<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom">		<title>http://bilouff.blog.toutlecine.com</title>		<id>http://blog.toutlecine.com/</id>		<link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://bilouff.blog.toutlecine.com/atom.xml" />		<subtitle><![CDATA[Snakes on a blog - le cinéma qui mord]]></subtitle>		<rights>Copyright (c) 2006, Hi-pi</rights>		<generator>Hi-pi ATOM generator</generator>		<author>			<name>Hi-pi</name>			<uri>http://bilouff.blog.toutlecine.com</uri>		</author>		<updated>2009-03-25T16:04:36+01:00</updated>		<entry>			<title>The signal - Monde de merde...</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p>A lire APRES avoir vu le
film!!!</p>
<p>(Ce qui suit est plus
une réflexion (qui a dit branlette!!?) sur certains thèmes du film
qu'une critique, et en laisse donc certains aspects, formels
surtout, de côté).</p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p>The signal est un
premier film, tourné de façon indépendante avec les moyens du
bord,<span></span> et qui a généré
autour de lui un (plus ou moins) gros buzz, notamment en faisant la
tournée des festivals de par le monde.</p>
<p>Des caractéristiques qui
pourraient laisser lamateur de ciné d'horreur méfiant,
échaudé qu'il a pu être par ses nombreux espoirs déçus. En
effet, régulièrement, encore plus avec internet et les forums, se
pointe un film sorti de nulle part, que très peu ont vu, et
qu'on nous vend comme une énorme claque.<span></span>Las, bien souvent, laqualité de
ce genre de films ne vaut pas le battage qui les entoure(certes il
y a des exceptions, cf <em>«Tokyo Gore
Police!!!). Quand en plus il s'agit
d'un premier film, le buzz n'en est qu'amplifié,
puisque cela renforce le côté «»,
que l'on n'a aucune info sur le réalisateur, ni aucun
travail antérieur auquel se référer pour avoir un premier sentiment
sur le film.</p>
<p>Sauf que cette fois, ô
miracle, c'est à un vrai bon film que nous avons affaire
ici! (Je
n'y peux rien, lorsque j'ai pensé
petit-film-sorti-de-nulle-part-précédé-d'une-grosse-réputation
qui s'avère être un gros pétard mouillé, c'est le film
de maitre Roth qui m'est venu à l'esprit.
D'ailleurs, le rapprochement ne s'arrête pas là,
puisque le pitch de «» rappelle énormément le
«» de Stephen King, dont Roth prépare
l'adaptation officielle).</p>
<p></p>
<p>Attention, il ne
s'agit pas non d'un coup de maître comme ont pu être en
leur temps «».
«» ne deviendra sûrement pas culte, ne fera
peut-être pas office de référence absolue, mais il peut en
remontrer à bien des films tournés avec un budget 30 fois supérieur
par un réalisateur exécutant, qui tourne les projets qu'on
lui soumet en simple metteur en forme. Ici, c'est la passion
qui guide les trois réals (des fan boys à n'en pas douter,
voir les clins d'oeil à «<em>New York 1997</em>»,
<em>«»,
«»</em> et au cinoche d'exploitation en
général) et s'il est vrai que cela n'a en soi aucune
influence sur la qualité du film (quoique...) cela donne une
raison supplémentaire de le défendre.</p>
<p>"The signal"est
divisé en trois parties, abordant chacune un style différent (1er
segment: Dave Bruckner, 2ème: Jacob Gentry, 3ème: Dan
Bush).C'était audacieux, ça se révèle très efficace,
chaque partie s'intégrant parfaitement à l'ensemble
tout en présentant chacune une façon d'aborder le cinéma
d'horreur (réaliste, burlesque, atmosphérique), et en gardant
une unité dans le style visuel, mais surtout dans les thèmes.
</p>
<p>Les trois amis
réalisateurs sont également plutôt doués avec une caméra, et même
si on sent parfois le manque de moyens, le film est parsemé de
bonnes idées, de plans et de séquences esthétiquement
marquants.</p>
<p></p>
<p></p>
<p><strong>CRAZY IN
LOVE</strong></p>
<p>Le film est avant tout
une histoire d'amour, et conséquence de cela, de jalousie (cf
les titres des deux premières partiescrazy in
love»). Une histoire
d'amour magnifique et pourtant (ou parce que)<span></span> tellement simple. Les
réalisateurs (le premier surtout) font preuve d'une grande
subtilité pour nous la raconter. Pas besoin d'en faire des
tonnes, pas besoin de violons pour créer une émotion artificielle.
Une scène nous montrant les deux amants se séparant en se
promettant de se retrouver très vite pour commencer ensemble une
nouvelle vie. Quelques flash-backs remplis de sourires amoureux
entre deux scènes de violence. Un CD offert à l'héroïne par
celui qu'elle aime, comme un talisman qui la protège du
signal. Il n'en faut pas plus pour comprendre et ressentir
leur relation.</p>
<p>"»
est également un film porteur d'un message, ou tout du moins
d'un témoignage sur l'époque. Comme tout film
fantastique portant un regard sur la société,il est un miroir
de celle-ci, l'élément fantastique venant apporter le
décalage permettant la critique.</p>
<p></p>
<p><strong>CONTE DE LA
FOLIE ORDINAIRE</strong></p>
<p>Les
réalisateurs/scénaristes laissent planer un doute quant au
signal: ils jouent avec le spectateur, le laissant dans un
état constant deperplexité et de confusion quant à savoir qui
est "infecté" et qui ne l'est pas.</p>
<p>Quand Mya rentre chez
elle, le couloir est rempli de gens agités, beaucoup semblant
s'engueuler. Elle note que c'est étrange, mais la
frontière de l'anormal n'est pas franchie. <span></span>Le signal commence-t-il déja à
faire effet, ou est-ce juste un exemple de la «folie
ordinaire»? Plus généralement tout au long du film, tous ces
gens s'adonnant au meurtre ont-ils "the crazy", ou profitent-ils
(consciemment ou inconsciemment) du chaos ambiant et de
«» du signal pour laisser leurs penchants
violents s'exprimer? Dans la voiture, le black est-ilatteint?
