<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0">	<channel>		<title>[blog.jeuxvideo.com] ffgirls : <![CDATA[Final Fantasy VII au X-2]]></title>		<link>http://ffgirls.blog.jeuxvideo.com</link>		<description><![CDATA[Final Fantasy VII au X-2]]></description>		<language>fr</language>		<copyright>Copyright (c) 2006, Hi-pi</copyright>		<generator>Hi-pi RSS 2.0 generator</generator>		<docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>		<pubDate>Mon, 11 Feb 2008 15:04:23 +0200</pubDate>		<item>			<title><![CDATA[RETOUR!!]]></title>			<description><![CDATA[<p>Comment ça va?</p>
<p>Je sais ça fait un long long long moment que y'a pas eu
de nouveau article. Je m'y remettre (enfin quand j'aurais le
temp...) mes pour les autres...</p>
<p>Enfin nouvelle nouvelle...</p>
<p>Pour ma part j'ai plus ou moins laisser ma rubrique en raison du
peu de noueautés sur FFVIII. Et les images je les avais
presque tous mise sur mon blog. Pour la fic, j'y pense et je
vérifie de temps en temps si la suite est arrivès,
mais helas.... rien. Mais dès qu'elle est la, rassurez vous
je la poste.</p>
<p>Bon pour les mises à jour... Pour ma part je vais essayer
de mettre des mises à jour. Cependant la rentrée est
mardi (sniiiiiiiiiiif) et en plus je rentre en seconde donc
beaucoup beaucoup moins de temps libre, mais j'essaierai
d'être là.</p>
<p>En ce qui concerne Aeris2, Lenne001 et Belaeris, j'ignore ce
qu'elles vont faire. je sais que Lenne001 a arretez son blog mais
si elle a égalment mis fin à sa rubrique je
l'ignore... Pour Aeris2 et Belaeris là je n'ai aucune
infos.</p>
<p> Enfin, je reste là moi idamgp^^. Et pour commencer
voila un montage de Linoa que j'ai fait y'a pas longtemps^^</p>
]]></description>			<link>http://ffgirls.blog.jeuxvideo.com/776536/RETOUR/</link>			<comments>http://ffgirls.blog.jeuxvideo.com/RETOUR---02092007-164940-lp-776536.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://ffgirls.blog.jeuxvideo.com/776536/RETOUR/</guid>			<pubDate>Sun, 02 Sep 2007 16:49:40 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Shuyin et Lenne]]></title>			<description><![CDATA[<p><strong>^^' disoulée je sais que ce n'est pas ma rubrique mais j'adOre ce fanart *_*</strong></p><p> </p><p align="right"><strong><em>aeris2</em></strong></p>]]></description>			<link>http://ffgirls.blog.jeuxvideo.com/432578/Shuyin-et-Lenne/</link>			<comments>http://ffgirls.blog.jeuxvideo.com/Shuyin-et-Lenne-30122006-121449-lp-432578.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://ffgirls.blog.jeuxvideo.com/432578/Shuyin-et-Lenne/</guid>			<pubDate>Sat, 30 Dec 2006 12:14:49 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Cloud et Aeris <3<3<3<3]]></title>			<description><![CDATA[<p><strong>TrOp TrOp  mimis sur cette phOtO ]]></description>			<link>http://ffgirls.blog.jeuxvideo.com/432576/Cloud-et-Aeris-3-3-3-3/</link>			<comments>http://ffgirls.blog.jeuxvideo.com/Cloud-et-Aeris-etlt-3etlt-3etlt-3etlt-3-30122006-121217-lp-432576.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://ffgirls.blog.jeuxvideo.com/432576/Cloud-et-Aeris-3-3-3-3/</guid>			<pubDate>Sat, 30 Dec 2006 12:12:17 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Chapitre 20 du Feu et de la Glace by Rae]]></title>			<description><![CDATA[<div align="center"><strong> CHAPITRE XX </strong> </div> <strong>  Les pas s'approchent, de plus en en plus rapidement, comme de partout à la fois. Merde, on dirait bien que nous sommes en train de nous faire encercler. Les garçons et moi nous nous mettons dos à dos, pour parer à toute attaque. Zack a repris son sang froid et se tient prêt, mais je le sens nerveux. </strong><strong> - Qu'est-ce que c'est ? demande-t-il. Des monstres ? Et y en a combien ?? </strong><strong>Une ombre se faufile entre les arbres et ressort sur la faible lueur que laisse notre feu de camp d'où nous nous trouvons. Environ deux mètres de hauteur, je dirais. Bipède. Plutôt costaud. Ce n'est pas un homme, mais impossible d'identifier la chose plus précisément.</strong> <strong> - Ca va trop vite, dit Etan, d'une voix tendue. Soit ils sont une dizaine, soit ils se déplacent très vite...  </strong><strong>Des yeux luisent dans le noir en face de moi pendant une seconde à peine, puis disparaissent. </strong><strong>- On s'est trop éloignés du camp, murmure Etan. Il faut se rapprocher du feu, on sera plus en sécurité, et au moins on y verra mieux.  </strong><strong>Oui, si ces choses nous laissent passer...  Toujours en formation, nous avançons prudemment. Nous sentons toujours des présences autour de nous, mais rien n'approche, comme si l'ennemi se contentait de nous observer pour le moment. Nous regagnons le camp qui devait bien être aux dix mètres les plus longs à parcourir de notre vie, et nous nous postons dos au feu. Un simple coup d'&oelig;il nous permet de constater que nos sacs ont été fouillés. Une des couvertures se retrouve en lambeaux, et toutes nos affaires, éparpillées sur le sol sur plusieurs mètres.  L'avantage, si l'on peut dire, c'est que quoi que nos voleurs aient pu chercher, ils n'ont à coup sûr rien trouvé puisque nous n'avons absolument rien.  Plusieurs paires d'yeux luisants continuent de réapparaître entre les arbres, mais sans approcher davantage. Quoi que ce soit, ça n'a manifestement pas l'intention d'attaquer; mais, dans l'incertitude, nous restons sur nos gardes, et même Zack ne s'endort pas cette fois.  </strong><strong>Lorsque le jour se lève, cinquante mille ans plus tard, nous n'avons plus senti leur présence depuis un bon moment. Mais nous nous empressons quand même de remballer nos affaires et de détaler vers la sortie de la forêt. Arrivés à la lisière, nous nous arrêtons, soulagés. Les monstres qui vivent dans les bois attaquent la plupart du temps pour défendre leur territoire et n'en sortent pas une fois leur squatteur délogé.   - C'était quoi, ça ? fait Zack, qui desserre les dents pour la première fois depuis des heures. </strong><strong> Nous avons tous des cernes larges comme des coquards sous les yeux, et je ne sens plus mes jambes. Se faire attaquer par des monstres de jour est une chose, mais de nuit, quand il est impossible de les identifier, de les dénombrer, et de les repérer précisément, c'est un cauchemar; surtout si en plus on a un débutant avec soi à protéger. On s'en est plutôt bien sortis, on est quittes pour une belle peur, mais c'est la dernière fois que je passe la nuit dans une forêt.  Etan s'assied et prend sa couverture. </strong><strong>- On ferait mieux d'essayer de dormir quelques heures maintenant. On ne peut pas partir dans l'état où on est. Quand il fera bien jour, on reprendra la route. </strong><strong> Et hop, ni une ni deux, il roule sa veste en boule, la glisse sous sa tête, nous tourne le dos et s'endort. Zack et moi le considérons un instant, sidérés.  Je sens qu'il aurait fallu continuer la discussion d'hier soir mais je ne m'en sens pas l'énergie, surtout pas devant Zack, et franchement, je ne saurais pas quoi dire. Notre dispute d'hier résonne toujours dans ma tête.  Etan.  Amoureux.  De moi. </strong><strong>Complètement surréaliste. </strong><strong>- Tu n'as qu'à dormir, toi, dit Zack, me tirant de mes pensées. Moi, impossible que je referme l'&oelig;il tant qu'on sera ici. Pas après cette nuit.  - On ne nous attaquera pas, je dis pour le rassurer, pas persuadée non plus de réussir à dormir après une telle nuit. Les monstres qui sont dans les forets se méfient du jour comme de la peste, ils ne mettent jamais les pieds à moins de deux mètres de la lisière. On ne risque rien ici.  - On est quand même encore trop près pour moi. Va dormir, je t'assure, je monte la garde.</strong> <strong>Puisqu'il insiste... J'attrape un des sacs, en retire la couverture la moins trouée et je m'allonge, mais avec bien trop d'idées en tête pour pouvoir réussir à dormir.  De toute façon, j'ai à peine fermé les yeux que Zack se met à hurler: </strong><strong>- Là ! Encore les monstres ! Ils nous ont suivi ! </strong><strong> Je me redresse, alarmée. Etan s'est remis sur ses pieds en un éclair, son arme à la main. Nous regardons dans la direction de la forêt, que Zack nous montre du doigt. Plusieurs masses à moitié dissimulées par les arbres s'avancent lentement vers nous, jusqu'à sortir dans la lumière.  Une exclamation de stupeur m'échappe, puis j'éclate de rire.  Des chocobos !  Eberlué, Etan a abaissé son arme et regarde les animaux qui s'approchent tranquillement.</strong> <strong>- Qu'est-ce qui se passe ? fait Zack en nous jetant des regards ahuris. Ils approchent !  - Ce ne sont que des chocobos. Ils sont absolument inoffensifs, j'explique en me laissant tomber sur le dos, de soulagement.  - C'est une forêt de chocobos... dit Etan qui n'en revient pas. Ils devaient chercher de la nourriture. Ils ont été attirés par le bruit et le feu, évidemment...  - Des chocobos ? demande Zack, un sourcil levé. </strong><strong> Evidemment, il n'en a certainement jamais entendu parler là où vivait. Moi même, je n'en avais jamais vu en vrai jusqu'ici, mais je sais que mon père en avait un il y a très longtemps. Quoiqu'on ne puisse réellement parler de possession pour un chocobo. Les chocobos ne « sont » à personne ; ils acceptent ou non de vous mener où vous le voulez, et s'ils vous apprécient, ils reviendront si vous les appelez. Je regrette de ne pas avoir de chocolégume sur moi...  Je me lève pour m'approcher de Zack qui semble maintenant fasciné par nos nouveaux amis. Il y a en là cinq, dont un tout jeune, vu sa taille. </strong><strong>- Ils sont complètement inoffensifs, tant qu'on ne les embête pas. Ce sont des animaux très vifs ; il faut se méfier de leur bec et de leurs griffes s'ils sont en colère. Mais ils n'attaquent pas sauf s'ils ont une raison de le faire. S'ils sont aussi appréciés, c'est parce qu'ils sont très résistants et qu'ils peuvent porter de très lourdes charges. Ceux-ci sont encore jeunes, on dirait, j'ajoute en tendant le bras vers leur plumage jaune de celui qui se trouve le plus près de moi. </strong><strong>Le chocobo commence par reculer sa tête pour observer ma main en émettant un petit gazouillis, puis accepte de se laisser caresser. </strong><strong> - A d'autres niveaux, ils peuvent même escalader des montagnes, nager, voler... je continue, essayant de me rappeler les quelques notions que je possède en la matière.  - Ouaaah... </strong><strong>Je retourne m'asseoir, épuisée. Immensément soulagée, certes, mais épuisée tout de même. Quand je pense qu'on a passé la nuit à angoisser à cause de ces stupides oiseaux... Zack, lui aussi rassuré pour le coup, tente de les approcher en leur tendant stupidement des touffes d'herbe, que les pauvres bêtes ont tout de même le bon sens de refuser. Un des chocobos vient fourrer son bec dans le sac d'Etan qui doit se hâter de le récupérer avant qu'il n'ait réduit en confettis ce qu'il n'a pas eu le temps de détruire hier soir. En fait, nous préférons tous les trois ranger nos sacs avant une nouvelle catastrophe. Et puisqu'il nous paraît évident au bout d'une heure qu'ils n'ont pas l'intention de nous laisser terminer notre nuit en paix, nous finissons par renoncer à toute idée de repos et décidons de reprendre la route. Le voyage promet d'être agréable, vu notre état, si nous devons être arrivés à l'orphelinat avant ce soir... </strong><strong>- Mais qu'est-ce qu'on est bêtes ! je m'exclame soudain. </strong><strong>Les garçons me regardent comme si mon cas était bien plus grave que ça. </strong><strong>- Quoi ?  - Les chocobos ! pourquoi partir à pied, puisqu'on a un moyen de transport juste là ?  - Tu as des chocolégumes sur toi ? demande Etan.  - Euh... non, mais peut-être qu'en leur proposant autre chose...  - L'herbe, ça marche pas, dit Zack d'un air dépité.  - Tu as déjà vu beaucoup de d'oiseaux herbivores ? maugréé Etan.  - Euh...  - Il doit bien y avoir un moyen, je soupire, désespérée. </strong><strong> Pas question que je me retape encore vingt kilomètres à pied sans avoir dormi de la nuit. C'est de la faute de ces bestioles, après tout. Elles n'ont qu'à réparer.  