<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0">	<channel>		<title>[blog.toutlecine.com] bilouff : <![CDATA[Snakes on a blog - le cinéma qui mord]]></title>		<link>http://bilouff.blog.toutlecine.com</link>		<description><![CDATA[Snakes on a blog - le cinéma qui mord]]></description>		<language>fr</language>		<copyright>Copyright (c) 2006, Hi-pi</copyright>		<generator>Hi-pi RSS 2.0 generator</generator>		<docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>		<pubDate>Wed, 25 Mar 2009 16:04:35 +0200</pubDate>		<image>			<title>bilouff.blog.toutlecine.com</title>			<link>http://bilouff.blog.toutlecine.com</link>			<url>http://static.blogstorage.hi-pi.com/blog.toutlecine.com/b/bi/bilouff/images/mn/1216318521_regular.gif</url>		</image>		<item>			<title><![CDATA[The signal - Monde de merde...]]></title>			<description><![CDATA[<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">A lire APRES avoir vu le
film!!!</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">(Ce qui suit est plus
une réflexion (qui a dit branlette!!?) sur certains thèmes du film
qu'une critique, et en laisse donc certains aspects, formels
surtout, de côté).</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: center;"></p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">The signal est un
premier film, tourné de façon indépendante avec les moyens du
bord,<span style="mso-spacerun: yes;"> </span> et qui a généré
autour de lui un (plus ou moins) gros buzz, notamment en faisant la
tournée des festivals de par le monde.</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Des caractéristiques qui
pourraient laisser l&lsquo;amateur de ciné d'horreur méfiant,
échaudé qu'il a pu être par ses nombreux espoirs déçus. En
effet, régulièrement, encore plus avec internet et les forums, se
pointe un film sorti de nulle part, que très peu ont vu, et
qu'on nous vend comme une énorme claque.<span style=
"mso-spacerun: yes;"> </span>Las, bien souvent, laqualité de
ce genre de films ne vaut pas le battage qui les entoure(certes il
y a des exceptions, cf <em style=
"mso-bidi-font-style: normal;">«Tokyo Gore
Police »</em> !!!). Quand en plus il s'agit
d'un premier film, le buzz n'en est qu'amplifié,
puisque cela renforce le côté « sorti de nulle part »,
que l'on n'a aucune info sur le réalisateur, ni aucun
travail antérieur auquel se référer pour avoir un premier sentiment
sur le film. </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Sauf que cette fois, ô
miracle, c'est à un vrai bon film que nous avons affaire
ici ! Pas un « Cabin fever » tout pourri ! (Je
n'y peux rien, lorsque j'ai pensé
petit-film-sorti-de-nulle-part-précédé-d'une-grosse-réputation
qui s'avère être un gros pétard mouillé, c'est le film
de maitre Roth qui m'est venu à l'esprit.
D'ailleurs, le rapprochement ne s'arrête pas là,
puisque le pitch de « the signal » rappelle énormément le
« Cell » de Stephen King, dont Roth prépare
l'adaptation officielle).</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"></p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Attention, il ne
s'agit pas non d'un coup de maître comme ont pu être en
leur temps « Bad taste » ou « Evil dead ».
« The signal » ne deviendra sûrement pas culte, ne fera
peut-être pas office de référence absolue, mais il peut en
remontrer à bien des films tournés avec un budget 30 fois supérieur
par un réalisateur exécutant, qui tourne les projets qu'on
lui soumet en simple metteur en forme. Ici, c'est la passion
qui guide les trois réals (des fan boys à n'en pas douter,
voir les clins d'&oelig;il à « <em style=
"mso-bidi-font-style: normal;">New York 1997</em> »,
<em style="mso-bidi-font-style: normal;">« Shining », »Frayeurs »,
« Videodrome »</em> et au cinoche d'exploitation en
général) et s'il est vrai que cela n'a en soi aucune
influence sur la qualité du film (quoique...) cela donne une
raison supplémentaire de le défendre. </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">"The signal" est
divisé en trois parties, abordant chacune un style différent (1er
segment: Dave Bruckner, 2ème: Jacob Gentry, 3ème: Dan
Bush). C'était audacieux, ça se révèle très efficace,
chaque partie s'intégrant parfaitement à l'ensemble
tout en présentant chacune une façon d'aborder le cinéma
d'horreur (réaliste, burlesque, atmosphérique), et en gardant
une unité dans le style visuel, mais surtout dans les thèmes.
 </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Les trois amis
réalisateurs sont également plutôt doués avec une caméra, et même
si on sent parfois le manque de moyens, le film est parsemé de
bonnes idées, de plans et de séquences esthétiquement
marquants.</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">  </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><strong>CRAZY IN
LOVE</strong> </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Le film est avant tout
une histoire d'amour, et conséquence de cela, de jalousie (cf
les titres des deux premières parties : « crazy in
love » et  "the jealousy monster »). Une histoire
d'amour magnifique et pourtant (ou parce que)<span style=
"mso-spacerun: yes;"> </span> tellement simple. Les
réalisateurs (le premier surtout) font preuve d'une grande
subtilité pour nous la raconter. Pas besoin d'en faire des
tonnes, pas besoin de violons pour créer une émotion artificielle.
Une scène nous montrant les deux amants se séparant en se
promettant de se retrouver très vite pour commencer ensemble une
nouvelle vie. Quelques flash-backs remplis de sourires amoureux
entre deux scènes de violence. Un CD offert à l'héroïne par
celui qu'elle aime, comme un talisman qui la protège du
signal. Il n'en faut pas plus pour comprendre et ressentir
leur relation. </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">" The signal »
est également un film porteur d'un message, ou tout du moins
d'un témoignage sur l'époque. Comme tout film
fantastique portant un regard sur la société, il est un miroir
de celle-ci, l'élément fantastique venant apporter le
décalage permettant la critique. </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><strong>CONTE DE LA
FOLIE ORDINAIRE</strong> </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Les
réalisateurs/scénaristes laissent planer un doute quant au
signal : ils jouent avec le spectateur, le laissant dans un
état constant de perplexité et de confusion quant à savoir qui
est "infecté" et qui ne l'est pas.</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Quand Mya rentre chez
elle, le couloir est rempli de gens agités, beaucoup semblant
s'engueuler. Elle note que c'est étrange, mais la
frontière de l'anormal n'est pas franchie. <span style=
"mso-spacerun: yes;"> </span>Le signal commence-t-il déja à
faire effet, ou est-ce juste un exemple de la « folie
ordinaire »? Plus généralement tout au long du film, tous ces
gens s'adonnant au meurtre ont-ils "the crazy", ou profitent-ils
(consciemment ou inconsciemment) du chaos ambiant et de
« l'alibi » du signal pour laisser leurs penchants
violents s'exprimer? Dans la voiture, le black est-il atteint?
Perd-il la tête, soudainement, à cause du signal, ou simplement à
cause de ce qu'il a vécu ?</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Les accès de violence
dont nous sommes témoins dans le film n'ont pour la plupart
rien de fantastique. Ils sont<span style=
"mso-spacerun: yes;"> </span> plausibles et pourraient très
bien avoir lieu dans la réalité, sans pour autant que
l'agresseur ne soit rendu fou par un quelconque signal.
