<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0">	<channel>		<title>[blog.jeuxvideo.com] jimpoter : <![CDATA[Pour les fans en manque de Harry Potter : Fanfiction Harry Potter 7.]]></title>		<link>http://jimpoter.blog.jeuxvideo.com</link>		<description><![CDATA[Pour les fans en manque de Harry Potter : Fanfiction Harry Potter 7.]]></description>		<language>fr</language>		<copyright>Copyright (c) 2006, Hi-pi</copyright>		<generator>Hi-pi RSS 2.0 generator</generator>		<docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>		<pubDate>Thu, 17 Jul 2008 12:00:11 +0200</pubDate>		<item>			<title><![CDATA[Je passe dire bonjour... Signé "Le revenant"]]></title>			<description><![CDATA[<p>   Salut à toutes et à tous 
(j'exagère peut-être un peu là). Comme
ça doit faire à peu près un an que je n'ai
plus posté d'article, suite à la fin de mon unique
écrit à la fois achevé et de la taille d'un
roman, à savoir ma fic de HP7, j'ai eu l'idée
saugrenue de passer dire bonjour... pour ceux que ça peut
intéresser  .</p>
<p>   Merci à ceux qui, pendant mon absence, ont
posté des commentaires gentils (ou méchants, yen a eu
aussi  ) sur ma fic. Merci aussi à des lecteurs comme le
mystérieux "ga"  , ou plus récemment,
Reezen.</p>
<p>   A titre d'information, je rame en ce moment dans le
domaine de l'écriture. Mon univers imaginaire, après
la fin de la Guerre des Sages, reprend très lentement forme,
et sera bientôt plus vaste, complexe, plus grand... bon je me
la pète mais c'est ce que j'espère en tout cas^^.
Sûrement pas de suite à la Guerre des Sages ni
d'autres fanfictions sur Harry - je le redis, parce que je change
souvent d'avis, c'est un gros défaut...</p>
<p>   Voilà... J'espère qu'un jour je
pourrai vous faire lire de nouvelles choses... Plus dans le domaine
de la fanfiction (HP ou non) que sur quelque chose de "purement
inventé". Je ne sais pas, mais je n'oublie pas ce blog.
Voilà. J'espère enfin que ce message... aura fait
plaisir à certains^^.</p>
<p> </p>
<p>   Ciao,</p>
<p>   Jim</p>
]]></description>			<link>http://jimpoter.blog.jeuxvideo.com/1066507/Je-passe-dire-bonjour-Signe-Le-revenant/</link>			<comments>http://jimpoter.blog.jeuxvideo.com/Je-passe-dire-bonjour----Signe--Le-revenant--30062008-124134-lp-1066507.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://jimpoter.blog.jeuxvideo.com/1066507/Je-passe-dire-bonjour-Signe-Le-revenant/</guid>			<pubDate>Mon, 30 Jun 2008 12:41:34 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Message de l'auteur^^]]></title>			<description><![CDATA[<p align="justify"> </p>
<p align="justify"> </p>
<p align="justify">Bonjour à tous, je suis Jimpoter, auteur de la
fanfiction du tome 7 de la saga Harry Potter, Harry Potter et la
Guerre des Sages. Ca m'aura pris un an et demi pour écrire
cette histoire de 36 chapitres, et je suis vraiment très
heureux d'avoir pu vous la faire partager, cette histoire qui
contenait mes idées et ma vision du monde de Harry
Potter.</p>
<p align="justify">Bien
sûr, au début, les premiers chapitres laissaient un
peu à désirer (en tout cas c'est mon avis), à
cause de l'orthographe (j'ai commencé à me relire
vers le chapitre 6 ou 8, je crois), et aussi à cause de
l'histoire, peut-être un peu simplette, je ne sais pas ce que
vous en pensez : c'est parce qu'ils ont été
écrits à une époque où je ne savais pas
où j'allais avec mon histoire, donc j'espère que vous
m'en excuserez^^. Ensuite, donc, je me suis relu et en plus j'ai eu
une vision de plus en plus claire des secrets et du
déroulement de l'intrigue de la Guerre des Sages. Cela a
donné ce que vous avez à disposition
aujourd'hui^^.</p>
<p align="justify">Je
tiens à remercier tous ceux qui m'ont lu, reviewé, et
parfois critiqué, m'encourageant et m'aidant parfois (pas
très souvent, car je suis têtu et j'aime
conservé mes choix . Je n'oublierai jamais que cette
histoire à laquelle je me suis tant consacré a su
trouvé quelques lecteurs fidèles^^ (ne vous vexez pas
pour le mot "quelques", surtout, c'est juste que je veux à
tout prix éviter de me la péter...).</p>
<p align="justify">Pour
ceux qui se poseraient la question (que je me suis moi-même
posé ces derniers jours), il n'y aura pas une autre
fanfiction en suite de celle-ci. Je ne garantis pas que je ne
changerai pas d'avis, mais ce n'est vraiment pas dans mes projets,
malgré les indices que j'ai laissés (ben oui, de
toutes manières, je voulais laisser ces indices pour que
ça ne ressemble pas à "ils vécurent heureux et
eurent beaucoup d'enfants" -_-'). Et si comme je viens de le dire,
je ne fais pas de suite à cette fic, il n'y aura plus
d'autre fic. Je vais tenter d'écrire quelque chose de bien
à moi, et là, ça va être
difficile.</p>
<p align="justify">Enfin je vais faire une pause et je prendrai tout mon temps, je
vais vivre ma vie de jeune quand même XD. Mais dans les
prochaines semaines, je vais relire les premiers chapitres et y
effectuer des modifications. Cela ne changera rien à
l'histoire elle-même, mais les textes et les dialogues seront
peut-être améliorés et enrichis, pour faire
monter la qualité^^. Mon frère va aussi se charger,
quand il lira ma fic, de corriger les fautes d'orthographe non
corrigées dans les premiers chapitres, et celles
passées inaperçues lors de mes relectures, ce que
j'aurais fait moi-même s'il ne s'était pas
proposé.</p>
<p align="justify">Encore merci à tous et, bien sûr, maintenant,
attendons tous avec impatience la sortie du tome 7 des aventures de
Harry Potter par JK Rowling ! ^^</p>
<p align="justify"> </p>
<p align="justify"> </p>
<p align="justify"> </p>
<p align="justify">Jimpoter</p>
]]></description>			<link>http://jimpoter.blog.jeuxvideo.com/644459/Message-de-l-auteur/</link>			<comments>http://jimpoter.blog.jeuxvideo.com/Message-de-let-039-auteur---01062007-162032-lp-644459.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://jimpoter.blog.jeuxvideo.com/644459/Message-de-l-auteur/</guid>			<pubDate>Fri, 01 Jun 2007 16:20:32 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Chapitre XXXVI : Le Mage blanc (fin du chapitre - fin de la fanfiction^^)]]></title>			<description><![CDATA[<p align="justify"> </p>
<p align="justify">   - Bien, dit le prêtre-sorcier. Maintenant,
veuillez sortir vos baguettes magiques et les mettre bout à
bout, s'il vous plaît.</p>
<p align="justify">   Harry et Ginny s'exécutèrent, sans
cesser de se regarder.</p>
<p align="justify">   - Ginevra Molly Weasley, reprit le prêtre,
acceptez-vous de prendre Harry James Potter pour époux, de
l'aimer, de le chérir, dans la joie ou dans la peine,
jusqu'à ce que la mort vous sépare ?</p>
<p align="justify">   - Oui, répondit Ginny d'une voix plus
sérieuse et solennelle, et aussi légèrement
tremblante.</p>
<p align="justify">   - Harry James Potter, acceptez-vous de prendre
pour épouse Ginevra Molly Weasley, de l'aimer, de la
chérir, dans la joie ou dans la peine, jusqu'à ce que
la mort vous sépare ?</p>
<p align="justify">   - Oui, dit Harry d'un ton devenu tout aussi
solennel, les joues en feu, même s'il n'arrivait pas à
s'enlever ce stupide sourire...</p>
<p align="justify">   Le prêtre leva sa propre baguette magique et
la pointa vers la jonction des deux autres baguettes. Puis son
sourire s'élargit davantage lorsqu'il déclara d'un
ton enjoué :</p>
<p align="justify">   - Je vous déclare donc unis par les liens
sacrés du mariage !</p>
<p align="justify">   Une lumière blanche jaillit et vint frapper
la jonction des baguettes, avant d'illuminer les deux
mariés.</p>
<p align="justify">   - Allons ! fit le prêtre, amusé.
Embrassez-vous, mes enfants.</p>
<p align="justify">   Harry saisit Ginny par la taille tandis que deux
bras lui entouraient le cou, et ils s'embrassèrent sans
retenue devant tous les invités. Il les entendit se lever et
applaudir ; des « Bravo ! » ou des
« Vivent les mariés ! »
retentissaient à droite à gauche, mais il n'y faisait
plus tellement attention - il éprouvait une sorte d'euphorie
indéfinissable. Du côté de Ginny, Hermione -
qui avait été son témoin avec Luna - essuyait
ses larmes et allait imiter les mariés en rejoignant son
propre mari. Mrs Weasley rayonnait et pleurait dans les bras de son
fils George qui, lui-même, contrairement à ses
habitudes, paraissait très ému avec Fred et ses
autres frères.</p>
<p align="justify">   Une demi-heure plus tard, tout le monde se
trouvait dans le jardin du Terrier, pour une grande
réception en l'honneur des mariés. Des tables
s'alignaient, débordantes de nourriture, et tous discutaient
ou dansaient autour. Hermione retenait toujours Ron le plus
longtemps possible sur la piste de danse improvisée, et
Harry se demanda vaguement si elle n'essayait pas simplement de le
détourner du buffet. Lui-même avait beaucoup
dansé avec Ginny - puisqu'ils étaient à
l'honneur, plutôt que d'être timide, autant en profiter
- lorsqu'il vint se reposer, hors d'haleine, près d'un plat
qui contenait une tarte à la mélasse au
diamètre peu commun. Il était seul, car celle qui
depuis quelques heures était « sa
femme » ne se sentait pas encore assez
épuisée à son goût, et avait pris le
relais d'Hermione pour forcer son frère
exténué - cela faisait près d'une heure que
Ron se trémoussait dans tous les sens avec Hermione -
à danser encore, sous le soleil qui tapait, haut dans un
ciel azur dépourvu de nuages.</p>
<p align="justify">   Tandis qu'il buvait un verre de jus de citrouille
bien frais, accoudé à la table, les yeux
fermés et la tête levée vers le ciel, Harry se
disait qu'il devrait prendre une bonne douche le soir s'il voulait
que sa nuit de noce se déroule comme il
l'espérait...</p>
<p align="justify">   - <em>Harry Potter...</em></p>
<p align="justify">   Il sursauta et se retourna sur le champs,
redressé, les yeux grands ouverts. Il était certain
qu'une voix grave et dure venait de l'appeler dans son dos, mais il
ne voyait rien. Il remarqua alors une silhouette indécise
qui s'éloignait d'un pas rapide à l'ombre des arbres,
de l'autre côté de la clôture qui entourait le
jardin bondé.</p>
<p align="justify">   Il jeta un coup d'&oelig;il rapide autour de
lui : apparemment, tout le monde était occupé et
personne ne l'avait encore repéré pour entamer une
conversation. Il contourna rapidement la table près de
laquelle il se trouvait et sortit du jardin avant
d'accélérer encore l'allure. Après avoir
parcouru plusieurs dizaines de mètres, le brouhaha des
conversations s'était beaucoup atténué, et il
n'était plus entouré que d'herbe sèche et
d'arbres. Il commença à se demander s'il n'avait pas
rêvé lorsque la voix résonna de
nouveau :</p>
<p align="justify">   - <em>Harry Potter...</em></p>
<p align="justify">   Il se retourna et crut avoir une crise cardiaque
lorsqu'il vit un visage osseux lui faire face. La personne qui se
trouvait devant lui avait beaucoup changé, mais Harry
n'avait eu aucun mal à la reconnaître.</p>
<p align="justify">   - P... professeur ? dit Harry,
incrédule. Professeur Trelawney ? C'est
vous ?</p>
<p align="justify">   Sibylle Trelawney se trouvait là, devant
lui, près du Terrier et du village de Loutry Ste Chaspoule.
Elle était devenue très maigre, et ses cheveux
avaient blanchi ; elle portait toujours les mêmes
vêtements, elle s'était recouverte des mêmes
châles et les mêmes lunettes lui grossissaient
horriblement les yeux, mais elle paraissaient étrangement
ternie, salie. De plus, Harry savait une chose... le professeur
Trelawney avait complètement perdu la raison depuis que
Voldemort l'avait enlevée cinq ans plus tôt, et elle
était censée se trouver aujourd'hui encore dans la
salle Dai Llewellyn de l'hôpital Ste Mangouste. Elle
s'était donc enfuie.</p>
<p align="justify">   Ses yeux déjà grossis par ses
énormes lunettes étaient exorbités, dans une
expression démente... Elle souriait.</p>
<p align="justify">   - Vous l'avez fait ! s'exclama-t-elle de sa
voix habituelle, mais d'un ton qui ne présageait rien de bon
quant à sa santé mentale. Vous avez réussi
l'épreuve qui vous était impartie et maintenant tout
est accompli !</p>
<p align="justify">   Elle s'avança vers Harry et lui saisit les
deux bras avec force.</p>
<p align="justify">   - Qu'est-ce que ?... fit-il, saisi d'une
panique qu'il ne s'expliquait pas lui-même.</p>
<p align="justify">   - Les deux prophéties se sont
réalisées ! continua le professeur Trelawney en
le fixant de ses yeux exorbités, avec un sourire quelque peu
édenté. Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur
des Ténèbres l'a emporté et le Seigneur des
Ténèbres est <em>mort !</em> hurla-t-elle, sa
voix se dédoublant d'une manière inquiétante
en descendant dans les graves. Le sorcier le plus puissant de tous
les temps est né à partir de cela ! <em>Une
terrible lutte s'engagera...</em>, murmura-t-elle. <em>Les forces
du Mal ont été vaincues... le Seigneur des
Ténèbres est mort... le Mage blanc a repris sa
place...</em></p>
<p align="justify">   Sa voix devint alors plus grave et plus dure que
jamais ; elle baissa les yeux et acheva :</p>
<p align="justify">   - <em>Mais le Seigneur... des
Ténèbres...