Perd-il la tête, soudainement, à cause du signal, ou simplement à
cause de ce qu'il a vécu?</p>
<p></p>
<p>Les accès de violence
dont nous sommes témoins dans le film n'ont pour la plupart
rien de fantastique. Ils sont<span></span> plausibles et pourraient très
bien avoir lieu dans la réalité, sans pour autant que
l'agresseur ne soit rendu fou par un quelconque signal.
C'est une grosse différence avec un film comme «28
weeks later», auquel il est souvent comparé, et qui lui
oeuvre clairement dans la science fiction.</p>
<p>Deux exemples, outre le
passage du couloir. Lorsque le mari (Lewis) frappe l'amant de
sa femme (Ben), il est certes sous l'emprise du signal, mais
les journaux ne sont-ils pasremplis de faits divers relatant
comment un homme trompé a agressé voire tué son rival. Plus évident
encore, lorsque l'on voit Lewis s'en prendre à son ami,
on a l'impression de voir un homme stressé (il ne sait pas où
est sa femme, sa télé ne marche plus), fatigué (il porte toujours
son vêtement de travail) qui, exaspéré par le manège de son ami,
craque nerveusement et trouve un prétexte pour s'en prendre à
lui («»). Là encore le
genre de scènes auquel on peut assister tous les
jours.</p>
<p>Dans leurs attitudes
comme dans leurs actes, on ne peut jamais affirmer avec certitude
si tel ou tel personnage est victime d'une manipulation
extérieure, ou si ses accès de violence ne sont que la libération
de pulsions qu'il porte en lui. Cette confusion est
d'ailleurs illustrée par la scène du toit, où l'ami de Lewis tue un
homme qui, l'ayant pris pour un infecté,l'a frappé avec un
marteau.</p>
<p>Et finalement, la
réponse n'a pas tellement d'importance, puisque se
poser la question, faire la confusion entre «»
et normaux, c'est constater que leur attitude est la même, et
ainsi reconnaitre qu'un homme «» peut
s'adonner à la violence la plus démente. Finalement, ce
signal existe-t-il vraiment? A-t-il véritablement un effet
sur les personnages</p>
<p>"Crazy in love»
nous présente, de façon inquiétante, une société à la violence
larvée. Le signal y représente finalement les tensions latentes,
les exaspérations, et les petits riens qui laissentcette
violence et la colère prendre le dessus.</p>
<p>Pour autant, le film ne
donne pas de leçons, il n'est pas moralisateur. En nous
montrant des personnes en apparence normales se livrer à la
barbarie, en nous faisant douter sur les raisons qui poussent à
cette barbarie, il se veut juste le reflet de notre société. "The
signal", ou un conte sur la folie et la violence
ordinaire.</p>
<p></p>
<p><strong>L'ENFER, C'EST
LES AUTRES</strong></p>
<p>Premier constat donc:
cette violence que nous porterions en nous. S'il est le plus
évident dans le film, il n'est pas le seul. "The jealousy
monster", le deuxième segment, poursuit dans la voie tracée par
"Crazy in love" mais vient également, sous ses atours
humoristiques, enrichir le propos.</p>
<p></p>
<p>Au-delà de la violence sous-jacente aux rapports
humains, «» est présenté comme un obstacle
au bonheur. Les propos de Lewis -
qui», la
représentation humaine de ce reflet exagéré de notre société - sont
très révélateurs: «Vous étiez obligé de tuer ces gens. Ils
vous empêchaient d'être heureux». Un nouvel élément
vient ainsi s'ajouter àla description: la violence que
nous portons en nous est libérée pour nous débarrasser
d'autrui, obstacle à notre bonheur. «Pour vivre
heureux, vivons cachésl'enfer, c'est
les autres», "la liberté des uns commence où finit celle des
autres"...Autant de citations quiaccréditent
l'idéeelle une violence
et une tension entre individus, contraints à cohabiter. Ce qui
permet cette cohabitation, c'est la civilisation et les
règles qu'elle impose. En libérant la violence, le signal
fait voler en éclat ces règles, et donne un moyen radical
d'atteindre son but (le bonheur) en se débarrassant
d'autrui.</p>
<p>Ce constat est plus
effrayant encore si on le rapproche des propos tenus par l'ami de
Lewis à Mya: "Au début, j'ai cru que c'était des meurtres au
hasard. Mais en fait ils réfléchissent. C'est rationnel, ils savent
ce qu'ils font, pour eux c'est logique". Le signal ne rendrait donc
pas fou, mais léverait seulement l'obstacle psychologique qui
empêche à un être normal de suivre ladite logique.</p>
<p></p>
<p><strong>FAIRE BONNE
FIGURE</strong></p>
<p>Cependant, la
civilisation, les règles qui commandent aux relations sociales, ne
sont elles-mêmes pas épargnées. Avec le brillant numéro de voisine
idéale livrée par l'hôtesse da la soirée de réveillon, le
film épingle une autre tare de notre société:
l'hypocrisie au quotidien et surtout, le souci de toujours
faire bonne figure. A présent, c'est le «qu'en
dira-t-on», le souci de ne pas faire de vagues afin de ne pas
être jugé, bref la norme, qui est pointé du doigt. On revient au
thème de l'influence parasytaire d'autrui dans la recherche
de son propre bonheur soit on
suit son instinct naturel et on élimine l'obstacle en faisant
disparaitre l'autre par la violence soit on adapte son
comportement à l'autre, sanslui porter atteinte
physiquement.</p>
<p></p>
<p></p>
<p><strong>UN AUTRE MONDE
EST POSSIBLE</strong></p>
<p>Autre cible
du: le matraquage publicitaire. Cet aspect semble
évident. Presque trop évident. Pourtant le fait est là: un
signal qui s'introduit dans le quotidien des gens, en leur
disant quoi faire, de quoi ils ont envie, ce qui les rendra
heureux... Difficile de ne pas rapprocher cela de l'impact
recherché par la publicité, quelle qu'elle soit.<span></span> Cela est même très explicite
dans le filmle signal te dit quoi penser et quoi
vouloirmême assimiler le signal non seulement
à la pub, mais plus généralement à la communication et à la
manipulation de celle-ci.</p>
<p>Lorsque, à la fin du