Maintenant assez habitués à nous, les chocobos se laissent approcher sans problème. Mais de là à ce qu'ils acceptent qu'on les monte, c'est une autre histoire. Même celui qui m'a laissé le caresser fait un bond de deux mètres sur le côté quand je tente de me hisser sur son dos. Les garçons n'ont pas plus de succès, et encore moins Zack qui s'entête avec ses touffes d'herbe. Au bout de plusieurs heures passées à leur courir après inutilement, nous comprenons que la seule chose que nous avons réussie à faire, c'est perdre notre temps. </strong><strong>- Y'en a marre ! je râle. J'abandonne, ça sert à rien. </strong><strong>Je me laisse tomber par terre, complètement harassée et de mauvaise humeur. </strong><strong>- Tant pis, on y va à pied. Mais je suis encore plus fatiguée que tout à l'heure, je geins en me laissant tomber sur le dos dans l'herbe, découragée. </strong><strong>Les chocobos, eux, continuent de me regarder de leur air éternellement surpris, la tête légèrement penchée, comme s'ils n'avaient pas compris ce que nous voulions. Et dire qu'avant je trouvais ça attendrissant. Je parie que ça les amuse.  </strong><strong>- Je crois que t'as raison, fait Etan en appuyant ses mains sur ses genoux, à bout de souffle. On aurait déjà fait plusieurs kilomètres, à cette heure-ci ; on a perdu beaucoup trop de temps.   Moi et mes idées brillantes...  Nous ramassons nos affaires et nous remettons en route vers l'ouest, maussades. L'énervement me redonne de l'énergie, et c'est tant mieux ; nous avons du temps à rattraper : toujours pas d'orphelinat en vue. </strong><strong>- On ne s'est quand même pas trompés de direction ? je demande à Etan, sceptique.  - Il n'y a pas cinquante voies possibles, répond-t-il en haussant les épaules. L'orphelinat se trouve à l'ouest de l'île, tout au bout. Alors c'est forcément par là. </strong> <strong>Nous n'avons toujours pas reparlé d'hier soir et il agit comme si rien ne s'était passé, alors que j'ai l'impression que quelqu'un s'amuse à jouer avec un marteau dans ma tête tellement je me pose des questions. Il marche à toute allure malgré la fatigue qu'il doit éprouver tout comme nous, et avance, le visage fermé, muet. Je penserais avoir rêvé hier si nous n'avions pas passé la nuit à veiller. Etan évite soigneusement mon regard, et je me vois mal aborder le sujet devant Zack.  Et puis... je ne sais toujours pas quoi penser.  Etan et moi...  Ce que ça m' évoque, c'est tout sauf de l'amour. Les disputes à longueur de temps, des bagarres, même. Pour attirer mon attention? C'est n'importe quoi... Bon, j'ai toujours été la plus acharnée de nous deux, je le reconnais. C'est moi qui commençais presque à chaque fois. Et pourquoi ? Malgré mes efforts, impossible de remonter jusqu'au commencement de notre mésentente. Je me remémore les photos de Zack, Etan et moi, à Tréhignac, et mon rêve. Si, petits, nous étions amis, il a bien dû se passer quelque chose...  Est-ce qu'il pourrait y avoir un lien avec le départ de Zack de la BGU? Nous avions quoi... cinq-six ans, à ce moment, d'après Maureen. Etan venait d'arriver à la BGU après la mort de sa mère. Et on peut supposer que c'est quelques semaines plus tard, peut-être même quelques jours seulement, que Zack et ses parents sont partis. A cause d'une première trahison de Harl. Ça reste des suppositions, évidemment, mais ça se tient. Toute cette période reste totalement obscure pour moi. Mes parents ne m'ont jamais parlé de Harl, Maureen, Zack, ni même de notre amitié avec Etan. Mais pourquoi ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?  Tout d'un coup, je sens qu'on me secoue par le bras. </strong><strong>- Regarde, me fait Zack en me désignant de menton la colline que nous venons de franchir.</strong> <strong>Cinq silhouettes jaunes se détachent du ciel gris. </strong><strong> - J'y crois pas, les chocobos nous ont suivi ?! je constate, les yeux écarquillés par la surprise.  - Ouais, et sur des kilomètres, incroyable, hein ? fait Zack, ravi.  - Si ça c'est pas pour nous narguer, je bougonne. </strong><strong> En me retournant je croise le regard d'Etan qui détourne le tête et se remet à observer nos poursuivants. Il va quand même falloir qu'on parle. Je ne sais pas encore pour dire quoi, mais il va vraiment falloir qu'on parle. </strong><strong>Le troupeau accélère et nous rattrape rapidement, se mettant à trottiner autour de nous, visiblement fiers d'eux. Mais je ne peux pas m'empêcher de sourire quand le plus jeune des chocobos vient poser sa tête contre ma main. Je le caresse et il se met à battre des ailes de contentement tout en gazouillant. Bess ne me croira jamais quand je lui dirait que j'ai pu trouver un chocobo.  Nous avons compris le message, ils veulent bien nous escorter, mais pas davantage. Soit. C'est plutôt drôle de les voir gambader autour de nous, et dieu sait que tout ce qui est drôle est le bienvenu en ce moment. Nous arrivons à un endroit où la terre se fait moins large, la mer gagnant du terrain sur l'île. Les chocobos se sont mis à trotter joyeusement devant nous, les plumes ébouriffées par le vent comme pour nous ouvrir le passage. Si ce n'était eux, l'endroit semblerait complètement vide de vie. C'est réconfortant de les avoir finalement.  </strong><strong>- Un phare ! s'exclame Zack en montrant un point devant nous. </strong><strong>Ce sol mot a pour effet de me réveiller sur le coup. Un phare ! oui, il y en avait bien un près de l'orphelinat, à ma connaissance ! Nous touchons enfin au but ! Revigorés par cette bonne nouvelle, nous accélérons le pas. </strong><strong>L'orphelinat... Son histoire, je la connais, comme tout le monde, plus ou moins, et plutôt moins même. C'est là que mon père et celui d'Etan, Selphie, Quistis, Irvine, Zell et tante Ellone ont grandi, avant que cette dernière ne soit obligée de partir pour se cacher. Un jour, une sorcière est arrivée à la recherche de quelqu'un à qui transmettre ses pouvoirs, et pour protéger les enfants, c'est Edéa qui les as pris. Mais à cause de ça c'est elle qui est devenue maléfique, et les enfants qu'elle élevait ne se sont retrouvés que bien des années plus tard, et pour l'affronter.  Encore un endroit chargé d'histoire... j'ignore quel rôle exact il a joué dans les évènements auxquels mes parents ont pris part, mais cet orphelinat y est clairement associé et je trouve ça fascinant. Tout ce qui a trait à cette époque, mes parents semblaient vouloir l'enfouir et ne plus jamais y repenser. Impossible de tirer quoi que ce soit d'eux là dessus, ni même de quelque autre professeur que ce soit. Je sais ce que tout le monde sait, que les Seeds ont vaincu plusieurs sorcières qui menaçaient le monde. Mais quel lien avec cet endroit ? Y a-t-il eu des combats là où je me tiens en ce moment-même ? Et alors ? ça ne signifierait pas pour autant qu'il soit maudit. </strong><strong>Nous parcourons un petit sentier pierreux en pente qui mène vers le bâtiment principal, laissant les chocobos derrière nous. Arrivés à quelques mètres de la porte - ou l'endroit où elle s'est vraisemblablement trouvée à une époque, vu le trou béant qui s'y trouve - nous stoppons. </strong><strong> - On est vraiment au bon endroit ? je demande, dubitative.   Ce bâtiment présente l'image même de la désolation. Les murs de pierre semblent prêts à tomber en poussière pour peu qu'on s'appuie un peu trop dessus, et la mousse, les mauvaises herbes et même de petits arbres ont pris possession des lieux, créant une véritable petite forêt vierge à l'intérieur de la maison. Plusieurs murs se sont en partie effondrés, ainsi que le toit, par endroits ; et le vent passant par les ouvertures siffle d'un air lugubre.  Je suis presque sûre que l'orphelinat où mon père a grandi n'a pas plus que cinquante ans. Il a du être bâti, quoi, peut-être une dizaine d'années avant que mon père y soit, quand Cid et Edéa ont créé les Seeds. Et tout a été rénové il y a quelques années quand ils ont voulu rouvrir l'orphelinat. Mais ces bâtiments devant nous sont aussi en ruines que s'ils étaient millénaires. </strong><strong>- Ca ne peut quand même pas être ici ! je m'exclame.  - Je ne vois pas ce que ça pourrait être d'autre, dit Etan en se grattant la tête. On est arrivés au bout de l'île il n'y a rien d'autre plus loin.  - Est-ce qu'on rentre ? demande Zack.  - Ca ne coûte rien d'y faire un tour, je soupire. </strong><strong> J'enjambe un muret et je m'engouffre à l'intérieur. Malgré le fait que plusieurs murs se soient effondrés et que le vent frappe violemment en dehors du bâtiment, il règne une chaleur étouffante à l'intérieur, et l'humidité du lieu remonte désagréablement jusqu'au nez. On ne pourra jamais rester dans un endroit pareil. Le toit menace de tomber à tout moment à en juger par les tuiles crissant sous nos pieds tandis que nous traversons la maison, et il y a à peine de la place pour poser le pied sur le sol. Les quelques meubles qui n'ont pas été rongés par l'humidité tiennent à peine debout. Des poupées de chiffons, des vêtements d'enfants, des tasses, des assiettes brisées. Les objets du quotidien traînant sur le sol montrent que l'endroit a été quitté dans une grande agitation. Qu'est-ce qui a bien pu réellement pousser ces gens à partir, à abandonner l'endroit, puis a penser l'île ensorcelée ?  Alors que je marche de pièce en pièce à la recherche de quelque chose qui pourrait nous être utile, j'ai à nouveau la conscience étouffante des évènements qui ont eu lieu ici. J'ai l'impression d'entendre des pleurs, des cris. La solitude, la tristesse et la peur. Je peux dire ce que je voudrais, je sens bien que nous ne sommes pas n' importe où. </strong><strong>Nous enjambons les tas de pierre, écartant les plantes qui ont envahit les chambres ; ça a dû être un très bel endroit autrefois : sous la mousse, on reconnaît encore ce qui a du être de jolies colonnes de pierre, et les sculptures des meubles sont toujours visibles, même s'ils sont maintenant gonflés par l'humidité. Le jardin à l'extérieur, sans toutes ces mauvaises herbes et ces plantes grimpantes devait être ravissant lui aussi. Mais il nous faut bientôt nous rendre à l'évidence : il n'y a plus rien à tirer de cet endroit. Aucun moyen de communication, pas de nourriture ( on s'en doutait, certes... ), pas de couvertures... </strong><strong>Les chocobos semblent s'être évanouis dans la nature. Ils nous avaient accompagnés à peu près jusqu' à l'entrée du chemin puis étaient partis explorer les lieux. Il n'y a plus la moindre trace d'eux, ils ont du retourner à leur forêt. </strong><strong>Tandis que nous redescendons vers la plage, nos pas nous mènent vers le phare qui se trouve au bout de la jetée. Il est à peu près aussi en mauvais état que l'orphelinat et ne semble plus tenir debout que par magie ; il n'est probablement plus en état de marche depuis longtemps mais ça ne coûte rien de vérifier, il nous serait extrêmement utile si nous pouvions nous en servir pour avertir de notre présence. Maintenant, évidemment, savoir qui nous avertirions est une autre question...  La porte s'ouvre plutôt facilement, mais une fois à l'intérieur, l'escalier de bois qui mène au sommet n'a pas l'air très stable. Comme je suis la plus légère de nous trois, nous décidons que je monterai vérifier s'il y a moyen de faire fonctionner tout ça.  J'arrive à me hisser malgré les marches manquantes, obligée parfois de prendre carrément appui sur les murs pour sauter jusqu'aux marches suivantes, au risque de tout faire s'écrouler. J'arrive enfin au sommet et je marche avec prudence sur le sol branlant jusqu'à l'espèce d'ampoule géante qui se trouve au centre de la petite pièce. Les vitres qui couvraient les ouvertures panoramiques de la salle ont toutes disparu, il ne reste plus que quelques éclats encore accrochés aux fenêtres, et les embruns remontent jusqu'ici. L'ampoule au centre de la pièce est brisée, elle aussi. Est-ce qu'elle pourrait quand même fonctionner ? Comment est-ce qu'on actionne ce truc ? Après avoir rapidement fouillé la pièce des yeux j'aperçois une manette rouillée dans un coin. Je ne vois que ça.   - Alors, il y a quelque chose ? me crie Etan d'en bas.  - Une manette ! je fais en essayant de l'abaisser. </strong><strong>Elle refuse de bouger. Je réessaie en y mettant tout mon poids, mais rien à faire. </strong><strong> - Ca a l'air coincé ! je crie a nouveau.  - J'arrive, fait Etan. </strong><strong> Il me rejoint pour m'aider, faisant horriblement craquer les escaliers au passage ; après plusieurs minutes d'efforts conjugués, nous parvenons enfin à abaisser la manette. Mais le phare ne s'allume toujours pas. Pas la moindre petite étincelle ou ronflement. </strong><strong> - Ca sert à rien, dit Etan. On ferait mieux de descendre d'ici avant que ça s'effondre. De toute façon l'ampoule est cassée, et avec toute cette humidité, c'est pas étonnant. </strong><strong> C'était notre seul espoir de nous faire remarquer. Maintenant on fait quoi ? On attend tranquillement en comptant sur notre chance légendaire ?  </strong><strong>- Hey, ça va ? demande Etan en se retournant vers moi en voyant que je ne bougeais pas.  - Oui, oui... </strong><strong>Il s'arrête et revient vers moi. </strong><strong>- On trouvera une autre solution. Promis.  </strong><strong>Si seulement, il pouvait arrêter d'être aussi... rassurant, conciliant, attentionné... J'arrive à peine à le regarder dans les yeux depuis hier, c'est complètement stupide. On en a toujours pas reparlé, et j'ai l'impression qu'il me regarde comme s'il attendait que je dise quelque chose à propos de tout ça. Je sais que ce serait le moment d'en reparler. Mais il n'y a rien qui vient. C'est toujours aussi flou. Ça fait presque mal. </strong><strong>- Viens, je t'aide a descendre, dit-il finalement.  - C'est pas la peine, je fais précipitamment en passant devant pour sauter les marches. </strong><strong> Il me suit en silence et nous rejoignons Zack.  </strong><strong>- Alors ?  - Rien. Ça ne marche plus.  - Et même si c'était le cas, on ne sait pas si ça aurait été une bonne idée de l'utiliser, de toute façon, fait Etan, sûrement pour nous consoler.  - Ca aurait toujours été mieux que de rester ici à jouer les Robinson Crusoé, je rétorque malgré moi. Même si ce sont des ennemis qui aperçoivent la lumière, au moins ils amèneront des vaisseaux et on aura une chance de partir d'ici ; dans le meilleur des cas, ça aurait été des alliés de la BGU.  - Sauf si les ennemis nous règlent notre compte avant que nous ne puissions tenter quoi que ce soit. De toute façon on n'aura pas à se poser la question, tranche Etan en regardant vers le sommet du phare.  - Alors, qu'est-ce qu'on va faire ? demande Zack, à nouveau inquiet.  - Déjà, trouver un endroit où dormir, je dis en lui prenant le bras tout en souriant pour le rassurer. </strong><strong> Je passe également mon bras sous celui d'Etan qui sursaute et je les tire vers la plage côté sud de l'île, le seul endroit qui ne soit pas balayé par les rafales de vent, où nous avions laissé nos sacs. Ce n'est pas le moment de s'apitoyer, et inutile de faire paniquer Zack pour le moment en lui disant que nous n'avons pas la moindre idée de ce qui va nous arriver. C'est bien simple : nous ne pouvons rien faire de plus, ça ne dépend plus de nous. Nous sommes arrivés à l'endroit où nous sommes le plus susceptibles d'être découverts, mais si personne ne passe, nous ne pourrons certainement pas rentrer à la nage...   Nous sommes assis sur la plage, face à la mer, pour regarder le jour qui commence à décliner. Etan a allumé un petit feu autour duquel nous avons pris place, et Zack prépare des cannes à pêche avec des bois de bois et des fils qu'il a réussi à trouver. Les étoiles apparaissent peu à peu au dessus de nous tandis que le ciel prend des teintes orangées. C'est tout simplement magnifique.  Je n'arrête pas de m'imaginer ce qui a pu avoir lieu sur cette île. Si ça se trouve, Papa, Quistis, Zell et les autres jouaient ici-même dans le sable. Quelle enfance a pu avoir mon père dans cet orphelinat ? Et pourquoi Laguna n'était-il pas là pour lui ? Et puis, pourquoi est-ce que j'en suis à me poser de telles questions sur ma propre famille, c'est dingue... J'ai toujours détesté cette tendance qu'ils avaient tous à élucider mes questions - tout à fait légitimes pourtant, il me semble - en m'envoyant à une tache quelconque, en me proposant à un gâteau - quand ce n'était pas un sermon sur le passé qu'on doit laisser de côté pour se concentrer sur l'avenir. Je suis sûre que ça aurait résolu beaucoup de nos problèmes actuels, pourtant. Cet endroit n'est pas commun, je le sens bien. Il s'est passé des choses importantes ici, j'en ai la conviction, mais on a voulu me laisser en dehors de ça, et maintenant, on se retrouve coincés...  Zack laisse errer son regard sur la mer sans parvenir à chasser cet air anxieux de son visage. Pas besoin d'être un grand génie pour comprendre la situation, il doit bien sentir qu'on est dans une sacrée galère. Au moins, ce n'est pas la nourriture qui manque : les poissons ont l'air autrement meilleurs ici que ceux complètement rachitiques que nous parvenions à peine à attraper dans l'ancienne cachette de Seifer. C'est plutôt une bonne nouvelle si on songe qu'on risque d'avoir à passer un bon moment ici... J'aime cet endroit, en fait. Le calme, la sérénité, la beauté qui règnent ici sont tout simplement merveilleux... dommage que tout soit tellement délabré et que l'île soit aussi isolée.  Pouvoir juste fermer les yeux et penser ; j'ai l'impression que ça fait une éternité que ça ne m'a plus été possible. Et je n'en ai jamais eu autant besoin que maintenant. Ça fait plus de deux semaines que notre vie a complètement changé. Seize nuits passées dehors, livrés à nous mêmes, perdus, entourés d'ennemis innombrables... et tout ce temps là, il n'y a vraiment eu qu'Etan et moi.  Etan.  Entre tout ce dont je me rappelle de ces dernières années avec lui, ce que j'ai appris depuis que nous avons quitté la BGU, et ce qui s'est passé la nuit dernière, je me demande comment il est possible d'avoir autant vécu avec quelqu'un sans vraiment le connaître. On a toujours été liés, par l'histoire même de nos familles, c'est indéniable. Et pourtant, ça a créé tellement de malentendus. Comment est-ce que j'ai pu être comme tous les gens, à ne pas être capable de faire la différence entre la réalité et les superstitions ridicules, ces croyances entre une quelconque ressemblance entre Etan et son père, comme si le passé pouvait se reproduire à cause de ce simple lien, alors que je sais pertinemment que c'est complètement ridicule ? comment est-ce que j'ai pu croire des choses pareilles, moi aussi ?</strong> <strong>Le sable crisse. C'est Etan qui s'approche et s'assied à côté de moi, pendant que Zack, les pieds dans l'eau, cherche notre dîner. </strong><strong> - Ecoute... hier soir, dans la forêt... j'aurais pas dû te dire que... enfin, ce que je t'ai dit. Je suis désolé. J'ai pas dit ça pour... je voulais pas te mettre mal à l'aise ou que ça complique les choses... Je sais bien que ça a du te paraître complètement dingue, et je regrette de te l'avoir dit. J'ai tout gaché, je sais. Mais... </strong><strong>Il se gratte la tête, ne sachant plus comment continuer. Eva, dit quelque chose... trouve quelque chose... </strong><strong>- Bon, on devrait peut-être aller aider Zack, dit Etan en se relevant. Sinon on est pas près de...  - Attends, je fais presque malgré moi en le rattrapant par le bras pour l'obliger à rester. </strong><strong> </strong> <div align="center"><strong>*** </strong> </div> <em><strong>- Moi, je peux te le dire, pourquoi il est parti, ton Zack, fit le garçon avec un sourire mauvais.   La petite fille leva ses yeux pleins de larmes vers lui. Elle était assise, seule, dans la cour des petits, et un plus grand s'était approchée d'elle pour lui faire face.   - Qu'est-ce que tu racontes ?  - C'est à cause du nouveau, le fils de Seifer Almasy, affirma le garçon en croisant les bras. T'as pas compris ? il arrive, et tout d'un coup, Zack et son papa et sa maman doivent partir. C'est à cause du fils du traître. Mon papa savait que ça arriverait, il avait dit qu'il y aurait plein de problèmes à cause de lui et voilà. Le fils du traître va tout faire pour se débarrasser de tout le monde ici, comme son papa.  - Tu dis n'importe quoi, cria la petite fille. Etan, il est pas...  - Et bientôt, il voudra prendre TA place.  - Quoi ?  - Il se débarrasse d'abord de Zack, continua le garçon avec une lenteur délibérée. C'était ton meilleur copain, non ? il était tout seul et hop, il prend sa place. Il n'a plus de parents ? Ben la prochaine fois, c'est TA place qu'il prendra. Regarde, tu le vois avec ton papa, là-bas ?   La gorge sèche, la petite tourna la tête vers le couloir au fond de la cour où on voyait de directeur de la BGU et le petit Etan marcher côte à côte et discuter.   - T'as vu ? Il a plus de papa alors il va prendre le tien. Et après, quand il fera comme son vrai papa : il essaiera de tuer le tien, puis tout le monde à la BGU. On le sait tous, mais ton papa veut écouter personne et un jour...   Perdue, la petite fille ne pouvait détacher ses yeux de son père et du petit garçon blond qui marchaient plus loin. Depuis quand son père ne l'avait-il plus emmenée se promener en la tenant ainsi par la main ? depuis qu'Etan était arrivé à la BGU, c'était vrai qu'il paraissait plus renfermé, plus distant et qu'il passait beaucoup de temps avec lui. Sa mère était nerveuse, et la petite s'apercevait bien que les conversations cessaient dès qu'elle arrivait. Mais ça ne pouvait tout même pas être vrai...   - Tu verras quand tes parents voudront plus de toi... avait perfidement conclu le garçon le garçon en s'éloignant.  </strong></em><strong> </strong> <div align="center"><strong>*** </strong> </div> <p><strong> Je me redresse en sursaut, avec l'impression de manquer d' air, comme si je sortais ma tête de l' eau. Blanc comme un linge, Etan me tient par le bras pour m' empêcher de tomber en avant tandis que je tente de retrouver mon souffle. </strong><strong>- Qu' est-ce qui s' est passé ?? qu' est-ce qui t' arrive ? Eva ??   Haletante, je porte la main à mon visage et je me rends compte que mes joues ruissellent de larmes.   - Eva ??  - Ca va, ça va, je souffle machinalement.   Au même moment, une vague de nausée me submerge et je dois m' éloigner.   - Tu en es sûre ? demande Etan en me rejoignant après que j' ai fini de cracher mes boyaux.  - Non...  - Qu' est-ce qui s' est passé ?   Il me prend le bras pour m' aider à me relever et nous retournons à la lumière.   - Je sais pas... j' ai eu... une espèce de flash.  - Une vision ?  - Non, pas une vision. Pourquoi est-ce que tu penses que ce serait ça ? faudrait que je sois une sorcière...  - J' en sais rien, tu me parles de flashs...  - Ce n' était pas une « vision » !   Il me regarde l' air inquiet.   - Quand tu m' as attrapé le bras et que tu as sursauté, ça m' a fait penser à Kassandra quand elle a des visions, même si ce n' est pas aussi violent pour elle.  - Je te répète que...  - Ne t' énerve pas ! je te dis ce que j' ai vu, tu as réagi comme Kassandra... et puis, ta mère en était une, de sorcière ; en quoi est-ce que ce serait si extraordinaire qu' elle t' ait transmis une partie de ses pouvoirs ? Pour ce qu' on en sait... Eva, il y a les rêves que tu fais, tu ne peux pas nier que...   Deux larmes coulent à nouveau malgré moi et je sens mon sang se glacer. Mes rêves qui ressemblaient tellement à une réminiscence du passé... et ces impressions quand je touchais des objets à l' histoire particulière... Et s' il avait raison ?   - Mais ma mère n' a jamais eu aucune sorte de vision...   Etan hausse les épaules.   - Je t' explique juste que c' est une possibilité... C' est un truc dont je voulais te parler quand on était chez Harl et Maureen mais on avait été interrompus à ce moment. Le rêve que tu as fait ce jour là... ça s' apparentait pas mal à une prémonition, il me semble.  - C' est impossible... je proteste faiblement.   Etan jette un coup d' &oelig;il vers Zack qui ne s' est rendu compte de rien, toujours concentré sur sa ligne.   - Qu' est-ce que tu as vu?  - J' ai fait... une sorte de rêve...   Ce n' était pas un rêve. C' était un souvenir, encore une fois, je le sais bien. Ni une hallucination, le fruit de mon imagination, ni un rêve. J' ai la conviction que ça s' est vraiment produit. Et c' est la réponse à mes questions. Voilà pourquoi je ne me rappelle pas la raison pour laquelle je le détestais. Parce que c' était une idée de petite fille manipulée. Cette fois les larmes me submergent.   - Ecoute, c'est pas grave si tu es une so... s' affole Etan.  - Je suis désolée... je hoquète.  - Quoi ? demande-t-il, perdu.  - Tout est-ce de ma faute... ça a toujours été ma faute.  - Mais qu' est-ce que tu racontes ? écoute, calme toi... Qu' est-ce que tu as vu ?   Réticente, je lui raconte ce que j' ai vu. A partir de là, les conclusions ne sont pas bien difficiles à tirer... C' est lui-même qui affirme depuis le début que ce sont des visions que j' ai, et qu' il faut les prendre au sérieux.  Il passe sa main dans mon dos pour me réconforter.   - Ecoute, c' est pas grave. C' est du passé, te mets pas dans un état pareil...   Le bruit a fini par attirer l' attention de Zack qui nous rejoint en courant.   - Qu' est-ce qui ne va pas. Il s' est passé quelque chose ? demande-t-il, inquiet.  - Non, c' est rien... je fais en essayant de me calmer.  - C' est juste que... euh... un problème qu' on vient de régler. Ça va mieux maintenant.   Zack a l' air rassuré. Heureusement qu' il n' insiste pas, je me vois mal aborder mon nouvel état de sorcière devant qui que ce soit. Moi-même je ne me l' explique pas. Depuis que nous avons été obligés de quitter la BGU, j' ai eu plusieurs petites visions, mais ça n' avait rien à voir avec ce qui s' est passé tout à l' heure. Est-ce que ça pourrait dû au lien de cet endroit avec les sorcières ? ça aurait réveillé cette part de moi ?  Je m' aperçois alors que la nuit est tout à fait tombée, et que pendant que nous discutions, Zack a pêché plusieurs gros poissons qu' il se met en devoir de nous préparer. Pour détendre l' atmosphère, les garçons discutent de tout et n' importe quoi et racontent des bêtises plus grosses qu' eux, je finis même par rire. Aucun d' entre nous n' a la moindre envie de dormir. Outre le fait que nous risquons d' avoir à passer un bon moment ici où nous n' aurons rien de mieux à faire, Etan a l' air véritablement plus léger, et dans un sens, moi aussi. Nous savons enfin ce qui s' est passé. Même si c' était une raison stupide, même si ça n' arrange rien de la connaître. Même si ça me tue d' avoir compris que c' était ma faute, parce que, petite et perdue, je m' étais laissée entraîner par les autres à cause de mes peurs. Ça aurait rendu tellement de choses différentes si je n' avais pas été aussi stupide...   Tout à coup, un éclair fend le ciel, nous projetant en pleine lumière et nous aveuglant momentanément. Nous protégeant les yeux, nous essayons de repérer la source de lumière.   - L... le phare ! balbutie Zack en se tournant vers Etan et moi quand la lumière se déplace lentement. Je... je croyais qu' il ne fonctionnait pas ?  - C' était bien le cas, fait Etan, les sourcils froncés.   Nous nous relevons d' un bond et nous courons vers le phare. C' est bien de là que vient la lumière, il n' y a aucun doute.   - L' ampoule était cassée, et la seule manette qui aurait pu l' actionner n' a rien déclenché... c' est complètement dingue, fait Etan en se grattant la tête. Et il aurait fallu que quelqu' un l' actionne et il n' y a que nous.  - C' est peut - être automatisé et ça ne marche que de nuit ? suggère Zack.  - Il va faire jour dans moins d' une heure, ça n' a aucun sens, je réplique en regardant le ciel qui s' éclaircit légèrement. Même s' il était programmé - et encore en état d' assurer ce programme - il aurait été allumé toute la nuit, pas seulement alors qu' il est sur le point de faire jour.   Soudain, une grande sirène se fait entendre, nous figeant sur place.   - C' était quoi ? demande inutilement Zack, les yeux exorbités.  - Ca venait de là je crois, répond Etan en se tournant vers la mer.   Le soleil se lève dans notre dos et le paysage face à nous est d' un noir d' encre, mélangeant la mer et le ciel. Impossible de distinguer quoi que ce soit, tant que la lumière du phare n' arrive pas jusque là.   - Peut-être qu' on a... juste rêvé... hasarde Zack.   Non. Il y a quelque chose qui bouge devant. J' aperçois une sorte de miroitement qui disparaît de temps à autre et semble se déplacer.   - Dis pas de b... commence Etan en s' approchant de l' eau.  - Attendez, je vois quelque chose ! je crie.   Et, sans prévenir, la mer, qui se trouvait une seconde plus tôt à cinq mètres de nous vient nous battre les chevilles.   - Quelque chose approche... je réalise, glacée jusqu' à la moelle.  - On recule ! hurle Etan. VITE !   Au même moment, un rayon du phare vient éclairer de plein fouet la mer. La vision que nous avons alors nous cloue sur place.   Un bateau !  Un bateau gigantesque approche de la plage, juste en face de nous.   Ou plus précisément : droit sur nous.   Pétrifiée, je n' arrive pas à en détacher mes yeux alors qu' il continue d' avancer. Etan m' attrape le bras pour me traîner en arrière tandis que des vaisseaux traversent le ciel et lâchent des salves de lasers dans notre direction. Stupéfaite, je bute sur un rocher en marchant à reculons et Etan trébuche dans le sable, entraîné par ma chute. Les vaisseaux s' approchent. Les yeux fermés j' attends le choc mais le bouclier de Sheba apparaît au dessus de nos têtes, nous protégeant des tirs. Etan en profite pour m' aider à me relever et nous mettons à courir comme des dératés à la suite de Zack.   - On ne sera pas à l' abri là-dedans, crie Zack tandis que nous nous ruons vers le bâtiment.  - Je sais, répond Etan, mais on sera cachés au moins.  - Merde, mais c' est qui cette fois ?? je hurle pour couvrir les bruits de déflagrations provenant de la plage.  - Tu veux peut-être te proposer pour aller demander ?   Nous courons à en perdre haleine pour traverser l' orphelinat et en ,le rattrapant, nous manquons de heurter de plein fouet Zack, figé face à l' autre coté de l' océan.   - C' est pas le moment d' admi...   Je reste bouche bée en apercevant ce qu' était en train de fixer Zack.  La BGU.   Ma main agrippe la manche d' Etan.   - Dis-moi que j' ai pas une hallucination, je murmure, n' osant pas y croire.  - Si c' est le cas, on est deux, répond-t-il d' une voix tout juste audible.   Ils sont là ! Ils nous ont trouvés !   - On est encerclés, marmonne Zack. On est fichus...  - Non, Zack, fantastique ! je ris, hystérique. C' est notre fac !  - Votre quoi ? demande Zack, ahuri. Ça, c'est une fac ?? Vous voulez dire... Ce vaisseau, là ?   Au même moment, un tir atterrit tout près et fait voler en éclat un des murs qui se trouvait à notre droite.   - On va remettre les explications à plus tard, si ça vous dérange pas, tousse Etan.  - Ca venait d' où ? demande Zack en chassant le nuage de poussière qui nous a envahi.  - On s' en fout ! je crois que c'est pas une si bonne idée que ça de rester cachés, finalement, dit Etan. Il faut qu' ils nous voient ; la BGU, je veux dire.   Nous courons sur la plage en direction de la fac en faisant de grands signes des bras et en hurlant.  Il n' y a pas la moindre chance pour qu' ils nous repèrent de là-haut.   Les vaisseaux continuent à passer en sifflant au dessus de nos têtes et se dirigent vers la BGU en la prenant pour cible ; en les observant plus attentivement maintenant que le jour est levé, je me rends compte qu' ils portent les couleurs d' Esthar.  Evidemment. Zukerdint disait vrai : même si nous l' avons détruit lui, il n' est pas tout Esthar. On dirait qu' on a réussi à se retrouver en plein milieu d' une bataille entre la BGU et eux sans le faire exprès.   - Il faut quand même faire quelque chose, on peut pas rester là, dit Zack d' une voix angoissée. On sera coincés entre les deux pendant qu' ils vont se taper dessus si ils ne se rendent pas compte qu' on est là.   Des grincements provenant de la plage que nous avons quittée nous parviennent. Nous courons faire le tour de la maison voir ce qui s' y passe. Le bateau est arrivé tout près de la plage et on dirait qu' il s' apprête à lâcher les soldats. C' est une bonne nouvelle. Au moins, on peut se défendre contre des ennemis qui se battent sur le plancher des vaches, le problème, c' est les vaisseaux qui les accompagnent pour les couvrir.  Tout à coup Etan se raidit à côté de moi et se redresse d' un bond. Je dois le rattraper par sa veste pour l' empêcher de courir dans leur direction.   - Mais t' es dingue, qu' est-ce qu' il te prend ?? je hurle.  - Ma gunblade ! je l' ai oubliée, elle est restée sur la plage !  - Tu rigoles j' espère ?!  - Je dois y aller !  - Ce n' est qu' un bout de ferraille, Etan !! Revient sur terre, c' est du suicide ! Les soldats y sont probablement déjà !  - Je ne peux pas la laisser, c' était celle de mon père!   Celle de son père. Bien entendu. J' aurais du me douter d' un truc du genre. C' est pas vrai... Comme si on avait pas assez de problèmes !  Il est comme fou. Quoi que je dise, ça ne l' empêchera pas d' essayer d' aller chercher sa stupide gunblade, et il se fera tuer pour essayer de la reprendre. Je comprends mieux pourquoi il y tient autant, mais à quoi ça l' avancera s' il se fait réduire en charpie avant de l' avoir récupérée ? il n' a pas le moindre moyen de se défendre sans elle : pas de magie, un G-Force inutilisable, et des talents aux combat à mains nues magnifiquement inutiles face à une compagnie de soldats armés de blasters longue portée.   - Je vais y aller, je grogne.  - Non, pas question Eva, c' est mon...  - Si tu y vas, je devrais te suivre pour te protéger, que tu le veuilles ou non ; alors si j' y vais toute seule, ça reviendra au même et tu resteras avec Zack.  - C' est trop dangereux, et si jamais ils...  - Et toi, tu comptais faire comment, au juste ?? je m' énerve. Tu la veux oui ou non, ton arme ?  - Il est hors de question que tu y ailles.  - C' est à prendre ou à laisser mon vieux, parce que je te garantis que tu n' iras pas non plus ! On peut aussi tous rester ici et laisser l' arme là où elle est !  - C' était celle de mon père, je peux pas, Eva, comprends-moi...  - Ah, mais je comprends parfaitement ! et je pense toujours que ça ne vaut pas le coup que tu te fasses réduire en bouillie pour ça alors qu' on aura besoin de toi quand les soldats arriveront. Alors maintenant j' y vais parce que plus je perds de temps à discuter de ça avec toi, plus les soldats ont le temps de s' approcher de nous.  - Eva...  - Pose tes fesses là et ferme-la ! Moi, j' ai mon G-Force, pour me défendre. Ils ne me verront même pas. De toute façon j' ai toujours été plus rapide que toi, je serai vite de retour.   Et avant qu' ils n' aient pu ajouter quoi que ce soit, je m' éclipse et cours en direction de la plage. Y' avait bien longtemps que j' avais pas fait quelque chose d' aussi insensé...</strong></p><p> </p><p> </p><p>alors voila, petite explication, durant les semaines qui suivent il n'y aura plus de publication car la suite n'est pas encore sortie tout simplement. Mais rassurez vous je la mettrais des qu'elle sera la </p>]]></description>			<link>http://ffgirls.blog.jeuxvideo.com/425325/Chapitre-20-du-Feu-et-de-la-Glace-by-Rae/</link>			<comments>http://ffgirls.blog.jeuxvideo.com/Chapitre-20-du-Feu-et-de-la-Glace-by-Rae-22122006-225340-lp-425325.