C'est une grosse différence avec un film comme « 28
weeks later », auquel il est souvent comparé, et qui lui
&oelig;uvre clairement dans la science fiction.</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Deux exemples, outre le
passage du couloir. Lorsque le mari (Lewis) frappe l'amant de
sa femme (Ben), il est certes sous l'emprise du signal, mais
les journaux ne sont-ils pas remplis de faits divers relatant
comment un homme trompé a agressé voire tué son rival. Plus évident
encore, lorsque l'on voit Lewis s'en prendre à son ami,
on a l'impression de voir un homme stressé (il ne sait pas où
est sa femme, sa télé ne marche plus), fatigué (il porte toujours
son vêtement de travail) qui, exaspéré par le manège de son ami,
craque nerveusement et trouve un prétexte pour s'en prendre à
lui (« tu as failli frapper ma femme »). Là encore le
genre de scènes auquel on peut assister tous les
jours. </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Dans leurs attitudes
comme dans leurs actes, on ne peut jamais affirmer avec certitude
si tel ou tel personnage est victime d'une manipulation
extérieure, ou si ses accès de violence ne sont que la libération
de pulsions qu'il porte en lui. Cette confusion est
d'ailleurs illustrée par la scène du toit, où l'ami de Lewis tue un
homme qui, l'ayant pris pour un infecté, l'a frappé avec un
marteau.</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Et finalement, la
réponse n'a pas tellement d'importance, puisque se
poser la question, faire la confusion entre « infectés »
et normaux, c'est constater que leur attitude est la même, et
ainsi reconnaitre qu'un homme « normal » peut
s'adonner à la violence la plus démente. Finalement, ce
signal existe-t-il vraiment ? A-t-il véritablement un effet
sur les personnages ? </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">"Crazy in love »
nous présente, de façon inquiétante, une société à la violence
larvée. Le signal y représente finalement les tensions latentes,
les exaspérations, et les petits riens qui laissent cette
violence et la colère prendre le dessus.</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Pour autant, le film ne
donne pas de leçons, il n'est pas moralisateur. En nous
montrant des personnes en apparence normales se livrer à la
barbarie, en nous faisant douter sur les raisons qui poussent à
cette barbarie, il se veut juste le reflet de notre société. "The
signal", ou un conte sur la folie et la violence
ordinaire. </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><strong>L'ENFER, C'EST
LES AUTRES</strong> </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Premier constat donc:
cette violence que nous porterions en nous. S'il est le plus
évident dans le film, il n'est pas le seul. "The jealousy
monster", le deuxième segment, poursuit dans la voie tracée par
"Crazy in love" mais vient également, sous ses atours
humoristiques, enrichir le propos.</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"></p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Au-delà de la violence sous-jacente aux rapports
humains, « l'autre » est présenté comme un obstacle
au bonheur. Les propos de Lewis -
qui est « l'infecté type », la
représentation humaine de ce reflet exagéré de notre société - sont
très révélateurs: « Vous étiez obligé de tuer ces gens. Ils
vous empêchaient d'être heureux ». Un nouvel élément
vient ainsi s'ajouter à la description: la violence que
nous portons en nous est libérée pour nous débarrasser
d'autrui, obstacle à notre bonheur. « Pour vivre
heureux, vivons cachés », « l'enfer, c'est
les autres », "la liberté des uns commence où finit celle des
autres"...Autant de citations qui accréditent
l'idée que la société moderne porte en elle une violence
et une tension entre individus, contraints à cohabiter. Ce qui
permet cette cohabitation, c'est la civilisation et les
règles qu'elle impose. En libérant la violence, le signal
fait voler en éclat ces règles, et donne un moyen radical
d'atteindre son but (le bonheur) en se débarrassant
d'autrui.</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Ce constat est plus
effrayant encore si on le rapproche des propos tenus par l'ami de
Lewis à Mya: "Au début, j'ai cru que c'était des meurtres au
hasard. Mais en fait ils réfléchissent. C'est rationnel, ils savent
ce qu'ils font, pour eux c'est logique". Le signal ne rendrait donc
pas fou, mais léverait seulement l'obstacle psychologique qui
empêche à un être normal de suivre ladite logique. </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><strong>FAIRE BONNE
FIGURE</strong> </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Cependant, la
civilisation, les règles qui commandent aux relations sociales, ne
sont elles-mêmes pas épargnées. Avec le brillant numéro de voisine
idéale livrée par l'hôtesse da la soirée de réveillon, le
film épingle une autre tare de notre société :
l'hypocrisie au quotidien et surtout, le souci de toujours
faire bonne figure. A présent, c'est le « qu'en
dira-t-on », le souci de ne pas faire de vagues afin de ne pas
être jugé, bref la norme, qui est pointé du doigt. On revient au
thème de l'influence parasytaire d'autrui dans la recherche
de son propre bonheur . L'autre est un obstacle; soit on
suit son instinct naturel et on élimine l'obstacle en faisant
disparaitre l'autre par la violence ; soit on adapte son
comportement à l'autre, sans lui porter atteinte
physiquement.</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><strong>UN AUTRE MONDE
EST POSSIBLE</strong> </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Autre cible
du film : le matraquage publicitaire. Cet aspect semble
évident. Presque trop évident. Pourtant le fait est là : un
signal qui s'introduit dans le quotidien des gens, en leur
disant quoi faire, de quoi ils ont envie, ce qui les rendra
heureux... Difficile de ne pas rapprocher cela de l'impact
recherché par la publicité, quelle qu'elle soit.<span style=
"mso-spacerun: yes;"> </span> Cela est même très explicite
dans le film : « le signal te dit quoi penser et quoi
vouloir ». On peut même assimiler le signal non seulement
à la pub, mais plus généralement à la communication et à la
manipulation de celle-ci. </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Lorsque, à la fin du
film, Ben fixe les écrans de télévision, il est alors persuadé que
Mya est effectivement sa femme. Le signal lui fait croire que ce
qu'il souhaite plus que tout est devenu réalité. On
a<span style="mso-spacerun: yes;"> </span> même
l'impression que Ben s'immerge volontairement dans le
signal car il sait qu'il va y trouver une illusion qui va le
rendre plus confiant et plus fort. Il se laisse manipuler, car cela
rend pour lui les choses plus faciles, même s'il est
conscient que ce n'est pas la réalité.</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Cette idée de se laisser
duper par une puissance supérieure pour pouvoir mener une vie plus
paisible est, de Aldous Huxley à Matrix un élément incontournable
des récits d'anticipation. </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Alors, « The
signal », film alter-mondialiste? Cela peut faire sourire, et
pourtant, Ben à Clark : « au-delà du bruit dans ta tête,
il y a le monde réel. », puis plus tard: "Si on change notre
regard sur les choses, les choses que l'on regarde changent". Tout
cela sonne quand même très « un autre monde est
possible »...Quant à "C'est un mensonge. Le signal est un
piége", cela rappelle carrément un certain "on vous ment, on vous
spollie"!</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Ben est la voix de ceux
qui voient au delà du signal. Au contraire,dans l'opposition
continuelle entre Ben et Lewis, ce dernier se révéle très attaché
aux choses matérielles: "We have a good life, a house. It's
precious" (très "bon pére de famille" pour le coup) et surtout
trois lignes qui reflétent parfaitement certains thémes du film:
"Il me dit ce que je dois faire, ce que je veux. Je veux ma femme,
je veux mon appart. Et je veux que vous arrétiez tous de nous
embêter."</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"></p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">A noter
aussi, une coincidence cocasse. Dans la première
version du film, sur le CD qu'écoute Mya, est enregistrée
une reprise de « perfect day » interprétée par Ben.