film, Ben fixe les écrans de télévision, il est alors persuadé que
Mya est effectivement sa femme. Le signal lui fait croire que ce
qu'il souhaite plus que tout est devenu réalité. On
a<span></span> même
l'impression que Ben s'immerge volontairement dans le
signal car il sait qu'il va y trouver une illusion qui va le
rendre plus confiant et plus fort. Il se laisse manipuler, car cela
rend pour lui les choses plus faciles, même s'il est
conscient que ce n'est pas la réalité.</p>
<p>Cette idée de se laisser
duper par une puissance supérieure pour pouvoir mener une vie plus
paisible est, de Aldous Huxley à Matrix un élément incontournable
des récits d'anticipation.</p>
<p>Alors, «The
signal», film alter-mondialiste? Cela peut faire sourire, et
pourtant, Ben à Clarkau-delà du bruit dans ta tête,
il y a le monde réel.», puis plus tard: "Si on change notre
regard sur les choses, les choses que l'on regarde changent". Tout
cela sonne quand même très «un autre monde est
possible»...Quant à "C'est un mensonge. Le signal est un
piége", cela rappelle carrément un certain "on vous ment, on vous
spollie"!</p>
<p>Ben est la voix de ceux
qui voient au delà du signal. Au contraire,dans l'opposition
continuelle entre Ben et Lewis, ce dernier se révéle très attaché
aux choses matérielles: "We have a good life, a house. It's
precious" (très "bon pére de famille" pour le coup)et surtout
trois lignes qui reflétent parfaitement certains thémes du film:
"Il me dit ce que je dois faire, ce que je veux. Je veux ma femme,
je veux mon appart. Et je veux que vous arrétiez tous de nous
embêter."</p>
<p></p>
<p>Anoter
aussi,la première
version du film,sur le CD qu'écoute Mya, est enregistrée
une» interprétée par Ben.
Plutôt que d'acheter le CD dans le commerce, Ben a enregistré
SA version, avec ses défauts, mais aussi tellement plus
personnelle. Le fait que ce soit cette chanson, enregistrée par une
personne à l'intention exclusived'une seule
autre, qui protége Mya du signal est d'autant plus
émouvant.</p>
<p>Pour des raisons de
droits (bassement mercantiles!!), cette reprise n'a
finalement pas pu être conservée au final...</p>
<p></p>
<p><strong>TOUS LES
MEMES...</strong></p>
<p>On l'a dit, "The signal"
ne se veut pas moraliste. Et pour cause, il met tout le monde dans
le même sac, délivrant au final un constat assez pessimiste sur la
condition humaine (oui, le terme est pompeux, masi c'est bien de
cela qu'il s'agit). Le phénomène de confusion présent depuis le
début du film va trouver un aboutissement, se
matérialiser,dans la scène finale, où Lewis devient Ben, et
Ben devient Lewis. Répétons le, le film repose en grande aprtie sur
la confusion:confusion entre sains et infectés, puis
confusion entre désir et réalité et partant, confusion entre
individus (l'hôtesse devient Mya aux yeux de Lewis, Clark
devientson mari mort aux yeux de l'hôtesse), pour aboutir à
une confusion entre les personnages les plus extrèmes. Le gentil
devient le méchant et vice versa, et par cette inversion des
valeurs, le message délivré devient valable pour tous. Même le
héros, le nice guy (et à travers lui le spectateur qui s'identifie
à lui) peut céder à ses pulsions (cf la scène où il fantasme qu'il
explose le crane de Lewis). Preuve supplémentaire que le film est
un constat et non un jugement, ce passage du côté obscur de la part
de Ben n'est pas condamné. Il apparaît même comme logique au vu de
ce qui précéde. Ainsi pour récupérer celle qu'il aime, Ben se livre
volontairement au Signal en se plongeant dans les écrans de la
gare. Il laisse la violence s'emparer de lui pour se débarasser de
l'obstcale Lewis, avant de redevenir lui-même et d'avoir une chance
de vivre son amour.</p>
<p></p>
<p></p>
<p>Peut être que les
réalisateurs n'ont jamais voulu délivrer de message avec ce film
(en tout cas pas consciemment). Pourtant, "The signal" posséde bien
de nombreuses significations, et de façon assez évidente il me
semble.Un film peut échapper à son auteur, ce qui implique d'une
part qu'il peut y imprimer inconsciemment des choses qu'il a en
lui, et d'autre part que le film peut librement devenir ce que le
spectateur veut y voir.</p>
<p>Et puis merde, dépasser
son simple statut de distraction, pour être un reflet, si possible
critique, de la société; n'était-ce pas la mission du ciné
d'horreur à une époque? </p>
				</div>			</content>			<id>http://bilouff.blog.toutlecine.com/8799/The-signal-Monde-de-merde/</id>			<link href="http://bilouff.blog.toutlecine.com/8799/The-signal-Monde-de-merde/" />			<author>				<name>bilouff</name>				<uri>http://bilouff.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2009-03-25T16:04:29+01:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>En selle avec Monte Hellman 1/2</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p>Au debut des annees 60, Monte Hellman et Jack Nicholson sont tous deux des poulains de l'ecurie Roger Corman, le specialiste des series B produites vite, pour pas cher, et qui peuvent (doivent) rapporter gros.</p>
<p>Les deux hommes collaborent d'ailleurs sur trois des quatre premieres realisations de Hellman,</em> tournes dans la foulee. En profitant pleinement de cette liberte (a tel point que Corman n'appreciera pas du tout les films et les vendra directement a la television, Hellman devant en racheter les droits quelques annees plus tard pour pouvoir les distribuer en salles), le realisateur se pose ainsi pour certains comme l'un des peres du cinema independant americain. </p>
<p></p>
<h1><span>L'ouragan de la vengeance</span></h1>
<p><em><span>L'histoire: la fuite. </em></p>