RENAÎTRA !</em></p>
<p align="justify">   Elle relâcha soudain sa prise et s'affala
sur le sol, visiblement évanouie. Harry, lui, regardait sa
silhouette avachie sans la voir. Les mots qu'il venait d'entendre
résonnaient dans sa tête et lui martelaient le
crâne tel un assaut de coups de fouet et de
massue...</p>
<p align="justify"> </p>
<p align="justify">   Il était minuit passé. Dehors, il
faisait une nuit noire, et Harry attendait patiemment que Ginny
sorte de la salle de bain. Ils avaient pris une chambre assez
confortable dans un hôtel, près du Mont Saint Michel,
en France, où ils étaient partis à peine deux
heures plus tôt en voyage de noce après la fête
donnée au Terrier. Harry repensait à ce qui s'y
était passé.</p>
<p align="justify">   Il était resté près d'une
minute avant de se ressaisir et de faire apparaître un
brancard sur lequel il avait ramené Sibylle Trelawney,
évanouie, au Terrier. Si les invités avaient paru
extrêmement surpris, ils n'en avaient pas été
suffisamment choqués pour que la fête soit
gâchée ; et Harry avait fini par convaincre ses
amis et sa jeune épouse que rien d'étrange ne
s'était produit hormis le fait que leur ancien professeur de
divination se soit enfui de Ste Mangouste ce jour précis,
pour se retrouver comme par hasard tout près de l'endroit
où il se mariait... Mais lui-même se souvenait
très bien de ce qui s'était vraiment passé, et
il n'arrivait pas encore à bien déterminer dans
quelle mesure il devait ou non s'inquiéter...</p>
<p align="justify">   De toutes manière, pensa-t-il, il
était inutile de s'en préoccuper ce soir ; mieux
valait se concentrer sur autre quelque chose d'immédiatement
plus intéressant. Toujours allongé dans son
très confortable lit à deux places, il tourna la
tête vers le mur de gauche, où une porte de bois verni
était désespérément close...</p>
<p align="justify">   - C'est parce que je t'ai fait attendre ce matin
que tu mets autant de temps ? Tu te venges ?
lança-t-il d'un ton amusé.</p>
<p align="justify">   - Peut-être bien, répondit Ginny.
Mais te plaindrais-tu qu'une demoiselle se fasse belle pour
toi ?... demanda-t-elle d'un ton faussement
surpris.</p>
<p align="justify">   - Euh... non, ça me convient très
bien, répondit Harry en sentant un sourire se dessiner
malgré lui sur son visage - il avait hâte que cette
porte s'ouvre enfin. Parlons d'autre chose, je ne veux pas que tu
me joues un sale tour... Quand est-ce que tu vas entrer au bureau
des Aurors, déjà ?</p>
<p align="justify">   - Tu le sais très bien, répliqua
Ginny. En septembre, quelques jours après notre retour. Et
ne t'en fais pas, monsieur le protecteur, ils ne me donneront pas
tout de suite des missions dangereuses. Je crois que je vais
d'abord commencer par faire la stagiaire, m'occuper de la paperasse
pour les types expérimentés comme Kingsley... Je
déteste ça, dit-elle avec agacement.</p>
<p align="justify">   - C'est toi qui devrais moins t'en faire. Ils
finiront forcément par te donner des missions - importantes
ou pas -, et là ils verront forcément ta valeur. Je
suis certain que tu t'en sortiras très bien, assura Harry,
qui savait à quel point ce sujet pouvait tenir à
c&oelig;ur à sa femme, sa <em>femme</em>...</p>
<p align="justify">   - Tu aurais sans doute été meilleur
que moi.</p>
<p align="justify">   - Ne dis pas ça. Tu as été
meilleure que moi en potion, et c'était obligatoire pour
réussir chez les Aurors, répondit Harry, même
s'il n'avait pas encore totalement oublié sa
déception.</p>
<p align="justify">   - C'est vrai, admit Ginny, je m'en suis rendu
compte. C'est surtout que tu aurais été meilleur en
duel. Tu es bien plus doué pour les sorts que moi.
Même si le ministère refuse de le reconnaître
officiellement et que tu ne veux le dire à personne, tout le
monde sait très bien que c'est <em>toi</em> qui as vaincu
Voldemort. C'est aussi grâce à toi que je ne suis pas
morte définitivement. Tu devais sûrement penser
à l'utilité que ça pourrait avoir pour un jour
comme celui-ci...</p>
<p align="justify">   Harry éclata de rire. Puis il conclut d'un
ton plus détendu :</p>
<p align="justify">   - De toutes façons, c'est toi qui as choisi
d'être Auror, et tu sais très bien que tu n'auras
aucun problème pour faire partie des meilleurs. Je ne sais
pas lequel de nous deux est plus doué pour jeter des sorts,
mais une chose est certaine, <em>tu</em> es très
douée. Alors je ne vois pas où est le
problème.</p>
<p align="justify">   - Il n'y en a pas, assura calmement Ginny,
c'étaient juste des remarques. Enfin..., marmonna-t-elle
d'une voix un peu gênée.</p>
<p align="justify">   - Oui ? s'étonna Harry.</p>
<p align="justify">   - Ce n'est pas vraiment le moment de parler de
ça, s'empressa de répondre Ginny.</p>
<p align="justify">   - Et ce n'est surtout pas le moment de mettre une
gêne entre nous, fit observer Harry.</p>
<p align="justify">   - Oui... Eh bien... tu comptes... continuer encore
longtemps à faire tes petits boulots ? Je veux dire...
tu vas chercher un travail... stable ? demanda-t-elle,
hésitante.</p>
<p align="justify">   Harry éclata à nouveau de rire. Il
comprenait beaucoup mieux pourquoi Ginny s'inquiétait, et
heureusement, il avait une réponse à lui donner qui
devrait la satisfaire...</p>
<p align="justify">   - Ne t'inquiète pas pour ça,
répondit-il d'un ton serein, je sais déjà ce
que je vais faire. Et moi aussi, je vais commencer après
notre retour - le 1er septembre.</p>
<p align="justify">   - C'est vrai ? demanda Ginny, d'une voix
étonnée. Pourquoi tu ne m'en as pas parlé plus
tôt ?</p>
<p align="justify">   - Disons que je voulais te faire la surprise,
répondit tranquillement Harry. Je ne sais pas vraiment
pourquoi, d'ailleurs...</p>
<p align="justify">   - Et qu'est-ce que tu vas faire ? demanda
Ginny, d'un ton curieux et plus enjoué.</p>
<p align="justify">   - Je vais remplacer le type du Département
de la justice magique que le ministère a bien voulu envoyer
à Poudlard pour être professeur de défense
contre les forces du Mal. Il devait partir si le professeur
McGonagall arrivait à trouver quelqu'un de
<em>volontaire</em>. Et justement, je me suis porté
volontaire.</p>
<p align="justify">   Il y eut un court silence puis, quelques secondes
plus tard, la porte s'entrebâilla et le visage de Ginny
apparut, les yeux ronds.</p>
<p align="justify">   - Tu es sérieux ? Tu vas enseigner
à Poudlard ?</p>
<p align="justify">   - Oui, répondit Harry. Ça pose un
problème ?</p>
<p align="justify">   - Pas du tout ! assura Ginny avec un sourire.
Tu serais parfait pour ça. Déjà, tu
étais un excellent prof pour l'A.D., et les connaissances
qu'il fallait avoir pour être un <em>vrai</em> professeur
à Poudlard, tu les as acquise ces quatre dernières
années, je pense. Mais attends une minute... Ça fait
combien de temps que tu as décidé ça ?
demanda-t-elle d'un air soupçonneux.</p>
<p align="justify">   - J'ai eu l'idée peu de temps après
avoir reçu les résultats des ASPIC, avoua Harry, mais
je ne me suis vraiment décidé et je n'en ai
parlé au professeur McGonagall qu'il y a un mois
environ.</p>
<p align="justify">   - Je vois... Pour la surprise, c'est
réussi, dit Ginny en retrouvant son sourire, même si
je trouve que c'est une très bonne idée. Je pense
quand même à quelque chose... Pendant l'année,
tu dormiras toujours à Poudlard ?</p>
<p align="justify">   - J'y avais pensé aussi. Comme je voulais
pouvoir habiter une maison bien à nous toute l'année
et qu'un professeur est censé se trouver à Poudlard
pendant l'année scolaire, le professeur McGonagall m'a dit
qu'on pouvait aménager une porte spéciale dans mon
bureau, et une autre dans notre maison. Les deux portes serviront
de passage entre la maison et mon bureau à Poudlard, donc je
pourrais passer de l'un à l'autre en instant. L'idée
lui est venue des deux armoires à disparaître qui
avaient créé un passage entre la boutique de Barjow
et Beurk et Poudlard.</p>
<p align="justify">   - Ça veut dire que je pourrai te
déranger dans ton travail ?</p>
<p align="justify">   - Et moi dans le tien, dit Harry sans pouvoir
s'empêcher de rire. Tu ne vas pas faire un métier de
tout repos, je te rappelle...</p>
<p align="justify">   - Il y a autre chose qui ne va pas être de
tout repos, alors j'espère qu'après cette longue
journée, tu es encore en forme et que tu t'es bien
préparé...</p>
<p align="justify">   Et Ginny acheva d'ouvrir la porte dans un grand
geste que Harry trouva plein de grâce.</p>
<p align="justify"> </p>
<p align="justify">   Deux semaines plus tard, Harry et Ginny
étaient rentrés au Terrier. Cela faisait un certain
temps déjà qu'ils avaient pris la décision de
rester habiter là-bas après leur mariage. Au
début, cela n'avait été qu'une
proposition de Mrs Weasley, quand elle avait su que d'une part, Ron
et Hermione comptaient emménager dans un appartement de
Londres pour être plus proches du ministère où
ils travaillaient tous les deux et, d'autre part, que Neville
allait lui-même partir de l'autre côté de
l'océan Atlantique afin d'étudier les plantes
exotiques des serres magiques amazoniennes. Même si Harry
avait toujours un peu rêvé de passer sa vie dans un
endroit comme le Terrier, il s'était senti embarrassé
que Mrs Weasley veuille se retirer et habiter seule dans un endroit
plus petit pour laisser en paix sa fille et son beau-fils.
Finalement, Harry et Ginny l'avaient convaincue de rester avec
eux.</p>
<p align="justify">   Deux jours après être revenu de son
voyage de noce, le 1er septembre, Harry partit à
Poudlard. Par nostalgie, il avait pris le Poudlard Express le matin
à onze heures, et l'avait bien sûr vaguement
regretté lorsqu'il avait compris qu'il ne serait jamais
vraiment en paix avec tous les élèves qui venaient
regarder à la vitre de son compartiment. Le soir, il avait
découvert ses nouveaux collègues.</p>
<p align="justify">   Il avait échangé des poignées
de main chaleureuses avec les professeurs McGonagall, Slughorn et
Flitwick. La directrice avait cédé sa place de
professeur de métamorphose à une jeune femme d'une
trentaine d'année, blonde, l'air sévère avec
un chignon resserré parfaitement semblable à celui de
son prédécesseur : elle s'appelait
Dédonne Vété, et pour ce qu'il savait, elle
avait étudié à Serdaigle avant que
lui-même n'arrive à Poudlard. Pendant le discours
traditionnel du professeur McGonagall, il avait découvert
avec une légère surprise qu'il avait une
responsabilité de plus à assumer : celle de
directeur des Gryffondor. La nouvelle avait été
accueillie avec un grand enthousiasme par la table qu'il avait
lui-même occupée pendant sept ans. Pour le reste, les
membres du corps enseignant et leurs matières n'avaient pas
du tout changé.</p>
<p align="justify">   Après le festin, le professeur McGonagall,
qui paraissait d'humeur très cordiale, lui avait fait
découvrir son bureau au deuxième étage, ainsi
que les appartements qu'il pouvait occuper s'il le souhaitait. La
porte et le passage entre ces appartements et le Terrier (au
Terrier, la porte se trouvait au grenier) avaient été
aménagés ; il avait donc pu passer la nuit chez
lui, avec Ginny, et revenir le lendemain matin à Poudlard
comme si de rien n'était. Il avait ensuite commencé
à donner ses premiers cours
« officiels ».</p>
<p align="justify">   Il s'était rapidement habitué
à ce mode de vie, ainsi qu'à son nouveau
métier qui devait rester le sien pour très longtemps.
Il ne se montrait pas toujours très commode avec ses
élèves, lorsqu'il jugeait qu'ils dépassaient
les bornes, mais il espérait tout de même pouvoir
être considéré comme un professeur sympathique
qui dispensait un enseignement de qualité... De son
côté, Ginny était entrée au bureau des
Aurors. Comme elle l'avait prédit, elle avait d'abord
été affectée à ce qu'elle appelait
« la paperasse », c'est-à-dire des
dossiers la plupart du temps extrêmement importants,
étroitement liés à la magie noire : la
partie rédigée des soucis quotidien des Aurors.