Plutôt que d'acheter le CD dans le commerce, Ben a enregistré
SA version, avec ses défauts, mais aussi tellement plus
personnelle. Le fait que ce soit cette chanson, enregistrée par une
personne à l'intention exclusive d'une seule
autre, qui protége Mya du signal est d'autant plus
émouvant.</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Pour des raisons de
droits (bassement mercantiles!!), cette reprise n'a
finalement pas pu être conservée au final...</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><strong>TOUS LES
MEMES...</strong> </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">On l'a dit, "The signal"
ne se veut pas moraliste. Et pour cause, il met tout le monde dans
le même sac, délivrant au final un constat assez pessimiste sur la
condition humaine (oui, le terme est pompeux, masi c'est bien de
cela qu'il s'agit). Le phénomène de confusion présent depuis le
début du film va trouver un aboutissement, se
matérialiser, dans la scène finale, où Lewis devient Ben, et
Ben devient Lewis. Répétons le, le film repose en grande aprtie sur
la confusion: confusion entre sains et infectés, puis
confusion entre désir et réalité et partant, confusion entre
individus (l'hôtesse devient Mya aux yeux de Lewis, Clark
devient son mari mort aux yeux de l'hôtesse), pour aboutir à
une confusion entre les personnages les plus extrèmes. Le gentil
devient le méchant et vice versa, et par cette inversion des
valeurs, le message délivré devient valable pour tous. Même le
héros, le nice guy (et à travers lui le spectateur qui s'identifie
à lui) peut céder à ses pulsions (cf la scène où il fantasme qu'il
explose le crane de Lewis). Preuve supplémentaire que le film est
un constat et non un jugement, ce passage du côté obscur de la part
de Ben n'est pas condamné. Il apparaît même comme logique au vu de
ce qui précéde. Ainsi pour récupérer celle qu'il aime, Ben se livre
volontairement au Signal en se plongeant dans les écrans de la
gare. Il laisse la violence s'emparer de lui pour se débarasser de
l'obstcale Lewis, avant de redevenir lui-même et d'avoir une chance
de vivre son amour.</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Peut être que les
réalisateurs n'ont jamais voulu délivrer de message avec ce film
(en tout cas pas consciemment). Pourtant, "The signal" posséde bien
de nombreuses significations, et de façon assez évidente il me
semble.Un film peut échapper à son auteur, ce qui implique d'une
part qu'il peut y imprimer inconsciemment des choses qu'il a en
lui, et d'autre part que le film peut librement devenir ce que le
spectateur veut y voir.</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Et puis merde, dépasser
son simple statut de distraction, pour être un reflet, si possible
critique, de la société; n'était-ce pas la mission du ciné
d'horreur à une époque? </p>
]]></description>			<link>http://bilouff.blog.toutlecine.com/8799/The-signal-Monde-de-merde/</link>			<comments>http://bilouff.blog.toutlecine.com/The-signal---Monde-de-merde----10032009-230100-lp-8799.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://bilouff.blog.toutlecine.com/8799/The-signal-Monde-de-merde/</guid>			<pubDate>Tue, 10 Mar 2009 23:01:00 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[En selle avec Monte Hellman 1/2]]></title>			<description><![CDATA[<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Au début des années 60, Monte Hellman et Jack Nicholson sont tous deux des poulains de l'écurie Roger Corman, le spécialiste des séries B produites vite, pour pas cher, et qui peuvent (doivent) rapporter gros.</p>
<p class="MsoBodyText" style="text-align: justify;">Les deux hommes collaborent d'ailleurs sur trois des quatre premières réalisations de Hellman : « <em>The terror » </em>(1963)<strong>, </strong><em>« Flight to fury » </em>(1964), et <em>« Back door to hell » </em>(1964).<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>Peu après ils se retrouvent sur une production typiquement Corman. En gros, celui-ci les envoie dans l'Utah, avec un (petit) budget, et la mission de tourner un western. Le contenu du film, Corman s'en tamponne, tant que celui-ci possède un potentiel commercial (comprendre de l'action et/ou des femmes peu vêtues) et que le réalisateur ne dépasse ni le budget, ni le délai de tournage. S'il est un mérite qu'il faut reconnaître au système Corman, c'est de laisser une grande liberté aux artistes qu'il emploie, tant que ceux-ci respectent lesdits impératifs commerciaux. Nicholson et Hellman vont profiter de cette liberté pour écrire et réaliser non pas un, mais deux westerns, <em>« L'ouragan de la vengeance » (« ride in the whirlwind »)</em> et <em>« The shooting »,</em> tournés dans la foulée. En profitant pleinement de cette liberté (à tel point que Corman n'appréciera pas du tout les films et les vendra directement à la télévision, Hellman devant en racheter les droits quelques années plus tard pour pouvoir les distribuer en salles), le réalisateur se pose ainsi pour certains comme l'un des pères du cinéma indépendant américain. </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="text-decoration: underline;">L'ouragan de la vengeance</span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><em><span style="text-decoration: underline;">L'histoire </span>: trois cowboys s'installent pour la nuit à proximité du campement de hors-la-loi venant de dévaliser une diligence. Cernés au petit matin par une patrouille de vigilantes, les trois hommes sont présumés complices. Lorsque les vigilantes ouvrent le feu, il ne leur reste plus qu'une option : la fuite. </em></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Dès l'ouverture du film, on peut concevoir que Mr Corman n'ait pas apprécié ce qu'il voyait à l'écran : si le film commence par une attaque de diligence, l' « action » y est résolument anti-spectaculaire. Dépouillée, sans fioritures, on est bien loin des clichés de l'attaque de diligence des westerns de l'âge d'or hollywoodien. Ici, pas de cavalcades, le chariot est immobilisé, le forfait accompli en à peine deux minutes, et les bandits s'en retournent d'où ils viennent le plus tranquillement du monde. Puis vient un générique lui encore on ne peut plus simple, constitué d'une succession de gros plans sur les différents éléments de la diligence.</p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">En quelques minutes, deux constatations s'imposent.</p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Tout d'abord, en en déjouant les codes, <em>« L'ouragan de la vengeance »</em> témoigne de la mort du western classique. L'Italie ne va pas tarder à le reprendre à sa sauce, et Peckinpah à « crépusculariser » le genre. Mais en ce début d'années 60, le western "à l'ancienne" est plutôt moribond.