<p>Des l'ouverture du film, on peut concevoir que Mr Corman n'ait pas apprecie ce qu'il voyait a l'ecran y est resolument anti-spectaculaire. Depouillee, sans fioritures, on est bien loin des cliches de l'attaque de diligence des westerns de l'age d'or hollywoodien. Ici, pas de cavalcades, le chariot est immobilise, le forfait accompli en a peine deux minutes, et les bandits s'en retournent d'ou ils viennent le plus tranquillement du monde. Puis vient un generique lui encore on ne peut plus simple, constitue d'une succession de gros plans sur les differents elements de la diligence.</p>
<p>En quelques minutes, deux constatations s'imposent.</p>
<p>Tout d'abord, en en dejouant les codes, <em> le genre. Mais en ce debut d'annees 60, le western "a l'ancienne" est plutot moribond.</p>
<p>Deuxieme constatation ce vieillard cognant inlassablement sur une souche tel un automate, ces deux preneurs d'otages jouant aux dames tandis que leurs prisonnieres vaquent a leurs taches menageres comme si de rien n'etait. Mais c'est surtout le rythme donne par Hellman a son film, lancinant, envoutant, qui vient renforcer cette impression. Perdus au milieu de paysage desertiques ou coupes de l'exterieur dans de minuscules habitations, le temps semble s'etre arrete pour les heros.</p>
<p>La structure du recit est d'ailleurs interessante, puisque celui-ci s'ouvre et se ferme sur des scenes montrant les personnages cloitres dans ces petites cabanes, creant un contraste frappant avec les grands espaces environnants. Entre les deux, la fuite, la ruee en avant pour echapper aux poursuivants, une cavalcade ininterrompue, et pourtant les personnages donnent l'impression de ne pas progresser. Cette course etrange demarre et s'acheve dans l'une de ces petites maisons, comme si elles constituaient les deux balanciers garantissant l'equilibre du recit. A force de courir, les fuyards seraient-ils revenus a leur point de depart: une atmosphere de mefiance reciproque en presence des hors la loi au debut du film, que l'on retrouve face a la famille de fermiers en fin de metrage. </p>
<p>Ces deux , et il songe a acquerir son propre ranch. On est donc face a des hommes qui cherchent leur place, et qui vont etre confrontes a deux choix de vie opposes. Et face a chacun de ces modeles, c'est avant tout de la mefiance qu'ils vont eprouver. Vu sous cet angle, leur fuite peut alors prendre des airs de quete de soi-meme. </p>
<p>Enfin, il faut bien sur parler du dernier element capital de l'histoire et elle est plus effrayee par l'idee d'enfreindre les regles de la maison que par les hommes qui la retiennent en otage). </p>
<p></p>
<p></p>
<p>Au final, <em>"l'ouragan de la vengenace"</em> est un de ces films quel'on prend autant de plaisir a regarder qu'a y reflechir par la suite. Un film ou l'on sent que derriere les images et l'action, se cache une reflexion, une demarche que l'on ne saisit aps forcement immediatement. </p>
<p>Loin d'etre un chef d'oeuvre, il reste un film tres interessant, recellant une part de mystere, et qui temoigne egalement d'une faon de faire des films aujourd'hui revolue. </p>
<p></p>
<p></p>				</div>			</content>			<id>http://bilouff.blog.toutlecine.com/5134/En-selle-avec-Monte-Hellman-1-2/</id>			<link href="http://bilouff.blog.toutlecine.com/5134/En-selle-avec-Monte-Hellman-1-2/" />			<author>				<name>bilouff</name>				<uri>http://bilouff.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2008-09-21T21:38:50+02:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>Le court-métrage au Japon</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p><em></em></p>
<p><em>Toujours dans le cadre du cycle "Cinema Japonais"
initie par wildgrounds, je poste ici un interview
realise lors du Festival International de
Clermont-Ferrand, et deja publie sur le site www.asiexpo.com. Il fait partie d'une
serie de cinq entretiens avec des personnalites du
court-metrage en Asie, et visant a donner un panorama
de la situation de la discipline dans cette
region.</em></p>
<p><em>Pour le Japon, ce
sont Toshiya Kubo, directeur du Festival du
Court Metrage de Sapporo, et Tai Murayama, vice
president de MTV Networks Japan, qui ont repondu
a nos questions.</em></p>
<p></p>
<p><strong>Pouvez-vous nous presenter le Festival du
Court Metrage de Sapporo ?</strong>Le festival
celebre en septembre son troisieme
anniversaire. Nous avons trois competitions : une
competition nationale, une competition
internationale, et une competition entre
realisateurs. Cette derniere est la
particularite de notre festival : on y recompense non
pas un film, mais un realisateur, pour l'ensemble de
son travail. Chaque realisateur decide lui-meme
des films qu'il souhaite presenter, et c'est sur
cette retrospective qu'il est
juge. Nous sommes partis du constat que dans les festivals,
c'est le film plus que l'auteur qui est
recompense. Avec cette competition plus
prestigieuse, et bien sur plus valorisante pour les
realisateurs, nous souhaitons mettre le realisateur,
en tant qu'artiste, en avant. L'idee d'une
competition dediee aux films et d'une
autre consacree aux cineastes nous est venue de
l'industrie musicale. En quelque sorte, la premiere
competition presente des singles, tandis que la
seconde presente un album complet.
Nous avons egalement un marche du film
consequent, et nous organisons un maximum de rencontres
entre le public et les realisateurs.

<strong>D'ou provient l'argent vous permettant
d'organiser le festival ?</strong>
Nous recevons de l'aide de la ville de Sapporo, et petit
a petit, des sponsors prives viennent
egalement nous financer.

<strong>Etes-vous satisfait des deux premieres
editions ? Ont-elles ete un succes
?</strong>
Oui, nous sommes assez contents, nous avons plus de 8 000
spectateurs sur cinq jours chaque annee. En terme
d'affluence, c'est le premier festival de courts
metrages au Japon, et le huitieme festival de
cinema en general.

