15 000 à Paris, 30 000
dans toute la France, autour desquels gravite une mouvance de
jeunes toxicomanes et de prostituées occasionnelles. Pour le
reste, la clochardisation baigne dans les bons sentiments et le
flou statistique. A l'Insee, concernant leur taux de
mortalité, les SDF émargent dans la même
catégorie que les femmes au foyer et les rentiers. Aucune
évaluation n'existe pour juger de l'efficacité des
dispositifs caritatifs ou du financement des aides à
l'insertion. Rien qui puisse remettre en question le discours si
facilement monnayable de l'exclusion. Rien qui puisse entraver le
grand marché de la pauvreté.</p>
<p class="title">Alcooliques au dernier degré</p>
<p>Patrick Declerck, lui, s'engouffre dans toutes les
brèches. Le Samu social, qui passe son temps à
traiter des problèmes qu'il a réglés la
veille? «L'urgence n'a jamais soigné la
chronicité.» La CMU (couverture maladie universelle)?
«Sait-on seulement que l'immense majorité des
clochards refusent de se faire prendre en charge parce qu'à
l'hôpital on ne peut pas picoler?» Et pourquoi les
systèmes d'hébergement de nuit n'acceptent-ils les
SDF que pendant six mois, renouvelables une fois? «La
quasi-totalité d'entre eux relèvent de soins
psychiatriques et sont alcooliques au dernier degré. Or,
dans la société dominante, il faut des années
pour guérir d'une simple dépression.»</p>
<p>Aux yeux de Patrick Declerck, l'exclusion n'est pas un accident
de l'Histoire que médecins et gouvernants peuvent tenter
d'escamoter. C'est un fait structurel, vieux comme le monde, dont
la société ne guérira jamais. Aujourd'hui,
ajoute-t-il, les rues se sont transformées en hôpitaux
psychiatriques ambulants: «20% des clochards sont
psychotiques. Les autres sont dans des états limites. Mais
il n'y a plus de lieu, en France, où l'on puisse être
fou.» Regrettant la disparition de la fonction asilaire,
Patrick Declerck souhaite la création d'espaces
thérapeutiques où la psychiatrie accompagnerait en
douceur les patients dans leur folie et s'interroge:
«Pourquoi le savoir médical minimal disparaît-il
quand on parle social?» Face à cette question taboue,
le Dr Xavier Emmanuelli, fondateur du Samu social, admet son
impuissance. «L'ouvrage de Patrick Declerck, souligne-t-il,
beau joueur, est un livre fondateur. C'est toute l'idée du
volontarisme de l'Etat qui y est taillée en
pièces.» Parole d'expert.</p>
]]></description>			<link>http://hervedo.blog.toutlecine.com/4444/SDF-Le-voyage-sans-retour/</link>			<comments>http://hervedo.blog.toutlecine.com/--SDF---Le-voyage-sans-retour---06082008-161338-lp-4444.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://hervedo.blog.toutlecine.com/4444/SDF-Le-voyage-sans-retour/</guid>			<pubDate>Wed, 06 Aug 2008 16:13:38 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[[ PHOTO TENTE 1000 ]]]></title>			<description><![CDATA[]]></description>			<link>http://hervedo.blog.toutlecine.com/4443/PHOTO-TENTE-1000/</link>			<comments>http://hervedo.blog.toutlecine.com/--PHOTO-TENTE-1000---06082008-160620-lp-4443.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://hervedo.blog.toutlecine.com/4443/PHOTO-TENTE-1000/</guid>			<pubDate>Wed, 06 Aug 2008 16:06:20 +0200</pubDate>		</item>	</channel></rss>