</p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Deuxième constatation : Hellman n'est pas qu'un faiseur, et développe un style très personnel, que l'on retrouvera d'ailleurs dans <em>« The shooting » </em>et <em>Macadam à deux voies ». </em>On a parfois qualifié ce film de « western de l'absurde » (Hellman, metteur en scène de théâtre à l'origine, a été le premier à monter «<em>En attendant Godot »</em> sur la côté Ouest &ndash; info dvdclassik). Et il est vrai qu'une impression étrange, un sentiment de décalage, émane du film. Dans les dialogues, tout d'abord : interrompus ou déphasés par rapport à l'action, ils reflètent l'inaptitude des personnages à communiquer. Egalement dans des scènes étranges : ce groupe de sept hommes dans une minuscule cabane,<span style="mso-spacerun: yes;">  </span>s'observant et se jaugeant ; ce vieillard cognant inlassablement sur une souche tel un automate, ces deux preneurs d'otages jouant aux dames tandis que leurs prisonnières vaquent à leurs tâches ménagères comme si de rien n'était. Mais c'est surtout le rythme donné par Hellman à son film, lancinant, envoûtant, qui vient renforcer cette impression. Perdus au milieu de paysage désertiques ou coupés de l'extérieur dans de minuscules habitations, le temps semble s'être arrêté pour les héros.</p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">La structure du récit est d'ailleurs intéressante, puisque celui-ci s'ouvre et se ferme sur des scènes montrant les personnages cloîtrés dans ces petites cabanes, créant un contraste frappant avec les grands espaces environnants. Entre les deux, la fuite, la ruée en avant pour échapper aux poursuivants, une cavalcade ininterrompue, et pourtant les personnages donnent l'impression de ne pas progresser. Cette course étrange démarre et s'achève dans l'une de ces petites maisons, comme si elles constituaient les deux balanciers garantissant l'équilibre du récit. A force de courir, les fuyards seraient-ils revenus à leur point de départ ? L'ambiance régnant dans les deux habitations est d'ailleurs semblable : une atmosphère de méfiance réciproque en présence des hors la loi au début du film, que l'on retrouve face à la famille de fermiers en fin de métrage. </p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Ces deux « scènes de cabane » confrontent également les fuyards à deux modes de vie : celui de bandits en marge du système, et celui d'une gentille famille modèle. Or, un dialogue initial nous apprend qu'ils n'ont plus à ce moment précis de place précise dans la société. Ils viennent de quitter un ranch, mais ne savent pas s'ils vont y retourner. Pour le personnage de Nicholson, c'est hors de question, et il laisse même entendre qu'il pourrait se laisser tenter par une vie de bandit. Pour le personnage de Harry Dean Stanton, « travailler pour les autres ne vaut rien », et il songe à acquérir son propre ranch. On est donc face à des hommes qui cherchent leur place, et qui vont être confrontés à deux choix de vie opposés. Et face à chacun de ces modèles, c'est avant tout de la méfiance qu'ils vont éprouver. Vu sous cet angle, leur fuite peut alors prendre des airs de quête de soi-même. </p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Enfin, il faut bien sûr parler du dernier élément capital de l'histoire : la milice aux trousses de nos garçons vachers, qui est l'occasion de relever le côté « rebelle » (hippie ?) de Hellman. En n'ayant pas de place précise, ces trois hommes peuvent être vus comme épris de liberté, désirant s'affranchir des cadres sociaux. La milice, qui représente le pouvoir et l'autorité -en un mot la garante du bon ordre de cette société- va immédiatement les assimiler, alors que leur seul tort est d'être au mauvais endroit au mauvais moment, à des hors la loi. Et ce faisant, elle va finalement décider de leur choix de vie à leur place, les contraignant à passer du mauvais côté de la barrière. Le message est assez clair et trouvera un écho dans « macadam à deux voies », où Hellman se placera également du côté d'une jeunesse certes paumée, mais désireuse de changement. Ici, seul Nicholson, le plus jeune des trois, survivra, et le meurtre du père de famille aura pour conséquence de libérer sa fille, qui ne connaissait jusque là que la routine du quotidien et les ordres paternels (lorsque Nicholson la questionne sur sa vie, elle ne répond que par « je ne sais pas » ; et elle est plus effrayée par l'idée d'enfreindre les règles de la maison que par les hommes qui la retiennent en otage). </p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"></p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Au final, <em>"l'ouragan de la vengenace"</em> est un de ces films que l'on prend autant de plaisir à regarder qu'à y réfléchir par la suite. Un film où l'on sent que derrière les images et l'action, se cache une réflexion, une démarche que l'on ne saisit aps forcément immédiatement. </p>
<p class="MsoBodyText" style="text-align: justify;">Loin d'être un chef d'oeuvre, il reste un film très intéressant, recellant une part de mystère, et qui témoigne également d'une façon de faire des films aujourd'hui révolue. </p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>]]></description>			<link>http://bilouff.blog.toutlecine.com/5134/En-selle-avec-Monte-Hellman-1-2/</link>			<comments>http://bilouff.blog.toutlecine.com/En-selle-avec-Monte-Hellman-1-2-20092008-154636-lp-5134.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://bilouff.blog.toutlecine.com/5134/En-selle-avec-Monte-Hellman-1-2/</guid>			<pubDate>Sat, 20 Sep 2008 15:46:36 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Le court-métrage au Japon]]></title>			<description><![CDATA[<p style="text-align: left;"><em></em></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify"><em>Toujours dans le cadre du cycle "Cinéma Japonais"
initié par wildgrounds, je poste ici un interview
réalisé lors du Festival International de
Clermont-Ferrand, et déja publié sur le site <a href=
"http://www.asiexpo.com/">www.asiexpo.com</a>. Il fait partie d'une
série de cinq entretiens avec des personnalités du
court-métrage en Asie, et visant à donner un panorama
de la situation de la discipline dans cette
région.</em></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify"><em>Pour le Japon, ce
sont Toshiya Kubo, directeur du Festival du
Court Métrage de Sapporo, et Tai Murayama, vice
président de MTV Networks Japan, qui ont répondu
à nos questions.</em></p>
<p style="TEXT-ALIGN: center"></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify"><strong>Pouvez-vous nous présenter le Festival du
Court Métrage de Sapporo ?</strong>Le festival
célèbre en septembre son troisième
anniversaire. Nous avons trois compétitions : une
compétition nationale, une compétition
internationale, et une compétition entre
réalisateurs. Cette dernière est la
particularité de notre festival : on y récompense non
pas un film, mais un réalisateur, pour l'ensemble de
son travail. Chaque réalisateur décide lui-même
des films qu'il souhaite présenter, et c'est sur
cette &ldquo;rétrospective&rdquo; qu'il est
jugé. Nous sommes partis du constat que dans les festivals,
c'est le film plus que l'auteur qui est
récompensé. Avec cette compétition plus
prestigieuse, et bien sûr plus valorisante pour les
réalisateurs, nous souhaitons mettre le réalisateur,
en tant qu'artiste, en avant. L'idée d'une
compétition dédiée aux films et d'une
autre consacrée aux cinéastes nous est venue de
l'industrie musicale. En quelque sorte, la première
compétition présente des singles, tandis que la
seconde présente un album complet.
Nous avons également un marché du film
conséquent, et nous organisons un maximum de rencontres
entre le public et les réalisateurs.

<strong>D'où provient l'argent vous permettant
d'organiser le festival ?</strong>
Nous recevons de l'aide de la ville de Sapporo, et petit
à petit, des sponsors privés viennent
également nous financer.