<strong>Vous pensez qu'il existe un reel
interet pour le court metrage au Japon
?</strong>
Au Japon, le Short Short Festival de Tokyo existe
depuis une dizaine d'annees. Nous travaillons avec eux
depuis la seconde edition, en projetant a Sapporo des
films primes lors de leur festival. Apres 6 ou 7 ans,
nous avons donc decide de creer notre propre
manifestation, afin d'avoir un plus grand controle sur
la programmation, et d'organiser les choses a notre
faon, d'etre independants. Nous savions
qu'il existait a Sapporo un public pour le court
metrage. De plus, aujourd'hui, les courts
metrages sont de plus en plus differents, de plus en
plus creatifs, les gens les voient comme quelque chose de
nouveau, et il existe une vraie demande, peut etre meme
commerciale, pour ce format. Le marche du film de Sapporo
est le seul qui soit consacre aux courts metrages,
mais de plus en plus de compagnies (des operateurs de
mobiles, des chaines de television, des
compagnies aeriennes...) se montrent
interessees.</p>
<p></p>
<p><strong>Comment le court metrage est-il peru
au Japon ? Est-il vu comme un hobby, un moyen de se faire la main
avant de passer au long, ou au contraire comme une forme
d'art a part entiere ?</strong>
Au Japon, on apprecie les courts metrages, notamment
parce qu'en y consacrant le meme temps
qu'a un long metrage, ils peuvent voir de
nombreux styles differents. Le succes est donc
la, mais les courts sont plus vus comme une distraction.
Pour beaucoup, court metrage signifie amateurisme. Ils ne
realisent pas que certains films, comme
Usavitch sont produits de faon
professionnelle, et que derriere ces trois minutes de film,
il y a un enorme travail. Il faut du temps pour qu'une
nouvelle discipline soit reconnue comme une forme d'art, et
le court metrage n'en est pas encore la au
Japon. Je pense que la majorite des realisateurs de
court ont dans l'idee de passer au long des que
possible, et voient surtout ce format comme un entrainement
et une faon de montrer leur talent. Le probleme est
qu'au jour d'aujourd'hui, il n'y a pas
beaucoup d'argent dans le court metrage, il est donc
difficile d'y faire carriere !

<strong>Quel style a le plus de succes dans le court
metrage ? Qu'est-ce que le public a envie de voir
?</strong>
Il y a la encore un parallele avec la musique. En
general, c'est la mauvaise musique qui se vend
le mieux, tandis que la bonne musique ne marche pas tres
bien (rires). C'est pareil avec les courts : certains sont
tres bons, mais tres difficiles d'acces,
et n'ont donc pas vraiment de succes aupres du
grand public. Ceci dit, il est important que le genre soit
tres varie, nous avons besoin de styles
differents : des films d'etudiants, de
professionnels, de l'animation, des documentaires... tout
comme il est important qu'il existe des styles de musique
differents !</p>
<p><strong>Pensez-vous qu'il existe une touche japonaise
dans les courts metrages ? Un style, ou des themes
qui reviennent regulierement ?</strong>Je pense
que l'animation est un style typiquement japonais !
Traditionnellement, c'est un genre tres populaire au
Japon, de plus, il necessite moins de moyens que les films
live. Avec un simple PC, quelqu'un de talentueux est capable
de realiser son court metrage d'animation
depuis sa chambre !

<strong>J'ai ete surpris de constater en
selectionnant les courts metrages pour le festival de
Lyon que nous ne recevions finalement que peu de films en
provenance du Japon. Beaucoup moins en tout cas que de pays comme
la Coree par exemple. Comment l'expliquez-vous
?</strong>
Ce n'est qu'une question d'argent.
L'industrie du cinema est en bonne sante en
Coree. Ils ont des structures solides, de gros studios, de
grandes ecoles, et ils reinvestissent leur argent, y
compris dans les courts metrages. Le systeme est
tres different au Japon. Il n'existe
qu'une ecole publique, les autres sont des
ecoles privees onereuses ou il est
difficile d'entrer. Pourtant, il est difficile
d'acceder aux metiers du cinema sans
passer par ces ecoles. C'est un systeme
complexe. Le fait d'aller etudier le cinema
a l'etranger est egalement
limite, car peu de japonais savent parler anglais.

<strong>Existe-t-il un reseau, une communaute autour
du court metrage ?</strong>
Non, pas vraiment. Internet permet aux realisateurs
d'etre en contact et de creer un cyber
reseau, mais tout cela manque de concret. En
matiere de vie artistique, le Japon est tres faible.
Il y a peu d'initiatives, de structures de type associatif.
Nous faisons la confusion entre art et divertissement. Au Japon,
c'est l'aspect commercial qui prime. Pour qu'une
forme d'art puisse se developper, il faut aussi
qu'elle soit rentable. Le contexte japonais est tres
particulier. Si le succes est au rendez-vous, l'argent
suivra, et ainsi le court metrage pourra plus facilement se
developper. C'est pourquoi il est important que des
films japonais soient projetes dans les differents
festivals internationaux, ou que des gens comme vous s'y
interessent. Si les japonais voient que la production de
leur pays suscite l'interet a
l'etranger, ils vont comprendre qu'il y a
la un potentiel economique (rires)
!</p>
<p></p>
<p><strong>Qui realise des courts metrages au
Japon ? S'agit-il essentiellement de films
realises par des etudiants
?</strong>Pour donner un ordre d'idee, disons
que 5 a 10 % des films sont realises par des
professionnels, generalement a des fins
commerciales, 30 a 40 % par des etudiants
(<em>a titre de comparaison, pres de 60 % des courts
metrages coreens sont realises par des
etudiants</em>), et le reste independamment par des
cineastes amateurs.