Ensuite, elle avait été envoyée en mission, et
s'était rapidement révélée comme un
« bon élément ». Ce qu'elle
faisait, d'après ce qu'elle racontait à son mari le
soir, devenait de plus en plus dangereux ; et cela ne
ravissait pas franchement Harry, même s'il avait
décidé de l'accepter.</p>
<p align="justify">   Neville était désormais quelqu'un
d'assez demandé, dans le domaine de l'étude des
plantes magiques les plus rares. Son métier lui permettait
de voyager et de visiter toutes les forêts et plantations qui
regorgeaient de magie, et il revenait régulièrement
en Grande-Bretagne pour voir ses amis. Il avait commencé
à leur parler d'une sorcière marocaine, qui
travaillait et voyageait généralement avec lui, et
dont il parlait d'une façon tellement enjouée que
Harry se demandait sérieusement si Neville n'allait pas se
marier à son tour. Colin et Luna étaient toujours
ensemble, mais on ne savait pas vraiment quelle était la
nature de leurs relations. En tout cas, ils travaillaient
désormais tous les deux au Chicaneur, sous les ordres de Mr
Lovegood : Luna était rédactrice en chef, et
Colin était à la fois photographe et reporter. Ils
étaient tous les deux restés des amis de Harry et
Ginny.</p>
<p align="justify">   Ron, même s'il n'en était pas encore
devenu le directeur, avait progressivement su gagner une place
importante au sein du Département des jeux et sports
magiques. Il était même considéré comme
quelqu'un de très respectable, hormis bien sûr par les
moins ouverts d'esprit qui le trouvaient stupide, et lui
reprochaient même parfois d'être un fils d'Arthur
Weasley. Mais Ron ne se laissait pas démonter le moins du
monde - il n'y avait aucune raison pour cela, comme il le disait
lui-même. Harry avait remarqué que, même si son
meilleur ami avait conservé sa personnalité et sa
tendance à répliquer de façon peu
intellectuelle, il apparaissait qu'il avait en
réalité bien mûri et était devenu
beaucoup plus sérieux qu'il ne le laissait voir aux autres -
Harry trouvait en cela une sorte d'irrésistible ressemblance
avec Dumbledore, même si ce ne devait pas être tout
à fait à la même échelle. Il savait que
quelque chose avait irrémédiablement changé en
Ron depuis la mort de son père, mais heureusement, il n'en
avait finalement pas perdu sa joie de vivre.</p>
<p align="justify">   Hermione, elle, avait fini par quitter le
Département des accidents et catastrophes magiques,
où elle s'était faite remarquer par son
efficacité : elle avait été mutée
une nouvelle fois, au Département de la coopération
magique internationale. Elle avait d'abord été
affectée à l'Organisation internationale du commerce
magique, puis elle avait encore réussi par ses efforts
à se hisser dans la hiérarchie, et elle avait
gagné de l'influence dans le Bureau international des lois
magiques, et même un peu à la section britannique de
la Confédération internationale des sorciers. On ne
lui confiait jamais de tâches vraiment <em>trop</em>
importantes ; mais elle pouvait malgré tout,
désormais, faire mieux entendre ses propres idées
politiques, à la fois revues, un peu plus
modérées (concernant les créatures magiques),
et agrémentées d'autres points de vus un peu
novateurs dans des domaines plus divers. Elle était vue
comme quelqu'un d'immédiatement plus respectable que son
mari, même si la plupart s'accordaient à dire que ses
idées étaient trop
« révolutionnaires » pour qu'elle
accède à un rang plus élevé un jour...
Certains profitaient parfois du nom qu'elle avait pris depuis son
mariage pour se moquer d'elle, mais ce genre d'attaque
commençait à lasser la communauté
magique.</p>
<p align="justify">   Ron et Hermione vivaient heureux, pour ce que
Harry pouvait en juger. Ils se disputaient toujours
continuellement, parfois avec violence, mais ce n'était
presque jamais assez grave pour mettre en danger leur couple - sans
compter que c'était leur façon de s'aimer, comme le
disait souvent Mrs Weasley. Même s'ils étaient
toujours très occupés par le travail - on ne pouvait
pas dire que cela n'avait jamais été une source de
dispute -, ils se trouvaient un peu de temps pour eux deux dans la
semaine, mais ils n'avaient pas souvent eu le temps de penser
à un sujet qui préoccupait beaucoup Molly : les
enfants.</p>
<p align="justify">   Mais cela arriva cependant, <em>presque</em> par
accident, huit années après leur mariage : ils
eurent deux filles, des jumelles aux chevelures rousses comme leur
père et épaisses comme leur mère. Elles
avaient été appelées Helena et Patricia, et
évoquaient irrésistiblement soit Ron soit Hermione,
selon leurs humeurs ou l'angle sous lequel on les regardait. Ron et
Hermione faisaient toujours en sorte de trouver du temps pour
s'occuper d'elles : d'après ce que Harry avait pu
constater, Hermione se montrait aimante quand il le fallait, mais
aussi sèche et sévère - quand il le fallait ou
quand elle était de mauvaise humeur -, alors que Ron jouait
les « papa poule ».</p>
<p align="justify">   Harry et Ginny avaient beaucoup moins attendu pour
avoir des enfants. Un an après leur mariage, ils avaient
fêté la naissance de leur premier fils, puis celles de
leur fille et de leur fils cadet. Ils avaient donc eu trois enfants
en tout : Jimmy (James Arthur Potter, né le
1er août 2003), qui ressemblait à Harry de
façon frappante, en dehors du fait que son visage
était recouvert de tâches de rousseurs et que ses
cheveux en batailles étaient roux vifs ; Arielle
(Arielle Ginevra Molly Potter, née le 5 août 2004),
qui ressemblait plus à sa mère, avec des cheveux d'un
noir de jais ; et Lilian (Lilian Harry Potter, né le 22
mars 2009), que l'on surnommait « Lili » avec
une totale désapprobation de sa part : ses cheveux
étaient aussi noirs que ceux de sa grande s&oelig;ur, mais
son visage semblait être un mélange de ceux de ses
deux parents.</p>
<p align="justify">   Ginny était, comme Hermione, une
mère à la fois très aimante et très
« stricte », mais ce n'était pas la
même chose... En fait, Ginny ressemblait beaucoup plus
à sa propre mère lorsqu'elle devait s'occuper de ses
enfants ; bien sûr, elle n'avait pas toujours autant de
temps à lui consacrer à cause de son métier,
mais elle ne les délaissait pas le moins du monde. Harry ne
savait pas trop se juger en tant que père. D'après sa
femme, il gâtait un peu trop ses enfants, mais savait leur
montrer où étaient les limites qu'ils ne devaient pas
franchir. Elle disait souvent, en plaisantant, qu'il leur donnait
une éducation « à la
Dumbledore »...</p>
<p align="justify">   Harry n'avait pas confié à qui que
ce soit la troisième prophétie que semblait bien
avoir faite le professeur Trelawney. Toutefois, elle ne lui faisait
plus du tout la même peur qu'au début. Il avait
réfléchi... <em>« Le Seigneur des
Ténèbres renaîtra »...</em> Il
pensait avoir compris cette phrase ; et il avait l'intime
conviction que Voldemort ne ressusciterait pas, qu'il ne
reviendrait plus jamais. Mais un jour, Dumbledore l'avait
prévenu... il avait parlé de Voldemort à cette
époque, mais Harry savait ce qu'elle pouvait signifier dans
un sens plus général : le mal ne serait jamais
totalement détruit, mais si on continuait à le
combattre à chaque fois qu'il revenait à la charge,
on pouvait alors espérer le repousser toujours et
l'empêcher ainsi de prendre le pouvoir qu'il convoitait
tant...</p>
<p align="justify">   Apparemment, quelqu'un allait réessayer de
prendre le pouvoir sur la communauté magique dans les
prochaines années ; un nouveau Seigneur des
Ténèbres allait surgir... mais pas Voldemort. Harry
avait pensé à quelqu'un, bien sûr...</p>
<p align="justify">   Quelques jours après la fin de la guerre,
Drago Malefoy avait été retrouvé, bien vivant,
caché dans son manoir. Il s'était laissé
emmener sans résistance à Azkaban, et avait
été relâché quelques années plus
tard dans des conditions mystérieuses, mais légales
pour ce qu'on en savait. D'après ce que Harry avait entendu
dire, Malefoy travaillait désormais dans l'allée des
Embrumes ; on ne pouvait donc pas dire qu'il s'était
réellement « rangé ». Harry se
demandait souvent si son vieil ennemi d'école était
très affecté par la disparition de ses deux parents,
s'il avait une quelconque envie de <em>vengeance</em>... Il y
songeait, mais ce n'était pas Drago Malefoy le mieux
placé pour prendre la place de Lord Voldemort, loin de
là...</p>
<p align="justify">   Théodore Nott n'avait jamais
été retrouvé et, parallèlement, il
semblait que les forces du Mal ne soient pas totalement inactives,
malgré la forte répression exercée par les
sorciers du monde entier sur les Détraqueurs en
liberté. Harry ne pouvait s'empêcher d'éprouver
de la haine pour Nott, après ce qu'il avait osé leur
faire à lui, à Poudlard et à Ginny ; mais
si un jour il devait l'affronter, ce ne serait pas avec cela qu'il
le ferait. Et en temps voulu, il s'opposerait au nouveau Mage noir
qui ferait face ; il verrait à ce moment-là
comment il allait s'y prendre : si un meurtre devait
nécessairement être commis, s'il valait mieux que ce
soit lui qui s'en charge ou quelqu'un d'autre, s'il y avait une
autre solution inenvisagée...</p>
<p align="justify">   Il y aurait de nouvelles souffrances,
<em>beaucoup</em> de souffrances, des pertes atroces et
inimaginables, des morts, des gens détruits dans leur corps
ou dans leur âme... Mais cela irait. Il gardait comme un
trésor ses biens les plus précieux qu'il ne
laisserait jamais personne lui enlever. Il avait toujours une
femme, une famille, des amis... il aurait toujours des gens
à aimer, à apprécier, aux côtés
desquels se trouver, pour rire ou combattre les pires
démons, quoi qu'il arrive...</p>
<p align="justify">   Quoi qu'il advienne, il aurait toutes ces choses,
il se débrouillerait encore et toujours pour les avoir, car
elles représentaient, elles <em>étaient</em>... tous
ses pouvoirs.</p>
]]></description>			<link>http://jimpoter.blog.jeuxvideo.com/640168/Chapitre-XXXVI-Le-Mage-blanc-fin-du-chapitre-fin-de-la-fanfiction/</link>			<comments>http://jimpoter.blog.jeuxvideo.com/Chapitre-XXXVI---Le-Mage-blanc--fin-du-chapitre---fin-de-la-fanfiction----28052007-220258-lp-640168.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://jimpoter.blog.jeuxvideo.com/640168/Chapitre-XXXVI-Le-Mage-blanc-fin-du-chapitre-fin-de-la-fanfiction/</guid>			<pubDate>Mon, 28 May 2007 22:02:58 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Chapitre XXXVI : Le Mage blanc]]></title>			<description><![CDATA[ 
<p align="center"> </p>
<p align="center"> </p>
<p align="center">36</p>
<p align="center">Le
Mage blanc</p>
<p align="center"> </p>
<p align="center"> </p>
<p align="justify">   - Harry, dépêche-toi.</p>
<p align="justify">   - Une minute.</p>
<p align="justify">   - Qu'est-ce que tu fais ?</p>
<p align="justify">   - J'essaye de nouer correctement cette fichue
cravate ! répondit Harry, en s'emportant
légèrement. Quelle idée d'avoir voulu me faire
acheter cette robe avec un col en v, franchement...</p>
<p align="justify">   Il entendit quelqu'un étouffer un fou
rire.</p>
<p align="justify">   - Désolé... Hermione m'a dit que
ça ferait plus « tendance ».
D'après elle, le style moldu commence à entrer dans
la mode... et je trouvais ça très drôle de
t'imaginer à la mode.</p>
<p align="justify">   Le rire retentit de nouveau.</p>
<p align="justify">   - Oh oui, très drôle...,
répliqua Harry, agacé. A force de vous
fréquenter, vous avez fini par vous ressembler de plus en
plus, toutes les deux, remarqua-t-il d'un ton réprobateur.
Au fait, Ron et Hermione sont déjà
là ?</p>
<p align="justify">   - Non. Mais dans leur dernière lettre, ils
ont assuré qu'ils seraient rentrés à temps
pour la cérémonie, et Hermione fera en sorte qu'ils
puissent tenir leur promesse. Ron a dû les retarder,
j'imagine, mais au pire, ils transplaneront. Il y a bien une
époque où vous le faisiez pour un oui ou pour un
non... Bon, je crois que je vais aller à l'église
avec maman et Luna, maintenant. Neville t'attend dans le salon. Et
tu n'as pas du tout intérêt à être en
retard pour ton propre mariage, Harry Potter, sinon tu risques d'en
subir les conséquences pendant la nuit de
noce !</p>
<p align="justify">   Harry éclata de rire à son
tour.</p>
<p align="justify">   - Mon dieu ! s'exclama-t-il d'un ton
amusé. Maintenant c'est sûr, je ne peux plus
être en retard, le risque est bien trop grand...</p>
<p align="justify">   - Ris tant que tu le peux !</p>
<p align="justify">   Et après cette réplique
prononcée d'une voix hautaine, des bruits de pas
étouffés indiquèrent que Ginny redescendait
dans le salon. Harry, lui, continua de rire une bonne dizaine de
secondes, avant de se calmer.</p>
<p align="justify">   Il se trouvait au Terrier, dans l'ancienne chambre
de Ron. C'était ici qu'il dormait depuis près de
quatre ans, maintenant, depuis le mois qui avait suivi la mort de
Voldemort... Il vivait avec Ginny, Ron, Hermione, Neville et,
depuis un peu plus de trois ans, avec Mrs Weasley. Harry se rassit
sur sa chaise, près du miroir que Ginny avait fini par lui
prêter un quart d'heure plus tôt, et commença
à se remémorer assez sereinement les quatre
dernières années de sa vie.</p>
<p align="justify">   Car plus de quatre longues années
s'étaient écoulées depuis qu'il s'était
évanoui après avoir ranimé Ginny, près
d'une masse de cadavres recouverts de draps blancs, sur le sol de
la Grande Salle de Poudlard... C'était un mardi, à
une heure du matin, et il s'était réveillé
deux jours plus tard à Ste Mangouste, où on l'avait
gardé presque de force jusqu'à la fin de la semaine.