<strong>Etes-vous satisfait des deux premières
éditions ? Ont-elles été un succès
?</strong>
Oui, nous sommes assez contents, nous avons plus de 8 000
spectateurs sur cinq jours chaque année. En terme
d'affluence, c'est le premier festival de courts
métrages au Japon, et le huitième festival de
cinéma en général.

<strong>Vous pensez qu'il existe un réel
intérêt pour le court métrage au Japon
?</strong>
Au Japon, le &ldquo;Short Short Festival&rdquo; de Tokyo existe
depuis une dizaine d'années. Nous travaillons avec eux
depuis la seconde édition, en projetant à Sapporo des
films primés lors de leur festival. Après 6 ou 7 ans,
nous avons donc décidé de créer notre propre
manifestation, afin d'avoir un plus grand contrôle sur
la programmation, et d'organiser les choses à notre
façon, d'être indépendants. Nous savions
qu'il existait à Sapporo un public pour le court
métrage. De plus, aujourd'hui, les courts
métrages sont de plus en plus différents, de plus en
plus créatifs, les gens les voient comme quelque chose de
nouveau, et il existe une vraie demande, peut être même
commerciale, pour ce format. Le marché du film de Sapporo
est le seul qui soit consacré aux courts métrages,
mais de plus en plus de compagnies (des opérateurs de
mobiles, des chaînes de télévision, des
compagnies aériennes...) se montrent
intéressées.</p>
<p style="TEXT-ALIGN: center"> </p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify"><strong>Comment le court métrage est-il perçu
au Japon ? Est-il vu comme un hobby, un moyen de se faire la main
avant de passer au long, ou au contraire comme une forme
d'art à part entière ?</strong>
Au Japon, on apprécie les courts métrages, notamment
parce qu'en y consacrant le même temps
qu'à un long métrage, ils peuvent voir de
nombreux styles différents. Le succès est donc
là, mais les courts sont plus vus comme une distraction.
Pour beaucoup, court métrage signifie amateurisme. Ils ne
réalisent pas que certains films, comme
&ldquo;Usavitch&rdquo; sont produits de façon
professionnelle, et que derrière ces trois minutes de film,
il y a un énorme travail. Il faut du temps pour qu'une
nouvelle discipline soit reconnue comme une forme d'art, et
le court métrage n'en est pas encore là au
Japon. Je pense que la majorité des réalisateurs de
court ont dans l'idée de passer au long dès que
possible, et voient surtout ce format comme un entraînement
et une façon de montrer leur talent. Le problème est
qu'au jour d'aujourd'hui, il n'y a pas
beaucoup d'argent dans le court métrage, il est donc
difficile d'y faire carrière !

<strong>Quel style a le plus de succès dans le court
métrage ? Qu'est-ce que le public a envie de voir
?</strong>
Il y a là encore un parallèle avec la musique. En
général, c'est la mauvaise musique qui se vend
le mieux, tandis que la bonne musique ne marche pas très
bien (rires). C'est pareil avec les courts : certains sont
très bons, mais très difficiles d'accès,
et n'ont donc pas vraiment de succès auprès du
grand public. Ceci dit, il est important que le genre soit
très varié, nous avons besoin de styles
différents : des films d'étudiants, de
professionnels, de l'animation, des documentaires... tout
comme il est important qu'il existe des styles de musique
différents !</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify"><strong>Pensez-vous qu'il existe une touche japonaise
dans les courts métrages ? Un style, ou des thèmes
qui reviennent régulièrement ?</strong>Je pense
que l'animation est un style typiquement japonais !
Traditionnellement, c'est un genre très populaire au
Japon, de plus, il nécessite moins de moyens que les films
live. Avec un simple PC, quelqu'un de talentueux est capable
de réaliser son court métrage d'animation
depuis sa chambre !

<strong>J'ai été surpris de constater en
sélectionnant les courts métrages pour le festival de
Lyon que nous ne recevions finalement que peu de films en
provenance du Japon. Beaucoup moins en tout cas que de pays comme
la Corée par exemple. Comment l'expliquez-vous
?</strong>
Ce n'est qu'une question d'argent.
L'industrie du cinéma est en bonne santé en
Corée. Ils ont des structures solides, de gros studios, de
grandes écoles, et ils réinvestissent leur argent, y
compris dans les courts métrages. Le système est
très différent au Japon. Il n'existe
qu'une école publique, les autres sont des
écoles privées onéreuses où il est
difficile d'entrer. Pourtant, il est difficile
d'accéder aux métiers du cinéma sans
passer par ces écoles. C'est un système
complexe. Le fait d'aller étudier le cinéma
à l'étranger est également
limité, car peu de japonais savent parler anglais.

<strong>Existe-t-il un réseau, une communauté autour
du court métrage ?</strong>
Non, pas vraiment. Internet permet aux réalisateurs
d'être en contact et de créer un &ldquo;cyber
réseau&rdquo;, mais tout cela manque de concret. En
matière de vie artistique, le Japon est très faible.
Il y a peu d'initiatives, de structures de type associatif.
Nous faisons la confusion entre art et divertissement. Au Japon,
c'est l'aspect commercial qui prime. Pour qu'une
forme d'art puisse se développer, il faut aussi
qu'elle soit rentable. Le contexte japonais est très
particulier. Si le succès est au rendez-vous, l'argent
suivra, et ainsi le court métrage pourra plus facilement se
développer. C'est pourquoi il est important que des
films japonais soient projetés dans les différents
festivals internationaux, ou que des gens comme vous s'y
intéressent. Si les japonais voient que la production de
leur pays suscite l'intérêt à
l'étranger, ils vont comprendre qu'il y a
là un potentiel économique (rires)
!</p>
<p style="text-align: center;"></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify"><strong>Qui réalise des courts métrages au
Japon ? S'agit-il essentiellement de films
réalisés par des étudiants
?</strong>Pour donner un ordre d'idée, disons
que 5 à 10 % des films sont réalisés par des
professionnels, généralement à des fins
commerciales, 30 à 40 % par des étudiants
(<em>à titre de comparaison, près de 60 % des courts
métrages coréens sont réalisés par des
étudiants</em>), et le reste indépendamment par des
cinéastes amateurs.

<strong>Avant de conclure, pouvez-vous nous dire un mot sur la
série &ldquo;Usavich&rdquo; ?</strong>
C'est une série mettant en scène deux lapins
emprisonnés en Sibérie, l'un impassible mais
capable de colères impressionnantes, l'autre doux et
amateur de danse. Chaque épisode dure 90 secondes et les met
dans une situation inédite, racontant de façon
humoristique leur vie et leurs relation avec la porte/gardien, avec
un poussin qu'ils ont adopté, avec une grenouille
sortie de leurs toilettes... La série est produite par
MTV Networks Japan, à destination des chaînes de
télévision et des opérateurs
téléphoniques. Elle compte à ce jour deux
saisons, et nous travaillons sur la troisième.
J'espère que vous aurez l'occasion de les
découvrir bientôt en France !