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://ffgirls.blog.jeuxvideo.com/425325/Chapitre-20-du-Feu-et-de-la-Glace-by-Rae/</guid>			<pubDate>Fri, 22 Dec 2006 22:53:40 +0200</pubDate>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Chapitre 19 du Feu et de la Glace]]></title>			<description><![CDATA[<div align="center"><strong> CHAPITRE XIX </strong> </div><p> <strong>Ma mâchoire se décroche presque. On est <em>chez Seifer</em> ?? </strong><strong>Un flot de pensées traverse mon esprit à toute allure, interrompu presque aussitôt par Etan.</strong> <strong>- ... Mais pas de souci, il n'y a aucun risque de le trouver ici, finit-il avec un sourire un peu crispé. </strong><strong> Je déglutis avec difficulté pendant qu'il ouvre la porte et entre. Ce que je peux être stupide... Mais pendant un moment... Pendant un moment, j'ai vraiment cru qu'il était là. </strong><em><strong>Que Seifer pouvait être encore vivant. </strong></em><strong> Zack, qui est à des milliers de lieues de ces pensées, suit Etan à l'intérieur sans remarquer mon mutisme. Il n'a très probablement jamais entendu parler de Seifer ; il ignore même tout nous, en dehors des quelques bribes que je lui ai apprises dans le vaisseau. Je reste là à observer stupidement la maisonnette, bouche bée, et je comprends soudain où nous nous trouvons. La prison de Seifer. L'endroit où mon père l'aidait à se cacher. Là où est né Etan, et où il a vécu avant de venir à la BGU. Difficile de faire plus étrange combinaison. Qu'est-ce que je ressentirais si la maison de mon enfance, le seul endroit où j'aie jamais vécu avec ma famille était le symbole du crime de mon père ? </strong><strong>Je me décide à entrer, mal à l'aise au possible. L'intérieur est tout petit et dans un état sans nom. Quelques rares meubles rafistolés tiennent debout tant bien que mal dans le minuscule salon. Les traces d'un grand feu assombrissent tout un côté de la pièce, et la couche de poussière sur le sol semble en cacher bien d'autres. Divers débris traînent un peu partout. Etan m'a dit que ceux qui étaient venus attaquer son père s'en étaient d'abord pris à sa mère et... Je n'ose pas imaginer ce qui a bien pu avoir lieu ici. </strong><strong>Je m'avance lentement en retenant mon souffle, m'attendant presque à voir surgir des fantômes de dessous les meubles. J'effleure du bout des doigts un éclat de vase posé sur la petite table couverte de poussière. Tout d'un coup, c'est comme si tous les cris, les pleurs rejaillissaient autour de moi, comme un tourbillon. L'éclat des lames, les visages pleins de haine. La peur. Le sang. La mort. </strong><strong>Le c&oelig;ur battant, je retire ma main et je me hâte de rejoindre les garçons dans la pièce d'à côté. </strong><strong> - Ca fait un moment que je ne suis pas venu, dit Etan, la tête dans un placard. Désolé pour le ménage. </strong><strong> La cuisine n'est pas dans un meilleur état que la pièce précédente. Les placards sont à moitiés carbonisés et il manque des portes à plusieurs autres meubles.  Je peux comprendre sans difficulté qu'on n'ait pas très envie de rester dans un endroit pareil. Même moi je me sens oppressée pour toute l'histoire de cet endroit. Et Etan ? Qu'est-ce qu'il peut bien être en train de penser en ce moment ? Qu'est-ce que ça peut bien lui faire de revenir ici ? J'essaie de lire dans son regard, mais il semble éviter le mien, se mettant à farfouiller un peu partout en bavardant avec un entrain que je sais forcé. J'ai appris à le connaître, Etan. Et même si je ne peux pas prétendre savoir tout ce qui passe par sa tête, je suis persuadée qu'il n'est pas aussi calme et détaché à l'intérieur qu'il veut le faire croire. Mais à quoi bon en rajouter une couche ? Je ne suis pas la personne la mieux placée pour des confidences de cet ordre, je suppose. </strong><strong>- J'étais pourtant sûr d'avoir laissé quelques provisions ici la dernière fois que je suis venu... fait Etan en se grattant la nuque, l'air ennuyé.  - Et c'était quand « la dernière fois » ? je demande en attrapant une conserve périmée depuis sept mois.  - Euh... c'était il y a un moment, bredouille-t-il en me la prenant des mains pour l'observer avant de la jeter. Je crois qu'il va falloir trouver de quoi manger dans la forêt. Il doit y avoir quelques arbres fruitiers, et on peut pêcher, normalement dans le lac à côté de la maison. </strong><strong>Tant pis pour mon repas copieux.  </strong><strong>La pêche n'est une partie de plaisir que pour Zack, qui est le seul à avoir la main heureuse. Nous nous jetons comme la misère sur le pauvre sur les cinq carpes microscopiques qu'il a attrapées, et nous nous partageons quelques abricots trop mûrs - dont certains contiennent des vers - que j'ai trouvés plus loin.  </strong><strong>J'espère qu'on ne va pas avoir à rester longtemps ici... </strong><strong>Sur l'échelle de nos besoins à court terme, maintenant que notre faim est à peu près satisfaite, nous hésitons entre un bon somme et un bon bain. Après notre petit plongeon dans l'océan, notre marche, puis l'escalade pour arriver jusqu'ici, nos vêtements sont à peu près aussi agréable à porter que du papier de verre, et j'ai l' impression de sentir à des kilomètres à la ronde. D'un autre côté, je suis tellement fatiguée que je pourrais m'allonger là sur le carrelage et dormir comme un bébé jusqu'à la semaine prochaine. </strong><strong> - J'ai fait le tour de la maison, mais je ne crois pas avoir vu la salle de bain... fait remarquer Zack.  - C'est parce qu'il n'y en a pas, répond Etan. C'est que... cet endroit, c'était la... euh... la... maison de vacances de mon père ; c'est un coin tranquille, personne ne passe jamais, alors il allait dans le petit lac derrière la maison...  - J'espère que c'est une blague ? je m' exclame.  - Tu n'as qu'à y aller avant, me propose-t-il. Il doit y avoir des vêtements dans le meuble de la chambre à l'étage, si tu veux, en attendant que les tiens sèchent. L'échelle se trouve près de l'entrée et...  - Me baigner dehors ? Alors que vous êtes là ? Et puis quoi encore ? je proteste en croisant les bras.  - On ne regardera pas, promis, fait-il avec un sourire en coin.  - Il ne manquerait plus que ça ! je maugréé, rouge de fureur. Qu'est-ce qui me garantit que vous n'allez pas vous cacher quelque part pour...  - C'est ton, frère, voyons ! intervient Zack.  - Hein ? je m'exclame, avant de me souvenir à quoi il fait allusion.  </strong><strong>J'avais complètement oublié qu'il croyait toujours qu'Etan et moi sommes frère et s&oelig;ur. </strong><strong> - Ah. Euh... oui, enfin... je bredouille, n'ayant pas spécialement envie de me lancer dans des explications interminables à l'instant. </strong><strong>Comment lui dire maintenant qu'on lui a raconté des bobards ? Je ne m'en sens vraiment pas l'énergie pour le moment. </strong><strong>- Et je te jure que moi je ne... continue-t-il.  - On va en profiter pour ranger un peu, nous deux. Je te promets que je le surveille, fait Etan en riant.  - Si je vois un seul de vous deux dans les environs, il va passer un sale quart d'heure ! je grogne en allant chercher des vêtements.  </strong><strong>Je grimpe à la petit échelle qui mène à ce qui ressemble à première vue à un petit grenier très sale, mais qui doit bien avoir servi de chambre, à en juger par le mince matelas défoncé qui gît là, à côté d'une petite table de nuit. Des tas de feuilles sont rentrées par la fenêtre sans vitre et recouvrent entièrement le sol. Je trouve même deux souris qui ont élu domicile sous le matelas. A côté du mur a été placée une longue commode en bois joliment travaillé qui détonne étrangement avec tout le reste de la maison. Je me dirige vers elle, et j'ouvre le premier tiroir. Une odeur de moisi se dégage vaguement de l'amassement de tissus colorés. Il y a des jupes, des corsages, des robes, plus ou moins en bon état. Plutôt moins, en fait. Et plutôt trop petits, aussi. Je me résigne presque à enfiler les vêtements pour femmes enceintes du dernier tiroir quand je mets la main sur une longue jupe verte et un haut blanc qui ont le triple avantage, par rapport aux autres vêtements, de n'être ni déchirés, ni moisis, et d'être plutôt jolis, même si ce n'est pas le genre de chose que j'ai l'habitude de porter. </strong><strong>Ça me fait bizarre de me dire que c'était à la mère d'Etan. Elle est peut-être morte là où je suis en ce moment même... aargh non, ne commence pas à penser à ça, surtout... </strong><strong>Raah pas moyen de mettre la main sur des chaussures ou du savon. Tant pis. J'attrape un tissu à peu près propre pour m'en servir de serviette de bain et je me dirige vers la rivière.</strong> <strong>Je <em>parie</em> qu'elle est gelée, en plus... </strong><strong>Je jette un dernier coup d'&oelig;il pour m'assurer que je suis bien seule. Pas que je sois parano, mais... Le bruit éloigné de meubles déplacés parvient jusqu'à moi. Alors, allons-y. Je me glisse avec délice dans l'eau fraîche et je fais quelques brasses pour rejoindre le centre de la rivière. Autour de moi, j'entends les oiseaux pépier, et le temps est magnifique. Finalement, c'est pas plus mal qu'une baignoire... </strong><strong>Je ne sais pas combien de temps j'y passe, mais j'en profite pour faire un petit tour qui me fait le plus grand bien, en prenant garde de toujours vérifier si personne ne traîne dans les environs. Débarrasser mes vêtements de toute leur crasse s'avère plus ardu. Une fois que c'est fait, je les étends et je retourne à la maisonnette prévenir les garçons qu'ils peuvent y aller. </strong><strong>Le résultat est étonnant. On ne se croirait plus du tout au même endroit. Tout est propre, plus de poussière ; un grand drap a été étendu sur le mur pour masquer les traces de l'incendie. Il y a encore du boulot pour en faire une jolie petite maison de vacances, mais au moins on n'a plus l'impression de se trouver dans une crypte. Les garçons, plus sales que jamais, courent vers la rivière.  </strong><strong>Je décide de remonter dans la chambre faire un peu de rangement. Je me débarrasse des feuilles et des souris en réexpédiant le tout par la fenêtre, puis j'époussette les meubles à l'aide d'un bout de vieux drap dont je me sers de chiffon. Je bats le matelas, le remets en place puis y mets des draps. Je ne peux rien faire de plus. Ce n'est pas comme si nous allions y passer une semaine, de toute façon. </strong><strong>En regardant un peu partout, je trouve dans le tiroir de la table de nuit la photo abîmée d'une jeune femme blonde et d'un homme ressemblant à s'y méprendre à Etan, mais en plus âgé. Je m'assieds sur le matelas en dessous de la fenêtre pour observer le cliché. Le couple qui est là sourit, et il y a dans le regard qu'ils échangent ce que j'ai vu si souvent dans celui de mes parents. Le bonheur, l'amour. Leur identité ne fait aucun doute. Pourtant ça me fait un choc de les voir. Les parents d'Etan. Si paisibles, l'air heureux. Je me demande de quand elle date. </strong><strong>J'ai lu des tas de trucs sur Seifer. Je me suis jetée sur tout ce que j'ai pu trouver, en fait. La presse, tous les témoignages, toutes les minutes des procès auxquels j'ai pu avoir accès. <em>Tout</em></strong><strong>. Un traître, un homme sans scrupule, capable de tuer de sang froid, c'est ce qui ressort à chaque fois. J'ai toujours eu le sentiment qu'il était le mal incarné. Et que c'était une chose formidable que le monde en soit débarrassé. Est-ce que l'homme à l'air si tranquille de cette photo a vraiment pu faire ce dont on l'accuse ? </strong><strong>Et pourtant oui. Mon père m'a raconté ce qui s'est passé, avec sa façon bien à lui de laisser de côté le plus important pour aller à l'essentiel : sa maladresse dès qu'il s'agit d'exprimer des sentiments, que ce soient les siens ou ceux qu'il a pu observer chez les autres, ce qui laisserait montrer qu' il se soucie d'eux. Ce n'est que tout récemment, après tous ces évènements, que j'ai enfin réussi à m'imaginer ce qui avait bien pu passer par la tête de cet homme. Ou plutôt de cet adolescent. Il n'était pas tellement plus vieux qu'Etan ou moi, après tout. Seifer cherchait sa place dans le monde, la reconnaissance. Mais à ce moment-là, il