Pendant ce temps, à l'extérieur, la lutte contre
l'armée de Voldemort avait continué.</p>
<p align="justify">   D'après les informations qu'on lui avait
données, durant les deux jours où Voldemort avait
été le Maître du Royaume-Uni, les derniers
résistants qui s'étaient cachés avaient pu
rentrer en contact avec des ministères de la Magie
étrangers. La nuit de la mort de Voldemort et de la fuite de
son armée, des Aurors venus de toute l'Europe avaient donc
pu réinvestir le village de Pré-au-Lard,
l'allée des Embrumes, le ministère de la Magie, le
Chemin de Traverse (qui avait été pris d'assaut tout
de suite après la chute du ministère) et Azkaban
avant que les Mangemorts et leurs créatures ne puissent s'y
réfugier. S'était ensuivie près d'une semaine
de lutte acharnée au bout de laquelle l'armée de
Voldemort avait fini par se disperser complètement, signant
ainsi la fin de la guerre. Grâce aux renforts, une bonne
trentaine de Mangemorts avaient pu être ainsi
capturés, mais plus d'une soixantaine étaient
restés dans la nature même si, aujourd'hui encore, ils
étaient activement recherchés. Nott n'avait pas
été retrouvé, ni pratiquement aucun de ceux
qui s'étaient déjà retrouvés à
Azkaban jusqu'à l'évasion massive de
1996...</p>
<p align="justify">   Bien entendu, il avait fallu réorganiser et
reconstruire la communauté des sorciers ;
l'étendue des dégâts était heureusement
moins considérable qu'on ne pouvait le craindre. En effet,
la plupart de ceux qui n'avaient pas réussi à
s'enfuir, au ministère de la Magie, s'étaient rendus
à Voldemort et avaient ainsi survécu ; et il en
avait été de même pour la grande
majorité des foyers de sorciers. Mais au final, tout comme
pour la première guerre, le seuil record de mille morts
(près d'un tiers de la communauté magique de
Grande-Bretagne) avait été
dépassé : cette fois-ci, cela n'avait pris que
deux ans, contre onze la première fois que Voldemort avait
tenté de prendre le pouvoir.</p>
<p align="justify">   Les familles de Ron et de Neville étaient
restées « intactes ». Charlie (qui se
trouvait toujours en Roumanie), Percy (qui s'était rendu
à Voldemort avec d'autres membres éminents du
ministère), Bill, Fleur, Fred et George - ces quatre
derniers avaient réussi à rester cachés
suffisamment longtemps - n'avaient pas été
tués, ni la grand-mère et les grands-oncles de
Neville. Les parents de ce dernier, ainsi que Mrs Weasley, avaient
également survécu car, pendant plus de deux jours,
l'hôpital Ste Mangouste avait été
barricadé de la couche la plus épaisse possible
d'enchantements de protection, et il avait été
impossible d'y transplaner avec des intentions un peu trop
mauvaises. Heureusement, ce qui restait du ministère de la
Magie avait finalement réussi à convaincre les
guérisseurs qu'ils ne couraient plus de danger imminent, et
les blessés de la bataille de Poudlard - ainsi que tous ceux
de la lutte pour reprendre les plus grandes places magiques
d'Angleterre, la semaine suivante - avaient pu être
soignés convenablement.</p>
<p align="justify">   Et c'est ainsi que Harry s'y était
retrouvé, jusqu'à ce que les Aurors - anglais ou non
- eussent achevé de repousser et dissoudre l'armée de
Voldemort. Ginny aussi y avait été
transportée, mais elle était restée deux jours
de plus à cause de son grand état de fatigue, qui
était autant physique que mental. Harry demandait toujours
comment elle allait. Puisqu'ils n'étaient pas dans la
même chambre et qu'on ne les laissait pas s'éloigner
de plus de quelques mètres de leur lit, Hermione s'en
chargeait ; et elle, Ron et Neville leur rendaient visite tous
les jours. Un peu moins souvent, Harry voyait tout de même
beaucoup d'Aurors ou de hauts membres du ministère de la
Magie, qui prétendaient venir eux aussi « prendre
de ses nouvelles ».</p>
<p align="justify">   Ils s'étaient montrés heureusement
beaucoup plus courtois que les autres fois où il les avait
vus dans des situations semblables, mais posaient indirectement
beaucoup de questions gênantes. Ils s'efforçaient bien
sûr de savoir ce qui avait bien pu se passer le soir de la
mort de Voldemort : qu'est-ce que Harry avait fait cette
nuit-là et, surtout, avait-il lui-même achevé,
<em>assassiné</em>
Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ?
Embarrassé, Harry essayait de rester le plus vague possible
sur le sujet, et il n'avait même jamais confirmé
à qui que ce soit - Ginny, ses trois meilleurs amis, et le
professeur McGonagall mis à part - qu'il avait bel et bien
tué le Seigneur des Ténèbres de sa propre
baguette. Il ne voulait surtout pas que, juste après qu'il
se fut enfin débarrassé de Voldemort, on le condamne
à subir des regards encore plus nombreux et insistants
qu'auparavant, partout où il irait. En fin de compte, il
n'avait pas obtenu l'Ordre de Merlin qu'on lui avait presque promis
depuis l'attaque de Londumor, mais il s'en moquait
totalement.</p>
<p align="justify">   Cependant, l'information selon laquelle il avait
été la dernière personne à s'être
trouvée en présence de Voldemort s'était
répandue comme une traînée de poudre dans la
communauté des sorciers, et rares étaient ceux qui
n'avaient pas encore l'intime conviction que Harry avait
prouvé qu'il était bien <em>l'Elu</em>, la nuit du 29
au 30 juin de cette année... Cette certitude de tous
suffisait déjà - malgré lui - à le
faire considérer très modestement comme l'un des plus
grands sorciers du monde, l'homme qui avait vaincu le plus grand
mage noir de tous les temps ; mais à cela s'ajoutait
une rumeur, qui provenait d'on ne savait où, selon laquelle
il avait <em>ressuscité</em> Ginny Weasley, frappée
par le sortilège de la Mort moins de vingt minutes plus
tôt... Pendant près de quinze ans, on l'avait
surnommé « le Survivant » ; les
deux années suivantes, il avait été
considéré comme « l'Elu ». A
Ste Mangouste, Ron lui avait appris d'un air amusé qu'un
nouveau surnom lui avait été donné depuis la
mort de Voldemort : désormais, on l'appelait
« le Mage blanc »... Quand il avait entendu
cela, Harry avait senti ses joues le brûler avec une grande
intensité, tandis que Ron, Hermione et Neville avaient
éclaté de rire.</p>
<p align="justify">   Il était donc resté plus de six
jours à Ste Mangouste. Le lundi suivant, au matin, il
était rentré à Poudlard, où les
élèves, ainsi qu'un bon nombre de
« réfugiés », étaient
restés deux semaines de plus que ne le prévoyait le
calendrier scolaire. L'école de sorcellerie était
devenue le siège du pouvoir de fortune - composé de
membres du ministère de la Magie - qui dirigeait le pays en
attendant de pouvoir réorganiser l'ancien ministère.
Mais les élèves avaient fini par rentrer chez eux,
retrouvant les parents qui leur restaient, et le ministère
s'était réinstallé dans les sous-sols de
Londres. Quant à Harry, Ron, Hermione, Ginny et Neville, ils
avaient dû choisir un endroit où habiter.</p>
<p align="justify">   Le professeur McGonagall leur avait proposé
de passer les vacances d'été à Poudlard, mais
ils avaient refusé, préférant prendre un peu
plus d'indépendance maintenant que, Ginny exceptée,
ils étaient majeurs et que leurs études
étaient terminées - c'était aussi pour cette
raison que Neville avait préféré ne plus
habiter chez sa grand-mère, laquelle avait rarement
été aussi fière de la maturité de son
petit-fils. Hermione aurait pu disposer de l'appartement de ses
parents, mais elle avait refusé d'habiter là-bas
toute seule, et avait préféré le vendre. Il
restait le Terrier. Comme ni Bill, ni Charlie, ni Percy, ni les
jumeaux n'y habitaient plus, Ron et Ginny en disposaient pour eux
tout seuls, et c'est ainsi que Ron leur proposa de venir habiter
avec eux, pour « remplir les chambres de la
maison ».</p>
<p align="justify">   Au début, ils avaient pris chacun une des
cinq chambres de la maison, mais les choses avaient un peu
changé lorsque, après le premier Noël qu'ils
avaient passé dans leur cohabitation du Terrier, Ron,
initié un peu trop brutalement à l'alcool, avait
lâché une information très embarrassante sur la
nature des choses qu'il avait pu faire avec Hermione, un soir de
retrouvailles durant lequel Harry avait vu en rêve la mort
d'un ancien Mangemort et professeur... Après ne s'être
plus adressé la parole pendant près de trois
semaines, Ron et Hermione avaient décidé de partager
l'ancienne chambre de Mr et Mrs Weasley. Harry, lui, était
passé de la chambre de Percy à celle de Ron. Neville
dormait dans l'ancienne « antre » des
jumeaux, et Ginny était restée dans ce qui avait
toujours été sa chambre.</p>
<p align="justify">   A Ste Mangouste, l'état mental de Mrs
Weasley avait fini par s'améliorer progressivement. Il
était apparu que son amnésie et son comportement
n'avaient été, selon les guérisseurs, qu'un
refus très compréhensible d'accepter la
réalité : une sorte d'état de choc
prolongé, et accentué dès le départ par
la douleur physique infligée par Voldemort. Harry se
demandait si la mort de ce dernier, et surtout la fin des actions
criminelles des Mangemorts n'avaient pas permis à Mrs
Weasley de faire son deuil plus facilement... En tout cas,
lentement, elle avait commencé à regarder autrement
les gens qu'elle connaissait, les membres de sa famille, et elle
s'était mise à reparler d'une façon plus
cohérente.</p>
<p align="justify">   Après un an et demi de convalescence, il
semblait qu'elle avait retrouvé tous ses esprits et, bien
que marquée mentalement et physiquement - elle était
veuve, et devait s'aider d'une canne pour marcher, même si
elle s'efforçait d'être la plus indépendante
possible -, elle avait quitté l'hôpital et
s'était installée dans la dernière chambre
libre du Terrier. Malgré une légère tristesse
que Harry croyait toujours apercevoir à travers ses regards
maternels, Molly Weasley paraissait très heureuse de voir ce
que devenaient ses plus jeunes enfants, ainsi qu'Hermione, Neville,
et Harry.</p>
<p align="justify">   Les résultats des ASPIC étaient
déjà arrivés depuis très longtemps,
à ce moment-là. Quatre hiboux étaient
entrés simultanément, en fin d'été -
cela faisait alors plus d'un mois qu'ils s'étaient
installés tous les cinq -, s'engouffrant par une
fenêtre ouverte du Terrier pendant le petit déjeuner,
et Harry, Ron, Hermione et Neville avaient lu et relu leurs propres
résultats plusieurs fois de suite dans un silence de mort
avant de s'annoncer mutuellement leurs notes. Sur une feuille de
parchemin fraîchement sortie de la lettre qui lui
était adressée, Harry avait ainsi pu
lire :</p>
<p align="center"> </p>
<p align="center"><em>APPLICATION DE SORCELLERIE</em></p>
<p align="center"><em>PARTICULIEREMENT INTENSIVE ET CONTRAIGNANTE</em></p>
<p align="justify"> </p>
<p align="justify"><em>Le candidat est
admis                             
Le candidat est recalé</em></p>
<p align="justify"><em>s'il obtient l'une
des                                  
s'il obtient l'une des</em></p>
<p align="justify"><em>notes
suivantes :                                                
notes suivantes</em></p>
<p align="justify"><em>Optimal
(O)                                                                
Piètre (P)</em></p>
<p align="justify"><em>Effort exceptionnel
(E)                                          
Désolant (D)</em></p>
<p align="justify"><em>Acceptable
(A)                                                              
Troll (T)</em></p>
<p align="justify"> </p>
<p align="justify"><em>HARRY JAMES POTTER A OBTENU :</em></p>
<p align="justify"> </p>
<p align="justify"><em>Sortilèges :                                                                              
O</em></p>
<p align="justify"><em>Défense contre les forces du
Mal :                                         
O</em></p>
<p align="justify"><em>Botanique :                                                       
                       E</em></p>
<p align="justify"><em>Potions :                                                                                  
A</em></p>
<p align="justify"><em>Métamorphose :                                                                      
O</em></p>
<p align="justify"> </p>
<p align="justify">   Il avait donc non seulement réussi les cinq
ASPIC qu'il avait passés, mais il avait également
obtenu - à sa grande surprise - trois
« Optimal » - voir cette mention à
côté de
<em>« Métamorphose »</em> l'avait
beaucoup étonné. Malheureusement, il n'avait eu qu'un
« Acceptable » en potions... et pour
être Auror, il fallait cinq « Effort
exceptionnel », ce qu'il n'avait pas obtenu. Sur le
moment, il s'était dit que s'il avait travaillé
encore plus sérieusement, ou plutôt s'il avait eu
l'intelligence élémentaire de ne pas prendre tout
juste cinq matières pour les ASPIC, il aurait pu poursuivre
la voix qu'il s'était choisi. Mais il avait rapidement vu
les choses autrement...</p>
<p align="justify">   Hermione avait obtenu - et elle avait
été la seule à en paraître un peu
hébétée - ses sept ASPIC, sept
« Optimal ». Ils avaient tous les quatre
décroché la même mention en défense
contre les forces du Mal, sans doute grâce à
l'enseignement d'enfer que leur avait fait subir Abel. Neville
avait également eu la note maximale en botanique, et un E en
sortilèges. Quant à Ron, hormis son O et un A en
potions, il avait réussi à obtenir trois
« Effort exceptionnel ».</p>
<p align="justify">   Par la suite, ne sachant pas trop où aller,
il s'était fait embauché dans plusieurs petites
boutiques, ayant généralement un rapport avec les
farces et attrapes, la nourriture, ou le Quidditch. Pendant
près de deux ans, il avait travaillé dans la
société Nimbus, « gravissant les
échelons » dans le domaine de la vente de balais,
mais il n'avait cependant pas obtenu de poste suffisamment
intéressant ou important à son goût. Depuis un
an, maintenant, il était entré au Département
des jeux et sports magiques du ministère de la Magie, et il
n'en était plus ressorti depuis : apparemment, Ron se
sentait à l'aise dans le vaste ensemble de tâches,
relations et actions qui concernaient cette branche de la
magie.</p>
<p align="justify">   Hermione, elle, était directement
entrée au ministère, en tant que stagiaire au
Département de contrôle et de régulation des
créatures magiques. Mais il semblait que ses idées
avaient un peu trop dérangé - notamment en ce qui
concernait les droits des elfes - et elle avait été
mutée au accidents et catastrophes magiques, d'abord au
Comité des inventions d'excuses à l'usage des Moldus,
puis dans un domaine plus large - et plus élevé dans
la hiérarchie. Même si elle avait été
furieuse d'être ainsi écartée de la cause
qu'elle souhaitait défendre, elle s'était
montrée très dévouée pour la nouvelle
tâche qui lui était impartie, et dont l'importance
était primordiale après tous les dégâts
causés par Voldemort.</p>
<p align="justify">   Quant à Neville, il n'avait eu aucun mal
à obtenir un travail qui lui convenait parfaitement, dans le
département de recherche d'une des plus grandes
sociétés d'horticulture magique du pays. Après
avoir décidé de passer outre la déception
causée par la fin de ses ambitions d'Auror, Harry, lui,
avait d'abord plus ou moins suivi Ron dans ses « petits
boulots ». Mais il ne se laissait pas aller pour
autant.</p>
<p align="justify">   Il suivait de très près
l'évolution de la situation, concernant l'armée de
Voldemort, car même si celle-ci s'était
dispersée, son action n'avait pas totalement cessé.