Propos recueillis à l'occasion du 30e Festival
International du Court Métrage de Clermont-Ferrand
Février 2008</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify"><em>Vous pouvez
retrouver les autres interviews de cette série (Amir
Muhammad pour la Malaisie, Chalida Uabumrungjit pour
la Thaïlande, Yuni Hadi pour Singapour et Gina Kang pour
la Corée du Sud) sur le site d'Asiexpo: <a href=
"http://www.asiexpo.com/club">www.asiexpo.com/club</a> , rubrique
"interviews".</em>
 </p>
]]></description>			<link>http://bilouff.blog.toutlecine.com/4344/Le-court-m-trage-au-Japon/</link>			<comments>http://bilouff.blog.toutlecine.com/Le-court-metrage-au-Japon-30072008-114605-lp-4344.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://bilouff.blog.toutlecine.com/4344/Le-court-m-trage-au-Japon/</guid>			<pubDate>Wed, 30 Jul 2008 11:46:05 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Mon humble avis sur..."le vase de sable"]]></title>			<description><![CDATA[<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 6pt 6pt 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 6pt 6pt 0pt; text-align: justify;"><span style=
"font-size: 10pt; color: black;"></span></p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 6pt 6pt 0pt; text-align: justify;"><span style=
"font-size: 10pt; color: black;">La
police enquête sur le meurtre d'un homme
retrouvé dans une gare de Tokyo. Leur seul indice est le mot
« Kameda » prononcé avec
l'accent du Nord du Japon...</span></p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 6pt 6pt 0pt; text-align: center;"><span style=
"color: black;"></span></p>
<p style="MARGIN: 0cm 6pt 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style=
"font-size: 10pt; color: black;">La
recette de "L'été du démon" est donc reprise
ici (1): Seijo Mutsamoto pour le
fond, Yoshitaro Nomura pour la mise en forme. Si dans ce dernier
film, la collaboration des deux hommes était "fusionnelle"
au sens où il était difficile de discerner
l'influence de l'un ou de l'autre sur tel ou tel
élément, la situation est ici différente. En
effet, une des particularités du "vase de sable" est
selon moi d'être divisé en deux parties bien
distinctes, chacune portant la marque d'un des deux artistes. Dans
la première moitié du film, Nomura se place en
retrait, et c'est la patte du romancier que l'on distingue
nettement dans cette enquête méticuleuse, où
chaque détail compte. Le spectateur est
placé d'entrée au c&oelig;ur de
l'investigation, qui rebondit d'une scène
à l'autre au rythme des informations glanées.
Un certain aspect procédurier, ainsi que le flou dans lequel
évolue les inspecteurs, donnent réellement le
sentiment d'avancer à leurs côtés sur
cette affaire. Le film ravira ainsi les amateurs d'intrigue
policière classique (Matsumoto touch), et serait
déjà très bon s'il se cantonnait
à cet aspect, l'enquête étant
également un voyage à travers le Japon, avec une
photographie et des décors naturels de toute
beauté.</span></p>
<p style="margin: 0cm 6pt 0pt; text-align: center;"><span style=
"font-size: 10pt; color: black;"></span></p>
<p style="MARGIN: 0cm 6pt 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style=
"font-size: 10pt; color: black;">Mais
dans la seconde partie, Nomura va dépasser ce simple cadre
narratif, se le réapproprier, et surprendre le
spectateur en conférant au film une autre ampleur, assez
inattendue au regard de ce qui précède. Il va en
effet lui donner, au fil de l'explication du crime, une
incroyable dimension dramatique, notamment par l'insertion de
certains thèmes qu'il affectionne comme la
cruauté de l'être humain ou la relation
père / fils. Pendant près d'une heure, et
quasiment sans dialogues, le drame d'un homme nous est
exposé, tandis que, monté en parallèle,
celui-ci interprète au piano un concerto inspiré de
sa vie, et qui vient donc directement illustrer ce que l'on
voit à l'écran. Certes, ce
procédé peut paraître facile, artificiel, voire
mièvre. Mais il démontre surtout un immense talent de
cinéaste, un superbe sens du montage, et il est très
difficile de ne pas se laisser émouvoir.</span></p>
<p style="margin: 0cm 6pt 0pt; text-align: center;"><span style=
"font-size: 10pt; color: black;"></span></p>
<p style="MARGIN: 0cm 6pt 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style=
"font-size: 10pt; color: black;">Un
film bivalent donc : un romancier, un cinéaste; une
partie enquête, une partie drame; une partie qui fait appel
à l'intellect, une qui fait appel aux émotions...mais
surtout au final, un grand film.</span></p>
<p style="MARGIN: 0cm 6pt 0pt; TEXT-ALIGN: justify"> </p>
<p style="MARGIN: 0cm 6pt 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style=
"font-size: 10pt; color: black;">(1):
Pour parler chronologiquement, entre ces deux films, c'est en
réalité dans "l'été du démon"
que l'on retrouve la recette du "vase de sable", le premier ayant
été tourné en 1978 et le second en 1974. La
première collaboration entre les deux hommes remonte quant
à elle à 1958 avec "Harikomi".</span></p>
<p style="MARGIN: 0cm 6pt 0pt; TEXT-ALIGN: justify"> </p>
<p style="MARGIN: 0cm 6pt 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><em>EDIT: Dans le cadre du cycle
cinéma japonais, "le vase de sable" est également
chroniqué par LATERNA MAGICA, qui souligne notamment
l'opposition qu'opère le film entre le Japon traditionnel et
le Japon moderne d'une part; le Japon des villes et celui des
campagnes d'autre part. Deux thêmes qui confirment le
caractère "à double facette" du
film.</em></p>
<p style="MARGIN: 0cm 6pt 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><a class=
"titre" title="L'article de Laterna Magica" href=
"http://peterpan7bis.spaces.live.com/blog/cns!C1FB58145CFFEBE4!14162.entry"
target=
"_self">http://peterpan7bis.spaces.live.com/blog/cns!C1FB58145CFFEBE4!14162.entry</a></p>
]]></description>			<link>http://bilouff.blog.toutlecine.com/4242/Mon-humble-avis-sur-le-vase-de-sable/</link>			<comments>http://bilouff.blog.toutlecine.com/Mon-humble-avis-sur----le-vase-de-sable--25072008-005530-lp-4242.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://bilouff.blog.toutlecine.com/4242/Mon-humble-avis-sur-le-vase-de-sable/</guid>			<pubDate>Fri, 25 Jul 2008 00:55:30 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Mon humble avis sur..."l'été du démon"]]></title>			<description><![CDATA[<p style="margin: 6pt 6pt 0pt 0cm; text-align: justify;">
<em></em></p>
<p style="margin: 6pt 6pt 0pt 0cm; text-align: justify;"><em>(Mieux
vaut avoir vu le film , ce qui suit en dévoilant quelques
aspects importants)</em></p>
<p style="margin: 6pt 6pt 0pt 0cm; text-align: justify;">
<span style="color: black;">Aaah...le
Japon, ce doux pays en forme de banane (si si, un peu)...ses
mangas, sa cuisine...et son cinéma dont on peut
régulièrement découvrir ou redécouvrir
certaines perles grâce au travail de gentils
éditeurs.</span></p>
<p style="margin-right: 6pt; text-align: justify;"><span style=
"color: black;">Pour ma part, j'ai
ainsi pu faire la connaissance il y a quelques mois de