<strong>Avant de conclure, pouvez-vous nous dire un mot sur la
serie Usavich ?</strong>
C'est une serie mettant en scene deux lapins
emprisonnes en Siberie, l'un impassible mais
capable de coleres impressionnantes, l'autre doux et
amateur de danse. Chaque episode dure 90 secondes et les met
dans une situation inedite, racontant de faon
humoristique leur vie et leurs relation avec la porte/gardien, avec
un poussin qu'ils ont adopte, avec une grenouille
sortie de leurs toilettes... La serie est produite par
MTV Networks Japan, a destination des chaines de
television et des operateurs
telephoniques. Elle compte a ce jour deux
saisons, et nous travaillons sur la troisieme.
J'espere que vous aurez l'occasion de les
decouvrir bientot en France !


Propos recueillis a l'occasion du 30e Festival
International du Court Metrage de Clermont-Ferrand
Fevrier 2008</p>
<p><em>Vous pouvez
retrouver les autres interviews de cette serie (Amir
Muhammad pour la Malaisie, Chalida Uabumrungjit pour
laThailande, Yuni Hadi pour Singapour et Gina Kang pour
la Coree du Sud) sur le site d'Asiexpo: www.asiexpo.com/club , rubrique
"interviews".</em>
</p>
				</div>			</content>			<id>http://bilouff.blog.toutlecine.com/4344/Le-court-m-trage-au-Japon/</id>			<link href="http://bilouff.blog.toutlecine.com/4344/Le-court-m-trage-au-Japon/" />			<author>				<name>bilouff</name>				<uri>http://bilouff.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2008-07-31T13:28:34+02:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>Mon humble avis sur..."le vase de sable"</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p></p>
<p><span></span></p>
<p><span>La
police enquete sur le meurtre d'un homme
retrouve dans une gare de Tokyo. Leur seul indice est le mot
 prononce avec
l'accent du Nord du Japon...</span></p>
<p><span></span></p>
<p><span>La
recette de "L'ete du demon" est donc reprise
ici (1): Seijo Mutsamoto pour le
fond, Yoshitaro Nomura pour la mise en forme. Si dans ce dernier
film, la collaboration des deux hommes etait "fusionnelle"
au sens ou il etait difficile de discerner
l'influence de l'un ou de l'autre sur tel ou tel
element, la situation est ici differente. En
effet, une des particularites du "vase de sable"est
selon moi d'etre divise en deux parties bien
distinctes, chacune portant la marque d'un des deux artistes. Dans
la premiere moitie du film, Nomura se place en
retrait, et c'est la patte du romancier que l'on distingue
nettement dans cette enquete meticuleuse, ou
chaque detail compte.Le spectateur est
placed'entree au coeur de
l'investigation, qui rebondit d'une scene
a l'autre au rythme des informations glanees.
Un certain aspect procedurier, ainsi que le flou dans lequel
evolue les inspecteurs, donnent reellement le
sentiment d'avancer a leurs cotes sur
cette affaire. Le film ravira ainsi les amateurs d'intrigue
policiere classique (Matsumoto touch), et serait
deja tres bon s'il se cantonnait
a cet aspect, l'enquete etant
egalement un voyage a travers le Japon, avec une
photographie et des decors naturels de toute
beaute.</span></p>
<p><span></span></p>
<p><span>Mais
dans la seconde partie, Nomura va depasser ce simple cadre
narratif, se le reapproprier,et surprendre le
spectateur en conferant au film une autre ampleur, assez
inattendue au regard de ce qui precede. Il va en
effet lui donner, au fil de l'explication du crime, une
incroyable dimension dramatique, notamment par l'insertion de
certains themes qu'il affectionne comme la
cruaute de l'etre humain ou la relation
pere / fils. Pendant pres d'une heure, et
quasiment sans dialogues, le drame d'un homme nous est
expose, tandis que, monte en parallele,
celui-ci interprete au piano un concerto inspire de
sa vie, et qui vient donc directement illustrer ce que l'on
voit a l'ecran. Certes, ce
procede peut paraitre facile, artificiel, voire
mievre. Mais il demontre surtout un immense talent de
cineaste, un superbe sens du montage, et il est tres
difficile de ne pas se laisser emouvoir.</span></p>
<p><span></span></p>
<p><span>Un
film bivalent donc une
partie enquete, une partie drame; une partie qui fait appel
a l'intellect, une qui fait appel aux emotions...mais
surtout au final, un grand film.</span></p>
<p></p>
<p><span>(1):
Pour parler chronologiquement, entre ces deux films, c'est en
realite dans "l'ete du demon"
que l'on retrouve la recette du "vase de sable", le premier ayant
ete tourne en 1978 et le second en 1974. La
premiere collaboration entre les deux hommes remonte quant
a elle a 1958 avec "Harikomi".</span></p>
<p></p>
<p><em>EDIT: Dans le cadre du cycle
cinema japonais, "le vase de sable" est egalement
chronique par LATERNA MAGICA, qui souligne notamment
l'opposition qu'opere le film entre le Japon traditionnel et
le Japon moderne d'une part; le Japon des villes et celui des
campagnes d'autre part. Deux themes qui confirment le
caractere "a double facette" du
film.</em></p>
<p>http://peterpan7bis.spaces.live.com/blog/cns!C1FB58145CFFEBE4!14162.entry</p>
				</div>			</content>			<id>http://bilouff.blog.toutlecine.com/4242/Mon-humble-avis-sur-le-vase-de-sable/</id>			<link href="http://bilouff.blog.toutlecine.com/4242/Mon-humble-avis-sur-le-vase-de-sable/" />			<author>				<name>bilouff</name>				<uri>http://bilouff.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2008-07-25T15:35:16+02:00</updated>		</entry>		<entry>			<title>Mon humble avis sur..."l'été du démon"</title>			<content type="xhtml">				<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml">				<p>
<em></em></p>
<p><em>(Mieux
vaut avoir vu le film , ce qui suit en devoilant quelques