Il y avait bien sûr le souci de retrouver la soixantaine de
mages noirs qui se promenaient en liberté à travers
le monde, tâche à laquelle le ministère, mais
aussi l'Ordre du Phénix accordaient beaucoup
d'importance ; mais il y avait un problème plus
immédiat. En effet, parmi les créatures
maléfiques lâchées dans la nature, il y avait
toujours les Détraqueurs, qui n'avaient cette fois-ci pas
été réinvestis de la garde de la prison
d'Azkaban ; et ceux-ci, même s'ils essayaient de se
faire discrets pour ne pas risquer d'être
persécutés, faisaient remarquer leur présence
partout à travers le monde, par d'étranges
épidémies de dépressions, ainsi que par des
agressions aux conséquences parfois tragiques... Ils
représentaient la principale raison pour laquelle l'Ordre du
Phénix ne s'était pas encore dissout, et Harry s'y
montrait très actif, que ce soit aux réunions ou sur
le terrain.</p>
<p align="justify">   D'autre part, en plus de sa participation active
à la lutte contre les forces du Mal, il avait
décidé de se « cultiver »
davantage dans ce domaine, en entreprenant certains voyages et en
étudiant des livres très spécialisés -
mais simples à lire. Il se préparait au
métier, plus stable, dans lequel il comptait entrer
dès le 1er septembre prochain, deux semaines
à peine après son mariage avec Ginny...</p>
<p align="justify">   Car Ginny était bien vivante, même si
elle avait cessé de l'être durant une vingtaine de
minutes, quatre ans plus tôt - toutefois, et Harry
s'était acharné à le répéter
sans que beaucoup ne le comprennent vraiment, elle n'avait jamais
été morte. Harry était absolument
persuadé que s'il avait attendu quelques minutes, voire
seulement quelques secondes de plus, Ginny aurait effectivement
été morte ; il savait - il avait l'intime
conviction - que l'esprit de Ginny n'avait pas encore quitté
le monde physique au moment-clef, et que sans cela et
l'enchantement d'Uniorganie jeté par Mme Pomfresh et le
professeur Flitwick, son sortilège n'aurait pas pu la
ranimer. Harry tenait à parler de réanimation, et non
de « résurrection ». Une vraie
résurrection était impossible, il le savait. Lui
n'avait que ranimé la force magique de la Vie, dont Hermione
lui avait expliqué la nature des mois auparavant ; il
n'avait fait que réunir un corps et un esprit encore proches
et intacts.</p>
<p align="justify">   Ginny avait dû se reposer pendant plus d'une
semaine, à cause d'une grande faiblesse physique et mentale
qui lui était venue dès qu'elle s'était
réveillée sur le sol de la Grande Salle de Poudlard,
tout juste consciente. Ensuite, au bout d'un mois, on pouvait dire
qu'elle avait retrouvé une santé et une
vitalité parfaites, au grand soulagement de Harry et de
l'ensemble des Weasley. Harry et Ginny avaient continué
à sortir ensemble. Bien sûr, ils avaient
été séparés pendant de longs mois
à cause de la dernière année de la cadette des
Weasley à Poudlard, mais ils s'étaient
continuellement écrits, et vus pendant les vacances - en
prenant garde toutefois de ne pas s'étouffer. Puis Ginny
était sortie de Poudlard.</p>
<p align="justify">   Elle avait obtenu six ASPIC : trois
« Optimal » en sortilèges, en
défense contre les forces du Mal et en soins aux
créatures magiques, et trois « Effort
exceptionnel » en botanique, en métamorphose et
en potions. Ensuite, après avoir passé quelques
examens préliminaires, elle s'était engagée
dans trois longues années d'études pour une voix
toute particulière : celle des Aurors. Elle avait
obtenu tous les diplômes avec les mentions nécessaires
et avait assuré d'un air flamboyant et des plus
sincères que Harry - bien que ce dernier ne lui ait jamais
posé la question - n'était pour rien dans ce
choix ; ou plutôt, elle avait dit que même si
certaines personnes avaient pu l'influencer, cela restait un choix
tout à fait personnel et mûrement
réfléchi.</p>
<p align="justify">   Quatre années avaient donc passé
ainsi ; ils avaient continué de vivre au Terrier. Un an
auparavant, Harry et Ginny, dont le couple, même s'il avait
forcément un peu évolué, était
resté solide et ne montrait aucun signe d'essoufflement,
s'étaient fiancés. C'était plutôt Ron et
Hermione qui semblaient, au fond, être restés les
mêmes. Ils se disputaient toujours pour un oui ou pour un
non, parfois pour des raisons plus graves que d'autres, mais ils
finissaient toujours par se réconcilier (même quand
cela nécessitait de lourdes interventions de la part de
leurs proches) et paraissaient être toujours très
amoureux aux yeux de ceux qui savaient déceler ce genre de
chose. Bref, le 1er mars dernier, le jour de son
anniversaire, Ron, après avoir très gracieusement
reçu ses cadeaux et dévoré un délicieux
gâteau au chocolat de Mrs Weasley, avait fait devant toute sa
famille et l'ensemble de leurs amis sa demande en mariage, à
genou devant une Hermione aussi écarlate que les oreilles de
Ron. Cela avait jeté un embarras presque aussi palpable
qu'à la suite de la révélation qui les avait
décidés à dormir dans la même
chambre ; mais une semaine plus tard, Ron et Hermione avaient
de nouveau réuni leurs amis pour annoncer publiquement leurs
fiançailles.</p>
<p align="justify">   Ils s'étaient mariés au début
de l'été, dans une salle spéciale du
ministère de la Magie prévue à cet effet. Puis
ils avaient profité des vacances pour entreprendre un long
voyage de noce, à travers la Chine, un pays dont la culture
- moldue ou sorcière - enthousiasmait beaucoup Hermione.
Bien sûr, ils allaient revenir ce jour-ci. C'était un
16 août, il était onze heures du matin, et le soleil
tapait à travers la fenêtre ouverte de la chambre de
Harry, qui essayait toujours de nouer sa cravate rouge.</p>
<p align="justify">   Au bout de cinq longues minutes de lutte, il finit
par obtenir un résultat à peu près passable,
dont il améliora nettement la qualité avec quelques
petits coups de baguette. Il essaya de juger l'allure qu'il avait,
avec sa robe bleue marine et sa cravate, par-dessus sa chemise
blanche. Il soupira, puis ouvrit la porte et descendit d'un pas
précipité dans le salon. Neville l'attendait, debout
au pied de l'escalier.</p>
<p align="justify">   - Tu as enfin réussi à nouer ce
truc. Ginny n'avait pas l'air très contente,
prévint-il.</p>
<p align="justify">   - Je ne pense pas qu'elle ait vraiment cru que je
serais en retard, répondit Harry avec un sourire. Qu'est-ce
qu'il y a ? demanda-t-il soudain.</p>
<p align="justify">   Il avait l'impression que Neville était
gêné de quelque chose.</p>
<p align="justify">   - Rien, assura celui-ci. C'est juste que... Enfin,
je voulais te remercier de m'avoir choisi comme témoin,
dit-il en souriant à son tour.</p>
<p align="justify">   - Tu l'as déjà fait trois fois, ce
mois-ci, dont deux cette semaine, répondit Harry d'un ton
mi-las, mi-amusé. Et puis c'est normal, non ? Quand on
n'a pas de famille, on choisit ses meilleurs amis. Enfin, pour ce
que j'en sais..., ajouta-t-il, songeur.</p>
<p align="justify">   Il donna une tape amicale dans l'épaule de
Neville, puis ils sortirent tous les deux de la maison, laissant le
Terrier totalement vide de présence humaine ; et
après avoir franchi la clôture qui entourait le
jardin, ils prirent la direction de Loutry Ste Chaspoule. Une
légère brise agitait les feuilles des arbres et leur
permettait de supporter la chaleur, tandis qu'ils avançaient
d'un pas tranquille vers le petit village moldu. Une vingtaine de
minutes plus tard, ils entrèrent dans la première
rue ; encore cinq minutes et ils étaient dans
l'église où Bill et Fleur s'étaient
mariés cinq ans plus tôt.</p>
<p align="justify">   Les invités - Dean Thomas, Seamus Finnigan,
Lee Jordan, Olivier Dubois, Parvati et Padma Patil, Ernie
Macmillan, Justin Flinch-Fletchley, Colin Crivey, Minerva
McGonagall, ainsi que d'autres amis de Ginny ou de Harry, et la
famille Weasley au grand complet - étaient
déjà tous arrivés. Ils étaient assis et
discutaient entre eux, et Harry et Neville durent serrer un bon
nombre de mains avant de se frayer un chemin jusqu'à
l'autel, où le prêtre-sorcier discutait avec Ron -
l'autre témoin que Harry avait bien entendu choisi en
premier - et Mrs Weasley. Cette dernière paraissait
très émue. Dix minutes plus tard, tout le monde
s'était assis, hormis Harry, le prêtre et les
témoins. La porte de la salle s'ouvrit, et Ginny fit son
apparition.</p>
<p align="justify">   Dès le premier regard, Harry ne put
s'empêcher de la trouver magnifique. Elle portait une longue
robe de mariée, d'une couleur bleue turquoise qui allait
parfaitement - au goût de Harry - avec sa chevelure rousse
flamboyante. Elle s'avançait d'un air digne au bras de son
frère Bill, accompagnée par l'air de la marche
nuptiale, et elle traversa ainsi toute l'allée qui menait
à l'autel, avant de se placer en face de Harry et de le
fixer d'un regard intense. Il sentait son c&oelig;ur battre
à tout rompre dans sa poitrine.</p>
<p align="justify">   - Bonjour, mesdames et messieurs, dit le vieux
prêtre-sorcier avec un large sourire. Comme vous le savez,
nous sommes tous réunis ici afin d'assister à l'union
de deux êtres, Harry Potter et Ginny Weasley. Mais je propose
qu'ils nous disent - ou plutôt qu'ils se disent devant nous
tous - ce pourquoi ils souhaitent cette union, annonça-t-il
d'un ton chaleureux avant de tourner son regard vers les deux
fiancés. A qui l'honneur ?</p>
<p align="justify">   Le visage de Ginny rougit légèrement
et elle eut un timide sourire tandis qu'elle haussait les sourcils
sans cesser de fixer Harry droit dans le yeux. Sentant lui aussi
ses joues le brûler - pourquoi donc les mariages devaient-ils
être publiques ? -, celui-ci dit à voix
haute :</p>
<p align="justify">   - Je crois que je vais commencer...</p>
<p align="justify">   Et il commença un discours. Il n'aurait pas
su dire si oui ou non, il avait parlé longtemps ou dit
beaucoup de choses, l'un pouvant aller sans l'autre. Les jours
précédents, il avait essayé d'écrire
quelque chose, mais après avoir gâché beaucoup
de parchemin pour rien, il avait décidé de parler
directement le moment venu - et maintenant il le regrettait
peut-être... Ses idées s'étaient tellement
embrouillées qu'il ne savait plus exactement ce qu'il avait
dit ; il savait seulement qu'il avait parlé du
caractère de tigresse de Ginny, de sa capacité
à lui dire ses quatre vérités quand il
dépassait les limites, et aussi de sa beauté. Ce fut
ensuite au tour de Ginny qui, avec un sourire, raconta la
façon dont elle avait appris à connaître Harry
- d'abord comme l'icône d'un personnage célèbre
qui avait permis la fin de la première guerre, puis comme
quelqu'un de bien réel, courageux, qui avait toujours
combattu avec acharnement les forces du Mal, et tout ce qui pouvait
menacer de détruire des vies, des familles... et à la
fin, elle ajouta d'un air amusé que, elle aussi, elle le
trouvait beau.</p>
]]></description>			<link>http://jimpoter.blog.jeuxvideo.com/640165/Chapitre-XXXVI-Le-Mage-blanc/</link>			<comments>http://jimpoter.blog.jeuxvideo.com/Chapitre-XXXVI---Le-Mage-blanc-28052007-215935-lp-640165.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://jimpoter.blog.jeuxvideo.com/640165/Chapitre-XXXVI-Le-Mage-blanc/</guid>			<pubDate>Mon, 28 May 2007 21:59:35 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Chapitre XXXV : Un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore]]></title>			<description><![CDATA[ 
<p align="center"> </p>
<p align="center"> </p>
<p align="center">35</p>
<p align="center">Un
pouvoir que le Seigneur</p>
<p align="center">des
Ténèbres ignore</p>
<p align="center"> </p>
<p align="center"> </p>
<p align="justify">   Harry resta immobile pendant quelques secondes. Il
était debout, baguette brandie, en position de duel. Puis,
lorsqu'il vit que Voldemort ne se relevait pas, que sa baguette
magique avait roulé à quelques centimètres de
son propriétaire complètement inerte, mais surtout,
lorsqu'il sentit que sa cicatrice n'était plus du tout
douloureuse, il comprit que c'était fini, et il abaissa
enfin sa baguette avant de se laisser retomber à genoux sur
le sol, épuisé.</p>
<p align="justify">   Il l'avait fait... il avait tué Voldemort.