<strong>Yoshitaro Nomura,</strong> via la sortie de deux de ses
films chez Wildside. Et bien figurez-vous qu'ils m'ont
tellement plu que j'avais envie d'en dire quelques mots rapides,
même s'il ne s'agit plus d'une actu toute
fraîche.</span></p>
<p style="MARGIN-RIGHT: 6pt; TEXT-ALIGN: center"><span style=
"color: black;"> </span></p>
<p style="margin-right: 6pt; text-align: justify;"><span style=
"color: black;">Commençons avec
<strong>L'été du démon</strong> (<em>Kichiku,
1978),</em> film qui remportera en 1979 les récompenses de
meilleur réalisateur et de meilleur acteur (pour Ken Ogata)
lors de l'équivalent japonais de nos
Césars.</span></p>
<p style="margin-right: 6pt; text-align: justify;"><span style="color: black;">Kikuyo
élève seule depuis sept ans  les trois
enfants qu'elle a eu en secret avec son amant Sokichi, homme
marié et imprimeur de son état. Lorsque celui-ci
n'est plus en mesure de lui verser chaque mois une pension, Kikuyo
se rend à son domicile et lui abandonne les enfants avant de
disparaître.</span><span style=
"color: black;"> </span></p>
<p style="MARGIN-RIGHT: 6pt; TEXT-ALIGN: center"><span style=
"color: black;"></span></p>
<p style="margin-right: 6pt; text-align: justify;"><span style=
"color: black;">Ne vous fiez ni au
synopsys, ni au titre du film; ils sont tous les deux
trompeurs.</span></p>
<p style="margin-right: 6pt; text-align: justify;"><span style=
"color: black;">En lisant le premier,
on pourrait s'attendre à une comédie dramatique
classique, dans laquelle l'épouse cocufiée et les
enfants vont être rivaux, avant de se découvrir,
d'apprendre à s'aimer et de former une nouvelle famille
(final avec des violons, on verse une petite larme
d'émotion, la vie est belle). Que nenni! Nomura choisit ici
une approche inédite, inattendue de cette relation, beaucoup
plus brutale, beaucoup plus cruelle et pessimiste, mais aussi
totalement réaliste.</span></p>
<p style="margin-right: 6pt; text-align: justify;"><span style="color: black;">Quant au titre
français du film, il pourrait laisser penser qu'il est
ici question de surnaturel, voire d'horreur. Et là
encore, que nenni ! Pas au sens "sanglant" du terme en tout
cas. Mais une autre horreur, encore plus terrifiante, est
présente: une horreur bien réelle, ancrée
dans le quotidien, une horreur "domestique", dans le traitement que
le couple, en particulier la femme trompée,
réserve aux enfants</span><span style=
"color: black; mso-bidi-font-size: 12.0pt;">.</span></p>
<p class="MsoNormal" style=
"margin: 0cm 6pt 0pt 0cm; text-align: justify;"><span style=
"font-size: 8.5pt; color: black; font-family: Arial; mso-bidi-font-size: 7.5pt;">
Pour autant, cette horreur n'est
pas visuelle, ne vous attendez pas à des scènes choc.
« <strong><span style=
"font-weight: normal;">L'été du
démon »</span></strong> est avant tout un film
d'ambiance.</span></p>
<p class="MsoNormal" style=
"margin: 0cm 6pt 0pt 0cm; text-align: justify;"><span style=
"font-size: 8.5pt; color: black; font-family: Arial; mso-bidi-font-size: 7.5pt;">
Dès le début, le malaise
est installé par une scène en plan large et fixe,
dans laquelle la maîtresse raconte à la femme
trompée son aventure avec son mari, en présence de
celui-ci. Le spectateur (un peu voyeur) ressent une impression de
malaise devant cette situation étrange et
surréaliste, où une femme en regarde une autre droit
dans les yeux pour lui raconter le plus calmement du monde comment
elle est depuis plus de sept ans la victime d'une trahison au long
cours. Rien que ça. Et sous les yeux du mari s'il vous
plaît. L'atmosphère pesante ainsi
créée est renforcée d'une part par le
décor exigu de l'imprimerie où se
déroule la majorité du film, d'autre part par
la canicule sévissant durant tout le métrage ;
les personnages, en sueur, semblant toujours
oppressés.</span></p>
<p class="MsoNormal" style=
"margin: 0cm 6pt 0pt 0cm; text-align: justify;"><span style=
"font-size: 8.5pt; color: black; font-family: Arial;">Cette scène clef sert aussi à nous
présenter la réaction de chacun des trois
personnages, et ainsi leur principal trait de caractère: une
maîtresse cruelle et revancharde, une épouse
humiliée (ce qui la poussera à devenir à son
tour cruelle et revancharde), un mari faible et
honteux.</span></p>
<p class="MsoNormal" style=
"margin: 0cm 6pt 0pt 0cm; text-align: center;"><span style=
"font-size: 8.5pt; color: black; font-family: Arial;"></span></p>
<p class="MsoNormal" style=
"margin: 0cm 6pt 0pt 0cm; text-align: justify;"><span style=
"font-size: 8.5pt; color: black; font-family: Arial;">Par la suite, toute l'ambiance du film
résidera dans les non dits, l'atmosphère de danger,
la menance qui psèsera perpétuellement sur les
enfants. Tout le propos du film est en effet de montrer leur
fragilité face au monde et aux décisions des
adultes.</span></p>
<p class="MsoNormal" style=
"margin: 0cm 6pt 0pt 0cm; text-align: justify;"><span style=
"font-size: 8.5pt; color: black; font-family: Arial;">Dans la première partie du métrage,
ils ne sont jamais filmés comme l'élément
central d'une scène, mais toujours dans leur rapport, voire
leur dépendance, à l'adulte. C'est toujours ce
dernier qui est sur le devant de la scène, tandis que les
enfants sont là sans être là. Ils
n'apparaissent pas vraiment comme des personnages à part
entière, mais plus comme un attribut rattaché
à tel ou tel personnage d'adulte. Cela est flagrant dans la
scène évoquée précédemment:
tandis qu'au premier plan, les adultes discutent, les enfants
jouent au second, sans intervenir dans l'action, quand bien
même il n'est question que d'eux. Ils sont à la fois
l'objet du problème et de la convoitise, et bien qu'ils
soient innocents et gentils, ils apparaissent comme un fardeau pour
les adultes, et donc constamment menacés.</span></p>
<p class="MsoNormal" style=
"margin: 0cm 6pt 0pt 0cm; text-align: justify;">Les premières scènes
centrées sur les enfants, (et donc d'où sont
absents les adultes) ne servent qu'à souligner leur
abandon, leur fragilité et leur tristesse. Une image
symbolique revient d'ailleurs de façon
récurrente : celle où un miroir de fête
foraine renvoie d'eux une image déformée, comme
pour illustrer la menace qui pèse sur eux, comme si ce
qu'ils allaient vivre pourraient marquer à jamais des
êtres si malléables, si fragiles.</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Ainsi donc, les petits ne nous
apparaissent que de deux façons : fardeau, ou
victime.</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: center;"></p>
<p class="MsoBodyText3" style=
"margin: 0cm 6pt 0pt 0cm; text-align: justify;">Et qui dit victime dit bourreau. Ce
rôle est bien sûr tenu par l'épouse
trompée. Celle-ci incarne plus que tout autre le
démon du titre. Ou plus exactement, elle est en proie
à ce démon : le démon de la jalousie, de
l'orgueil blessé, le démon de la
lâcheté, qui pousse un adulte à s'en
prendre à un enfant.</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Les rapports des orphelins avec elle sont
ainsi tout bonnement terrifiants car elle apparaît
constamment menaçante, voire diabolique, songeant au