aspects importants)</em></p>
<p>
<span>Aaah...le
Japon, ce doux pays en forme de banane (si si, un peu)...ses
mangas, sa cuisine...et son cinema dont on peut
regulierement decouvrir ou redecouvrir
certaines perles grace au travail de gentils
editeurs.</span></p>
<p><span>Pour ma part, j'ai
ainsi pu faire la connaissance il y a quelques mois de
<strong>Yoshitaro Nomura,</strong> via la sortie de deux de ses
films chez Wildside. Et bien figurez-vous qu'ils m'ont
tellement plu que j'avais envie d'en dire quelques mots rapides,
meme s'il ne s'agit plus d'une actu toute
fraiche.</span></p>
<p><span></span></p>
<p><span>Commenons avec
<strong>L'ete du demon</strong> (<em>Kichiku,
1978),</em> film qui remportera en 1979 les recompenses de
meilleur realisateur et de meilleur acteur (pour Ken Ogata)
lors de l'equivalent japonais de nos
Cesars.</span></p>
<p><span>Kikuyo
eleve seule depuisles trois
enfants qu'elle a eu en secret avec son amant Sokichi, homme
marie et imprimeur de son etat. Lorsque celui-ci
n'est plus en mesure de lui verser chaque mois une pension, Kikuyo
se rend a son domicile et lui abandonne les enfants avant de
disparaitre.</span><span></span></p>
<p><span></span></p>
<p><span>Ne vous fiezni au
synopsys, ni au titre du film; ils sont tous les deux
trompeurs.</span></p>
<p><span>En lisant le premier,
on pourrait s'attendre a une comedie dramatique
classique, dans laquelle l'epouse cocufiee et les
enfants vont etre rivaux, avant de se decouvrir,
d'apprendre a s'aimer et de former une nouvelle famille
(final avec des violons, on verse une petite larme
d'emotion, la vie est belle). Que nenni! Nomura choisit ici
une approche inedite, inattendue de cette relation, beaucoup
plus brutale, beaucoup plus cruelle et pessimiste, mais aussi
totalement realiste.</span></p>
<p><span>Quant au titre
franais du film, il pourrait laisser penser qu'il est
ici question de surnaturel, voire d'horreur. Et la
encore, que nenni! Pas au sens "sanglant" du terme en tout
cas. Mais une autre horreur, encore plus terrifiante, est
presente:une horreur bien reelle, ancree
dans le quotidien, une horreur "domestique", dans le traitement que
le couple, en particulierla femme trompee,
reserve aux enfants</span><span>.</span></p>
<p><span>
Pour autant, cette horreur n'est
pas visuelle, ne vous attendez pas a des scenes choc.
<strong><span>L'ete du
demon</span></strong> est avant tout un film
d'ambiance.</span></p>
<p><span>
Des le debut, le malaise
est installe par une scene en plan large et fixe,
dans laquelle la maitresse raconte a la femme
trompee son aventure avec son mari, en presence de
celui-ci. Le spectateur (un peu voyeur) ressent une impression de
malaise devant cette situation etrange et
surrealiste, ou une femme en regarde une autre droit
dans les yeux pour lui raconter le plus calmement du monde comment
elle est depuis plus de sept ans la victime d'une trahison au long
cours. Rien que a. Et sous les yeux du mari s'il vous
plait. L'atmosphere pesante ainsi
creee est renforcee d'une part par le
decor exigu de l'imprimerie ou se
deroule la majorite du film, d'autre part par
la canicule sevissant durant tout le metrage
les personnages, en sueur, semblant toujours
oppresses.</span></p>
<p><span>Cette scene clef sert aussi a nous
presenterla reaction de chacun des trois
personnages, et ainsi leur principal trait de caractere: une
maitresse cruelle et revancharde, une epouse
humiliee (ce qui la poussera a devenir a son
tour cruelle et revancharde), un mari faible et
honteux.</span></p>
<p><span></span></p>
<p><span>Par la suite, toute l'ambiance du film
residera dans les non dits, l'atmosphere de danger,
la menance qui psesera perpetuellement sur les
enfants. Tout le propos du film est en effet de montrer leur
fragilite face au monde et aux decisions des
adultes.</span></p>
<p><span>Dans la premiere partie du metrage,
ils ne sont jamais filmes comme l'element
central d'une scene, mais toujours dans leur rapport, voire
leur dependance, a l'adulte. C'est toujours ce
dernier qui est sur le devant de la scene, tandis que les
enfants sont la sans etre la. Ils
n'apparaissent pas vraiment comme des personnages a part
entiere, mais plus comme un attribut rattache
a tel ou tel personnage d'adulte. Cela est flagrant dans la
scene evoquee precedemment:
tandis qu'au premier plan, les adultes discutent, les enfants
jouent au second, sans intervenir dans l'action, quand bien
meme il n'est question que d'eux. Ils sont a la fois
l'objet du probleme et de la convoitise, et bien qu'ils
soient innocents et gentils, ils apparaissent comme un fardeau pour
les adultes, et donc constamment menaces.</span></p>
<p>Les premieres scenes
centrees sur les enfants, (et donc d'ou sont
absents les adultes) ne servent qu'a souligner leur
abandon, leur fragilite et leur tristesse. Une image
symbolique revient d'ailleurs de faon
recurrente: celle ou un miroir de fete
foraine renvoie d'eux une image deformee, comme
pour illustrer la menace qui pese sur eux, comme si ce
qu'ils allaient vivre pourraient marquer a jamais des
etres si malleables, si fragiles.</p>
<p>Ainsi donc, les petits ne nous
apparaissent que de deux fa: fardeau, ou
victime.</p>
<p></p>
<p>Et qui dit victime dit bourreau. Ce
role est bien sur tenu par l'epouse
trompee. Celle-ci incarne plus que tout autre le
demon du titre. Ou plus exactement, elle est en proie
a ce demon: le demon de la jalousie, de
l'orgueil blesse, le demon de la
lachete, qui pousse un adulte a s'en
prendre a un enfant.</p>
<p>Les rapports des orphelins avec elle sont
ainsi tout bonnement terrifiants car elle apparait