Il avait éliminé Tom Jedusor, Lord Voldemort, le
<em>Seigneur des Ténèbres</em>... Il avait à
lui seul, avec sa baguette et ses pouvoirs uniquement, vaincu pour
toujours le plus grand mage noir de tous les temps ; et il
n'avait pas eu besoin d'utiliser la magie noire pour cela. Il avait
réussi...</p>
<p align="justify">   Harry sentit des larmes lui monter aux yeux ;
ces derniers le brûlaient. C'était fini, il l'avait
mis hors d'état de nuire, Voldemort ne pourrait plus jamais
tuer, torturer, faire de mal à qui que ce soit... Toute
cette souffrance que le Mage noir avait apportée dans sa
vie, il la sentait remonter à la surface. Un mélange
hétéroclite - et très intense - de bonheur et
de tristesse le submergeait. Mais le plus important à
retenir, c'est que c'en était fini de Lord
Voldemort...</p>
<p align="justify">   Harry rassembla à nouveau son courage et
ses forces et se releva difficilement. Maintenant que le duel le
plus terrible et le plus pénible de sa vie était
terminé, il en sentait bien plus concrètement les
marques. Tout son corps était endolori. Il sentait encore
les effets de l'Inertio de Voldemort sur sa poitrine et son
dos ; et sa cuisse guérie à la va-vite à
Pré-au-Lard l'élançait plus ou moins
fortement, alors qu'il ne l'avait même pas sentie depuis son
arrivée au ministère.</p>
<p align="justify">   Il s'avança douloureusement vers le corps
étendu à quelques mètres de lui. Le cadavre de
Voldemort gisait, les bras en croix. Ses yeux rouges étaient
grands ouverts ; sa tête chauve penchait sur un
côté. Une longue marque noire barrait le milieu de son
front, là où le sort de Harry l'avait touché.
C'était une réplique parfaite de sa cicatrice, une
fine brûlure en forme d'éclair...</p>
<p align="justify">   Harry fut soudain saisi d'une douleur
inimaginable, incommensurable. Sa cicatrice s'était
rouverte : un flot de sang noir s'en échappait et
l'étouffait dans les ténèbres... Tout l'espace
qui l'entourait était vide, teinté d'un noir profond,
et un froid sans égal régnait en maître
absolu...</p>
<p align="justify">   Dans cette atmosphère irréelle,
Harry sentit une main aux doigts longs et fins l'agripper et se
resserrer avec force autour de sa cheville gauche. Une voix
glaciale et suraiguë s'éleva soudain, semblant venir de
toutes les directions :</p>
<p align="justify">   - Je ne te laisserai pas vivre, Potter ! Nos
esprits sont liés depuis plus de seize ans... Si je meurs,
tu meurs avec moi !</p>
<p align="justify">   Harry se sentait tomber. Il avait l'impression
d'être emporté dans un puit sans fond. Il tombait
irrémédiablement vers la mort...</p>
<p align="justify">   - Tu vois, Potter..., dit la voix de Voldemort. On
ne peut connaître une victoire totale face à Lord
Voldemort... Je vais t'emporter avec moi dans le monde des morts,
et à ce moment-là, je te ferai subir de tels
tourments que tu regretteras à jamais d'avoir osé
faire ce que tu as fait, tu peux me faire confiance... Tu croyais
être débarrassé de moi, mais tu t'es
trompé : je vais te faire connaître une
souffrance éternelle, dit-il d'une voix dure et
amère.</p>
<p align="justify">   Harry se sentit envahi par le
désespoir : comment une telle fin était-elle
possible ? Il avait gagné, il avait vaincu Voldemort...
il ne pouvait pas mourir ainsi, c'était impossible... En
relevant la tête, il aperçut soudain une
lumière blanche. C'était une sorte d'ouverture au
bords indécis : le haut du puis... Mais la
lumière se réduisait de plus en plus, elle allait
bientôt disparaître... Non, cela ne pouvait pas se
terminer comme ça. Il ne pouvait pas mourir de cette
façon, ce serait vraiment trop stupide... Il l'avait
déjà fait une fois, il le referait si
nécessaire : il voulait vivre plus que
jamais...</p>
<p align="justify">   Il leva la main vers cette lumière, en
concentrant une nouvelle fois sa volonté, toute sa
volonté ; une volonté à toute
épreuve, une volonté invincible... Mais Voldemort
continuait à l'entraîner dans sa chute. La
lumière baissait encore d'intensité, et Harry sentait
que, si elle s'éteignait complètement, tout serait
fini... Mais il n'allait pas laisser Voldemort l'emporter. Le Mage
noir allait quitter ce monde seul. Harry, lui, allait rejoindre
Poudlard... il retrouverait ses amis, ses professeurs, ses
camarades de Gryffondor ou d'autres maisons ; il reverrait
Ginny, il la serrerait dans ses bras, il
l'embrasserait...</p>
<p align="justify">   Harry entendit un cri perçant de douleur.
C'était Voldemort qui hurlait. Si c'était comme
ça, Harry allait lui faire passer l'envie de l'emporter...
il lui imposerait les sentiments et les pensées qu'il
détestait... il allait rompre définitivement le lien
de leurs deux esprits. Il tendait les bras de toutes ses forces en
direction de la lumière blanche qui se réduisait
toujours plus... mais toujours plus lentement.</p>
<p align="justify">   La pression des doigts de Voldemort diminuait
progressivement ; le Seigneur des Ténèbres
continuait de hurler... Jusqu'au moment où sa main se
desserra complètement. Harry entendit un cri de rage
suraigu... mais il s'évanouit rapidement, le laissant seul
dans le silence et les ténèbres.</p>
<p align="justify">   Harry avait l'impression de s'être
immobilisé. La lumière n'était plus qu'une
petite étoile dans cette nuit absolue, même si elle ne
diminuait plus... mais Harry, lui, n'avait plus la force suffisante
pour l'atteindre. Il avait épuisé toute son
énergie... Mais à quoi aurait servi tout ce qu'il
venait de faire, s'il se laissait finalement mourir ? Non, il
devait encore se forcer à retourner vers cette
lumière... Mais il avait l'impression que s'il fournissait
encore un effort, ça le tuerait. D'un autre
côté, il arriverait sans doute la même chose
s'il se laissait stagner ainsi entre deux eaux...</p>
<p align="justify">   Il tendit encore les deux mains vers la
lumière, il s'imprima de nouveau cette volonté
indestructible de vivre... Il se sentait remonter doucement vers le
monde des vivants. La lumière s'agrandissait, à
présent. Elle l'emplissait d'une chaleur qui l'encourageait
à lutter encore, mais plus il se rapprochait, plus il se
sentait vidé de son énergie... Il ne se trouvait plus
qu'à quelques mètres, à présent. La
lumière provenait d'une ouverture rectangulaire aux
dimensions d'une porte. Plus que quelques centimètres... ses
doigts éclairés avaient quasiment atteint leur but,
mais il ne sentait plus aucune énergie en lui...</p>
<p align="justify">   Il s'était immobilisé de nouveau. Il
n'arrivait plus à se donner la moindre once de
volonté supplémentaire. Il avait été
à deux doigts de revenir à la vie, mais il avait
échoué... Il s'était laissé vaincre...
Il allait mourir.</p>
<p align="justify">   Il eut l'impression de s'éteindre
lorsqu'une force invisible s'exerça sur son dos et le fit
basculer de l'autre côté de la porte lumineuse. Et
tout s'inversa brusquement.</p>
<p align="justify">   L'espace totalement noir et vide était
devenu totalement blanc, rempli à ras bord d'une
lumière d'une pureté parfaite à
l'intensité infinie, une lumière qui aurait
sûrement pu brûler, désintégrer, et
réduire à néant toute substance
matérielle. Mais Harry ne ressentait qu'une très
agréable chaleur baigner tout son corps ; il n'avait
même pas mal aux yeux. Il se sentait bien au contraire envahi
d'un bien-être absolument merveilleux.</p>
<p align="justify">   Plus aucune douleur, plus aucun souci, plus la
moindre petite souffrance mentale ou physique : il se trouvait
dans un état de plénitude absolu. Il aurait pu se
laisser flotter ainsi dans cet espace sans borne pendant des
heures, sans penser à rien... Mais il crut soudain voir une
porte de bois au beau milieu de cette vaste étendue de
lumière, et quelque chose s'éveilla brutalement dans
son cerveau.</p>
<p align="justify">   Aussitôt, il sentit que tout se remettait
brusquement à l'endroit. Ses jambes s'alignèrent et
se raidirent soudainement, puis ses pieds heurtèrent un sol
dur. Il était debout, parfaitement droit ; il sentait
presque la pierre froide sous ses pieds, malgré ses
chaussures. La lumière se faisait brusquement
dévorée par les ténèbres qui se
rapprochaient de lui à nouveau, et Harry se mit à
courir le plus vite possible vers la porte qu'il ouvrit à la
volée avant de la claquer, de peur que l'ombre ne
s'échappe par l'ouverture. Il regarda ensuite où il
était.</p>
<p align="justify">   Il se trouvait dans la pièce circulaire,
dont les portes alignées donnaient sur les
différentes et mystérieuses subdivisions du
Département des mystères. Deux portes étaient
ouvertes : une, à sa gauche, laissait entrevoir les
gradins de la chambre de la Mort ; l'autre, sur sa droite,
montrait le chemin de la sortie, le couloir qui menait aux
ascenseurs. Harry se retourna et observa la porte par laquelle il
venait tout juste de sortir.</p>
<p align="justify">   Elle était parfaitement semblable à
toute les autres. Le c&oelig;ur battant, Harry saisit la
poignée et essaya de la rouvrir... mais elle était
maintenant verrouillée. Harry n'avait pas besoin d'autre
explication. Il savait que c'était la porte qui avait fait
fondre la lame du couteau de Sirius, deux ans plus tôt. Il
savait également qu'elle était sensée
renfermer le pouvoir capable de vaincre Voldemort... Malgré
tout, il se posait des questions sur ce qui venait de se
passer.</p>
<p align="justify">   Etait-il possible qu'il ait inconsciemment
rampé jusqu'ici et ouvert cette porte, pendant qu'il
s'efforçait de chasser Voldemort de son esprit tout en
voulant revenir vers la vie ? À moins que la porte ne
se fût ouverte d'elle-même une fois qu'il était
parvenu jusque là ?... Ou est-ce que le pouvoir de
cette étrange pièce l'avait transporté
jusqu'ici alors qu'il se trouvait encore dans la chambre de la
Mort ?... Il ne le saurait peut-être jamais.</p>
<p align="justify">   D'un point de vue physique, il se sentait
parfaitement bien. Son corps était toujours affaibli,
meurtri, endolori, mais cela ne le gênait plus comme avant.
Sa force mentale lui était revenue... Il se sentait de
nouveau prêt à se battre.</p>
<p align="justify">   Harry se remua soudain. Voldemort était
mort. Sa Vie pourrie, dénaturée par la mutilation de
son âme s'était éteinte au contact du
sortilège de Harry... Et l'esprit du Seigneur des
Ténèbres s'était à la fois
définitivement détaché du monde des vivants et
délié de l'esprit de Harry. Mais ce dernier savait
que ce n'était malgré tout pas terminé.
À Poudlard, la résistance improvisée devait
encore retenir l'armée de Voldemort toute entière...