meilleur moyen de se débarrasser d'eux. La musique,
inquiétante, est d'une grande efficacité ;
dès que le spectateur l'entend, il sait que les
enfants sont en danger. L'attente de ce qu'il va
découvrir, du sort de ces enfants innocents, est ainsi
rendue encore plus stressante. Cette musique contraste avec celle,
enfantine, que l'on trouve dans les scènes
centrées sur les enfants, et qui vient renforcer
l'impression que ceux-ci vivent dans une bulle, un monde
différent de celui des adultes, dont ces derniers ne
possèdent pas la clef.</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: center;"></p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Mais, après nous
avoir présentés les enfants comme innocents et
victimes des adultes, Nomura va nous surprendre à nouveau,
en inversant les rôles. Le plus âgés des trois
va progressivement refuser sa condition de victime en faisant
preuve de ressources insoupçonnées. Un face à
face avec le père, mêlant tendresse et
méfiance, va alors s'installer sans que l'on ne
sache jamais comment interpréter l'attitude du jeune
garçon : innocence ou machiavélisme.<span style=
"mso-spacerun: yes;"> </span></p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Cette réaction de l'enfance,
ce désir de prendre en charge son destin, de ne plus
être soumis aux adultes, est la seule touche
d'optimisme du film. Nomura place ses espoirs en ce
jeune garçon, tandis qu'il nous présente les
adultes comme égoïstes, cruels, mauvais, calculateurs,
soit par orgueil (l'épouse bafouée) soit par
lâcheté (le mari). En effet, ce dernier aime
sincèrement ses enfants, et malgré cela, totalement
soumis à sa femme, il va commettre
l'irréparable. Loin de lui accorder des circonstances
atténuantes, cela ne rend son geste que plus
méprisable.</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">L'espoir placé en
l'enfant est cependant éphémère,
puisque celui-ci va inévitablement devenir adulte (si
si, c'est comme ça, c'est la nature), et en
grandissant, être corrompu par le monde qui l'entoure.
La scène où le père raconte comment il a
lui-même été victime des agissements de son
oncle dans son enfance est à ce titre très
explicite. L'adulte et l'enfant nous apparaissant
à ce moment comme une même personne, à deux
moment de sa vie, l'une encore innocente (ou qui l'a
été) l'autre corrompue (ou qui va le
devenir).</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: center;"></p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Le pessimisme de Nomura est
renforcé lors de la dernière partie du film :
une escapade du père et de son fils en bord de mer. Le but
initial de celle-ci est de se débarrasser du petit, mais le
spectateur, trompé par ce changement de décor (on
quitte la ville, l'imprimerie étroite et la canicule
pour de vastes paysages de littoral battu par les vents) et par la
journée idyllique que passe les deux personnages, va se
prendre à croire que le mari va réussir à se
défaire de l'influence de sa femme, et épargner
l'enfant. Sa tentative d'acte meurtrier, finalement
inévitable au regard de ce qui précède,
n'en est que plus choquante.</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Le film se clôt sur une scène
déchirante où l'enfant, ayant survécu,
affirme à la police que l'homme qu'il a en face
de lui n'est pas son père. Le regard dur et
déterminé du garçon contraste avec celui,
implorant et chargé de remords, du père. Cet acte du
fils peut être interprété de plusieurs
façons. En reniant son père, on peut penser
qu'il se libère de la menace que représente
celui-ci, ce qui peut laisser espérer qu'il va pouvoir
vivre une vie meilleure. On peut aussi y voir une punition
qu'il inflige à celui-ci pour le traitement
qu'il lui a réservé. Mais on peut
également y voir une façon d'épargner
son père, puisque en se défaisant de lui, il apporte
une solution au problème que lui même
représentait.</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Quoiqu'il en
soit ce final est à nouveau trompeur. Certes,
l'enfant se libère de la menace des adultes (pour un
temps), mais pour se faire, il est obligé de prendre une
décision cruelle, difficile et irrémédiable.
En bref, le genre de décision qui vous fait faire un pas de
plus vers l'âge adulte...et l'on a vu que
Nomura ne tenait pas ce monde en haute estime.<span style=
"mso-spacerun: yes;"> </span></p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: center;"><span style=
"mso-spacerun: yes;"></span></p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">L'été du démon
est donc un film à la fois dur et émouvant, ainsi
qu'une magnifique description de l'enfance, quand bien
même celle-ci adopte un point de vue très pessimiste.
Nomura choisit dès le début un traitement surprenant
du sujet, et joue avec son spectateur en effectuant des
retournements de situation, ou en lui laissant l'espoir
d'un retournement de situation. Cet espoir se retrouvera
systématiquement trahi, rendant le message du film encore
plus douloureux à accepter.</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Oh, j'oubliais,
« l'été du démon »
est adapté d'un roman de Seicho Matsumoto, souvent
qualifié de « Simenon japonais », et
dont Yoshitaro Nomura fût en quelque sorte l'adaptateur
officiel, puisqu'ils ont collaboré ensemble sur huit
films. Et parmi ces huit films, on trouve<strong> Le vase de
sable</strong> (<em>Suna no utsuwa</em>, 1974) dont
j'essaierai de parler bientôt. Si c'est pas de la
transition ça...</p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><em>Edit: Coincidence, je poste cet article au moment
où le cycle cinéma japonais lancé par
Wildgrounds bât son plein! Merci donc à Michael
d'avoir ajouté ma modeste contribution à tous ces
passionants articles!</em></p>
<p class="MsoBodyText" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><em>Plus d'infos sur le cycle ici: <a href=
"http://wildgrounds.com/">http://wildgrounds.com/</a></em></p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"> </p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"> </p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"> </p>
<p class="MsoNormal" style=
"margin: 0cm 6pt 0pt; text-align: justify;"><span style=
"font-size: 8.5pt; color: black; font-family: Arial;"> </span></p>
<p class="MsoBodyText2" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"> </p>
<p class="MsoNormal" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style=
"mso-spacerun: yes;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style=
"margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p><span style="mso-bidi-font-size: 12.0pt;"> </span></p>
<p> </p>
]]></description>			<link>http://bilouff.blog.toutlecine.com/4156/Mon-humble-avis-sur-l-t-du-d-mon/</link>			<comments>http://bilouff.blog.toutlecine.com/Mon-humble-avis-sur----let-039-ete-du-demon--17072008-161248-lp-4156.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://bilouff.blog.toutlecine.com/4156/Mon-humble-avis-sur-l-t-du-d-mon/</guid>			<pubDate>Thu, 17 Jul 2008 16:12:48 +0200</pubDate>		</item>	</channel></rss>