n'avait pas trouvé le bon moyen d'y arriver. Ça n'allait pas assez bien, pas assez vite pour lui et il s'est tourné vers des personnes qui lui ont fait croire que tout était possible. Me retrouver ainsi dans l'univers de cet homme a quelques chose d'étrange. Je l'ai toujours haï de toutes mes forces, de façon viscérale, pour ce qu'il avait fait à mes parents. La cicatrice que mon père a sur le visage, c'est à cause de lui. Mais c'est une cicatrice, comme bien d'autres, je le sens, qu'ils ont en commun. J'ai toujours pensé que si je l'avais en face de moi, je le ferais payer pour tout ça, pour sa traîtrise. Et maintenant... Je ne sais plus. Je comprends ce que Kassandra voulait dire, dans un sens. Même s'il était encore en vie aujourd'hui, quel droit aurais-je de m'en mêler ? Je n'ai aucune place dans cette histoire. C'est tellement vieux. Ça ne me concerne pas. Ça ne concerne pas non plus Etan. Qu'est-ce que je sais de Seifer, au juste? Celui qui a vécu ici, l'homme de la photo, le père d'Etan et le criminel sont-ils vraiment une seule et même personne ? </strong><strong>Le vent souffle dehors, et une nouvelle brassée de feuilles mortes s'engouffre dans la chambre, réduisant à néant mes pauvres tentatives de rendre l'endroit un tant soit peu propre. Plusieurs viennent se ficher dans mes cheveux encore humides. </strong><strong>- Eva ? où est-ce que tu es ? appelle Zack. On a fini. </strong><strong>Je range en hâte la photo où je l'ai trouvée et je descends les rejoindre. Ils ont déjà commencé à préparer le repas du soir. Le soir tombe rapidement, et nous apprenons du même coup qu'il n'y a pas non plus d'électricité. </strong><strong> - C'était pas exactement un hôtel, après tout, fait Etan d'un ton léger où je sens percer l'amertume. </strong><strong>Je suis la seule à comprendre ce qu'il a voulu réellement dire par là, et mon c&oelig;ur se serre à nouveau. </strong><strong>Nous partons donc à la recherche des bougies, puis nous finissons le repas aux chandelles, ce qui donne un aspect plutôt sinistre à l'endroit. Le repas est silencieux, comme si chacun essayait de deviner ce qui avait bien pu avoir lieu ici. Ne regarde surtout pas le drap, ne le regarde surtout pas... </strong><strong>Il n'y a pas beaucoup de place ; l'endroit était au départ prévu pour une personne, après tout, et ce n'était pas censé être un palace ; les garçons décident de me laisser la chambre à l'étage. Il vont s'arranger avec les couvertures et dormir en bas. Je suis harassée, mais, naturellement, une fois allongée, pas moyen de trouver le sommeil. Je n'arrête pas de penser à la photo dans le tiroir juste à côté. </strong><strong>Après m'être retournée dans mon lit une bonne centaine de fois, je décide d'aller faire un tour dehors pour prendre l'air. Je descends doucement l'échelle pour ne pas réveiller les garçons et je sors. L'air frais me fait tout de suite du bien, j'ai l'impression de pouvoir enfin respirer. Cette maison dégage vraiment quelque chose qui ne me plait pas. Je suppose que ce n'est pas très étonnant, vu son histoire. Seulement, je ne m'attendais pas à me sentir tellement oppressée. </strong><strong>Je fais quelques pas le long de l'étang avant de repérer une silhouette. A la lumière de la lune, je reconnais Etan. Il est assis et me tourne le dos, apparemment en train d'admirer le paysage, ou ce qu'on peut en apercevoir dans cette obscurité. Je décide d'aller le rejoindre. Il sursaute légèrement quand je m'assieds à côté de lui. </strong><strong>- Ah, tu ne dors pas ? demande-t-il stupidement.  - Bien observé, Sherlock...  - Euh... désolé, c'était bête comme question... </strong><strong>Je savais que nous nous trouvions en hauteur, mais je n'avais pas remarqué jusqu'ici que nous nous trouvions carrément au sommet d'une falaise. Ça descend à pic juste devant nos pieds. Une immense plaine s'étend à des centaines de mètres plus bas. Ce n'est pas le moment de déraper. </strong><strong>Quoi qu'il en soit, la vue est absolument stupéfiante. A la faible lueur de la lune, on aperçoit toute la plaine, jusqu'à la mer. De petits bois parsèment l'endroit. Au loin, d'immenses éclairs zèbrent le ciel noir encre au dessus de la mer. Ça a un effet presque hypnotisant. Au dessus de nous, le ciel est encore dégagé mais ça ne va pas durer longtemps. La brise fraîche a une odeur de pluie. Je ramène la longue jupe verte sur mes jambes. </strong><strong>- Alors c'est ici... c'est ici que ton père se cachait. Où est-ce qu'on est exactement ?  - Almaj Mountains. L'île du sud. </strong><strong> Autrement dit : l'endroit le plus paumé de la planète. C'est pas pour rien qu'on cachait Seifer ici, je comprends mieux. On est à des centaines et des centaines de kilomètres de toute civilisation. Aucun moyen d'arriver ou de repartir sans vaisseau, l'île est totalement coupée du reste du monde. Cet endroit est quasiment désert. Aucune ville, pas le moindre petit hameau, pas de port, nada. Personne n'est autorisé à venir ici, à cause du lien que cette île a eu avec Edea lorsqu'elle était sous l'influence des sorcières, même si je ne vois pas bien en quoi ça rend cet endroit si dangereux qu'il faille totalement l'isoler.  </strong><strong>- Alors on est fichus, je soupire. On ne partira jamais d'ici.  - On trouvera un moyen. Ecoute, j'ai réfléchi ; je pense on devrait rester ici quelques temps. On doit absolument reprendre des forces ; Zack m'a dit être complètement épuisé, et moi-même, j'avoue que je suis pas au meilleur de ma forme.  - Rester ici ? je demande, dubitative.  - Ca ne m'enchante pas spécialement non plus, mais c'est encore l'endroit le plus accueillant qu'on trouvera avant des dizaines de kilomètres.  - Combien de temps, à ton avis ?  - Au moins deux jours, mais pas plus. C'est trop dangereux si on se fait coincer ici, on n'a aucun moyen de s'échapper. La seule entrée, c'est celle par laquelle on est arrivés. J'ai pensé à autre chose. Il va aussi falloir entraîner Zack. On en a parlé, il était d'accord. Il a tenu le coup jusqu'ici, mais on devrait lui apprendre un truc ou deux avant qu'on ait d'autres ennemis à battre. Le problème, c'est qu'on n'a plus d'armes.  - Alors il va falloir se contenter de la magie. Toi, tu as ta gunblade, et moi ma G-Force. Ça devrait aller, non ? </strong><strong>Il acquiesce en silence et reporte son attention sur le paysage. L'orage se rapproche rapidement. </strong><strong>- Comment tu as su, pour cet endroit ? je demande, curieuse.  - J'ai cherché pendant longtemps parce que ton père refusait de me dire où c'était. Mais comme j'insistais et que je continuais à chercher sans rien trouver tout en m'attirant un tas d'ennuis, il a finit par accepter de m'emmener, avant que je me fasse tuer pendant mes recherches.  - Pas étonnant que tu n'aies jamais pu parvenir jusqu'ici...  - Oui, ils avaient pris leurs précautions.  - Et... qu'est-ce que ça t'a fait de revoir cet endroit ?  - C' est ça le plus drôle, fait-il avec un rire qui n'a rien de joyeux. Au moment, où j'ai remis les pieds ici, j'ai compris que Squall avait raison de me cacher cet endroit. Je n'aurais jamais du venir ici.  - Qu'est-ce que tu veux dire ? je demande, étonnée.  - Regarde un peu autour de toi. C'est l'image que tu voudrais avoir de ta vie ? C'est l'endroit que tu voudrais avoir comme « chez toi » ? </strong><strong>Je me rappelle l'état de la maison quand on est arrivés, et l'impression d'oppression que j'ai ressenti en y entrant. Ça a dû être dix fois pire pour lui. </strong><strong>- Tu cherchais quoi, alors, en essayant de trouver cette endroit ? </strong><strong>Il hausse les épaules. </strong><strong> - J'en sais rien... Je veux dire... je me doutais bien que je ne retrouverais pas une jolie petite maison avec mes parents qui m'attendaient tranquillement à l'intérieur. Mais... je sais pas... J'espérais... Réussir à me rappeler des moments que j' ai passé ici avec eux... Me dire qu'à un moment au moins, tous ensemble... on a été heureux ici. Qu'il n'y a pas eu que toutes les horreurs qu'on dit partout, tu vois ? je ne pensais pas retrouver... un mausolée. Rien ne m'est revenu, ça n'a rien changé. Je ne me rappelle pas de ce qui s'est passé. Je me souviens à peine de mes parents. J'ai juste... toujours les mêmes bribes qui me viennent à l'esprit. Ça n'a servi à rien. J'étais bête. </strong><strong>Il entoure ses jambes de ses bras. </strong><strong> - Ma mère est enterrée juste à côté. Au pied des arbres, à ma gauche. Tu avais vu ?  - Euh non... je réponds, mal à l'aise.  - Il n' y a rien de spécial qui le signale, de toute façon, dit-il simplement. Elle, elle ne méritait pas tout ça.  - Non, c'est vrai. </strong><strong>Je repense à la photo dans le tiroir. </strong><strong>- Et ton père ? qu'est-ce qui s'est passé pour lui ?  - Je n'en sais rien. Personne ne le sait exactement, en fait. Squall pense qu'après m'avoir laissé à la BGU il a voulu partir à la recherche de ceux qui avaient tué ma mère. Apparemment, ce sont eux qui l'ont trouvé en premier et lui ont réglé son compte. J'ai fini par découvrir qu'il avait été tué à son tour peu de temps après m'avoir laissé à la BGU. </strong><strong>Il a seulement eu le temps de te sauver la vie de son fils... c'est le genre de chose qu'aurait fait Papa, aussi. </strong><strong>Un nouvel éclair fend le ciel et le tonnerre roule au dessus de nos têtes. La pluie s'approche. Les yeux fermés, je m'autorise une pensée pour ma famille. Où est-ce qu'elle peut bien être, en ce moment ? qu'est-ce qu'ils font, tous ? sont-ils à notre recherche ? comment les retrouver ? est-ce je les reverrai un jour ? </strong><strong>- Laguna a été tué. </strong><strong>La phrase m'a échappée. C'est comme si un poids s'ôtait de mes épaules, et en même temps c'est terrible de le dire à voix haute. Il est mort. Mort. Lui, je ne le reverrai jamais plus. Lui non plus ne méritait pas ce qui lui est arrivé. Etan tourne à nouveau la tête vers moi, les sourcils froncés. </strong><strong>- Qu'est-ce que tu dis ??  - Ils l'ont tué. Esthar. C'est Zukerdint qui me l'a dit.  - Et tu le crois ? me demande-t-il après une minute de silence où il a tenté de digérer l'information. </strong><strong>Je repense au moment où il est entré dans ma cellule, à son allure nonchalante, son sourire carnassier. </strong><strong>- Oui, je réponds, la voix enrouée. Ça l'amusait. Il a dit de ces choses... </strong><strong>Ma voix se brise. Je revois mon arme plantée dans sa poitrine, et les flots de sang s'échappant. Non, il ne fera plus rien à personne. Mais ça ne fera pas revenir mon grand-père. </strong><strong>- Je comprends, murmure Etan. Mais c'est fini, maintenant.  - Tu penses que j'ai eu tort de... de le tuer ?  - Je ne peux pas te dire que tu as raison de tuer qui que ce soit. Mais ce type était extrêmement dangereux. Tu l'as arrêté.  - Ce n'est pas pour ça que je l'ai fait. Pas pour sauver l'humanité, je rétorque, amère. C'est pour mon grand père, pour le venger. Et pour moi aussi. Parce que j'avais peur. </strong><strong> Peur... mais j' ai toujours peur. </strong><strong>- Il était dangereux et il aurait continué à te pourchasser, dit-il simplement.  - Et toi... tu as essayé de retrouver les assassins de tes parents ?  </strong><strong>Etan fronce à nouveau les sourcils et se replonge dans la contemplation du paysage. </strong><strong>- Non.  - Pourquoi ? je demande, et j'ai tout de suite l'impression d'être allée trop loin. </strong><strong>Il met un moment avant de répondre. </strong><strong>- Parce que mon père l'avait mérité. Il a mérité ce qui lui est arrivé. </strong><strong>La réponse me coupe le souffle. D'accord, c'est aussi ce que j'ai toujours pensé, mais...</strong> <strong>- Mais c'est quand même ton père...  - Lui n'a jamais hésité à trahir ou attaquer les gens qui le gênaient. Et c'est à cause de lui que ma mère a été tuée. C'est à cause de lui que j'ai toujours été traité comme un pestiféré et que j'ai dû me cacher des gens.  - Et alors quoi ? Tu ne veux pas savoir ce qui s'est passé exactement ? tu ne veux pas que les gens qui ont attaqué ton père paient pour ce qu'ils ont fait ?  - Je sais pas. Mais je ne pense pas qu'il mérite d'être vengé. C'était loin d'être un saint. Qui sait combien de vies il a gâchées ? C'est de lui que je voudrais me venger, des fois... comment est-ce qu'on peut être assez stupide pour faire tout ce qu'il a fait ? Et en même temps c'est vrai, c'était mon père. Il n'était pas comme ça avec moi et ma mère. Pas du tout. C'était quelqu'un de normal. Alors je suis censé faire quoi ? De toute façon rien ne changera ce qui s'est passé.  - Et si c'est à toi que ces gens-là s'en prennent après? Tu as passé je ne sais combien de temps sur les routes ces dernières années, tu es dingue ! s' ils ont réussi à retrouver ton père et faire ce qu'ils ont fait, tu devrais plutôt...  - Je ne peux pas toujours resté caché à la BGU.  - Et s'ils te retrouvent ? Tu crois que tu mérites de subir les conséquences de ce que Seifer a fait ?  - Mais c'est déjà le cas, Eva, fait-il avec un rire amer. Depuis toujours... </strong><strong>Ca me fait un coup au c&oelig;ur. </strong><strong> C'est vrai, pourtant. Il a toujours vécu dans l'ombre des actions de Seifer. Je le sais bien. Nous sommes tous influencés par ce qui s'est passé à cause de cet homme. <em>Moi la première. </em></strong><strong>- Je ne dis pas pour autant que je me laisserais faire si ces gens s'en prenaient à moi. Ils ont tué ma mère, ce sont des criminels... Mais je pense que le vrai responsable c'est mon père. Malade ou pas, il n'y a pas d'excuse pour ce qu'il a fait. C'est juste que je ne tiens pas à me lancer dans une vengeance aveugle comme il le ferait. </strong><strong><em>Et comme je l'ai fait. </em> La boule dans ma gorge a repris sa place habituelle. Peut-être que de nous deux, c'est moi qui ressemble le plus à Seifer, finalement. </strong><strong>Le silence retombe. Les premières gouttes se font sentir et nous décidons de rentrer. Lorsque le matin se lève, ni lui ni moi n'avons fermé l'&oelig;il. Zack, lui, a dormi comme un loir sans même remarquer notre absence. Il se lève plein d'entrain à la recherche d'un petit dèj'. Il est également très enthousiaste à l'idée de commencer un entraînement. Un petit peu trop, peut-être. Au premier essai, il loupe de deux bons mètres la cible et manque de mettre feu à la maison qui a bien déjà assez souffert comme ça. Nous passons la matinée à essayer de l'aider à contrôler ses attaques, sans trop de succès. Comme Etan est un peu plus doué que moi en magie, c'est lui qui reste aider Zack pendant que je me charge du déjeuner. </strong><strong>Vu mes trouvailles, le repas risque bien d'être aussi misérable que la veille. Je fais le tour de la petite forêt où je trouve bien quelques fruits, mais rien d'extraordinaire. Je réussis mieux à la pêche, j'attrape deux poissons de taille raisonnable qui devraient compenser. Je cours retrouver les garçons, toute fière de moi, lorsque j'entends une branche craquer de leur côté et un cri. Inquiète, j'accélère le pas. </strong><strong>- ... solé !  - C'est pas grave, ça va, je crois que c'est pas grand chose finalement...</strong> <strong>Zack est assis sur un rocher et se tient l'épaule en grimaçant. Du sang coule légèrement entre ses doigts. </strong><strong>- Qu'est-ce qui s'est passé ? je demande en me précipitant vers lui, envoyant le déjeuner bouler au passage.  - C'est rien, ne t'en fais pas...  - Tu saignes, ne me dis pas que ce n'est rien, je m'énerve. Comment tu t'es fais ça ?  - Etan a mal visé et sa foudre a touché une branche qui a failli me tomber dessus, mais...  <em>- Mal visé</em> ? je répète, ahurie, en me tournant vers Etan qui est rouge comme une tomate. Qu'est-ce que ça veut dire ? Comment tu aurais pu aussi mal viser ? Etan, je te parle !  - Je suis désolé... je... </strong><strong>Je lui envoie un regard noir avant de retirer la main de Zack pour regarder la blessure. Je la replace rapidement. Mince. L'entaille est légère, mais ça saigne beaucoup trop. Etan court chercher des herbes pour soigner ça pendant que je lance une magie de soin pour atténuer la douleur et diminuer l'écoulement du sang en attendant qu'il revienne. </strong><strong>- Bon, alors qu'est-ce qui s'est passé ? je demande, espérant que sans la présence d'Etan, Zack parlera plus facilement.  - Rien du tout, je t'assure, affirme-t-il. On s' entraînait en discutant, je n'étais pas assez concentré et je n'ai pas réussi à esquiver. Ça m'apprendra, rit-il.  </strong><strong>Je l'observe attentivement. Il a l'air de dire la vérité. Tant mieux. Mais Etan aurait pu quand même faire gaffe, Zack n'a jamais reçu aucun entraînement, lui. </strong><strong>- Ca te va bien, dit gentiment Zack en désignant mes nouveaux vêtements du menton. Tu fais à peu près la même taille que la mère d'Etan, on dirait...  - Pas vraiment, en fait, je crois que... </strong><strong>Minute, y'a quelque chose qui cloche, là... la <em>mère d'Etan</em> ?? </strong><strong>- Mais... Je croyais... que... que tu pensais que...  - Etan m'a dit que vous n'étiez pas vraiment frère et s&oelig;ur.  - Qu.. Quand est-ce qu'il te l'a dit ? je demande, confuse.  - A l'instant, en fait, rit-il. Ça doit être ce qui m' a déconcentré.  - Oh. Je... Je suis vraiment désolée... je bredouille.  - Ce n'est rien...  - On ne voulait pas te raconter d'histoires, tu sais, c'est juste que...  - Je comprends, je t'assure. Vous deviez être prudents. C'est normal.</strong> <strong>Il sourit toujours simplement, avec la même gentillesse que la première fois que nous nous sommes vus et je sens mon c&oelig;ur fondre à nouveau. Le pauvre fait ce qu'il peut pour s'adapter à cette situation dingue dans laquelle il a été plongé du jour au lendemain. Pour l'instant ça va, mais s'il nous arrive encore quelque chose, qu'est-ce qu'il pourra faire ? on ne pourra pas toujours le protéger, il n'est pas soldat. </strong><strong>Etan arrive à ce moment avec les plantes et il soigne Zack en un rien de temps après s'être excuser un milier de fois. Quoique sans grande conviction à mon avis. Va falloir qu'on parle tous les deux.</strong><strong>Une fois fini de manger, nous reprenons l'entraînement, et cette fois je reste avec eux. Zack a fait de très rapides progrès pour quelqu'un qui n'a jamais touché à la magie. A la fin de la journée, il est capable de l'employer rapidement et en visant - à un mètre près, mais y' a quand même du progrès. </strong><strong>Le soir, épuisés, nous nous couchons tôt afin d'être le plus en forme possible pour le départ le lendemain matin. Nous avons décidé de partir au lever du jour. Au réveil, nous partons à la recherche de provisions pour la route, sans faire beaucoup mieux que la veille. Il faudra s'en contenter. Etan et moi sommes d'accord pour dire que si des gens ont trouvé cet endroit auparavant, il y a des chances pour que d'autres le connaissent. S'attarder plus longtemps ici relèverait du suicide. </strong><strong>Après avoir rassemblé nos affaires qui ont heureusement eu le temps de sécher, nous nous faufilons par la petite ouverture dans la roche et nous quittons cet endroit, avec soulagement pour ma part. </strong><strong>Le chemin semble nettement moins difficile que la dernière fois, sans doute en grande partie parce que cette fois, il s'agit d'une descente, et nous sortons relativement rapidement de la montagne. Une fois arrivés au pied, il nous reste à choisir la direction. Il n'y a pas tellement de choix, en fait.  </strong><strong>- De toute façon on ne peut rejoindre aucun continent, ça c'est clair, explique Etan en dessinant un plan sommaire de l'île dans la terre à l'aide d'un baton. Le nord est là en face de nous; c'est la direction de Balamb, si vous voulez.  - Je ne sais pas où est Balamb... fait Zack, que cette précision n'aide pas beaucoup.  - Peu importe. Bref. A l'est, on ne peut que se rapprocher d'Esthar, ce qui n'est évidemment pas une très bonne idée. </strong><strong>Zack approuve, les yeux affolés. Esthar, ça, ça lui évoque quelque chose.  </strong><strong>- A l'ouest, on peut se rapprocher de l'université de Centra, mais il y a très peu de chances qu'ils soient encore là. Ils ont probablement évacué, là-bas, comme les autres universités. Mais ce qu'il faut savoir, c'est que d'un côté comme de l'autre on ne pourra pas partir sans aide extérieure, de toute façon. Mais ce serait quand même plus sensé d'aller de ce côté, évidemment. Ce qu'on cherche, c'est un refuge sûr.  - Alors pourquoi on est partis de là où on était ? demande Zack. On était en sécurité...  - Cet endroit, c'est un vrai traquenard. Il aurait suffit que les ennemis prennent l'entrée de la montagne et on était piégés, sans aucun moyen de s'échapper ; et dans ces conditions, même trois très grands Seeds ne pourraient rien faire, alors deux élèves et un civil... On va chercher un endroit où on pourra se barricader et se défendre sans problème en attendant qu'on nous trouve, explique Etan.  - Alors on peut sûrement aller se réfugier dans l'ancien orphelinat, non ? je propose. Le bâtiment est toujours là, je crois ? ça nous fera un abri. Je ne sais pas exactement où ça se trouve, mais...  - Tu penses vraiment que c'est une bonne idée ? intervient Etan.  - Pourquoi ça n'en serait pas une ? demande Zack, inquiet.  - Si cette île a été isolée, c'est pour une bonne raison, rappelle Etan.  </strong><strong>Il y a des années, après la victoire contre Ultimécia, ils ont tenté de rouvrir l'orphelinat. On s'est rendu compte au bout de quelque temps que les enfants tombaient malades sans la moindre raison. Ils entraient dans une sorte de mutisme. Même le bâtiment semblait hanté. On avait beau reconstruire, essayer de rénover, l'orphelinat semblait chaque jour un peu plus délabré. Impossible de comprendre ce qui se passait. Les analyses, les hospitalisations, les enquêtes n'y ont rien fait. On en a conclu que c'était l'influence des sorcières qui avait perduré d'une façon ou d'une autre, et qui avait rendu cet endroit maudit, et on a interdit l'accès à l'île. </strong><strong>- Ne me dit pas que tu n'en a jamais entendu parler...  - Ce ne sont que des foutaises, je rétorque, agacée. Edea n'était plus une sorcière depuis des années.  - On ignore s'il est réellement possible pour une personne qui a été possédée d'en être débarrassée, je te rappelle. </strong><strong>Je n'ai absolument pas besoin qu'on me le rappelle, merci bien. On a traité ma mère de sorcière toute mon enfance, parce qu'on savait que c'était la seule chose qui pouvait faire du mal à la « fille du directeur ». ma mère n'est pas plus sorcière que moi, mais j'ai toujours détesté entendre dire ça d'elle. </strong><strong>- Elle est morte, aujourd'hui, je réponds, un poil énervée. Ultimécia n'existe plus non plus. Elles ne peuvent plus avoir aucune influence. Ils ont inventé cette histoire de malédiction parce qu'ils ne trouvaient aucune explication logique, c'est tout. Je ne vois pas ce que tu penses qu'on peut risquer.  - Ton père ne pense pas du tout que ce sont des foutaises. Il a toujours été très clair là-dessus, lui aussi trouve cet endroit dangereux. Et tu devrais être la dernière à sous estimer l'influence des sorcières.  - Tu ne me feras pas croire que tu n'a jamais été faire un tour là-bas ! je rétorque, agacée.  - Ton père était contre, je te le répète. Il m'emmenait directement ici, et on repartait tout aussi directement avec l'Hydre. Je n'ai jamais fait un pas sur l'île en dehors de cet endroit avec ton père.  - Mais si les Seeds de Centra sont toujours chez eux et qu'ils continuent de surveiller l'île, c' est là-bas qu'on aura le plus de chance de les voir, je fais remarquer. </strong><strong>Et ça, il le sait parfaitement. De toute façon, qu'est-ce qu'on peut faire d'autre ? A l'est, non seulement on ne sait pas exactement ce qu'on trouvera, mais en plus ça nous rapprochera d'Esthar, alors c'est tout décidé... Puisque de toute façon nous n'avons aucune chance de quitter l'île sans l'aide d'un vaisseau, autant choisir un endroit qui nous laisse une chance d'être repéré par des alliés. </strong><strong>Etan finit par se ranger à mon idée, à contrec&oelig;ur. Il avait plutôt pensé aller vers le nord, essayer de repérer une forêt où nous aurions été plus ou moins protégés. Aucun de nous ne sait ce que nous trouverons exactement à l'ouest, ni à quelle distance se trouve l'orphelinat. Mais à force de la raisonner, il finit par admettre que ma solution est sans doute la plus sûre - si on met de côté toutes les rumeurs autour de l'ancien orphelinat d'Edea</strong>. <strong>En route vers l'ouest, donc. Nous sommes plusieurs fois arrêtés par des groupes des monstres qui pullulent sur l'île, ce qui donne à Zack l'occasion de s'entraîner. A midi, éreintés, nous faisons une pause au bord de la mer. </strong><strong>J'ai les yeux collés à l'océan, espérant apercevoir à tout moment un vaisseau. A cet instant, peu importe qu'il soit ami ou ennemi. On ne peut quand même pas rester coincés indéfiniment ici alors que tant de choses importantes se passent ailleurs... </strong><strong>- C'est pas si mal ici, fait Zack en s'allongeant sur le sable, les bras derrière la nuque.  - Pas si mal pour le trou du monde, je peste. Et si on ne nous retrouvais jamais ?  - Quelqu'un va <em>forcément</em> passer, hein ? s&lsquo;inquiète-t-il en se redressant sur ses coudes, pendant que Etan prend place à côté de moi. </strong><strong> <em>Personne</em> ne passe <em>jamais</em> par ici en dehors des Seeds de Centra, mais même eux, c'est pas la peine de compter dessus en temps de guerre. Ils n'ont pas que ça à faire, vérifier que personne ne viole l'interdiction de se rendre sur l'<em>île de la sorcière</em>.  </strong><strong>- Bien sûr que oui. Un jour ou l' autre... je soupire. </strong><strong>Quand la nuit commence à tomber, nous décidons de nous arrêter près d'un petit bois qui a l'air plutôt calme. Nous avons parcouru moins de chemin que nous l'avions prévu, ou nous avions sous-estimé la distance jusqu'à l'orphelinat. Nous ignorons même où nous trouvons exactement, en fait. On saura quand on tombera dessus, en gros... </strong><strong>Le campement est vite mis en place : nous n'avons pu récupérer que deux sacs qui contiennent trois couvertures à moitié mangées par les mites, et quelques maigres provisions. Zack, tout fier de son nouveau talent, nous fait joyeusement un petit feu de camp avec un brasier. Assis autour, nous voyons le jour décliner avec nervosité. Nous sommes en terre inconnue et dieu sait ce qui peut débarquer durant la nuit. Je ne suis plus si sûre que nous ayons bien fait de quitter la maison de Seifer. Nous nous mettons d'accord pour ne pas dormir afin de garder un &oelig;il sur ce qui se passe. Evidemment, au bout de cinq minutes, Zack s'est endormi, mais on peut difficilement lui en vouloir. La journée a probablement été plus rude pour lui que nous ne l'avons pensé. Autant qu'il se repose, Etan et moi pouvons très bien nous en charger, après tout. </strong><strong>Etan tend le bras pour remettre un morceau de bois dans le feu. Le petit brasier nous permet tout juste de nous voir et les branches prennent une teinte orangée au-dessus de nos têtes. Zack, à ma droite, dort la bouche légèrement ouverte. Il ressemble à un petit garçon comme ça. Au petit garçon de mon rêve. Impossible de ne plus avoir les images en tête en permanence, entre ces deux-là. Je suis constamment tiraillée par des sensations étranges, comme de déjà vu. Des bribes me reviennent de temps en temps, et je ne sais pas exactement s'il s'agit de réels souvenirs ou d'images fabriquées à partir des photos. Il faut vraiment que ça arrête de tourner dans ma tête, ou je vais devenir dingue. Je me lève pour remonter la couverture de Zack sous son menton, et je vais m'asseoir près d'Etan</strong>. <strong>- Je ne suis toujours pas certain que ce soit une bonne idée, chuchote-t-il.  - Eh bien, si tu en as une autre, c'est le moment. Je ne comprends pas de quoi tu as peur, à la fin.  - Ce n'est pas une question de peur. Je me méfie de cet endroit. Les sorcières...  - Arrête de me parler des sorcières, je le coupe, irritée. Je sais très bien ce qu'elles ont fait, tu ne m'apprends rien. On me l'a répété des centaines de fois. Les gens ont peur. Une superstition ridicule, voilà ce que c'est.  - Tu ignores quels pouvoirs avaient exactement les sorcières. Qui sait ce qu'elles ont bien pu faire à cet endroit ?  - A mon avis tu te fais du souci pour rien. Et s'il y a vraiment un problème, on le verra bien, on pourra toujours faire demi-tour.  </strong><strong>Etan ne répond rien, mais il a toujours l'air soucieux. Zack se retourne dans son sommeil, et sa couverture glisse de son épaule, découvrant son bandage. Ça me fait penser... </strong><strong>- Qu'est-ce qui s'est vraiment passé pendant que vous vous entraînier?  - Qu'est-ce que tu veux dire ?  - Ne me prend pas pour une idiote. Toi qui te trompes de cible au point de blesser un coéquipier... Franchement, Etan...  - Tu es en train d'insinuer que je l'ai fait exprès ?  - Non, mais je voudrais bien savoir ce qui t'a pris, c'est tout ( en clair, oui, j'insinue bien qu'il l'a fait exprès, je sais... ). Tu ne fais pas ce genre d'erreur, je t'ai déjà vu t'entraîner. Il y a bien dû y avoir quelque chose.  - Rien d&lsquo;important.  - Alors, il y a bien eu quelque chose !  - Arrête d'insister !  - Etan, si ça doit mettre quelqu'un en danger encore, je préfèrerais vraiment être au courant.  - C'était juste une erreur, c...  - Ca a un rapport avec ce que Esthar t'a fait ? tu as eu un malaise ?  - M... mais non, voyons, fait-il, surpris.  - Alors quoi ? Ne me dis pas que tu as juste mal visé parce que je ne te crois pas !  </strong><strong>Il soupire. </strong><strong>- On discutait, c'est tout, et j'ai été déconcentré, ça te va ?  - De quoi est-ce que vous discutiez?  - Bon sang, Eva, tu...  <em>- De quoi est-ce que vous discutiez?</em> </strong><strong>Il soupire à nouveau. </strong><strong>- Tu ne vas pas me lâcher, hein ?  - Non.  - Mais il n'y a vraiment aucune raison de...  - Il m'a raconté que tu lui avais dit qu'on était pas vraiment frère et s&oelig;ur. </strong><strong>Etan fronce à nouveau les sourcils, sans quitter le feu des yeux. </strong><strong>- Il fallait bien le mettre au courant à un moment ou à un autre.  - Et tu lui as dit ça tout d'un coup ? C'est venu dans la conversation comme ça, et t'as décidé de lui dire ? je fais, sceptique.  - Non, bien sûr que non...  - Alors quoi??  - Mais qu'est-ce que ça peut bien faire ? s'énerve-t-il. Ça n'a aucune importance !  - Si ce n'est rien, pourquoi tu ne me le dis pas ?  - Mais... ( il soupire ). T'es vraiment impossible, tu le sais ?  - On a déjà du me le dire, oui. J'attends toujours, Etan. </strong><strong>Il hoche la tête. </strong><strong>- On parlait de toi, ça te va ? grogne-t-il.  - De moi ? je fais, stupéfaite.  - Il me disait que j'avais beaauuuuucoup de chance d'avoir pour s&oelig;ur une fille aussi sympa, drôle, gentille, jolie que toi, fait-il en singeant Zack.  - Il a vraiment dit ça ??  - Oui, répond-t-il en levant les yeux au ciel. Alors je lui ai dit que t'étais pas vraiment ma s&oelig;ur.  - Et c'est tout ?  - Oui, c'est tout.  - Alors qu'est-ce qui t'as tellement déconcentré là-dedans ?  - Laisse tomber, ok ? fait-il d'un ton sec en se levant.  - Mais... </strong><strong>Et moi qui me disais que je commençais à le comprendre... Il disparaît derrière un arbre, mais j'arrive à le rattraper et je l'arrête. </strong><strong>- C'est quoi le problème, à la fin ? je fais, vraiment à bout cette fois.  - Mais pourquoi t'insistes ?  - Pourquoi tu ne réponds pas ?  - Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? crie-t-il. Ce type a débarqué il y a quelque jours, on ne sait rien de lui ! Ok, il se trouve qu'en fait on le connaît depuis tous petits, mais il y a une semaine on n'en avait pas le moindre souvenir... Il débarque comme ça tout d'un coup, et vous êtes déjà dingues l'un de l'autre ! ça fait des années que j'essaie de t'atteindre et que je ne fais que me cogner la tête contre les murs ! Alors oui, ça m'a rendu furieux quand il m'a dit qu'il s'intéressait à toi ! Tu n'es pas ma s&oelig;ur, c'est la vérité, non ? Je ne t'ai jamais considérée comme ça, je... </strong><strong> OK. Là, même chez une personne aussi bouchée que moi ça fait tilt.  Je le regarde, la bouche bée, les yeux écarquillés, complètement ahurie par ce que je viens d'entendre. Etan garde les yeux fixés sur le sol, regrettant probablement à mort ce qu'il vient de dire. </strong><strong>- Tu... tu n'étais p-pas sérieux ? je bégaie, persuadée franchement d'avoir mal compris.  - Je voulais pas le blesser... J'ai pas pu me contrôler, c'est tout. Je...  - Ce n'est pas de ça que je parlais.  - Je sais, soupire-t-il en s'asseyant à terre.  - Tu n'es quand même pas... pas vraiment... </strong><strong>Le mot n'arrive même pas à franchir mes lèvres. Etan, amoureux de moi ? C'est du délire... Il fronce les sourcils et baisse la tête. Puis il inspire un bon coup, comme pour se donner de la détermination.  </strong><strong>- Si. J'étais complètement sérieux. </strong><strong>Il relève les yeux vers moi, visiblement au prix d'un grand effort. </strong><strong>- Mais... On a toujours... On s'est jamais... je bafouille, sous le choc. On s'est toujours détestés... Comment...  - Je ne t'ai jamais détestée, moi. Mais... je sais pas... c'était le seul moyen pour que... pour que tu ne m'ignores pas comme les autres. Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été am... amoureux de toi, finit-il avec effort en baissant un peu plus la tête. </strong><strong> Alors là, j'en ai le souffle coupé. Je revois les photos chez Maureen et Zack, quand nous étions petits. Mes rêves... où nous étions la main dans la main. J'étais une des seules personnes à m'occuper de lui. Est-ce qu'à ce moment-là il a vraiment pu... Ça fait tellement loin, maintenant...  Qu'est-ce que je suis censée dire, au juste ? qu'est-ce que je ressens, au juste ? il y a quelque temps, je le haïssais... Depuis, j'ai appris à le connaître, oui, mais je là à... </strong><strong>- Etan, je... je commence, perdue, sans même savoir comment finira au juste la phrase.  </strong><strong>Si j'avais imaginé que je me retrouverais dans cette situation un jour... Je dois rêver c'est pas possible.<em> Non, Etan, ne me regarde pas comme ça... </em></strong><strong>- Je...  - EVAAAA !! fait une voix rendue suraiguë par la panique un peu plus loin. </strong><strong>De surprise, je fais presque un bond de deux mètres. Zack ? </strong><strong>- EVAAAA ! ETAAAAN !! </strong><strong>Zack arrive en courant comme un dératé, haletant, et il se jette presque sur nous. </strong><strong>- Il y a quelque chose... là-bas... souffle-t-il en nous montrant l'emplacement du camp. Quelque chose m'a réveillé... ça tournait... autour de moi, et ... et ça m'a touché ! </strong><strong>Un bruit de craquement sur ma droite me fait sursauter. Et presque immédiatement, un autre à l'opposé. Mince, qu'est-ce qui se passe, encore ? Avec tout ça on ne faisait pas attention, on a du nous entendre à des kilomètres. Quels imbéciles on a été...  J'aperçois une ombre qui passe à toute allure entre les arbres, puis très vite une autre, et encore une autre. </strong><strong>- Il y en a plusieurs, murmure Etan, qui s'est relevé, sa gunblade à la main. Ils nous entourent...</strong></p><p> </p><p>et voila le chapitre 19 en ligne ^^</p><p>normalement ça aureit du etre hier soir mais jetais trop crever. </p>]]></description>			<link>http://ffgirls.blog.jeuxvideo.com/419109/Chapitre-19-du-Feu-et-de-la-Glace/</link>			<comments>http://ffgirls.blog.jeuxvideo.com/Chapitre-19-du-Feu-et-de-la-Glace-15122006-210506-lp-419109.php#lienpermanent</comments>			<guid>http://ffgirls.blog.jeuxvideo.com/419109/Chapitre-19-du-Feu-et-de-la-Glace/</guid>			<pubDate>Fri, 15 Dec 2006 21:05:06 +0200</pubDate>		</item>	</channel></rss>