Les Mangemorts seraient peut-être vaincus, avec de la chance,
mais, pour ce qui était des créatures qui avaient
attaqué le parc et la Forêt interdite, c'était
une autre histoire... Il était temps que Harry leur apprenne
la mort de leur Maître.</p>
<p align="justify">   Il se mit à marcher d'un pas vif. Il
rejoignit le couloir, et le traversa pour écraser avec
empressement le bouton d'appel le plus proche. Un ascenseur arriva
dans un grand bruit métallique, et la grille s'ouvrit. Harry
s'y engouffra et écrasa le bouton de l'atrium, au niveau
duquel la cabine fut montée quelques secondes plus
tard ; la grille se rouvrit et Harry se mit à courir.
Il franchit le hall aux ascenseurs et se retrouva dans l'immense
hall du ministère de la Magie, toujours aussi calme et
silencieux.</p>
<p align="justify">   Il hâta davantage le pas lorsqu'il
aperçut son Eclair de Feu à l'autre bout de la salle.
Il enfourcha immédiatement son balai de course et
décolla en décrivant tout de suite un bref tonneau
dans les airs, concentré sur une image bien précise.
Un instant plus tard, il se matérialisait au-dessus du
village de Pré-au-Lard. Il crut alors avoir une crise
cardiaque et, pendant une seconde, il pensa avoir raté son
transplanage.</p>
<p align="justify">   Il s'était attendu à revoir la
lumière verte de la Marque des Ténèbres, mais
elle n'était plus là. La tête de mort, ainsi
que le dôme qui avait entouré Pré-au-Lard
pendant près d'un an, s'étaient tout deux
volatilisés. Harry ne parvenait pas à
déterminer si le village était toujours désert
ou non ; en tout cas, aucune lumière ne s'en
échappait. Cependant, n'ayant pas oublié ses
priorités actuelles, il donna sur son balai une grande
accélération et fonça droit sur
Poudlard.</p>
<p align="justify">   Il apercevait les pointes des plus hautes tours du
château s'hérisser au loin... mais aucun signe de
lutte n'était encore visible. La lumière
diffusée par les torches, dans les couloirs, les salles de
classe, les bureaux, et les salles communes de Gryffondor et de
Serdaigle, formaient une constellation de petits points jaunes
à travers les fenêtres de l'aile sud.</p>
<p align="justify">   Harry commença à perdre lentement de
l'altitude. Lorsqu'il franchit enfin l'enceinte de Poudlard,
quelques minutes plus tard, il descendit en piquée sur la
pelouse ; il constata alors que la bataille y avait
cessé. Une foule de créatures magiques de diverses
espèces s'était retranchée près de la
Forêt mais, apparemment, elles ne faisaient pas partie de
l'armée de Voldemort. Certains centaures, les visages
graves, étaient en train de discuter avec des hommes et des
femmes vêtus de robes noires - mais ils n'avaient pas l'air
d'être des Mangemorts. En fait, on aurait plutôt dit
qu'une foule d'Aurors avait débarqué à
Poudlard...</p>
<p align="justify">   Harry s'avança vers eux d'un pas
vif.</p>
<p align="justify">   - Eh ! fit-il pour faire remarquer sa
présence.</p>
<p align="justify">   Plusieurs visages - humains ou non - se
tournèrent vers lui, et Harry reconnut immédiatement
Firenze et Kingsley Shacklebolt, qui se trouvaient tout deux
à quelques mètres de lui.</p>
<p align="justify">   - Harry !</p>
<p align="justify">   Kingsley se précipita vers lui, ainsi que
d'autre Aurors. Firenze les suivait tranquillement.</p>
<p align="justify">   - Harry, où étais-tu
passé ? demanda Kingsley une fois qu'ils se furent tous
rejoints. Ron et Hermione nous ont raconté que tu
étais parti à la poursuite de...</p>
<p align="justify">   Mais il ne termina pas sa phrase. L'Auror
paraissait très agité, mais aussi passablement
soulagé.</p>
<p align="justify">   - J'ai suivi Voldemort, répondit Harry en
essayant de ne pas ciller devant les regards des autres Aurors.
D'abord jusqu'à Pré-au-Lard, puis au ministère
de la Magie...</p>
<p align="justify">   Il s'interrompit lui aussi. Il ne savait pas s'il
oserait déclarer avec fierté, en face d'une foule
d'inconnus : « J'ai tué Lord Voldemort. Nous
nous sommes battus en duel et j'ai
gagné. »</p>
<p align="justify">   - Et où est Vous-Savez-Qui ? demanda
l'un des Aurors d'un ton sec.</p>
<p align="justify">   Harry hésita une seconde, ne sachant comme
dire ce qu'il avait à dire... Puis il se
décida.</p>
<p align="justify">   - Il est mort, dit-il simplement. Vous trouverez
son cadavre au ministère de la Magie, ajouta-t-il pour
empêcher le silence pesant qu'il avait senti venir de
naître.</p>
<p align="justify">   Mais ensuite, durant quelques secondes, plus
personne ne prononça le moindre mot. Harry se sentait
gêné, très gêné. Il aurait
peut-être rougi si tout ce qu'il venait de vivre ne l'avait
pas tant marqué... Firenze, lui, affichait une expression
sereine, ainsi qu'un léger sourire.</p>
<p align="justify">   - Il est <em>mort ?</em> répéta
un autre Auror, à la fois abasourdi et perplexe.
Vous-Savez-Qui est...</p>
<p align="justify">   - Vous pouvez aller vérifier si vous
voulez, répliqua Harry en prenant plus d'assurance. Allez au
Département des mystères, dans la chambre de la Mort.
Son corps est là-bas.</p>
<p align="justify">   - Nous... nous vérifierons, Potter,
répondit l'Auror, l'air soupçonneux.</p>
<p align="justify">   Mais tous les visages - sauf celui de Firenze -
étaient surtout stupéfaits, complètement
ahuris. Les Aurors repartirent, mais Kingsley resta immobile en
face de Harry. Ce dernier se souvenait pourquoi il avait
été si pressé de retourner à Poudlard,
et il ne voulait plus traîner. Toutefois, il avait encore
quelques questions à poser en vitesse...</p>
<p align="justify">   - Mais qu'est-ce que <em>vous</em> faites
ici ? questionna-t-il. Je croyais que tout le
pays...</p>
<p align="justify">   - Pas exactement, le coupa Kingsley. Les
Mangemorts ont pris le ministère, et grâce à
cela, ils ont pris un pouvoir démesuré sur le
pays ; mais tout le monde n'est pas encore tombé sur
leur emprise. Bien que la situation semblait
désespérée, certains ont réussi
à se cacher et à essayer de lutter encore... Nous
nous doutions et nous avons appris pas nos propres sources que
Tu-Sais-Qui avait l'intention de s'attaquer à Poudlard avec
une bonne partie de son armée. Nous sommes venus dès
que nous avons pu, mais la bataille était déjà
bien entamée et tu étais déjà parti
depuis dix bonnes minutes, à ce qu'on nous a
dit...</p>
<p align="justify">   - Et les Mangemorts ? interrogea Harry, les
sourcils froncés.</p>
<p align="justify">   - Les Mangemorts se sont tous enfuis il y a
près d'un quart d'heure, répondit Kingsley.
D'après ce qu'ont réussi à voir ceux qui se
battaient dans le château, la Marques des
Ténèbres avait disparu de leur peau... et il s'est
passé la même chose pour celle qui flottait au-dessus
de Pré-au-Lard. Maintenant, on comprend mieux pourquoi,
ajouta-t-il à voix basse, sans cesser d'observer Harry d'un
drôle d'&oelig;il.</p>
<p align="justify">   - Vous en avez capturé ? demanda
rapidement ce dernier.</p>
<p align="justify">   - Oui, répondit piteusement l'Auror. Sept
seulement ; ils se sont enfuis entourés de leur
armée de monstres.</p>
<p align="justify">   - Et..., poursuivit Harry, le c&oelig;ur battant,
est-ce qu'il y a des morts ?</p>
<p align="justify">   - Quelques uns, oui, admit Kingsley d'un ton
assombri. Mais aucun dans l'autre camp, ajouta-t-il avec une
amertume inhabituelle chez lui.</p>
<p align="justify">   - Et parmi les élèves ?...
interrogea Harry d'une voix faible.</p>
<p align="justify">   Kingsley parut soudain très mal à
l'aise.</p>
<p align="justify">   - Ecoute, Harry... Tu devrais aller voir par
toi-même, dit-il d'un ton qu'il tentait apparemment de rendre
neutre, même si Harry croyait y percevoir de la peine.
Désolé, je dois encore discuter avec mes
collègues. Nous devons régler la situation, tu
comprends...</p>
<p align="justify">   Et sans rien ajouter de plus, il s'éloigna
à grand pas ; Firenze, lui, avait rejoint ses
congénères, qui avaient l'air de le tolérer ce
soir. Harry avait l'horrible impression que l'Auror était
navré pour lui, mais il s'efforça de ne pas se
démonter et prit avec hâte la direction du
château, dans lequel il espérait de tout son
c&oelig;ur pouvoir retrouver ses amis... Il se retrouva rapidement
en face des portes de chêne, et remarqua qu'elles
étaient légèrement entrouvertes - suffisamment
en tout cas pour qu'il puisse entrer sans peine.</p>
<p align="justify">   Il s'engouffra dans l'ouverture et vit alors une
autre foule : une vaste mêlée
d'élèves, d'elfes, mais aussi de professeurs et de
quelques Aurors s'étendait dans le Hall d'entrée et
débordait également un peu sur la Grande Salle, dont
les portes étaient entièrement pivotées sur
leurs gonds. Beaucoup étaient à terre, et semblaient
attendre des soins. Les autres élèves discutaient
entre eux, ou avec leurs camarades blessés ; Mme
Pomfresh, Rusard, les professeurs et certains elfes -
blessés ou non - passaient entre eux. La plupart des elfes
de maison restaient à l'écart. Apparemment, une bonne
partie d'entre eux était également blessée,
mais leurs congénères s'occupaient d'eux. Hormis
cela, Harry ne voyait aucun cadavre, et un immense soulagement
l'envahit.</p>
<p align="justify">   Il s'avança d'un pas discret. Certains
regards se tournaient vers lui, et les visages
s'éclaircissaient soudain d'un sourire triste :
peut-être comprenaient-ils ce que signifiait son retour,
après tant de souffrance... Harry aperçut des visages
familiers et il sentit un sourire plus franc se dessiner timidement
sur son visage : Ernie Macmillan, assis en tailleur, la robe
tachetée de sang en certains endroits, discutait d'un air
enthousiaste avec Justin Flinch-Fletchley, Hannah Abbot et Susan
Bones ; Terry Boot, Michael Corner et Anthony Goldstein, les
mines un peu moins joyeuses, restaient debout dans un coin,
près des sabliers - mais les mêmes sourires
affectés parurent s'afficher sur leurs visages lorsqu'ils
virent Harry. Ce dernier aperçut fugitivement le visage de
Neville lorsqu'une jeune femme aux cheveux bruns se
précipita vers lui, l'air bouleversé.</p>
<p align="justify">   - Harry ! murmura Hermione en arrivant juste
devant lui, d'une voix étrangement aiguë. Nous
étions tellement inquiets...</p>
<p align="justify">   - C'est fini, dit Harry à voix basse, sans
perdre son timide sourire. Il est mort - Voldemort n'existe
plus.</p>
<p align="justify">   - C'est... c'est vraiment bien, vraiment, dit
Hermione en essayant de sourire elle aussi.</p>
<p align="justify">   Mais son sourire avait quelque chose de
douloureux. C'est alors seulement que Harry remarqua qu'elle
était livide. Les yeux d'Hermione étaient très
rougis, comme si elle venait de pleurer à chaudes
larmes.</p>
<p align="justify">   - Que... Qu'est-ce qu'il y a, Hermione ?
demanda Harry, hésitant. Il s'est passé quelque
chose ?...</p>
<p align="justify">   - Je... Quand nous nous battions contre les
Mangemorts, nous avons tous réussi à survivre
jusqu'au bout, répondit difficilement Hermione. Les armures
nous protégeaient en priorité des sortilèges
mortels, et les elfes les réensorcelaient quand elles
étaient neutralisées par les Mangemorts... Mais les
Mangemorts résistaient plus facilement que nous,
déclara-t-elle.</p>
<p align="justify">   Elle renifla à plusieurs reprises avant de
continuer :</p>
<p align="justify">   - Progressivement, ils prenaient l'avantage sur
nous... Ils ranimaient très rapidement ceux qu'on avait
stupéfixés - bien plus vite que les elfes. Et... au
moins une dizaine d'elfes de maison ont dû être
tués, annonça-t-elle d'une voix
éteinte.</p>
<p align="justify">   Harry eut une pensée soudaine.</p>
<p align="justify">   - Il est arrivé quelque chose à
Dobby ? demanda-t-il avec inquiétude.</p>
<p align="justify">   - Non... non, répondit Hermione. Dobby a
été très touché, parce qu'il se battait
avec plus de rage que tous les autres elfes... mais il s'en
sortira. Kreattur va bien aussi, ajouta-t-elle après un
temps de pause. Harry, ce que j'essaye de te dire, c'est que...
nous avions beaucoup de mal à résister, de plus en
plus de mal, et la protection des armures et des elfes devenait de
moins en moins efficace. Les maléfices des Mangemorts nous
atteignaient de plus en plus, même si on nous
protégeait toujours des sortilèges de Mort... Mais un
peu avant qu'ils ne s'enfuissent, j'ai bien cru qu'ils allaient
réussir à nous tuer... Bien sûr, quand nous
avons vu que leurs Marques des Ténèbres avaient
disparu, Ron, Neville et moi, on a tout de suite compris ce que
ça signifiait... Mais, Harry..., fit-elle, la voix de plus
en plus aiguë.</p>
<p align="justify">   Et brusquement, elle fondit en larmes.</p>
<p align="justify">   - Qu'est-ce qui se passe ? demanda Harry, de
plus en plus inquiet.</p>
<p align="justify">   - Harry... nous n'avons pas su la
protéger ! se lamenta Hermione d'une voix
suraiguë. Mais c'était une de leurs cibles
prioritaires... nous n'avons rien pu faire...</p>
<p align="justify">   - Attends..., marmonna Harry, tandis qu'un
étrange pressentiment - à moins que ce ne fût
un sentiment tout court - monter en lui. Attends un peu...