constamment menaante, voire diabolique, songeant au
meilleur moyen de se debarrasser d'eux. La musique,
inquietante, est d'une grande efficacite
des que le spectateur l'entend, il sait que les
enfants sont en danger. L'attente de ce qu'il va
decouvrir, du sort de ces enfants innocents, est ainsi
rendue encore plus stressante. Cette musique contraste avec celle,
enfantine, que l'on trouve dans les scenes
centrees sur les enfants, et qui vient renforcer
l'impression que ceux-ci vivent dans une bulle, un monde
different de celui des adultes, dont ces derniers ne
possedent pas la clef.</p>
<p></p>
<p>Mais, apres nous
avoir presentes les enfants comme innocents et
victimes des adultes, Nomura va nous surprendre a nouveau,
en inversant les roles. Le plus ages des trois
va progressivement refuser sa condition de victime en faisant
preuve de ressources insouponnees. Un face a
face avec le pere, melant tendresse et
mefiance, va alors s'installer sans que l'on ne
sache jamais comment interpreter l'attitude du jeune
gar: innocence ou machiavelisme.<span></span></p>
<p>Cette reaction de l'enfance,
ce desir de prendre en charge son destin, de ne plus
etre soumis aux adultes, est la seule touche
d'optimisme du film. Nomura place ses espoirsen ce
jeune garon, tandis qu'il nous presente les
adultes comme egoistes, cruels, mauvais, calculateurs,
soit par orgueil (l'epouse bafouee) soit par
lachete (le mari). En effet, ce dernier aime
sincerement ses enfants, et malgre cela, totalement
soumis a sa femme, il va commettre
l'irreparable. Loin de lui accorder des circonstances
attenuantes, cela ne rend son geste que plus
meprisable.</p>
<p>L'espoir place en
l'enfant est cependant ephemere,
puisquecelui-ci va inevitablement devenir adulte (si
si, c'est comme a, c'est la nature), et en
grandissant, etre corrompu par le monde qui l'entoure.
La scene ou le pere raconte comment il a
lui-meme ete victime des agissements de son
oncleest a ce titre tres
explicite. L'adulte et l'enfant nous apparaissant
a ce moment comme une meme personne, a deux
moment de sa vie, l'une encore innocente (ou qui l'a
ete) l'autre corrompue (ou qui va le
devenir).</p>
<p></p>
<p>Le pessimisme de Nomura est
renforce lors de la derniere partie du film:
une escapade du pere et de son fils en bord de mer. Le but
initial de celle-ci est de se debarrasser du petit, mais le
spectateur, trompe par ce changement de decor (on
quitte la ville, l'imprimerie etroite et la canicule
pour de vastes paysages de littoral battu par les vents) et par la
journee idyllique que passe les deux personnages, va se
prendre a croire que le mari va reussir a se
defaire de l'influence de sa femme, et epargner
l'enfant. Sa tentative d'acte meurtrier, finalement
inevitable au regard de ce qui precede,
n'en est que plus choquante.</p>
<p>Le film se clot sur une scene
dechirante ou l'enfant, ayant survecu,
affirme a la police que l'homme qu'il a en face
de lui n'est pas son pere. Le regard dur et
determine du garon contraste avec celui,
implorant et charge de remords, du pere. Cet acte du
fils peut etre interprete de plusieurs
faons. En reniant son pere, on peut penser
qu'il se libere de la menace que represente
celui-ci, ce qui peut laisser esperer qu'il va pouvoir
vivre une vie meilleure. On peut aussi y voir une punition
qu'il inflige a celui-ci pour le traitement
qu'il lui a reserve. Mais on peut
egalement y voir une faon d'epargner
son pere, puisque en se defaisant de lui, il apporte
une solution au probleme que lui meme
representait.</p>
<p>Quoiqu'il en
soitce final est a nouveau trompeur. Certes,
l'enfant se libere de la menace des adultes (pour un
temps), mais pour se faire, il est oblige de prendre une
decision cruelle, difficile et irremediable.
En bref, le genre de decision qui vous fait faire un pas de
plus vers l'age adulte...et l'on a vu que
Nomura ne tenait pas ce monde en haute estime.<span></span></p>
<p><span></span></p>
<p>L'ete du demon
est donc un film a la fois dur et emouvant, ainsi
qu'une magnifique description de l'enfance, quand bien
meme celle-ci adopte un point de vue tres pessimiste.
Nomura choisit des le debut un traitement surprenant
du sujet, et joue avec son spectateur en effectuant des
retournements de situation, ou en lui laissant l'espoir
d'un retournement de situation. Cet espoir se retrouvera
systematiquement trahi, rendant le message du film encore
plus douloureux a accepter.</p>
<p>Oh, j'oubliais,

est adapte d'un roman de Seicho Matsumoto, souvent
qualifie de , et
dont Yoshitaro Nomura fut en quelque sorte l'adaptateur
officiel, puisqu'ils ont collabore ensemble sur huit
films. Et parmi ces huit films, on trouve<strong>Le vase de
sable</strong> (<em>Suna no utsuwa</em>, 1974) dont
j'essaierai de parler bientot. Si c'est pas de la
transition a...</p>
<p></p>
<p><em>Edit: Coincidence, je poste cet article au moment
ou le cycle cinema japonais lance par
Wildgrounds bat son plein! Merci donc a Michael
d'avoir ajoute ma modeste contribution a tous ces
passionants articles!</em></p>
<p><em>Plus d'infos sur le cycle ici: http://wildgrounds.com/</em></p>
<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p><span></span></p>
<p></p>
<p><span></span></p>
<p></p>
<p><span></span></p>
<p></p>
				</div>			</content>			<id>http://bilouff.blog.toutlecine.com/4156/Mon-humble-avis-sur-l-t-du-d-mon/</id>			<link href="http://bilouff.blog.toutlecine.com/4156/Mon-humble-avis-sur-l-t-du-d-mon/" />			<author>				<name>bilouff</name>				<uri>http://bilouff.blog.toutlecine.com</uri>			</author>			<updated>2008-07-30T11:46:01+02:00</updated>		</entry></feed>