Où est Ginny ? demanda-t-il d'une voix
blanche.</p>
<p align="justify">   Hermione ne répondit pas tout de
suite.</p>
<p align="justify">   - <em>Où est Ginny ?</em>
répéta Harry avec insistance, sur un ton dur qu'il
maîtrisait difficilement.</p>
<p align="justify">   - Harry... je suis désolée...,
murmura Hermione, un flot de larmes coulant sur sa robe.</p>
<p align="justify">   - QU'EST-CE QUI EST ARRIVE À GINNY ?
hurla Harry en perdant tout contrôle de lui-même.
OÙ EST-ELLE ? <em>REPONDS-MOI !</em> ordonna-t-il
avec fureur, d'une voix tonitruante qui attira tous les regards
vers eux.</p>
<p align="justify">   Toutefois, ces regards paraissaient bien moins
choqués qu'ils ne l'auraient dû. Tous les visages que
Harry voyait autour de lui affichaient de la tristesse, bien plus
que de l'indignation. On aurait qu'ils étaient tous au
courant sauf lui.</p>
<p align="justify">   - Harry..., dit Hermione, bouleversée.
Viens.</p>
<p align="justify">   Et elle se mit à marcher vers la Grande
Salle. Harry la suivit sans se presser. Son cerveau s'était
comme vidé.</p>
<p align="justify">   Une fois dans la Grande Salle, il découvrit
une scène affligeante : une vingtaine, voire une
trentaine de silhouettes inertes s'alignaient au milieu de la
Salle, recouvertes de draps blancs : les victimes de la
dernière bataille... Hermione s'avança lentement vers
la foule de cadavres. Elle s'approcha de celui qui se trouvait tout
à droite, près des fenêtres.</p>
<p align="justify">   Harry aperçut Ron, adossé au mur, le
regard vide. Son meilleur ami ne semblait plus avoir conscience de
tout ce qui se passait autour de lui. Il était si livide
qu'on aurait pu le croire mort. Hermione se pencha lentement vers
le corps recouvert, et elle saisit un bout du drap.</p>
<p align="justify">   - Sois fort, Harry..., murmura-t-elle
doucement.</p>
<p align="justify">   Et elle releva le tissu blanc, qui laissa
apparaître un visage...</p>
<p align="justify">   Harry crut que son c&oelig;ur s'était
arrêté. Ou alors, il l'avait sentit tombé aux
fins fonds de sa poitrine. Il ne savait plus, il s'en moquait, plus
rien n'avait plus d'importance...</p>
<p align="justify">   Ginny était là, étendue sur
le sol, sa robe de sorcier presque intacte. Ses cheveux roux,
flamboyants, s'étalaient en partie autour de son visage. Ses
yeux étaient clos. Ses lèvres et sa peau
étaient à peine pâles... On aurait pu croire
qu'elle dormait profondément.</p>
<p align="justify">   Harry n'y avait pas songé une seule
seconde. Il n'avait pas voulu y penser. Comment une telle chose
aurait-elle pu être possible ? De quelle sorte une telle
horreur aurait-elle pu arriver, alors que l'origine de tous ses
malheurs avait été détruite ?...
Pourtant, c'était bien vrai. Au fond de lui-même, il
l'avait craint dès que Kingsley lui avait
suggéré avec embarras d'aller dans le château.
Sa peur, qu'il n'avait cessé d'ignorer, s'était
intensifiée lorsqu'il avait vu les sourires pleins de
tristesse de ses camarades en entrant... et il avait vite compris
ce que signifiaient les allusions d'Hermione... Ginny était
morte.</p>
<p align="justify">   Au bout d'une longue minute, après un
silence insupportable, la gorge sèche, Harry demanda
à voix basse, d'un ton neutre :</p>
<p align="justify">   - Comment est-ce arrivé ? Quand est-ce
que...</p>
<p align="justify">   Mais il ne termina pas sa phrase. Il ne
supporterait jamais de prononcer de tels mots...</p>
<p align="justify">   - Quand les Mangemorts ont compris que Voldemort
avait été vaincu pour de bon, répondit
Hermione d'une voix éteinte et légèrement
enrouée. Pendant toute la bataille, on aurait dit qu'ils
visaient Ginny plus que les autres... surtout... Nott. Mais juste
avant qu'ils ne s'enfuissent... ils ont eu le temps de jeter un
dernier sort. Et c'est à ce moment-là qu'ils l'ont
atteinte, au tout dernier moment... C'est Nott qui l'a tuée,
déclara Hermione.</p>
<p align="justify">   Progressivement, pendant qu'elle avait
parlé, la tristesse de sa voix s'était changée
en dureté. Particulièrement, elle avait
prononcé cette dernière phrase avec une haine que
Harry n'avait jamais entendue chez elle.</p>
<p align="justify">   - Est-ce que Nott fait partie de ceux qui ont
été capturés ? demanda Harry d'une voix
toujours aussi neutre.</p>
<p align="justify">   - Non... je ne crois pas, Harry. Je suis tellement
désolée..., poursuivit-elle sa voix remontant soudain
dans les aigus. On a essayé de la protéger, quand on
s'est rendu compte qu'ils la visaient en priorité, mais
quand ils se sont arrêtés de se battre... on a eu un
moment d'hésitation... ou d'inattention... et...</p>
<p align="justify">   De nouveau, elle fondit en larmes.</p>
<p align="justify">   - Je ne t'en veux pas, Hermione, assura Harry sans
même la regarder, les yeux toujours rivés sur le
visage de Ginny. Ni à Neville, et certainement pas à
Ron... Je sais bien que vous avez fait tout ce que vous avez pu ce
soir. On a tous fait pareil...</p>
<p align="justify">   Puis il se tut. Et il resta là, sans rien
dire, à observer le corps toujours inerte de Ginny, comme
s'il avait espéré le voir remuer un peu... Au bout
d'un temps qui lui parut très long, il sentit la main
d'Hermione se poser sur son épaule.</p>
<p align="justify">   - Il faut... il faut que tu sois fort, Harry. Ron
aussi est complètement anéanti... et il faudra
l'annoncer à Bill, Percy, Fred et George, si... s'ils sont
toujours vivants, murmura-t-elle d'un ton plus
qu'accablé.</p>
<p align="justify">   Harry ne répondit rien. Il n'avait pas
besoin d'entendre ça maintenant. Il lui fallait encore
saisir pleinement la réalité qu'il avait devant les
yeux. Il devait revenir à cette réalité
insupportable avant de considérer ce qu'Hermione lui
disait... Il se rappelait encore comment, l'an dernier, Hagrid
avait lui aussi posé sa main sur son épaule, pour
tenter de le ramener au château ; puis, Ginny l'avait
imité, et, cette fois-ci, il s'était laissé
emmené sans résister. Mais ni Hagrid ni Ginny ne
viendraient plus le chercher cette nuit...</p>
<p align="justify">   Après quelque minute, Hermione reprit la
parole, en essayant vainement de prendre un ton
consolateur.</p>
<p align="justify">   - Mme Pomfresh et le professeur Flitwick ont
jeté un sortilège d'Uniorganie sur tous les corps.
Ils resteront tous en parfait état - à
l'intérieur comme à l'extérieur - tant qu'ils
ne seront pas... enterrés.</p>
<p align="justify">   Harry considéra soudain Ginny d'un
&oelig;il différent. C'était donc grâce
à un sortilège que son teint avait si peu perdu de sa
couleur... Si tout son corps n'avait pas été si
parfaitement immobile, elle aurait eu l'air vivante. Harry se leva
d'un bond, se retourna et fit quelques pas vers la porte de la
Grande Salle avant de s'arrêter.</p>
<p align="justify">   - Harry..., murmura Hermione d'un ton toujours
larmoyant.</p>
<p align="justify">   Mais il l'ignora. Il pensait à autre
chose...</p>
<p align="justify">   Moins de dix minutes plus tôt, l'esprit de
Voldemort avait essayé de l'entraîner avec lui dans le
monde des morts. Mais le Mage noir avait fini par
« lâcher prise », et était
tombé seul dans ce monde... cela signifiait donc que
l'esprit de Voldemort était resté au moins une, voire
deux... voire plusieurs minutes dans le monde des vivants avant
d'en être définitivement coupé. Après
que leur Vie se fut éteinte, il semblait donc que l'esprit
des morts ne se détachait donc pas instantanément de
la vie terrestre... cela prenait au moins quelques
minutes...</p>
<p align="justify">   Ginny était morte depuis combien de
temps ? Un quart d'heure ? Vingt minutes,
peut-être ? Etait-il possible que son esprit soit encore
là, dans cette salle, près de lui ?...
Pouvait-elle écouter ses pensées, ou celles des
autres ?... Harry sentit son visage se tordre malgré
lui. Les larmes lui étaient montées aux yeux sans
qu'il ne s'en aperçoive. Elles coulaient maintenant avec
abondance sur son visage qui grimaçait d'une douleur
intolérable qui n'avait rien de physique... Ginny
était morte... elle était morte et il n'avait rien pu
faire pour l'en empêcher... Après tous les efforts
qu'il avait faits ce soir, il ne la reverrait plus jamais... Non,
il ne pouvait pas encore abandonner. L'abandon était une
chose à laquelle il avait renoncé depuis longtemps,
désormais...</p>
<p align="justify">   Il s'essuya les yeux et le reste du visage avec la
manche de sa robe de sorcier, dans un geste furieux. Il se tourna
vers Ginny. Sa gorge et ses yeux le brûlaient toujours, mais
tant pis... Ginny n'était plus du tout en vie... mais
peut-être n'était-elle pas encore tout à fait
morte... Et son corps était en parfait état, que ce
soit à l'intérieur ou à l'extérieur...
Il était encore... <em>habitable...</em></p>
<p align="justify">   Un sortilège avait tué Voldemort,
à cause de son âme et de sa Vie maléfiques...
Mais ce n'était pas son but premier... Il était grand
temps d'en voir les effets de base...</p>
<p align="justify">   Harry sortit sa baguette magique de sa poche, la
leva, et la pointa lentement sur le corps de Ginny.</p>
<p align="justify">   - Harry, dit soudain Hermione, qui ne pleurait
plus, à présent. Qu'est-ce que... ?</p>
<p align="justify">   Les regards des autres élèves
s'étaient posés sur lui. Ron avait relevé la
tête et ses yeux vides observaient Harry, comme s'il le
voyait pour la première fois de sa vie... Mais Harry s'en
moquait.</p>
<p align="justify">   Puis, sans savoir à quoi tout cela pourrait
bien le mener, mais avec plus de force et de conviction qu'il n'en
avait jamais eue, il s'exclama fermement :</p>
<p align="justify">   - <em>Avada Anima !</em></p>
<p align="justify">   Il y eut un grand bruit, semblable à une
brusque rafale de vent, et un éclair de lumière
dorée éblouissante jaillit de sa baguette et vint
frapper le corps inerte de Ginny en pleine poitrine. Harry eut
soudain l'impression de défaillir...</p>
<p align="justify">   Son passage dans l'étrange pièce du
Département des mystères lui avait ravivé
l'esprit et lui avait permis de ne plus souffrir des blessures de
son duel avec Voldemort, mais celles-ci étaient toujours
bien présentes. Son corps était toujours très
affaibli, et maintenant, son esprit également... et son
dernier sortilège avait été de trop... Tout ce
qui l'entourait se balançait et tournait étrangement.
Les formes, les contours d'Hermione, de Ron, les visages
stupéfaits de ses camarades et professeurs devenaient de
moins en moins précis...</p>
<p align="justify">   Harry essaya de ne pas tomber. Il se mit à
tituber en se dirigeant difficilement vers Ginny. Arriver devant
elle, il ne parvint plus à se retenir et tomba de tout son
poids contre son corps toujours inerte. Il y eut quelques cris
étouffés. Harry, lui sentait la peau glacée de
Ginny à travers ses vêtements. Mais soudain, il crut
sentir quelque chose d'autre...</p>
<p align="justify">   Des battements. La poitrine de Ginny était
secouée de battements infimes, à l'endroit exact
où se trouvait son c&oelig;ur... il battait de nouveau... Le
sortilège avait rallumé la Vie de Ginny... Son corps
intact avait donc été réuni avec son esprit
juste avant que celui-ci ne quitte pour toujours le monde des
vivants... son organisme s'était donc ranimé du
même coup... Un formidable coup de chance sur lequel il avait
eu l'audace de parier...</p>
<p align="justify">   Ginny était vivante, vivante... Ni
Voldemort, ni Nott, ni aucun Mangemort n'avait réussi
à la lui prendre... Vivante... elle était en
vie.</p>
<p align="justify">   Harry sentit les ténèbres
l'envelopper de nouveau, comme cela avait été tant de
fois le cas cette année... mais il n'en avait plus peur. Il
savait, d'une certitude qui n'avait rien à voir avec
Voldemort ou sa cicatrice, qu'il n'avait plus rien à
craindre de plus...</p>
<p align="justify">   La communauté des sorciers n'avait pas
été détruite. Les Mangemorts et leur
armée avaient battu en retraite. Ses meilleurs amis
étaient vivants. Ginny était vivante. Voldemort avait
disparu à tout jamais.</p>
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